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[Jakarta - 13 Novembre 1992] Missing home / RP Solo

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MessageSujet: [Jakarta - 13 Novembre 1992] Missing home / RP Solo Mar 14 Nov - 15:04

Any regret will be sold

RP solo : Ayunda Gunawan

La chaleur ambiante de Jakarta lui avait manqué.

À Poudlard, les températures étaient changeantes. Il y avait le printemps, l'été, l'automne et l'hiver... Et ces deux dernières saisons n'existaient pas, sur l'amas d'îles que représentait l'Indonésie. De la chaleur et de l'humidité, voilà comment se résumait le climat du pays tranché entre l'Asie et l'Océanie. Ayunda aimait cette chaleur, comme elle supportait mal le froid. Cette année, au moins, elle n'allait pas tomber malade : pas de vent glacial, ni de flocon de neige, elle allait passer son Noël ici, avec son père. Père qui, pour une fois, fut rassuré de retrouver sa fille unique à la maison. Si la magie était devenue un sujet plus ou moins tabou avec lui par crainte, il ouvrait grand les bras pour accueillir celle qui était supposément en danger de mort... Il avait peur de la magie, certes, mais encore plus de perdre la seule enfant qu'il ait conçu.

Alors, depuis vendredi dernier, Ayunda avait reprit une vie normale (plus ou moins). Elle regardait parfois du coin de l'oeil les quelques livres qu'elle avait ramené de la bibliothèque – peut-être n'avait-elle pas le droit de les prendre, puisqu'une absence prévue pour longtemps. Devait-elle réviser ? Travailler ? C'était l'année des ASPICs, mais là encore, elle ne savait ni quand, ni dans quelles circonstances elle reviendrait à Poudlard... si elle y retourne un jour.

Ça ne faisait qu'un peu plus d'une semaine (une semaine et trois jours, pour être exact) et pourtant l'Indonésienne avait l'impression d'être partie depuis plus longtemps que ça. Le temps lui semblait long, les jours se ressemblaient, et puis il y avait cette peur en moins concernant le Ministère qui ne lui pesait plus sur les épaules. Il y avait toujours cette appréhension, mais ça l'empêchait moins de dormir que dans le dortoir. Bien sûr, elle n'avait pas fait ses valises sans regret : il lui a fallu abandonner les autres, derrière... Car même si certains lui ont dit que partir n'était pas une honte, d'autres le lui ont reproché. Elle pensa notamment à Shandara, sa plus proche amie qui, pourtant, l'a regardé plus ou moins de travers avec déception. Elle s'y attendait. Mais peut-être pas avec la Laotienne.

Si des personnes ont été également tristes de la voir s'en aller, d'autres n'ont pas été très ravies de la voir revenir. La famille moldu, les Gunawan d'origine, n'ont jamais pu supporter plus longtemps le visage de « leur » sorcière depuis la révélation de ses origines. Lorsque son père leur a annoncé son retour pour une durée présumée longue et indéterminée, tous ont redouté le mauvais œil qui, soi-disant, allait bientôt les frapper. Si la sorcière avait des soucis propres à sa nature, qu'elle les garde ! Les assume ! Mais bien sûr, superstitieux comme ils étaient, il leur était tout bonnement hors de question d'accepter d'être gentil avec elle, ne serait-ce qu'un petit peu. De toutes façons, Ayunda non plus n'avait pas envie de les voir. Au moins, son père vivait toujours dans leur demeure, ainsi ils ne voyaient les autres que rarement.

Ses grand-parents aussi, étaient au courant, lui ayant proposé de venir séjourner chez eux quand elle le voudra. À la pensée de cette proposition, Ayunda s'avoua silencieusement que c'est dans un moment pareil qu'elle aurait bien voulu voir sa mère, au moins un peu... Mais un soucis à la fois, elle avait déjà suffisamment de choses à exorciser avec son départ.

Si les premiers jours, elle était restée dans sa chambre, à manger la poussière de ses regrets – et consolée par son père qui ne savait pas à quel point la situation magique était grave – depuis maintenant deux-trois jours, Ayunda sortait pour prendre l'air. La ville, la chaleur, les animaux en liberté, les commerces qu'elle a toujours aimé depuis sa petite enfance... Tout ça lui avait manqué, et elle les retrouvait avec une certaine nostalgie.

En rentrant chez elle, son père l'accueillit depuis la cuisine.

« C'est toi, ma chérie ? »

- Oui ! J'ai acheté des kakis !

Et dix jours qu'elle ne parlait plus un mot d'anglais. Revenir au quotidien dans sa langue natale lui faisait drôle, mais c'était toujours plus simple par habitude que de devoir tout traduire instantanément à Poudlard. Naturellement, elle le rejoint afin de poser le sac en plastique sur le comptoir, là où Wayan – le paternel – coupait des légumes. Il accorda un regard à sa fille, bref mais souriant. Ça lui plaisait sans doute qu'elle y soit revenue, dans un contexte purement moldu. Pas de magie ici, après tout, elle n'en avait pas besoin. Elle lui aurait bien proposé une petite démonstration, même innocente, mais elle non plus n'avait pas envie de faire ou d'entendre parler de quelconque tour de passe-passe. Il était même ravi que les cheveux d'Ayunda se soient... « calmés ».

« Ça t'ira, pour ce soir ? »

- Oui oui ! Il manque quelque chose ? J'y retourne ?

« Non, c'est parfait. Si tu voulais rester encore un peu dehors, il fallait me le dire. »

- Non, c'est pas ça, c'est... ça va.

Wayan savait parfaitement que, aussi bien – plutôt « mieux » - qu'elle pouvait aller, Ayunda n'allait pas non plus très bien. Du moins, à la perfection. L'école lui manquait. Ses amis aussi. Son petit « tout les jours », surtout. Ayunda était fascinée par la magie, et même si ce n'était pas reprendre une vie sans enchantements qui la dérangeait, c'était toujours étrange de devoir retrouver de vieilles habitudes comme ça, subitement... Une main bienveillante vint lui caresser les cheveux, sans craindre que ces derniers ne répondent à la place de sa fille. Celle-ci sourit, consciente du sang d'encre qu'elle pourrait provoquer chez lui – trop tard, peut-être – et prétexta de devoir retourner dans sa chambre avant de déjeuner.

Dans cette chambre à la taille raisonnable, éclairée par le soleil grâce à la baie vitrée, Ayunda regardait toujours Panzani et Hitam en premier, deux chats au lieu d'un qui parcourent de temps à autre la maison. Wayan ne voyait aucun inconvénient à s'occuper d'un second animal, mais lorsqu'il lui a demandé d'où il venait, l'Indonésienne n'a pas pu s'empêcher de répondre avec un sourire triste : « C'est celui d'un ami. »

Ayunda se laissa tombé sur son lit, sur le dos, regardant le plafond blanc qui lui permit de se perdre dans ses pensées. Elle sentit Hitam monter sur le matelas et marcher lentement jusqu'à elle, comme soucieux de son état – en même temps, il l'est toujours. Elle tourna la tête brièvement vers lui, avant de relever les yeux vers le vide. Encore une fois, Ayunda se laissa envahir d'idées confuses, surtout concernant son départ très... inattendu. Ce n'était pas tant de prendre le Portoloin, qui l'a surprit. C'est juste avant.

Elle se mit à rosir. Les premiers jours, elle rougissait de plus belle et se recroquevillait sur elle-même. Maintenant, plus elle y pense, et plus elle s'habitue à cette image – bien que surréaliste, toujours. Elle était contente de voir Feliciano lui dire au revoir, juste avant de partir. C'était une promesse, c'était convenu. Plus ils se perdaient en mots pour se parler une dernière fois, plus il lui était difficile de prendre le Portoloin – pourtant, elle n'hésitait pas plus que cela à rester, décidée et valises en main. Elle était un peu gênée de garder Panzani. Son maître lui manquait peut-être. En plus, elle et Hitam ne semblaient pas aussi câlins l'un envers l'autre que d'habitude – peut-être que Panzani se sentait mal vis-à-vis de sa maison qui lui était inconnue. Pourtant, elle avait l'air de déjà s'y être bien installée.

Son « au revoir » avec Feliciano était particulier... Je n'ai pourtant pas rêvé, n'est-ce pas... ?

Elle n'avait pas rêvé, non. Feliciano l'avait bel et bien embrassé. Il l'avait poussé ensuite vers le Portoloin, et la seconde d'après, l'Italien et Poudlard avait disparu. Elle s'était retrouvé dans une rue du Jakarta indonésien, confuse et rouge. Elle n'avait pas comprit tout de suite, puis... dans un souffle : « Feliciano m'a embrassé ! Il m'a embrassé ! » C'était déjà arrivé avant, mais les circonstances étaient différentes.

La première fois, elle et Feliciano étaient sous l'effet de potions. Sans doute parce qu'ils étaient devenus des gens méprisables et sans-gêne, ils s'étaient embrassé sans penser aux conséquences. Là encore, elle n'avait pas voulu chercher plus loin : leur « autres eux » étaient comme ça, c'est tout. La seconde fois, c'était lors du bal d'Halloween, il n'y a encore pas si longtemps, donc. Sous l'effet de l'alcool, Feliciano l'avait embrassé durant leur danse, et cette fois-ci Ayunda était tout à fait consciente. Mais... il était saoul. De plus, il avait embrassé Kiku, juste avant. Preuve comme quoi, ça ne voulait absolument rien dire. En plus, le malheureux s'en rappelait. Mais ce n'était que l'alcool, juste l'alcool...

Et... là, il l'avait à nouveau embrassé. Sans avoir rien ingéré. Ni alcool, ni potion.

Ayunda était déjà alourdie par son départ et sa cruelle impression d'abandonner tout le monde. Ça ne faisait que rajouter du poids à sa petite tête perdue. Puis Feliciano avait disparu, avec le parc et l'école, et... plus rien. Sa grand-mère sorcière était venue la chercher, connaissant bien la capitale magique.

De retour chez elle, il y avait encore plus de choses à prendre. Son père, sa maison, sa famille moldu... Elle n'avait pas le temps de penser à ce qui s'était passé. Si bien qu'elle en avait oublié la lettre. L'enveloppe que tenait Panzani dans sa petite gueule, et qu'elle devait lui donner n'importe quand – moment qu'Ayunda pouvait décider.

- ... Panzani.

Le chat approcha, et Ayunda se redressa juste comme il faut pour récupérer l'enveloppe. Panzani semblait comme avoir deviné ce qu'elle voulait, sans doute parce qu'Ayunda regardait régulièrement tout les jours l'épaisse enveloppe posée sur un coin du bureau... Mais cette fois, il était temps de la lire. Ou plutôt, il était temps de satisfaire sa curiosité. Et puis... que pouvait-il bien lui vouloir en la lui offrant ? Ça n'avait pas l'air que d'être une petite lettre, l'enveloppe était légèrement arrondie à cause de son poids. Il y avait sans aucun doute plus d'une feuille, là-dedans. L'Indonésienne resta allongée, le papier entre les mains, s'inquiétant tout de même de ce qu'elle pouvait y trouver. Sur cette question se superposait aussi l'image de l'Italien qui l'embrassait avant de la pousser, ça la rendait davantage confuse sur le moment.

Elle ouvrit l'enveloppe en veillant à ne rien déchirer. À cet instant, Hitam feula et essaya de bondir sur l'enveloppe, mais Panzani fut plus rapide et sauta sur lui afin de le faire rouler en boule plus loin. Surprise, Ayunda poussa un petit cri, et se redressa aussitôt en serrant le papier pour regarder ce qui se passait. Ils ne se battaient pas, seulement, Panzani semblait le maintenir à l'écart. Ça l'inquiétait. Elle ne les avait jamais vu comme ça auparavant, et pourtant, depuis quelques jours, les deux chats semblent comme en froid...

Elle regarda à nouveau l'enveloppe à peine ouverte... Elle eut comme une hésitation. Mais ce n'est que du papier... Et puisque c'est de la part de Feliciano, pourquoi n'y jetterait-elle pas un coup d'oeil ? Elle releva complètement la languette et sortit les feuilles.

Il y en avait treize. Une longue lettre de treize feuilles. Elle cligna des yeux. Pourtant, vu comme ça, il ne semblait pas y avoir énormément de choses écrites dessus. Elle crut voir des dessins ? Des petits dessins partout ? Elle s'assura de déplier le tas de feuilles sans l'abîmer. Une bande-dessinée ? Ayunda remarqua que les feuilles étaient toutes organisées comme des grandes cases, comme s'il avait bien mêlé lettre et BD. Curieuse, Ayunda se rehaussa sur son matelas...

… et commença sa lecture.

« Je n'ai jamais fait quelque chose comme cela auparavant. Une lettre en dessin je veux dire... Je ne sais même pas trop quoi écrire. Je suis plus doué avec le dessin que l'écriture. La prochaine fois (enfin non, il n'y en aura jamais je pense) je demanderais de l'aide pour écrire, ça sera moins... Idiot. »

Elle sourit d'amusement en voyant le dessin qui l'accompagnait : un Feliciano incertain qui masquait sa bouche d'une main. Finalement, son appréhension s'évanouit.

« Enfin, je vais parler de l'amour ! » s'exprima ensuite le Feliciano dessiné avec joie. Sans doute était-il heureux de son mot « amour » écrit de manière plus romantique et belle... « J'aurais pu faire mieux... » … avant d'être complètement blasé. Elle rit doucement, puis passa à la seconde feuille.

« Alors. L'amour à plusieurs définition et toujours différentes en fonction des personnes. Donc c'est très compliqué à résumer mais on peut détecter des symptômes récurrents ! Et ce sont ceux-là que je vais lister. » S'invita alors un Feliciano vêtu comme un professeur, tout ce qu'il y a de plus moldu et scientifique, désignant d'une perche un « Reconnaître qu'on est amoureux » inscrit sur un tableau. « Tout d'abord, il y a l'immanquable regard qui ne trompe personne. La personne pour qui bat votre cœur est la personne que vous passez votre temps à regarder. Tout le temps. Avec ce même regard. un regard que l'on pourrait qualifier de niais mais c'est péjoratif, utilisons amoureux alors voulez-vous. »

- Ha ha ! fit-elle en voyant le professeur désigner un autre lui complètement niais, avant de tourner la page.

« Souvent accompagné de son meilleur ami : le sourire ! Ce n'est pas n'importe quel sourire. C'est un sourire aussi amoureux que le regard. Cette personne vous fera sourire même dans les pires moments. Tout le temps et pour un rien. Il est impossible de le louper, à moins d'être aveugle ! » Cette fois, il ne montra qu'un simple sourire. « Je me demande bien comment personne ne l'a vu avant que je ne m'en rende compte... » Cette phrase-là était écrite en tout petit, à côté d'un Feliciano-professeur qui se grattait le crâne, les yeux baissés. Il est tracassé... ? Ayunda commençait à se dire qu'il y avait bien là un message particulier. Et avec ce qui se passe en ce moment, ça ne peut que être tout à fait normal...

« Et encore ce n'est que la partie visible de l'iceberg ! Parce qu'on peut noter aussi que cette personne on en parle tout le temps. Et dans n'importe quelle situation. A n'importe qui dans son entourage. » Cette fois-ci, Erzsébet était dessinée, lisant un livre et agitant sa baguette, avec un Feliciano soucieux qui regarde en l'air. « Peut-être qu'elle ne m'aime pas. » « Mais si Feli, mais si. »

Elle s'arrêta... puis reprit, plus attentive et lisant plus rapidement.

Cette fois, Feliciano est allongé, aux côtés de son frère Lovino (assis), trop occupé pour l'écouter. « Je suis positivement sûr qu'elle ne me voit que comme un ami. » « Arrête de me faire chier idiota. » Même chose avec Kiku... « Tu devrais lui dire. » « Mais je vais gâcher notre amitié ! » Avant que la narration ne reprenne : « Oui, en soit, on pense tout et n'importe quoi et on ne manque pas de le dire quand on s'y attend le moins. C'est un peu n'importe quoi en soit. Après j'ai eu la chance de ne pas le faire tout le temps, sinon j'aurais perdu des dents je pense. » Cette fois, il parlait bien de Lovino, qui le secouait par le col sur le dessin suivant. « Mais je suis sûr qu'il m'aime en réalité, il est juste timide... Des fois. »

Ayunda sourit de nouveau, amusée... Mais reprit un certain sérieux en replongeant dans le reste de la lettre.

« Mais je m'éloigne ! Nous parlions de reconnaître quelqu'un d'amoureux. Il y a aussi la négation. Cela arrive souvent. » intervint de nouveau le professeur en désignant un autre lui sur le tableau, qui s'exprimait d'un « Mais non je ne suis pas amoureux, on est juste très proche. Vous vous faites des idées. » Le narrateur poursuivit. « Puis la panique. Parce qu'on sait tous qu'on panique. C'est notre ami.e (en général) et c'est un peu inattendu il faut le dire. Je l'avoue, j'ai paniqué. » Cette fois-ci en désignant un autre lui dessiné au tableau, prenant sa tête entre les mains : « Mais je ne peux pas être amoureux ! Oh non, non, non ! » Et au professeur de conclure cette page par un : « C'est toujours un peu du déni oui, effectivement. »



« Pour finir par la pseudo acceptation. On le sait, mais on n'y croit toujours pas. » assura encore plus le professeur en montrant un Feliciano plus rouge qu'avant, cachant son visage : « C'est n'importe quoi, je ne peux pas être amoureux, mais non... Mais non... » Il reprit : « Une fois ces étapes passées, on en revient au physique qui trahi beaucoup de chose mais aussi aux propos. Mais évidemment, parce que c'est plus drôle apparemment je ne sais pas, on n'en parle pas à la personne concerné. » Le professeur haussa les épaules. À quelle page elle en était... ? Elle tourna pour lire la septième... « Parce qu'on sait bien qu'il est très difficile et qu'on trouve toujours des excuses pour ne rien dire. » Le Feliciano à blouse désigna alors à la suite trois petits dessins, trois Feliciano aux états différents. D'abord « Elle ne me retournera pas mes sentiments de toute façon. », puis « Je suis sûr qu'elle aime quelqu'un d'autre que moi. », et enfin : « Je ne lui causerais que des problèmes en lui révélant c'est sûr. » La narration reprit alors. « Mais en contradiction avec cela on a envie de parler à cette personne. Tout le temps. De tout et de rien. Et quand on a pas de sujet on prendrait n'importe quoi juste pour ne pas que ça s'arrête. » avant de s'être dessiné en train de parler à l'ombre d'une personne inconnue : « Oui, oui j'ai lu dans le journal... Sur les... Hiboux qui mangent des souris mais qui régurgitent ce qu'ils ne digèrent pas, comme les os... » Elle rit de nouveau, et encore plus en lisant le professeur surenchérir avec un « C'est très... Romantique comme conversation oui. »

Ayunda jonglait entre surprise, rires et confusion... Mais sa lecture n'en devint que plus... « passionnante ».

« Donc on peut dire que oui, ça rend niais au final ! » avoua le Feliciano-professeur en haussant les épaules à nouveau, mais sans comprendre. « Ce n'est pas forcément une mauvaise chose, c'est un peu étrange et on ne le vit pas forcément bien quand on s'en rend compte ou quand on nous le fait remarquer. J'ai cette chance que personne ne l'ai vraiment vu ou alors on ne m'a rien dit... »Le dessin était suffisamment bien fait pour montrer que cette fois, en plus d'être blasé, il était ironique.
« Bon sinon que dire d'autre sur l'amour ? » se demanda-t-il en frottant l'arrière de sa tête... « Ah oui, bien sûr, les traditions ! » … avant de frapper du poing dans la main, une ampoule énorme s'illuminant au-dessus de lui. Malgré les codes très cartoons, Ayunda était de plus en plus plongée dans la signification de ce message que la BD en soi...

Elle tourna la page... la neuvième. Combien y en avait-il, déjà ?

« On va commencer par les classiques bien évidemment. Comme le bouquet de rose. » Le professeur montra alors un bouquet de roses, au-dessus de la petite inscription « Suivit d'un « Je suis amoureux de toi, veux-tu sortir avec moi ? » À la case suivante, le professeur continue : « C'est une tradition qui remonte au XVIème siècle à la cour d'Henri IV, lors d'une réception donné par ce dernier, chaque jeune femme reçut un bouquet de fleur de la part du jeune homme qui l'avait choisie. » et pour illustrer ce petit cours d'histoire, il désigna encore de sa perche un dessin d'une cour où des femmes, en effet, recevaient des bouquets de prétendants. « Et oui j'ai fait mes recherches. » se vanta-t-il ensuite en hochant la tête. Page dix... pensa-t-elle en tournant pour atteindre celle-ci. « On peut ajouter à cela tout ce qui est bijoux ou invitation au restaurant voire dans un cinéma pour se déclarer. » annonça-t-il en comptant sur ses trois premiers doigts. « Je vais passer pour un pingre mais c'était plutôt difficile par ces temps-ci de faire tout cela. De plus je suis positivement convaincu que l'amour ne s'achète pas. » Ainsi, Feliciano haussa les épaules en se débarrassant de sa blouse.

À côté du lit, les deux chats regardaient Ayunda, mais ni Hitam ni Panzani ne vint dans son champ de vision. Elle était trop absorbée. Elle s'inquiétait trop, mais avec curiosité et hâte, de découvrir ce qu'il y avait sur la dernière page. Et elle en était très proche.

« On peut donc, après cela, aborder les traditions plus créatives, telles que des lettres ou des poèmes, peut-être même des dessins. Même si c'est beaucoup plus rare. » il illustra ses propos avec des feuilles gribouillées, comme des poèmes, et même une guitare à côté. « Cette tradition remonte... Très loin. Depuis toujours les gens ont été inventifs pour déclarer leur sentiments, courtiser l'élu de leur cœur. » … tiens, il avait remit sa blouse. « Oui j'ai oublié de faire cette recherche là. » … et maintenant, il l'enlève à nouveau.

Douzième page... pensa-t-elle en tournant pour l'atteindre. Combien de temps ça lui a prit... ?

« Voilà cette lettre je l'ai donné à Panzani pour qu'elle te la donne (du moins j'espère que ça se passera de la sorte, ce serait bien idiot que ce soit autrement, ceci dit avec la chance que j'ai... Je ne doute pas trop), bien qu'elle ait déjà essayé alors qu'elle n'était pas terminé. Ça aurait été dommage, non ? » Un Feliciano rougissant se triture les doigts en dessous de ces mots... comme elle, par mauvaise habitude, le fait souvent. « Oui, bon, ça n'aurait peut-être pas été si dommage que cela, j'en conviens. » et elle eut un peu de pitié pour le dessin suivant, où il semblait dépité. « Ce qui nous amène à la fin de cette lettre. Cette déclaration donc. Qui est dans mes moyens actuels en fonction de ce qui se passe et de la meilleure manière d'être moi-même. De plus je ne suis pas très doué à l'oral avec les mots, ni même très doué à l'écrit avec les mots, comme je l'ai déjà dit. Et je suis bon pour me défausser complètement si je t'avais devant moi. » Le Feliciano dessiné suivant se grattait la joue... « Mais je peux éventuellement faire ça... » et, moins rougissant, il indiqua le bas pour l'inviter à découvrir la dernière page.

Le cœur d'Ayunda battait... et avec une petite appréhension, elle découvrit la numéro 13.

« Je suis amoureux de toi. Accepterais-tu de sortir avec moi ? »


La treizième page était entièrement comblée d'un grand dessin, avec cette question. Il représentait un Feliciano beaucoup plus réaliste que les dessins précédents, et sortait clairement du lot de la bande-dessinée. Bien vêtu d'un costume très chic, il était derrière une table dressée avec de somptueux couverts, une chandelle, et quelques enveloppes cachetées de cœurs posées au hasard... Feliciano, guitare autour de lui, tendait un bouquet de roses magnifiquement dessinées. Et sur son visage, en plus de rougissements incertains, coulait une petite goutte pour marquer l'appréhension.

La lettre s'arrêtait là, sur ce superbe dessin.

Treize pages. Pour se déclarer.

Ayunda conserva un regard figé dessus, long, tout juste clignant derrière les paupières... tant la surprise était grande. Immense. Inattendue. Mais surtout... comment dire... parfaite ? Si Feliciano avait prévu de lui transmettre un message aussi important, alors sa mission était plus qu'accomplie. Tout était là. La présentation, les mots, et même l'humour pour que ça passe facilement... Mais combien de temps y avait-il diable passé ? Quand y avait-il réfléchi ? Elle baissa les yeux sur Panzani, abasourdie... Le chat ronronnait. Quant à Hitam, au contraire, il faisait la moue. Elle reporta ses yeux sur le grand dessin.

Feliciano l'aimait. Et il l'aimait sûrement comme elle l'aimait aussi. Tout ce temps à prendre peur du moindre pas de travers, qu'il agisse en bien ou en mal dans leur relation, était à craindre en vain. Ayunda passa ainsi plusieurs minutes, assise à regarder ce Feliciano sur papier rougissant de sa demande. Maintenant, son baiser juste avant le départ était plus clair.

- Oh mince... Qu'est ce que je vais faire...

Poudlard, Feliciano, tout le reste... elle les avait laissé derrière elle. Et l'Italien avait choisit de la laisser découvrir ce qu'il en était, sans savoir quand elle allait rentrer.



C'était le déclic.

Ayunda releva les yeux, ceux-ci devenu humides. Mais pas que de soulagement et de joie. De tristesse. De colère. De déception envers elle-même. Shandara avait raison : elle est vraiment lâche. Et que dirait M.Héderváry ? Peureuse ! (il ne l'a pas dit, mais cette image la frappe) Matthew, alors ? Il avait l'air si triste de l'apprendre ! Et Evalyn ?! Même Evalyn, qui n'était peut-être pas l'une de ses plus proches amies, était plus courageuse que ça, et Ayunda l'a bien comprit !

Tout ces gens qu'elle a laissé derrière elle... ils lui manquaient. Ils lui manquaient tous. Elle se leva avec précipitation et laissa les quelques larmes couler sur ses joues, comme si chacune représentait un souvenir lié à l'école. Pourtant, elle fronçait les sourcils et souriait. Sans discrétion, les objets tombant et faisant un petit boucan assez perceptible, l'Indonésienne récupéra ses valises et ramena en pagaille tout ce qu'elles contenaient et qu'elle avait déballé il y a dix jours. Ses livres en premier. Sa baguette ensuite. Et bien évidemment, son uniforme... Abbanzio pouvait bien prendre le contrôle du Ministère, Ayunda allait être courageuse. Vraiment courageuse, cette fois. Comme les autres. Et même si elle avait peur, elle sentait tout de même une certaine adrénaline l'encourager à se préparer plus vite.

Hitam feulait en la voyant récupérer des vêtements et les mettre en boule dans la valise sans même prendre la peine de bien les plier avant. Au milieu de ses préparations bruyantes, Wayan entra dans la chambre en toquant, ouvrant la porte avec lenteur et hésitation.

« Ayunda ? Qu'est ce que tu fais... ? »

- Je rentre., annonça-t-elle en se tournant vers lui, souriant aussi bien qu'elle pleurait en silence. Je retourne à l'école !

La décision était radicale, et s'il s'attendait à la voir partir un jour, il ne pensait réellement pas que ce serait si tôt. Elle non plus, d'ailleurs. Mais elle regrettait, elle regrettait tellement ! Elle l'a toujours su, d'ailleurs, qu'elle ne voulait pas quitter Poudlard. Mais la peur était si forte, bien plus que l'envie de rester... Ce n'était pas la lettre de Feliciano qui la convainquait. Ça, ce n'était qu'un déclic. Il y avait tout un tas d'autres raisons derrière. Feliciano lui manquait, certes, mais ça n'était ni sa seule présence là-bas, ni ses sentiments retournés à son égard qui l'encourageaient à revenir. Elle était juste faible, certes, mais trop faible pour tout laisser derrière soi en faisant réellement comme si de rien n'était.

Les choses n'allaient pas s'arranger pour l'école rien qu'en la quittant. Elle fuyait le problème et elle le savait. Si elle continuait sur cette voie-là, que se passerait-il ensuite ? Elle allait prendre régulièrement des nouvelles d'un monde qui s'écrase petit à petit, le tout en emportant des êtres chers avec lui ? Hors de question.

Elle avait de nouveau peur, maintenant qu'elle disait y retourner. Mais en sachant qu'elle ne serait pas seule là-bas, elle comprit ce que signifiait être courageuse. Ça n'était pas juste faire face au problème de façon individuelle. Ça n'était pas que de renvoyer un Épouvantard dans son placard et attendre les félicitations de son professeur favori. C'était bien plus que ça.

Wayan ne pouvait plus retenir sa fille. Et même tiraillée encore par la peur et l'envie de rester chez elle, Ayunda n'avait pas envie de se décevoir une seconde fois en déballant de nouveau ses valises sur son lit. Même si c'était n'être qu'à peine fière de retourner dans une école qu'elle disait quitter jusqu'à on ne sait quand, seulement dix jours plus tôt...

Même si ça voulait dire le regretter sûrement lors d'une prochaine catastrophe dans le monde magique.

DEV NERD GIRL




Ada padang, ada belalang
Je suis à la fois le blanc et le rouge. Je suis la joie de l'un et le malheur de l'autre. Je suis petite mais tout aussi grande. Je parle avec sagesse mais pense avec rudesse. Je suis le blanc de ton noir. Je suis le noir de ton blanc. Je crie lorsque je suis silencieuse. Je suis faible et aussi forte. Je suis l'un et l'autre. Je suis eux, et je suis elle. Je suis l'union des deux. Je suis le fruit. Je suis le juste milieu.
   
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