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Détention. [RP à plusieurs]

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MessageSujet: Détention. [RP à plusieurs] Jeu 22 Mar - 17:05

Détention.
Ludwig
Beilschmidt


Le banc était dur. S’asseoir dessus n’était pas une source de plaisir, et pour cette raison, Ludwig restait majoritairement debout, à se déplacer dans le cachot, à conserver sa forme avec un peu de sport. Le sol était tout aussi dur, et froid. Faire des pompes et des squats n’avait rien d’agréable, mais l’allemand savait parfaitement que sans une activité régulière, il ouvrait grand la porte à la dépression. Avoir tout perdu était déjà bien assez déprimant. Plus de carrière. Plus de chien. Plus d’amour, plus d’amitié. Seulement le regard de ses gardes, un regard attentif, aux aguets. Leur présence ne dérangeait pas Ludwig, bien au contraire. Ils étaient censés protéger l’école de cet affreux Sans-visage, mais le Sans-Visage avait l’impression qu’ils le protégeaient lui, d’un mal bien plus grand. Abbanzio. Tout lui rappelait cette douleur immense et soudaine qu’il avait ressenti ce fameux soir, rien ne lui égalait. Pas même le mur rugueux qui lui frottait le dos. Pas même la sensation après plusieurs nuits passées à dormir dans un lit aux ressorts qui se faisaient sentir.

Il se demandait comment allait Anja. Il se demandait si on prenait bien soin de ses affaires au dortoir. Il se demandait si on pourrait lui amener les cours d’histoire de la magie, qu’il ne voulait pas louper. Il se demandait si Kiku et Feliciano pourraient le comprendre. Il ne demandait pas à se faire pardonner : juste à être compris. Et son père ? Que pensait son père ? Il se moquait grandement de l’opinion des autres. Cela ne lui passait pas par la tête. Il avait toujours vécu pour lui-même et pour faire ce qu’il pensait bon, il avait toujours vécu afin de se plaire à lui-même, plus qu’à qui que ce soit.

Bien sûr, il n’était pas fier non plus. Être un sans-visage n’était pas ce que l’on pouvait qualifier de «sympathique». Cependant, il avait sauvé Feliciano. Il se rassurait en se disant cela, encore, et encore. Il avait fait quelque chose de bien. Cela partait d’une bonne intention. Cela partait aussi d’un sens de la survie. C’était lui et Feliciano, ou les autres. Les «autres», qui avaient été tués par la pierre philosophale qu’il avait tenue lui-même en main, avaient plus de valeur : ils étaient plus nombreux. Bien plus nombreux que deux personnes. Mais aux yeux de Ludwig, que représentaient tous ces «personnages secondaires» ? Des gens en arrière-plan qui étaient morts pour sa survie. Est-ce qu’il s’en voulait ? Bien sûr qu’il s’en voulait. Regrettait-il sa décision ? Ça, c’était plus dur à définir.

A certains moments de la journée, Ludwig voulait rejeter la faute sur son frère. Son frère avait su, et avait rejoint Abbanzio de plein gré. Le blond n’avait été qu’un « dommage collatéral » de la décision de Gilbert. Cela dit, cette envie de lui donner tout le tort partait bien vite : Ludwig savait ce que c’était de vouloir faire plaisir à une mère, et il était tombé dans le panneau pour la mère raison. Alors, il rejetait la faute sur sa mère, qu’il connaissait moins bien, dont il n’avait pas les motifs pour un tel alignement. Pourquoi rejoindre un type qui souhaite juste se venger, pour ensuite forcer son fils à faire de même ? Cela le dépassait complètement, et Ludwig détestait plus que tout au monde l’ignorance. Les idiots qui parlaient sans savoir de tout et de rien le rendaient naturellement en colère. Il ne voulait pas en devenir un. Il ne voulait pas accuser cette femme qui lui avait donné la vie sans même connaître ses raisons. Il en était alors venu à une conclusion.

Abbanzio était le seul fautif.

A moins qu’une autre personne ne se cachait derrière ses agissements, Abbanzio était le seul et l’unique fautif d’un enchainement d’horreur qui entraina plusieurs personnes à le rejoindre, par la peur, par l’avarice pour certain surement. Ludwig avait du mal à voir son maître convaincre quelqu’un à le rejoindre avec une assiette de cookie et une tasse de gentillesse. Aucun sans-visage ne méritait de cookie ou de gentillesse.

C’est pourquoi l’annonce d’une visite à sa cellule le surpris. Surement Kiku qui s’était remis de la révélation. Peut-être le directeur, pour l’interroger plus ? Ou un inspecteur qui viendrait lui donner des nouvelles de son frère ? Il n’attendait que ça. Peut-être son frère, tout court ? Très improbable. Mettre deux sans visages ensemble serait une erreur stratégique immense, que les sans visages soit avec ou sans baguettes. Il n’avait pas de quoi vraiment se coiffer, mais il avait tenté de faire au mieux. Ses cheveux étaient lâches sur son front, ses cernes creusées s’accordant avec la courbe de son dos plié, on aurait dit qu’il n’avait pas dormi depuis des jours, bien qu’on lui apportait de temps à autres des vêtements propres pour se changer. On lui avait apporté des vêtements basiques trouvés dans son dortoir, porter l’uniforme de Poudlard ne lui étant plus accordé après tant de crimes. La couleur bleue lui manquait.

-Les visiteurs arrivent. Lui avait dit un des gardes, dans un début-d'après midi.

Les gardes semblaient surveiller les sorties du cachot : surement par peur que les arrivant tentent de le faire s'échapper. C'étaient donc surement des élèves, ou bien des sans visages. Ce que les surveillants ne pouvaient pas savoir, c'était que Ludwig avait donné des informations au directeur avant de se faire emporter. La seule manière dont il était assuré de survivre, c'était en restant ici. Abbanzio pouvait toujours entendre à travers sa marque, qui revenait petit à petit. Si l'allemand tentait de s'enfuir, c'était la fin. Dans Poudlard, on le retrouverait et on le punirait plus sévèrement pour son escapade dans l'établissement. Et s'il osait sortir de l'école, il devenait inutile à ce cher maître corbeau, et courrait donc à une mort presque certaine. Sa cellule était son havre de paix, et il se demandait bien qui étaient ceux qui allaient venir dedans.








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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Ven 23 Mar - 1:13

Détention.
An Icarus who has flown to close to the sun

"Do you know what Feliciano said
When we saw you wanted to thrive ?
He said 'Be careful with that one, love,
He will do what it takes to survive'."
-Hamilton


Date ?
L'air du cachot était glacé autour de lui. Un frisson le parcourut alors qu'un courant d'air faisait son chemin jusqu'à lui. Il resserra son écharpe autour de son cou, attendant patiemment, dans un silence de mort.

Kiku aurait pu attendre plus haut dans le château. Il aurait pu rester dans l'atmosphère d'ordinaire chaleureuse et aux odeurs attirantes de la Grande Salle, atmosphère qui depuis quelques jours ne faisait que se dégrader.  Les mines étaient sombres, les élèves se baladaient tels de fantômes et tout semblait si vide... Les conversations joyeuses ne résonnaient plus et même les bougies du ciel magique semblaient briller un peu moins fort. La révélation la plus terrible avait frappé l'école, et personne n'était encore prêt à se relever face à cette tragédie : leurs ennemis se trouvaient dans leurs murs. Leurs ennemis étaient des élèves. Et même si les coupables avaient été arrêtés, même si leur sécurité à tous était assurée pour un temps, aucun ne pouvait se réjouir.

Kiku avait sacrifié un peu de chaleur pour ne pas avoir à contempler ces mines mortifiés, ces regards hagards, pour ne pas avoir à entendre ces murmures sur son passage. Il avait préféré supporter ce couloir glacé, qui ne lui rappelait que trop de mauvais souvenirs : des cours de potions désastreux, mais surtout et toujours le souvenir de cette mission qu'il avait accomplie avec deux de ses amis les plus proches. Il se rappelait la réalisation glaciale qui les avait frappés, eux, les trois élèves qui ne souhaitaient que se montrer braves, que se rendre utile. Vous vous êtes fourvoyés. Votre pire ennemi est juste sous votre nez. Vous avez été aveugle.

Comment avait-il pu être si aveugle ? Cette question tournait, tournait encore dans sa tête depuis des jours, depuis ce fameux soir, et chaque soir, elle revenait et le tourmentait jusque dans son lit, l'empêchant de trouver le sommeil. Comment avait-il pu ne pas voir ce qui était sous son nez ? Ou avait-il vu et juste décidé de fermer les yeux car il avait trop peur ?

Ludwig est un Sans-Visage, répétait-elle, cette voix mesquine et moqueuse. C'est un Sans-Visage et tu as été stupide. Il le savait. Mais cela ne l'empêchait pas de s'en vouloir. Il aurait pu empêcher ça. Il aurait pu faire quelque chose, sauver certaines personnes qui avaient désormais perdu la vie, épargner bien des souffrances à bien des gens, simplement en s'imposant, en se plaçant au milieu et en refusant. Mais il avait détourné le regard et tout lui revenait à présent en pleine face.

Et il devrait vivre avec.

C'était ces pensées horribles qui étaient la cause de ces cernes sous ses yeux, de cette fatigue dans son regard, de ses cheveux dont il n'avait pas pris soin, de ses notes en chute libre, car après tout à quoi bon ? À quoi pouvait bien servir tout ça quand votre futur vient de se briser sous vos yeux ? Il ne savait plus. Il n'avait plus envie de savoir, plus envie de construire aucun projet, si c'était pour au final découvrir que les rêves ne se réalisaient pas. Au diable, tout ça.

Pourtant, il respirait calmement. Ses tremblement des derniers jours avaient cessé. Il n'avait pas envie de taper dans quoi que ce soit. Il n'avait pas envie de pleurer -pas encore. Il inspirait et expirait profondément, comme pour avaler le froid, pour qu'il l'habite et lui donne un semblant de courage. Qu'il l'aide à rester droit, à rester sûr de lui dans cette pièce sombre qu'il s'apprêtait à découvrir. Il ne voulait pas savoir ce qu'il allait y trouver, dans quel état serait Ludwig. Il ne voulait pas se faire d'idées, pas l'imaginer, alors qu'il était censé être confiant pour la première fois, et enfin dire les choses. Tout ce qu'il retenait depuis deux semaines, il allait tout laisser sortir cette fois. Il aimerait pouvoir tout déclarer d'un ton calme, sans s'énerver, mais qui savait quel genre de mélange bouillonnait en lui ? Il aurait aimé crier. Il aurait aimé faire sortir toute sa rage et toutes ces émotions qui l'avaient tant harcelé. Pourtant il respirait, encore et encore, essayant de se contrôler.

Aujourd'hui, il se battait, mais pas pour se faire justice, pas pour se venger de qui que ce soit. Il ne se battait pas avec sa magie, mais avec ses mots, son regard, ses gestes. Il se battait contre un ennemi, mais aussi un proche, l'un de ses premiers amis, celui qu'il aimait le plus au monde, et qu'il avait aussi détesté du plus profond de son être récemment -et tous ces sentiments contradictoires le tuaient. Aujourd'hui, il se battait, car il voulait des réponses.

Il laissa toutes ces réflexions s'insinuer en lui, chasser tout le reste. Il répétait dans sa tête certaines choses qu'il voulait dire, qui pouvaient blesser mais étaient nécessaires. Il ne comptait pas ménager qui que ce soit. Ses mots seraient des lames acérées qui ne révèleraient qu'une chose : la vérité.

Il entendit des pas se glisser jusqu'à lui, se répercutant dans la cage d'escalier. Il leva les yeux, repérant déjà dans le noir la chevelure blonde de son meilleur ami Serpentard. Il lui adressa un simple signe de tête en guise de bonjour. Il ne voulait pas perdre le fil, pas oublier tout ce qu'il avait à dire, et qu'il se répétait tel une litanie. Il est heureux qu'Arthur l'accompagne. Car il était un de ceux qui comprenaient, qui avaient toujours été là pour lui et ne lui avaient jamais tourné le dos. Il était celui qui lui avait fait confiance, qui ne l'avait pas fui lorsque tout le monde le pointait du doigt pour ce qu'il avait fait, pour avoir mis la vie de l'école et de ses élèves en danger. Il était resté. Et pour ce simple cadeau, Kiku lui faisait maintenant confiance pour le soutenir.

Le Japonais n'avait aucune idée de ce qui l'attendait. Il ne savait pas comment Ludwig agirait face à lui. Le rejetterait-il ? Chercherait-il à l'approcher, à l'attendrir, à lui demander de l'aide ? Une aide que Kiku ne pourrait pas lui offrir. Peut-être essayerait-il de l'embobiner, de tenter de l'amener de son côté ? Il refusait de prendre ce risque. Alors il s'était interdit d'y aller seul. Il avait besoin de quelqu'un à ses côtés, quelqu'un de lucide qui l'aiderait à garder l'esprit clair, à ne pas endormir sa vigilance et à enfin dire tout ce qu'il avait sur le cœur, sans barrière, sans pitié. Il avait besoin d'Arthur. Arthur qui savait ce qu'avait vécu Ludwig, qui avait eu les mêmes craintes, le même dilemme. Qui avait lui aussi sacrifié des vies pour protéger une personne qu'il aimait.

Il resta quelques secondes contre le mur. Sans qu'il comprenne pourquoi, il n'arrivait pas à bouger. Il n'arrivait pas à mettre ses jambes en marche, à leur ordonner d'avancer, à enfin se faire à l'idée que ça y est, il allait enfin affronter sa peur la plus terrible. Qu'il fallait qu'il soit assez brave, encore une fois, juste un peu plus...

Assez brave pour parvenir à sauver quelque chose. N'importe quoi.

Ce fut cette dernière pensée qui le fit se décider. Il se détacha enfin de ce mur froid et collant, le givre tentant presque de le retenir. Il inspira une dernière fois, retint sa respiration quelques secondes, puis expira longuement -une technique qu'il avait apprise pour contrer ses nombreux moments d'anxiété. Et il leva un regard déterminé vers son ami. Il était prêt.

▬ Allons-y.

Et ses jambes se mirent enfin en marche, le portant à travers le couloir sombre et silencieux. À mesure qu'il avançait, il avait l'impression de s'enfoncer de plus en plus dans le ventre d'une bête affamée. Chacun de leurs pas, chaque bruit du long corridor se répercutait, le vent se transformant en mugissement de terreur qui siffla à ses oreilles. Mais il continua.

Il finit par apercevoir la silhouette des gardes de la cellule, placées avec sérieux de chaque côté de la grille. Ils finirent aussi par remarquer les deux élèves qui approchaient et ne firent aucune remarque : ils savaient pourquoi ils étaient là. L'un des geôliers tapa brièvement contre les barreaux, causant un tintamarre infernal.

▬ Les visiteurs arrivent.

Il cracha ces mots avec mauvaise humeur, sans surprise lorsque l'on s'adressait à ce que l'on supposait être un meurtrier. Kiku ne voyait pas encore l'intérieur de la cellule. Mais à mesure qu'il approchait, son cœur tambourinait de plus en plus dans sa poitrine. Le grincement des clés dans la serrure et le couinement de la grille s'ouvrant enfin lui donnèrent envie de fuir. Mais il continua d'avancer, posant un pied dans la cellule, les yeux au sol pour le moment.

C'était si dur. Si dur de le regarder en face, après ces semaines de silence, si dur de l'affronter.

Il finit pourtant par le faire. Il finit par le regarder. Et il eut mal au cœur.

Ludwig, d'ordinaire si soigné, si fier de son apparence, n'était plus que l'ombre de lui-même. La lassitude habitait ses traits, des cernes au moins aussi profondes que celle du Japonais soulignant ses yeux bleus fatigués. Ses cheveux toujours tirés en arrière retombaient en bataille, emmêlés. Et surtout, pire que tout, la couleur semblait avoir tout déserté. Son uniforme, qu'il avait fini par apprécier au fil des ans, lui avait été retiré. Il n'était plus un Serdaigle ; juste un inconnu dans la foule, un criminel anonyme dans sa prison. Ses yeux ternes et effacés ne brillaient plus de cet éclat d'intelligence, et son visage n'affichait plus ce calme pur mais intense, à présent cireux et tiré. Il n'avait pas l'impression de voir Ludwig Beilschmidt. Juste un Sans-Visage tombé, affrontant sa  déchéance. Il dû avaler sa salive avant de pouvoir enfin parler, sa voix sortant dans un souffle.

▬ Bonjour, Ludwig.

Il n'y avait aucune trace de sa tendresse habituelle. La joie palpable avec laquelle il prononçait son nom, comme un cadeau tombé du ciel, s'était envolée. Il n'était pas là pour jouer l'amoureux sensible et affligé face aux problèmes de celui qu'il aimait. Non, il n'était pas là pour ça.

Il était là pour l'affronter. Et obtenir des réponses.
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Dernière édition par Kiku Honda le Dim 1 Avr - 17:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Jeu 29 Mar - 13:35

SENSATION OF DEJA-VU × ft. PEOPLE
L'avantage a avoir été un outil, c'est qu'on n'en reste pas dans le camp de l'ennemi pour autant. Et c'était bien le seul.

Un peu au même tarif que les marqués, servir les intérêts d'Abbanzio Vargas avait été contre son gré. Si bien qu'à force, on pouvait comprendre que sa stratégie était tout simplement le chantage. Menacer la vie d'autrui, c'était le B-A BA du méchant égoïste et mégalomaniaque. Et si Arthur n'avait pas pu avouer tout de suite, c'était pour deux raisons : la première, il refusait de mettre ses proches en danger. Il a fallu qu'on pousse la vie de Francis au bord d'un pont au-dessus d'un précipice pour le forcer à appeler le Basilic. Ensuite, c'était la honte et les conséquences. Si le Directeur n'avait pas été là, on l'aurait balancé lui à la place dans une cellule d'Azkaban, et il n'en serait jamais revenu. Qui plus est, Arthur n'était pas un ennemi. Juste un outil tellement rouillé qu'il ne servait sans doute à rien de le nettoyer et de lui trouver quelconque utilité...

Mais Beilschmidt, avait-il une excuse ?

Lorsque Antonio avait avoué avoir rejoint les rangs d'Abbanzio et pourquoi, Arthur s'était tout simplement dit qu'on devenait Sang-Visage par pur intérêt et acceptation. Il ne connaissait pas assez « amicalement » Gilbert pour être certain de ses intentions – et d'un autre côté, il lui paraissait assez négligé comme ça – mais le Préfet-en-chef était une intrigue à lui tout seul. Il savait le Serdaigle très accroché à ses principes et convictions... mais également fidèle à l'école. Alors qu'est ce qui a bien pu le pousser à tromper le Directeur ? À devenir l'ennemi de tous sous couverture ? Ou bien... l'avait-on forcé ?

Si Arthur était en colère contre lui, il a, au bout de quelques jours, réalisé une chose assez déconcertante : tout les deux se ressemblaient.

Ça se savait indirectement par leurs proches : Arthur et Ludwig avaient énormément de points communs sans que ça ne fasse d'eux pour autant des amis – c'était même tout le contraire. Fidèles à l'école et à ses principes, fidèles à leurs amis, de caractères aussi froids et durs pour les inconnus qu'affectueux et confiants pour les proches, et en quête d'un pouvoir scolaire qui les a, inconsciemment, cousu quelques peu l'un à l'autre comme des rivaux – une sacré guerre intérieure lorsqu'il a fallu choisir le nouveau Préfet-en-chef entre le Préfet Serpentard et celui Serdaigle. Bref, pas la peine de revenir dessus, ils se ressemblaient autant qu'ils s'opposaient l'un à l'autre. Un peu comme Francis et lui... mais dans le mauvais sens.

La cloche de l'horloge de la salle commune des Serpentards le tira de ses pensées : le temps que l'heure ne tourne, il s'était posé sur un fauteuil pour lire un de ses nouveaux romans. Mais en levant les yeux, il se rendit compte qu'il n'avait pas tourné la page depuis presque quinze minutes. Au final, il aurait tout aussi bien pu patienter en fixant le tapis. Arthur était ponctuel, donc il laissa le livre là pour sortir, avec pour objectif de rejoindre Kiku au croisement de couloirs qui jumelait les environs de sa maison et des cachots – savoir que Ludwig Beilschmidt était enfermé à quelques mètres de son dortoir lui procurait un étrange sentiment mêlé au malaise et à l'intrigue si forte qu'il n'en dormait que peu.

Kiku était là, à l'heure, et sans doute depuis bien avant lui. Tout deux se saluèrent d'un hochement de tête poli. Si Arthur faisait partie des gens qui n'étaient pas terrassés d'apprendre que les frères allemands étaient des taupes, le Japonais était, bien au contraire, dans le gouffre de son esprit, à savoir que depuis deux semaines, le petit-ami dont il est si fou amoureux était un ennemi de l'école. Il ne savait pas quoi lui dire, comment le consoler, comment s'assurer qu'il ne se plongeait pas un peu trop rapidement dans la déprime... tout en sachant pertinemment que c'était un processus difficile à arrêter, voire impossible. Kiku allait sans doute mal prendre ce qui allait se passer dans les cachots, et voilà... Dans tout les cas, il était hors de question pour Arthur de le laisser y aller tout seul.

Kiku le lui avait demandé pour une raison tout à fait justifiable : il aimait Ludwig. En d'autres termes, sa faiblesse, ce serait de l'écouter et de tout accepter trop rapidement. C'était dangereux. Dangereux, même si l'Allemand était derrière des barreaux, gardé par des Aurors, entre les mains de l'école... C'était dans l'intérêt de Kiku de ne pas en ressortir trop influencé. Lui comme Arthur ignoraient les conséquences qu'un interrogatoire d'un proche pouvait donner. Mieux valait rester sur ses gardes, même dans de telles circonstances.

« Allons-y. »

Arthur ne disait rien, se contentant de laisser à Kiku le premier pas. Lui laisser sa confiance en soi, qu'il espère pouvoir faire maintenir en fermant la marche derrière lui, en faisant office de soutien.

- Everything will be all right. avait-il toutefois fini par murmurer pour le soutenir.

Arthur n'avait visité qu'une fois les cachots, pour des raisons... bien contraires à l'actualité d'aujourd'hui. Mais (heureusement ?) l'atmosphère était bien trop pesante et tendue pour lui rappeler les honteux souvenirs de la seule fois où il y est allé. Les Aurors remarquèrent alors les deux étudiants, et, après avoir avertit le prisonnier...

« Les visiteurs arrivent. »

… s'écartèrent juste assez pour les laisser ouvrir leur échange.

Arthur fixa d'abord Kiku, puis garda son regard d'émeraude sur l'Allemand. Froid comme la pierre. Indifférent comme preuve de leur amitié absente malgré les points communs. Il entendit Kiku faire de son mieux pour saluer le traître sans trembler, mais le Serpentard voulut se passer d'un « bonjour », amical comme colérique. Il croisa les bras et regarda en prenant le temps de la tête aux pieds Ludwig, qui représentait une vision aussi désagréable que fantastique, là, maintenant. Beilschmidt derrière des barreaux... Quand bien même Arthur ne l'aimait pas, il n'avait jamais souhaité le voir en prison, ou traité ainsi. Car, le plus dur à s'avouer, ce n'était pas de savoir qu'un élève de l'école qu'il côtoyait assez souvent trompait l'école...

C'était de savoir qu'il s'était déjà retrouvé dans ce genre de situation.

Il ignorait les motivations de Beilschmidt, mais quelques jours après la découverte, Arthur avait un peu trop réfléchit en la cherchant : et si, en fait, on l'avait vraiment forcé ? Connaissant – du peu – Ludwig, il lui paraissait peu probable qu'il ait retourné sa veste... alors que son petit-ami était marqué ? L'Allemand aurait-il réellement rejoint le camp ennemi alors que des proches à lui étaient déjà en danger ? Antonio était le déclenchement, le début, alors là encore hormis un pacte stupide, il n'y avait pas vraiment de mauvaises intentions cachées derrière... Mais Beilschmidt ? S'il ne l'avait pas voulu ? Si on lui avait fait du chantage ?

Et si, comme Arthur, on l'avait obligé à faire des choses en menaçant les proches qui lui sont chers ?

D'un côté, Arthur voulait  opter pour cette possibilité, et d'un autre, il se refusait à bien le vouloir. Car la trahison était encore fraîche. Car il n'aimait pas l'Allemand, et par fierté, il était capable de ne jamais lui pardonner. Parce qu'Arthur n'avait été qu'un outil, mais lui, un partisan.

Parce que défendre Ludwig serait pur folie et une fois de plus, on le regarderait mal.

Quand Francis lui avait demandé avec tristesse s'il ne faisait vraiment pas partie des Sans-Visages, Arthur avait ressenti une colère qui lui avait automatiquement rappelé Ludwig.

Alors, s'il n'arrivait pas à être triste... était-ce parce qu'il comprenait Ludwig ?

En se rappelant ça, Arthur ne savait plus sur quel pied il devait danser, là, face à cette cellule. Il inspira et, en prenant un ton qui ne représentait ni la colère d'avoir été trahi, ni la compassion d'avoir été un jour à une place presque similaire, il fit :

- Je te souhaite d'être le plus sincère, désormais, Beilschmidt.

Pour l'Allemand, ça devait ressembler à une menace. Pour Arthur, c'était peut-être réellement sincère...
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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Jeu 29 Mar - 19:59




C'est de la confiance que naît la trahison.


L'amertume lui déliait sans ambages la langue lorsqu'on venait à lui parler de Lui. Ces derniers temps, il n'était clairement pas difficile de souligner la présence d'une once de rancœur traversant ses prunelles d'ambre; ces dernières, bien qu'animées la plupart du temps d'une impression de condescendance permanente, renvoyaient à l'entourage d'Evalyn une impression de colère bien plus intense que toutes les précédentes; jadis accoutumée à cracher son venin sans se questionner de l'existence d'un quelconque filtre pour trier ses propos, la jeune fille était devenue curieusement très silencieuse ces récents jours. Un comportement qui ne lui ressemblait pas; on la savait éloquente, parfaitement capable d'user du don de parole, prête à débiter moults mots à l'entente d'un sujet qui lui tenait à cœur - et ce, sans se soucier particulièrement de la patience de ses interlocuteurs. C'est qu'elle effleurait presque le mutisme; et n'importe quel élève lucide savait que la Serpentard n'était favorable au silence que lorsque la maladie la frappait, ou que les événements entourant la si connue académie magique venaient à lui toucher l'esprit. Et Merlin savait à quel point le mental de l'adolescente était fait d'acier, peu prompt à s'ébranler d'émoi. Mais la limite avait été franchie.

Elle faisait partie de ce trio discret ayant participé à cette mission d'infiltration anciennement confiée par leur directeur; et à l'instar de ses deux compatriotes, l'Australienne souffrait d'un poids sur ses épaules; le poids de la connaissance. Celui d'avoir conscience que des élèves, soumis aux volontés néfastes d'une vulgaire corneille, passent à côté d'eux peut-être chaque jour; sont-ce sans doute des amis, qui sait ? Qui dit qu'il ne s'agit pas d'un membre de sa propre famille ? Ou de cette personne dont notre cœur se serait entiché ? La confiance envers l'autre en est rompue, brisée; et à force d'analyser en silence la manière de faire de chacun, l'on venait à se méfier de tout - et de tous, hélas. La croyance envers la bienveillance de son simple voisin de table en classe devenait tordue, difficile à imaginer et il était devenu complexe de s'assurer de son éventuelle innocence dans l'obscurité qui entourait désormais l'école.

Elle y était venue le sourire aux lèvres lors de sa première rentrée, les pommettes rosies par l'admiration des lieux et par l'ambition que lui réservait le monde des sorciers; elle errait désormais dans les couloirs ou se terrait dans son dortoir par volonté de préservation, dans ce territoire devenu presque .. hostile. L'atmosphère qui gouvernait les moindres recoins de l'établissement lui paraissait désormais étrangement morne et amenait presque au malaise; mais qui s'y sentirait en sécurité, avec la prise pouvoir du Ministère par le sombre mage ?

Or toute mascarade a une fin; et les fautifs - quoiqu'ils apparaissaient plus désormais en tant que sales petits rats qu'autre chose aux yeux d'Evalyn, enfin pris sur le fais, avaient été découverts par Monsieur Vargas. Ils auraient pu être n'importe qui; mais elle était à dix pleines lunes de s'imaginer que les jeunes recrues dont il était question étaient, en réalité effectivement la fratrie Beilschmidt. L'annonce était tombée avec peu de délicatesse; tranchante, nette, froide comme une lame; et pourtant, accepter la réalité et la prendre comme elle venait n'était pas chose aisée malgré la simplicité effrayante avec laquelle le duo germanique s'était vendu aux yeux de tous. Dans la Grande Salle qui plus est; la même pièce vaste, autrefois bien plus attrayante, qui avait accueilli en son sein les preuves d'affection et d'amitié de Gilbert et Ludwig envers leur entourage respectif; quoi de plus insultant pour leur soi-disant amis que d'apprendre que ces deux étudiants, pourtant sociables et épargnés par la majorité des soupçons, faisaient en réalité partie de l'élite d'Abbanzio - le même qui avait maculé ce lieu de sang; le même qui avait fait naître maintes émotions sur les faciès des jeunes sorciers; le même qui avait sans remord confronté la population de l'école à la fatalité ?

L'aîné s'était démasqué de manière autonome, en affichant aux yeux de tous l'empreinte détestable qui lui ornait le bras. Gilbert et Evalyn n'étaient pas amis; ils n'échangeaient que durant les entraînements de Quidditch, et bien que leur relation soit carrément inexistante, elle ne pouvait s'empêcher, lors de son recrutement et durant une longue période, d'adresser des remerciements silencieux à l'égard du Vert et Argent; d'autant plus qu'il était compté parmi les membres liés à la maison au blason reptilien - c'était là l'orgueil personnel de la jeune fille qui en prenait un sacré coup. En soit, l'acte de trahison de premier Beilschmidt ne la touchait hélas pas plus que celle du second-né.

Ludwig.

Celui qui faisait presque office de mur de protection entre Evalyn et les insectes nuisibles; elle l'avait connu grand et fort, volontaire, et était tombée dans l'illusion de s'être attachée à lui tant elle pensait que sa présence lui était salvatrice et lui faisait connaître la confiance même qu'une cadette pouvait adresser à un frère plus âgé. La révélation lui avait sonné comme un coup de tonnerre. Leur amitié s'était fragmentée à nouveau - et bien que ce soit le Serdaigle qui ait décidé de tisser une nouvelle fois leur tendre relation, la blessure engendrée par le mensonge semblait désormais impossible à cicatriser.

Une vive douleur lui prenait d'assaut l'intérieur du buste lorsque les moments passés en compagnie de Ludwig lui revenaient à l'esprit; des sourires partagés - alors qu'elle savait ceux de l'ami des canidés rares et difficiles à dénicher lorsqu'ils étaient sincères, exactement comme ses rictus à elle par ailleurs; des baisers réservés, offerts à la pommette du blond lors de ses moments de joie; et lorsqu'elle subissait une élévation, portée par les paumes puissantes du jeune homme, elle achevait ses baptêmes de l'air en venant se percher sur le dos de Ludwig, à l'instar d'une petite sœur avec son aîné.

Il s'agissait là d'une relation simple, bien que solide; et elle avait longtemps eu l'impression de compter pour le blafard. Les avis s'entrechoquaient par le biais de ses pensées multiples; c'est qu'elle se souvenait désormais de ce carnage dans la Grande Salle, où il était venu de lui-même lui saisir la main pour l'emmener auprès d'un professeur afin de lui assurer une sécurité plus importante; et maintenant qu'elle y pensait, elle ne se souvenait pas l'avoir vu conduire quelqu'un d'autre vers un adulte d'une pareille manière.

Du point de vue de la brune, il aurait dû la laisser là où elle était; ainsi, elle aurait pu faire obstacle entre le sortilège d'apposition de la marque sur les innocents et Oz - alors qu'à ce moment même, Ludwig la tirait vers la professeure de potions en lui disant qu'il était trop tard. Ainsi, la peur qu'elle ressentait depuis cette soirée n'aurait pas lieu d'être; son grand frère aurait être pu épargné par la malédiction certes, et elle aurait été touchée par cette dernière, mais cela lui importait peu; tant qu'elle savait le Gryffondor en sécurité, Evalyn se sentait invincible, prête à toute les audaces. Et sa détermination sans faille lui aurait sûrement permis d'aller à l'encontre de la stigmate d'une façon quelconque.

Evalyn n'avait jamais été familière à la naïveté. Mais tout cela était fait. Jamais elle ne s'était sentie aussi stupide; l'un des traîtres était là, sous ses yeux, et bien qu'elle fut au courant de l'existence de coupables parmi la foule que représentait l'ensemble de ses camarades, ses accusations ne s'étaient pas défnitivement portées sur lui - alors qu'elle avait, à plusieurs reprises, trouvé le comportement du jeune Beilschmidt étrange. L'obsession pour les études - à tel point qu'elle avait trouvé cela ridicule; le manque d'humanité qu'elle dénotait à travers l'observation de ses prunelles de glace, parfois; en somme, les facteurs qui auraient pu sans souci ouvrir une brèche à travers cette carapace de pierre dans laquelle le Bleu et Bronze s'était enfermé, si seulement elle avait écouté les signaux de sa raison et non ceux de son cœur.

Puis vint le temps de la confrontation. Quelques jours après l'incroyable nouvelle, Kiku - qu'elle savait tout autant touché par la véritable nature de Ludwig - avait proposé à Arthur et elle de l'accompagner dans une entrevue avec le détenu; enfin, disons plutôt qu'elle s'était imposée de son plein gré. Elle avait cette volonté de toiser avec tout le dédain du monde l'Enfermé; le faire souffrir par le biais de son regard critique, peut-être. Voire même l'humilier sans remord ? Mais ce souhait se combinait à un autre; celui d'entendre des explications de sa part. L'entendre parler, l'entendre dire la vérité; peut-être arriveraient-ils même à le faire débiter des informations supplémentaires sur le camp ennemi ? C'était à savoir.

Le nœud de sa cravate s'était sévèrement serré lorsque ses pensées prirent fin. Voilà que ses prunelles colorées s'élevèrent vers le reflet que lui renvoyait le miroir de son dortoir; vide, par ailleurs. Pour une fois elle n'avait pas à écouter les conversations de ses voisines qu'elle avait toujours trouvées futiles.

Une œillade brève fut accordée à l'écho de sa personne; bien qu'elle s'était accoutumée au port de l'uniforme de sa maison, il n'était pas difficile pour la quatrième année de remarquer une certaine évolution. Avait-elle enfin gagné quelques précieux centimètres ? C'était possible; d'autant plus que son buste entamait sa préférence pour être pareil à celui d'une adolescente, enfin, et non plus celui d'une enfant. Sa figure se laissait orner ici et là d'éternelles compresses et pansements; sa tignasse, elle, semblait un petit peu plus longue et achevait sa route aux abords de sa poitrine; non plus portée à la manière d'un élastique, mais bien de celle d'un ornement capillaire, la fleur d'hibiscus trônait désormais au-dessus de son oreille gauche, glissée dans ses mèches aux nuances caramel; quant à ses gambettes, son collant opaque s'abîmait de moultes déchirures et autres accrocs - mais cela, tout le monde y était habitué.

Ses mirettes se frayèrent un chemin jusqu'à atteindre l'ouverture qu'offrait sa sacoche, alors maintenue sur le corps de la joueuse de Quidditch par le biais d'une sangle soutenue par son épaule; en distinguant à l'intérieur de sa besace une masse indistincte brune, ses paupières s'abaissèrent comme on le fait dans le cas d'un regard critique.

La proximité entre la salle commune du reptile si bien connu et les cachots était infime; et pourtant Evalyn ne s'était pas montrée forcément désireuse à l'idée d'accompagner le duo masculin jusqu'à la cellule du Sans-Visage. Toujours est-il qu'elle prenait étrangement son temps; il était hors de question de presser la cadence pour un rat, et bien qu'ils ne se soient pas forcément concertés pour se mettre d'accord sur la question d'une arrivée synchronisée ou non, la Serpentard devinait sans mal qu'Arthur et Kiku viendraient ensemble - et sûrement avant elle. Qu'importe.

Elle arpentait les couloirs. La lourdeur de ses pas venait à résonner autour d'elle; elle jetait au bout du corridor un regard empli de colère, quand bien même les traits de son visage ne lui faisaient pas particulièrement arborer une expression haineuse. Le sillon froid l'avait finalement menée dans le pénitencier qu'elle n'avait jamais réellement fréquenté; et comme ils l'avaient fait pour les deux plus âgés avant elle, les gardes qui se tenaient auprès de l'ouverture de la prison scolaire invitèrent l'adolescente à entrer dans la cellule occupée par l'Allemand; et bien que l'accès lui soit presque offert, Evalyn demeura un instant immobile, levant le nez vers Arthur et Kiku qui lui faisaient dos. Elle céda aux surveillants  un signe négatif de la tête pour leur faire saisir qu'elle ne souhaitait pas entrer dans cette abjecte geôle. Alors elle se faufila sur un côté, de manière à être vue seulement par le fautif. Et l'asiatique prit soin de prendre la parole - non sans une note perpétuelle de politesse. Là encore, elle se demandait comment le nippon maintenait toujours un tel respect envers l'otage si détesté. Il fut bien vite rejoint par le britannique qui se tenait auprès de son camarade et dont l'attitude relevait de sa fierté inebranlable.

-Bonjour, Ludwig.
-Je te souhaite d'être le plus sincère, désormais, Beilschmidt.

Son visage à elle n'était pas animé; il paraissait d'ailleurs presque impassible - pour le moment du moins. Lorsque ses paumes, couvertes de bandage, s'élevaient vers les barreaux, elle se permit de les agripper dans un geste sec et bruyant, sans prendre la peine de crier gare. Les traits de fer devant lesquels elle se tenait sans hésitation lui hachaient très sûrement le devant de la figure, du point de vue du reste du quatuor.

Alors elle avisait avec un air diablement condescendant le captif sur qui tous les regards s'étaient tournés. Bien qu'elle demeurait mutique pour le moment, elle s'adonnait en silence à la contemplation presque délicieuse des marques de fatigue qui décoraient tristement l'épiderme pâle du germain.

-Ludwig.

Et enfin ses lippes s'entrouvrirent dans un premier temps, juste pour avoir l'occasion de prononcer son nom; lors du second, à la suite d'un silence planant dans l'atmosphère, lourd comme le plomb, ce fut désormais à son tour de s'exprimer - et n'importe qui aurait pu déceler en son timbre de voix une nuance de médisance terrible qu'elle employait habituellement lorsqu'elle était la témoin d'un spectacle qui encourageait à la pitié - et il n'était pas spécialement compliqué de remarquer qu'elle ne mâchait pas les mots et parlait dans un langage clair et plutôt correct. Il était à savoir, visiblement, que le sérieux était de mise.

-Alors ? Comment cela fait, d'être enfermé dans un espace ridiculement petit ? Enfin, c'est le début du prix à payer pour ta trahison. Tu apprécies ta cellule ?

Les questions n'étaient pas forcément lancées dans le but de recevoir des réponses; et pourtant, elle se plaisait à pencher la tête sur un côté dans un air inquisiteur; visiblement, elle s'attendait à ce qu'il échange un minimum avec tout le monde - et même avec elle.



Evalyn râle en #cc9999.
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Those cunning folk use any means,
To achieve their ends.
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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Dim 1 Avr - 16:27

Détention.
Ludwig
Beilschmidt


-Bonjour, Ludwig.

Il s’attendait à ce que Kiku lui rende visite : quand, il n’avait jamais pu le déterminé, mais tôt ou tard, ça devait arriver. Il ne fut donc pas surpris de voir le petit japonais face à lui. Il connaissait son petit ami par cœur, et pas seulement grâce à leur récente relation, mais surtout grâce à toutes ces années passées avec lui depuis l’âge de 11 ans. Ils avaient eu la même maison, le même dortoir, les mêmes cours, et plus récemment, le même lit. C’est grâce à tous ces moments passés avec lui, grâce à toute cette expérience, que Ludwig arrivait à déchiffrer les petits tics, les petites apparences que son camarade serdaigle lui présentait. Tel un détective, il concluait du teint de sa peau qu’il dormait mal, il devinait en observant sa posture qu’il n’était pas encore remis, qu’il était méfiant. L’allemand ne pouvait qu’être fier de savoir que sa moitié ne faisait pas que toujours le suivre sans penser, mais avait besoin de se former sa propre opinion, de prendre ses propres décisions. « Kiku est intelligent », pensait-il, « et je l’ai toujours aimé pour ceci ». Ludwig avait peur de retrouvailles avec un yaourt mou du genou et dépressif. Kiku était un moulin dépressif, à la place : mais au moins faisait-il tourner ses méninges au lieu de ne rien faire.

-Je te souhaite d’être le plus sincère, désormais, Beilschmidt.

Il s’attendait moins à la présence d’Arthur, mais celle-ci lui faisait étrangement plaisir. Lui aussi avait besoin de s’agiter cognitivement parlant, et l’arrivée du blond ne pouvait qu’amener de grandes discussions sans fin. Parler. C’est quelque chose que le sans-visage n’avait surement pas fait depuis quelques semaines : mis à part d’occasionnel « Merci », « Bonjour » et « Au revoir » adressés à des gardes qui ne lui répondaient même pas, rien n’avait jamais été échangé. Ludwig s’était créé son propre monologue interne afin de peser le pour et le contre de chaque chose, afin de garder un peu de bon sens et d’intelect. Un mauvais matelas, est-ce bon ? Est-ce mal ? On dit souvent que ce qui ne tue pas rend plus fort : discutez. Il se posait des problématiques, tentait de diviser ses arguments en plusieurs parties rédigées mentalement. Partie une : Oui, ce qui ne tue pas rend plus fort. Je suis désormais habitué à une situation que je ne connaissais pas auparavant. J’en gagne une expérience, ainsi qu’une tolérance aux futurs trottoirs sur lesquels je dormirais une fois au chômage car personne ne voudra m’engager. Partie deux : Non, ça ne rend pas plus fort. Ça me détruit le dos, et si un clochard m’agresse pour me prendre les quelques galions gagnés à force de mendier, serais-je vraiment capable de me défendre ? Oh, une autre question. Partie une : Oui, je serais capable de me défendre, si je m’équipe des bons objets- et ce petit manège continuait encore et encore.

Mais ce petit manège avait un immense problème, c’est qu’on est très souvent d’accord avec soi-même. Ludwig se retrouvait toujours attiré par une thèse ou une autre, et le débat n’était pas grand, peu explosif, manquait d’intérêt. Sincère ? Il allait l’être, si cela pouvait entrainer la discussion. Il ne put empêcher un petit sourire de frayer son chemin jusqu’à son visage habituellement si inexpressif. L’idée d’une conversation, et même d’une dispute, l’enchantait.

Pour cette raison, quand Evalyn fit son apparition et ouvrit la bouche, ce fut comme un feu d’artifice. Un combo. Un grand gâteau d’anniversaire offert à quelqu’un qui n’avait pas mangé depuis longtemps.

-Alors ? Comment cela fait, d'être enfermé dans un espace ridiculement petit ? Enfin, c'est le début du prix à payer pour ta trahison. Tu apprécies ta cellule ?

Etait-il devenu fou pour apprécier ces paroles comme une musique ? Ouvrant la bouche, il n’avait qu’une envie : faire de celle-ci un duo, à deux chanteurs. Et si d’autres pouvaient se joindre, ce n’en serait que plus beau.

-La cellule est assez petite, mais je n’ai pas à me plaindre. Répondit-il alors d’une voix rocailleuse. Il se surprit à ne pas reconnaître sa propre intonation : cela faisait longtemps qu’il n’avait pas dit quoi que ce soit d’aussi long. Ses cordes vocales avaient dû s’habituer au manque d’activité. Je suppose que c’est bien pire à Azkaban. Si vous avez des nouvelles de Gilbert, ce n’est pas de refus.

Il observa le petit groupe, continuant sans leur laisser le temps de répondre. Il était lancé. Chaque mot prononcé était une libération. Et dire qu’il ne s’était jamais défini comme bavard.

-Je n’ai pas l’intention de mentir à qui que ce soit. Je n’ai plus à me cacher, voyez-vous. En revanche, je pense ne pas pouvoir dire tout ce que je souhaiterais. Il tapota son poignet. Je suis toujours sous écoute, et vous l’êtes surement aussi. Toute cette école, à vrai dire. Chaque marque, qu’elle soit sur la main ou sur le dos, est une chouette près à délivrer des messages et des ragots. Le jour de ma mise au cachot fut, de manière surprenante, un des plus beaux de cette année. Notre cher directeur avait réussi à la rendre inactif durant quelques jours, j’étais capable de penser et de dire ce que je souhaitais. Et bien qu’enfermé, je ne me suis jamais senti aussi libre.

Il fixa son poignet, où la marque était désormais bien visible. Le petit rat inscrit dessus le jugeait, l’oreille tendue, surement prêt à reléguer la conversation à son ami le corbeau.

-Si je suis encore vivant, c’est surement car je sers encore d’espion involontaire, à écouter les dire des gardes. Heureusement, ceux-ci sont silencieux. Et vous ? Allez-vous me parler ? Ou bien ne pas prendre le risque de donner l’avantage au maître ?

Posant son regard bleu et fatigué sur Arthur, il se pencha vers l’avant, posant ses coudes sur ses genoux.

-Je serais sincère, oui. En revanche, je vous conseille fortement de ne pas l’être. Je vous en prie : posez vos questions. Mais faîtes en sorte de ne pas répondre honnêtement aux miennes. L’oiseau a faim de connaissance.








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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Lun 2 Avr - 1:35

Détention.
An Icarus who has flown to close to the sun

"Do you know what Feliciano said
When we saw you wanted to thrive ?
He said 'Be careful with that one, love,
He will do what it takes to survive'."
-Hamilton


Date ?
Il devait rester concentré. Aussi douloureux que cela soit, aussi affreux, aussi dévastateur pour lui, il devait cesser de pleurer. Il avait déjà assez pleuré. Hanté par d'horribles cauchemars, à se réveiller en pleine nuit et à ressasser encore et encore les mêmes pensées : qui a raison ? Qui a tort ?

Suis-je un monstre de penser ainsi ?


Il secoua discrètement la tête, repoussant cette simple interrogation qui le tourmentait depuis quelques jours. Depuis une certaine conversation avec un chinois furieux, un peu trop droit, trop stricte, trop impitoyable qui lui rappelait ce père qu'il tentait d'oublier. Il ne voulait pas se poser la question, pas se demander pourquoi elle revenait encore et encore, et pourquoi il se sentait si coupable lorsqu'il tentait d'y répondre. Il préférait la laisser pour l'instant, enterrée, au fond d'un puits dans lequel il ne replongerait pas avant longtemps... Peut-être une fois qu'il aurait entendu les explications de Ludwig.

▬ Je te souhaite d'être le plus sincère, désormais, Beilschmidt.

La voix d'Arthur près de lui l'apaisa, comme celle de Feliciano l'avait fait le soir où il avait appris le terrible destin de Ludwig. Ses amis étaient devenus des phares pour le guider, des bouées en pleine tempête pour lui éviter de couler. Malheureusement, en refusant de l'accompagner, en refusant de même se trouver face à l'Allemand ou d'entendre parler de lui, son ami Italien l'avait lâché, lui avait échappé, le laissant se perdre en eaux troubles avec ses questionnements. Alors le fait que l'Écossais ait accepté le rassurait. Il pouvait compter sur lui. Et après avoir longuement discuté avec lui, il savait qu'Arthur était le plus à même de comprendre pourquoi Ludwig se trouvait dans cette cellule crasseuse et sombre, puisqu'il en avait lui-même réchappé. Il était le seul à envisager la question, la vraie question, celle que tout le monde refusait de voir, dont ils détournaient si sagement les yeux comme s'il s'était agis d'une horreur de la nature :

Aurais-je été égoïste, moi aussi ?


Encore une fois, il essaya de chasser l'idée, comme une mouche contrariante qui reviendrait constamment à la charge, un point de gravité fixe vers lequel on finirait toujours par être attiré, quelques soient nos efforts pour ramper hors de son emprise.

▬ Ludwig. Alors ? Comment cela fait, d'être enfermé dans un espace ridiculement petit ? Enfin, c'est le début du prix à payer pour ta trahison. Tu apprécies ta cellule ?

Il manqua de sursauter en découvrant dans son dos la voix haut perchée de la jeune Serpentard. Il ne l'avait pas entendue arriver, perdue comme il l'était dans ses pensées. À sa remarque, il ne put s'empêcher de tourner un peu la tête, plissant les yeux en la jugeant du regard. Il espérait qu'elle n'était pas venue que pour cracher sur le prisonnier, que ce n'était pas une visite destinée à se défouler sur cette carcasse maigre et immobile. Ils n'étaient pas là pour se venger ou s'épancher de leurs soucis, mais pour entendre des explications. Et abreuver ainsi Ludwig de reproches n'allait sûrement pas lui délier la langue. Du moins, c'était ce qu'il pensait.

▬ La cellule est assez petite, mais je n’ai pas à me plaindre.

Sa voix rauque, comme enraillée, le tira définitivement de ses pensées. Il reporta son attention sur Ludwig, et il eut encore plus de mal à le reconnaître. Il avait cet air résigné qu'il ne lui connaissait pas, et cette voix lente et las, monotone. Plus aucune énergie ne filtrait dans les syllabes qu'il prononçait, et cela le déboussolait tant il ne l'avait jamais vu ainsi. Il voulait ne plus jamais entendre cette voix, car plus elle sortait, plus il avait la conviction de ne pas être face à son petit ami, mais face à un Sans-Visage qu'il venait simplement de rencontrer. La pitié était-elle de mise, dans cette situation ? Il se forçait à le croire,  et pourtant il tentait de la repousser loin, cette pitié si tentante. Car elle lui faisait perdre le sens des réalités, elle lui faisait oublier ce qui était réellement important.

"La vérité." pensa-t-il "Concentre-toi sur la vérité. C'est tout ce qui doit sortir de cette bouche, et tout ce que tu dois savoir."

Mais cette voix continuait de sortir, encore, et encore, et encore, comme si le prisonnier se libérait d'un mutisme de mille ans, comme s'il n'avait pas parlé depuis des années et qu'il avait oublié comment le faire correctement. Et comme si dans un sens... cela le soulageait.

▬ Je suppose que c’est bien pire à Azkaban. Si vous avez des nouvelles de Gilbert, ce n’est pas de refus.

Ces seuls mots lui firent plisser le nez, se mordre la joue, tant il les haïssait. Déjà, il avait abordé la question de la prison. Pas sa prison actuelle, mais une autre bien pire, celle qui allait très certainement bientôt l'accueillir, car il avait été idiot, si idiot... Azkaban. Parmi les pensées que Kiku refusait le plus, celle-ci figurait parmi les pires. Il culpabilisait en pensant à tous ces morts qu'avait pu causer Ludwig, mais avait aussi constamment cette terrible pensée : qu'allait-il lui arriver après Poudlard ? Son envie de devenir professeur était déjà à rayer, c'était même sûr. Mais pourrait-il jamais quitter cette tour perdue au milieu de l'océan ? Ou y croupirait-il à vie, car on estimait que sa vie elle-même n'était pas à la hauteur de son crime ? Qu'est-ce qui l'attendait là-bas ? Kiku pensait aux ténèbres, aux hurlements du vent et des prisonniers, aux pierres froides et surtout, aux Détraqueurs. Ludwig aurait-il assez de bon souvenirs pour leur résister, ou finirait-il par succomber et offrir son âme, écrasé par le désespoir ? Cela lui arrachait le cœur rien que d'y songer.

Et Gilbert ? Ah, Gilbert. Kiku se moquait bien de ce qu'il lui était arrivé et de ce qu'il faisait, croupissant dans sa propre cellule dans la tour d'astronomie. Ce frère qui semblait avoir été incapable de protéger Ludwig, qui semblait l'avoir amené sur le chemin d'Abbanzio, droit dans l'antre de leurs ennemis. Le point commun entre toutes ces personnes, tous ces faits, toutes ces horreurs ? Un unique mot, qui s'était gravé dans l'esprit du Japonais depuis cette funeste soirée. Mère.

Mais ça, il en parlerait plus tard. Il comptait bien y revenir, et si la réponse ne lui plaisait pas, Dieu savait qu'il perdrait son calme.

Ainsi, il ne répondit pas. Il resta muet, voulant lui faire comprendre qu'il repoussait ses interrogations, qu'il refusait de même y songer. Et cela n'eut pas l'air de déranger l'Allemand, qui continua sur sa lancée, comme si ses camarades n'étaient pas là, qu'il parlait simplement aux murs, et qu'il était seul. Leur simple présence, l'occasion de pouvoir enfin prononcer quelques mots semblait l'emmener au Paradis.

▬ Je n’ai pas l’intention de mentir à qui que ce soit. Je n’ai plus à me cacher, voyez-vous. En revanche, je pense ne pas pouvoir dire tout ce que je souhaiterais.

Il vit son geste, son regard ocre suivant les doigts de Ludwig qui venaient indiquer ce qui se trouvait sur son poignet : sa marque. La marque. La vision le frappa d'un seul coup, faisant courir un frisson d'effroi le long de son dos, lui faisant comprendre que oui, elle était réellement là, dans sa chair, noire, profonde, telle un venin. Il voulait détourner les yeux, mais étrangement, il n'arrivait pas à en détacher le regard. Comme lorsque l'on était témoin d'une scène horrible, et qu'on était à la fois terrifié et fasciné. Curieux de voir jusqu'où l'horreur pouvait aller, avant de nous consumer totalement. Il serra simplement les dents, comprenant que cette simple vue le rendait malade, qu'il aurait préféré ne jamais voir Ludwig associé à celle-ci. Et que maintenant, c'était réel, trop réel, et qu'il n'y avait plus aucune chance de revenir en arrière. Peut-être était-ce à cet instant précis que Kiku comprit, réellement, pour la première fois depuis des semaines : Ludwig est un Sans-Visage. Cette fois-ci, il n'y avait plus aucun doute.

▬ Je suis toujours sous écoute, et vous l’êtes surement aussi. Toute cette école, à vrai dire. Chaque marque, qu’elle soit sur la main ou sur le dos, est une chouette près à délivrer des messages et des ragots.

Ah, quelle merveilleuse idée de la part de l'Allemand de lui rappeler ceci. Car en l'entendant, instinctivement, il tira légèrement le côté de son pull comme pour cacher un peu plus sa propre marque, gravée dans le bas de son dos, espérant qu'ainsi, il pourrait la faire disparaître. C'était devenu un réflexe nerveux, comme si le simple fait de s'en rappelait lui infligeait une brûlure. Parfois, il parvenait à occulter son souvenir, à vivre l'esprit un peu plus tranquille. Mais il suffisait qu'il songe à la mission qu'il avait accompli au nom de Romulus, ou du danger qu'il pouvait représenter pour ses amis, à n'importe quel moment, pour se souvenir :

"Je suis marqué, moi aussi. Abbanzio peut se servir de moi. Moi aussi, je peux tuer pour lui. Alors en quoi sommes-nous différents...?"

Lui n'avait pas choisi d'être marqué volontairement, voilà quelle était la différence... Probablement. Il ne savait pas et cela le tuait de ne pas savoir. Pour en être sûr, il fallait écouter Ludwig jusqu'au bout, ou le pousser à parler. Mais il semblait déjà bien se débrouiller seul.

▬ Le jour de ma mise au cachot fut, de manière surprenante, un des plus beaux de cette année. Notre cher directeur avait réussi à la rendre inactif durant quelques jours, j’étais capable de penser et de dire ce que je souhaitais. Et bien qu’enfermé, je ne me suis jamais senti aussi libre. Si je suis encore vivant, c’est surement car je sers encore d’espion involontaire, à écouter les dire des gardes. Heureusement, ceux-ci sont silencieux.

Car voilà qu'il comptait son quotidien dans cette cellule avec la précision d'un journal intime, et ce n'était clairement pas ce que Kiku avait envie de savoir. Libre, vraiment, dans ce trou crasseux et silencieux, sans rien pour échapper à ses pensées tourmentées ?

"Tu aurais pu être libre, Ludwig." se dit-il "Tu aurais pu y échapper si tu avais été honnête, si tu avais refusé... Mais encore une fois, suis-je bien placé pour te le reprocher ?"

Plus tard. Il répondrait à cette question plus tard, même si elle ne cessait de revenir à la charge. Il y avait tellement de questions dont il n'avait pas encore les réponses. Venant de Ludwig, mais aussi de lui-même.

▬ Et vous ? Allez-vous me parler ? Ou bien ne pas prendre le risque de donner l’avantage au maître ? Je serais sincère, oui. En revanche, je vous conseille fortement de ne pas l’être. Je vous en prie : posez vos questions. Mais faîtes en sorte de ne pas répondre honnêtement aux miennes. L’oiseau a faim de connaissance.

Le simple mot maître fit soudainement monter la fureur en lui. Non, il ne pouvait pas l'appeler ainsi. Comment pouvait-il donner ce nom à un homme abjecte, un meurtrier qui avait détruit leur vie ? Une seconde, on put entendre un "Tss" dédaigneux résonner dans le silence de la pièce, alors qu'il baissait les yeux, tentant de contenir sa rage et de ne rien en laisser paraître, presque sans succès. Son regard se fit plus dur. Il voulait lui faire regretter ses mots. Il voulait essayer de comprendre, vraiment, et avait peut-être même ce désir fou que Ludwig ait eu de bonnes raisons, qu'il puisse avoir sa rédemption et être pardonné. Certes, c'était ce qu'il souhaitait. Mais en même temps, il avait ce désir profond de lui faire payer, de lui faire regretter d'avoir tout gâché ainsi, et surtout, de continuer à agir comme s'il s'était résigné, comme si tout cela était normal et qu'il n'avait pas l'intention de se battre. Dans ce lieu sombre et sordide, peut-être Kiku n'était-il finalement pas si différent d'Arthur, ou même d'Evalyn.

Il fit un pas vers lui, le fixant en essayant de contenir ses accès de rage. Concentré. Il devait garder l'esprit clair. Il ne fallait pas tomber dans le sentimentalisme, mais pas se laisser aveugler par le désespoir, non plus. Il ne fallait pas couler, à aucun prix.

▬ Cesse de l'appeler comme ça, siffla-t-il entre ses dents -il n'y avait même pas besoin de préciser de qui il parlait, il espérait que c'était assez clair. Il ne mérite pas que quiconque l'appelle ainsi, pas même toi. Et qu'il nous écoute ou non, nous n'avons rien à te dire, de toute manière. C'est toi qui parlera, aujourd'hui, Ludwig. Tu sembles loquace, tant mieux.

Il prononça ces mots avec un sarcasme presque tranchant, chose rare chez lui lorsqu'il s'adressait à l'un de ses proches. Il ne souhaitait pas le blesser, et pourtant, c'était plus fort que lui. N'était-il pas censé le soutenir dans cette épreuve, plutôt que de l'enfoncer ? Deux petites voix se battaient en lui, l'une lui criant d'être indulgent, et l'autre de faire justice, de lui faire comprendre à quelque point il avait eu tort, et à quelque point il devait s'en mordre les doigts.

▬ Il va sans dire que tu devras répondre avec une sincérité totale aux questions que l'on te posera.

Cela sonnait presque comme un ordre. Pour une fois, c'était lui qui donnait les ordres et pas l'inverse. Il comprit pourquoi Ludwig aimait tant cela. Il se sentait puissant, pour la première fois.

▬ Je ne te ferai pas l'affront de te faire boire du Veritaserum. J'ose espérer que tu n'en auras pas besoin.

Le Veritaserum était associé à un souvenir à la fois douloureux et merveilleux dans son esprit. Il refusait de le ternir ainsi. Et si l'on pouvait traduire cela simplement, si Ludwig osait encore lui mentir après tout ce temps, après toutes ces secrets, peut-être que cette fois-ci, la question du pardon ne serait même plus à envisager. Mais la deuxième petite voix se réveilla, criant de nouveau à l'indulgence. Il restait malgré tout cela un semblant d'amour au fond de lui, une tout petit bout qui désirait y croire. Tant de sentiments contradictoires l'assaillaient, lui dictant sa conduite, et il ne savait pas quel chemin suivre. Il était incapable de se décider.

▬ ... Bien sûr, si tu ne peux pas répondre à une question à cause de l'écoute dont tu fais l'objet... tu peux simplement choisir de ne pas le faire... Pour ta sécurité.

Car oui, il avait beau le détester, en cet instant, il avait beau lui en vouloir plus qu'il n'en avait jamais voulu à quelqu'un de sa vie entière, la seule affirmation sur laquelle arrivaient à s'accorder ces deux voix, dans sa tête, était bien celle-ci : La sécurité de Ludwig passe avant tout. Ludwig doit survivre.
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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Mar 10 Avr - 15:27

SENSATION OF DEJA-VU × ft. PEOPLE
Arthur ne s'attendait pas à l'arrivé aussi brusque d'Evalyn, et en l'entendant, il fut presque surpris de constater qu'il y avait plus amer que lui. Et qu'il allait donc être sans doute beaucoup plus calme à l'écoute du traître qu'elle. Et sans doute plus que Kiku aussi. Après tout, Arthur était un peu l'intrus, dans ce trio : il n'a jamais été proche de Ludwig, contrairement à Kiku ou Evalyn.

Il préféra donc non pas se retirer, mais laisser la priorité à ces deux derniers. Quoique, peut-être valait-il mieux accompagner plus les mots du Japonais que ceux de l'Australienne – il était là spécialement pour ça, après tout. Les désirs d'Arthur, ceux à la fois de comprendre et de se moquer de lui, se cognaient entre eux et devaient trouver leur place pour pouvoir sortir et s'exprimer.

Le fatalisme de Ludwig l'agaça presque. Il avait mentit en se fondant dans les rangs d'élèves malgré sa trahison, malgré sa marque significative de fidélité à Abbanzio Vargas, et malgré son attitude qui disait pourtant vouloir protéger, être sincère... mais quels mensonges. C'est là encore qu'Arthur buta sur leur ressemblance, mais pour l'instant, il allait vraiment devoir la mettre de côté tant qu'il ne s'agissait pas que de lui et l'Allemand. En compagnie de Kiku et Evalyn, il préférait avant tout rester plus un spectateur qu'un acteur. Intervenant, qu'il était, en ce moment. C'était Kiku, le visiteur phare. Et Evalyn, un peu moins, mais bien plus importante qu'Arthur.

Arthur se contentait de rester froid, impassible... comme inintéressé des mots de Ludwig. Être enfermé semblait lui procurer un plaisir un peu incompréhensible, sans doute parce qu'il était aussi bridé dans ses mouvements que libre dans son mensonge exposé. Encore un sentiment qu'Arthur ne pouvait pas que qualifier de négatif : parfois, se libérer d'un poids psychologique faisait mille fois plus de bien que d'en récolter une sentence pareille derrière.

Concentre-toi, idiot, se força-t-il au crâne pour ne pas se laisser bercé par un odieux point commun. C'est Kiku, qui a besoin de se protéger de l'influence. Et le pire, c'est que le Japonais a l'air de gérer plutôt ça bien.

Oui, son meilleur ami était plus fort que ce dernier ne l'était en lui demandant de l'accompagner. Il laissa alors les deux amants parler, ou plutôt, il laissa le Serdaigle asiatique attaquer en premier, tout en restant observateur. Lorsqu'il eut terminé en concluant sur la sécurité encore incertaine de Ludwig malgré sa surveillance et sa prison, Arthur fit un pas en avant et enchaîna :

- Beilschmidt...

Quelque part, il avait pourtant bel et bien cette envie : parler de ce sentiment familier, de cette ressemblance à la fois lointaine et proche. Tout ce qu'ils avaient de plus commun, c'était la prise de décision qui était à la fois la meilleure et la plus impardonnable. Mais en parler, ici, avec les deux autres à côté, ça n'était pas le bon moment. Il prévoirait de revenir seul, si les Aurors veulent bien le laisser passer... oui, peut-être qu'il allait faire ça.

Maintenant, il pouvait continuer avec l'esprit plus ou moins neutre.

- De la part du « plus fidèle de l'école », je n'en attendais pas moins de toi que de répondre avec sincérité... se moqua-t-il avec une froideur ironique. Depuis combien de temps es-tu à son service ? Et que savais-tu sur ce qui est déjà arrivé à l'école ?

C'était prendre drôlement rapidement les devants que de poser ces questions tout de suite, mais il sentait que l'animosité de Kiku et Evalyn pouvait faire quelque peu trop détourné la conversation sur un point plus sentimental que pratique.
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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Mer 11 Avr - 20:21



C'est de la confiance que naît la trahison.



-La cellule est assez petite, mais je n’ai pas à me plaindre.

C'est qu'il daignait lui répondre en plus de cela, avec toute la franchise trouvable dans son nouvel habitat naturel. La pression qu'elle entretenait sur les grilles de sa cage se révélait plus importante, plus mauvaise. Elle cracha de nouveau son venin à l'égard de l'Aigle en captivité, sans forcément accorder une quelconque importance à ses mots suivants; il quémandait vraisemblablement des informations sur l'état de son frère - mais qui s'en souciait, à présent ? Pas Evalyn, en tout cas - qui s'empressa de répliquer sans la moindre patience.

-Eh bien, elle devrait l'être encore plus.

Le ton dont elle usait était une preuve supplémentaire, bien qu'évidente, de son état d'esprit ferin. Elle s'octroya le droit de lorgner d'une manière peu compatissante le rictus qui étirait les commissures de l'ancien Serdaigle, et ce dans son éternelle attitude condescendante qu'elle ne s'était pas décidée à se délester; pire encore, lorsqu'elle sentit le regard accusateur de Kiku à sa première prise de parole, l’œillade qu'elle lui renvoya aurait pu avoir le même effet qu'un retour de flammes; depuis quand le japonais se permettait-il de juger de cette façon, aussi silencieuse soit-elle, son intervention ? Celle-ci n'était rien en comparaison des actes de celui qu'ils étaient tous les trois venus voir. Peut-être que l'asiatique s'attendait à ce qu'elle témoigne d'un semblant de douceur voire de modération - mais elle était lancée, et dès lors, rien ne pourrait l'arrêter ou interrompre le cours de ses palabres. Le japonais fut gratifié d'un nouveau coup d’œil terrible; la sève de ses yeux fit une nouvelle rencontre fracassante avec ceux du fanatique des serres.

-Je n’ai pas l’intention de mentir à qui que ce soit. Je n’ai plus à me cacher, voyez-vous. En revanche, je pense ne pas pouvoir dire tout ce que je souhaiterais. Je suis toujours sous écoute, et vous l’êtes surement aussi. Toute cette école, à vrai dire. Chaque marque, qu’elle soit sur la main ou sur le dos, est une chouette prête à délivrer des messages et des ragots.

La façon qu'il avait de parler lui tintait à la cervelle sans difficulté; son arrestation lui avait cédé le comportement d'une coquille vide, animée seulement par la volonté cruelle de celui qu'il considérait hélas comme son propriétaire. Triste destin qu'est celui d'offrir littéralement sa personne à qui que ce soit; sa liaison avec Abbanzio paraissait avoir le même sens que celui d'un pacte avec le Diable. Ludwig était devenu un aliéné en voulant s'aventurer trop près de cette aura trouble que représentait ce fléau; la Peste l'avait touché, enchevêtré dans la transe épidémique. Il avait prouvé une faiblesse de pantin et démontré une incroyable faculté à se laisser influencer.

L'évocation de la marque lui avait embrumé les sens avec aigreur. Lorsqu'il jeta un oeil à l'infâme preuve de sa soumission envers le Corbeau, Evalyn marqua une nouvelle poussée sur les barreaux qu'elle couvrait de ses paumes. Le détachement certain avec lequel il débitait ses propos laissait à la Serpentard l'occasion de penser que la visite du trio lui importait peu, malgré l'extase qui l'habitait à l'idée simple d'entretenir une conversation avec les élèves. La marionnette osa poursuivre, avant de lever ses orbes de glace sur l'Écossais qui venait lui tenir tête.

-Si je suis encore vivant, c’est surement car je sers encore d’espion involontaire, à écouter les dire des gardes. Heureusement, ceux-ci sont silencieux. Et vous ? Allez-vous me parler ? Ou bien ne pas prendre le risque de donner l’avantage au maître ?

Un souffle prit l'initiative de franchir la barrière de ses lèvres. L'appellation qu'utilisait leur locuteur était un indice quant à la position du garçon fantoche; il semblait être devenu un corps sans âme, mais l'appui du "maître" dans l'échange était suffisant pour que la jeune fille réprime un grognement semblable à celui d'un membre de la faune sauvage qu'elle affectionnait tant. Kiku certifia son mécontentement en réduisant la distance qui le séparait de celui dont il s'était entiché d'un pas - pour une fois que son camarade daignait enfin exposer un semblant d'âpreté ... Ainsi, Evalyn couvrit l'avancée du Bleu et Bronze d'une oeillade acérée. Elle espérait, au fond d'elle, que le brun ne fasse pas l'erreur de laisser son coeur se morfondre à la condition misérable dans laquelle Ludwig s'était empiété.

-Cesse de l'appeler comme ça. Il ne mérite pas que quiconque l'appelle ainsi, pas même toi. Et qu'il nous écoute ou non, nous n'avons rien à te dire, de toute manière. C'est toi qui parlera, aujourd'hui, Ludwig. Tu sembles loquace, tant mieux. Il va sans dire que tu devras répondre avec une sincérité totale aux questions que l'on te posera.

L'unique présence féminine de l'escouade se plaisait à laisser sa tête se pencher sur un côté. La volonté d'être spectatrice de la réaction du serviteur lui gouvernait l'être sans vergogne.

L'épiderme pansé mit un terme à son contact avec le métal froid de la geôle; sa dextre, elle, favorisa une approche vers sa besace - la même qui contenait l'objet qu'elle s'était décidée à apporter en ces lieux. Un cadeau ? Les cours tant espérés par le blond ? De la nourriture ?  Une "assiette de cookies et une tasse de gentillesse" ? Qu'on se détrompe; la gibecière ne dissimulait rien de tout cela. A quoi bon venir se recueillir auprès d'un détenu haï pour lui offrir, avec toute la bonté que l'on pouvait avoir, un présent authentique que l'on attribue à un ami ? Or, ce n'était plus un secret pour quiconque; Ludwig était passé, à ses yeux, d'ami à ennemi - et après cette visite, l'envie de parler de lui avec qui que ce soit se volatilisera très certainement.

Une sensation d'acidité lui tenaillait le cœur quand elle glissa quelques une de ses phalanges à l'intérieur de son sac. Les lèvres de l'adolescente laissèrent à un rictus nerveux l'occasion de se crayonner sur son faciès dont les traits s'animaient à présent d'une fébrilité particulière. Sa voix pouvait être entendue par le volatile ? Cela lui importait peu - le chagrin la poussait visiblement à aller au-delà des limites du raisonnable.

-Tu n'arranges absolument pas ton cas en continuant d'appeler "Maître" ce pestiféré, tu sais ? Avant que tu sois sincère avec nous, j'aimerais te rendre quelque chose.

L'attente prit fin lorsqu'elle tira de sa sacoche une étoffe faite de rembourrage à l'allure curieusement ursine. Elle entreprit de coincer le jouet infantile entre ses dextres, sans pour autant le caler contre sa poitrine comme l'aurait fait une très jeune fille - ou simplement la destinataire initiale d'un tel objet. L'aube de son rictus s'était dissimulée sous une expression incroyablement diffamatrice.

-Tu te souviens de lui, peut-être ?

La parole envenimée par ce qu'on aurait pu assimiler à la raillerie caractéristique de la cadette des Wilson, elle abaissa le chef vers le carnivore rembourré immobile et en sa possession - pour le moment. Elle ajouta, sans entamer une nouvelle lutte visuelle avec le subalterne.

-Bien sûr, que tu t'en souviens. C'est la peluche que tu m'avais donnée pour mon anniversaire; je l'avais appelée "Luddy". elle marqua une pause, et reprit. ... Mais je trouve que ce nom ne lui correspond pas - il ne lui a jamais correspondu, après tout. A quoi bon souiller une peluche avec le prénom d'un Sans-Visage ? Quitte à faire cela, utilisons plutôt des synonymes.

Evalyn redressa le nez vers le jeune homme, et prit soin d'entamer le passage de la peluche à travers l'espace qui se formait à travers le grillage; lorsque l'ours franchit la limite qui séparait l'australienne de l'allemand, la silhouette de l'animal fait de tissu laissait suspendre son oreille entre le pouce et l'index de sa porteuse; n'importe qui devinerait là qu'elle souhaitait s'en débarrasser - ou le rendre à celui qui lui avait donné. Elle le soutenait du bout de son bras - et de ses doigts.

-Que penses-tu de "Traître" ? "Trompeur", peut-être ? Ou bien, j'ai mieux. "Menteur" lui va aussi comme un gant..!

La réserve avec laquelle la benjamine retenait le présent cessa lorsqu'elle rompit l'effleurement qui la reliait au petit personnage de textile; le geste de sa senestre, léger bien que certain, délivra la figure animale dans une trajectoire qui visait Ludwig; peut-être s'attendait-elle à ce qu'il la réceptionne. Dans le cas contraire, il pouvait abandonner l'idée de la saisir que ça lui était égal.

Au moins, désormais, il pouvait parler. Elle n'attendit pas une seconde supplémentaire pour s'apprêter à surenchérir, à l'image du petit cataclysme qu'elle était. Une oreille attentive pouvait néanmoins perdre les perceptions de son timbre calomnieux; il en venait presque à se détruire à petits feux afin de laisser la place primordiale à une contrariété aisément remarquable - la haine se tamisait contre une tristesse énorme. "Reprends-le, je n'en veux plus." La douleur n'était pas due à la vue terrible du coupable enfermé, mais plutôt à la remise en mémoire des images ensanglantées de la Grande Salle - un tableau macabre lui sabrait le moral avec férocité.

Contre toute attente, ce fut au tour d'Arthur d'effectuer un pas en avant, à l'image de son meilleur ami de l'Est. Il entreprit d'ouvrir l'interrogatoire en appelant à la franchise du coupable sur qui Evalyn avait décidé d'apposer un nouveau regard. Elle s'en retourna au mutisme afin de laisser libre cours à la parole de l'Écossais.

-...Depuis combien de temps es-tu à son service ? Et que savais-tu sur ce qui est déjà arrivé à l'école ?

Il n'avait plus qu'à leur céder les confessions tant attendues.



Evalyn râle en #cc9999.
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"Or perhaps in Slytherin,
You'll make your real friends,
Those cunning folk use any means,
To achieve their ends.
"whatsername.


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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Ven 13 Avr - 14:58

Détention.
Ludwig
Beilschmidt


Il écoutait avec attention le discours de la serpentard. Venimeuse, les mains serrant les barreaux avec conviction, Evalyn jouait sur les sentiments, les souvenirs. Les siens venaient d’être tâchés, et elle ne pouvait qu’en vouloir à l’ancien préfet : qui pouvait ne pas lui en vouloir ? Son regard se posa dans celui d’Arthur. Oh, comme son intérêt était piqué à vif. Même Kiku ne semblait que peu d’importance dans cette situation. Le japonais regardait Ludwig avec cet air de supériorité, cet air de puissance, et le prisonnier n’avait pas envie de perdre son peu de temps de conversation avec quelqu’un, aussi proche soit-il, qui ne réfléchissait pas assez. Il avait pourtant dit que la marque était encore active sur lui : répondre à toutes les questions pourrait lui valoir la mort. Peu importe son opinion, Abbanzio restait le souverain de sa santé, qu’elle soit mentale, ou physique. Les demandes de sa moitié ne pouvaient être réalisées : le corbeau était le maître, et si trop d’information étaient dévoilées, Ludwig en mourrait. Au final, Kiku ne faisait que s’imposer, sans même questionner. Inutile.

Evalyn ? Evalyn était rongée par la haine. Etait-il même envisageable d’avoir une conversation avec elle ? A chacune de ses phrases, Ludwig le savait, elle allait répliquer avec aversion : à l’observer, on aurait dit qu’elle allait arracher les barres métalliques à la seule force de son hostilité. La jeune brune n’était au final qu’un bruit, sans vrai arguments, sans rien.

Bien sûr, Ludwig comprenait ce que ces deux-là tenaient à prouver : leur douleur. La trahison de leur ami leur avait affligé beaucoup de souffrance, et il n’en doutait pas une seconde. Cependant, un « Désolé » ne pouvait pas fonctionner. Pas dans une situation si grave. Seul la conversation honnête pouvait faire avancer les choses. Et qui était le seul à lui offrir ce cadeau ? Arthur Kirkland, rival depuis quelques années, et pourtant, pourtant si similaire. Il était surement la meilleure personne pour faire avancer les choses. Travailleur, il était l’esprit de serpentard incarné, celui qui va droit au but, peu importe les moyens, celui qui n’a que pour seul objectif d’obtenir des résultats. L’allemand avait toujours voulu rejoindre son frère sous le symbole du serpent, la finalité ayant toujours eu la priorité sur les moyens : pour preuve, il avait pour visée de survivre, et il l’avait fait, malgré sa manière plus déplacée de le faire.

-Depuis combien de temps es-tu à son service ? Et que savais-tu sur ce qui est déjà arrivé à l'école ?

Enfin du concret. Son regard se posa directement dans celui de son rival.

-Je suis à son service depuis déjà bien des mois. Bien que je ne puisse pas communiquer la location exacte au risque d’en mourir, je peux vous dire comment ceci est arrivé. Vous vous souvenez certainement, Kiku, Evalyn, du souhait que j’avais de voir ma mère. Gilbert avait enfin rencontré notre père en entrant à Poudlard, mais moi, j’avais été laissé avec un manque de figure maternelle. Mon frère m’avait toujours empêché d’aller la voir, et vous devez maintenant vous douter de pourquoi.

Il se replaça sur le banc, afin de ne pas laisser son dos dans la même position pour trop longtemps. Il espéra pouvoir se mettre à marcher à un moment ou un autre. Mais pour l’instant, le simple geste de se lever, il le savait, pourrait provoquer une rage incontrôlable chez Evalyn, qui devait surement attendre la moindre raison pour l’agresser verbalement. Il continua alors, avant qu’on ne puisse l’interrompre.

-Mon erreur principale fut surement de ne pas le croire. Son discours ne tenait pas. Je la savais dure, je la savais fière, un comportement qui m’était similaire. Mais il la décrivait aussi comme affreuse et injuste, ce que je ne pouvais pas comprendre. Gilbert lui donnait tant d’attention, tant d’importance : ma curiosité ne cessait de croître. C’est moi qui lui est envoyé la première lettre. Elle y a répondu, avec une gentillesse incroyable. Nous nous sommes rencontrés. Nous ne partagions pas les mêmes points de vue sur beaucoup de sujet, mais elle semblait fière d’avoir un fils préfet, d’avoir un fils organisé et droit. Je ne pouvais pas être plus heureux de l’attention qu’elle me portait. Nos autres conversations épistolaires furent toutes commencées de sa volonté, et non de la mienne.

Il ne sourit pas, ni ne grimace. Comme si il n’avait plus d’émotion pour cette femme qu’il avait tant aimé, ne serait-ce qu’un cours moment. Ni amour, ni haine.

-Elle m’a invité à cette grande cérémonie, qui était, selon ses dires, très importante pour Gilbert. J’étais avide d’en savoir plus sur mon frère, plus sur ma génitrice. J’ai accepté l’invitation avec joie, malgré les mises en garde du concerné. Je les ai suivis jusqu’à cet endroit, rempli de personne à l’allure étrange. Ce que j’ai vu là-bas ne regarde que moi et mon frère. Vous lui demanderez des précisions s’il le souhaite.

Il regarde un instant le plafond, le désir de parler à sa famille visible dans ses yeux.

-J’étais entouré, toutes baguettes pointées sur moi. On m’a offert un choix. Celui de mourir, et d’emporter Feliciano avec moi, ou bien de vivre, à leurs côtés. J’ai bien évidemment rejoins leur rang.

Il baisse à nouveau la tête, reposant son attention sur le serpentard.

-Pour ce qui est de ta deuxième question, je n’en sais pas plus que vous sur quoi que ce soit. Je sais qui sont les Sans-visages, mais ne peux donner de nom, encore une fois au risque de mourir. Je sais que tu as libéré le Basilic afin de sauver ton amour, comme je l’ai fait. Je connais mon seul et unique agissement, celui du vol de la pierre philosophale. Tout comme le basilic a tué de nombreuses personnes, dont un de mes proches, la pierre philosophale fit de même. Et tout comme l’on m’accuse de ces décès, nous t’avons accusé de ceux que ce serpent avait causé. Cependant, je n’ai pas eu l’aide de Romulus pour prendre ma place au cachot.

Il observe cette fois ci Kiku, et Evalyn.

-Cependant, si vous avez réussi à pardonner Arthur, je pense que vous saurez aussi me pardonner. Nos situations sont similaires : le corbeau a toujours la même manière d’agir, à marquer les gens que nous aimons, à les menacer pour obtenir ce qu’ils veulent de nous. Il l’a fait, et le fera à nouveau. S’il vous plait, soyez sur vos gardes. Je n’aimerais pas qu’il vous arrive quoi que ce soit. Le fou est prêt à tout : il t’a même marqué, Kiku, dès ma séparation avec Feliciano, afin de me garder sous contrôle au cas où sa vie ne valait plus rien pour moi. Ce type est prêt à sacrifier son propre frère pour arriver à ses fins.







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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Sam 14 Avr - 0:53

Détention.
An Icarus who has flown to close to the sun

"Do you know what Feliciano said
When we saw you wanted to thrive ?
He said 'Be careful with that one, love,
He will do what it takes to survive'."
-Hamilton


Date ?
Il avait souhaité faire part de son inquiétude, même si ce n'était qu'un secret, une manière détournée de l'exprimer. Après tout, il ne voulait pas qu'il arrive malheur à l'Allemand, loin de là. Le souvenir de la soirée où il l'avait vu souffrir de sa marque pour la première fois était bien assez, et il ne voulait pas avoir à l'affronter de nouveau. Mais il ne voulait pas non plus qu'on le croit vulnérable, trop bonne pâte pour avoir l'esprit clair, comme s'il était facile de se jouer de lui et de le manipuler. Arthur était là pour l'y aider, mais il espérait pouvoir trouver la force de résister par lui-même. Tant de désirs paradoxaux s'éveillaient en lui, sans qu'il puisse encore les démêler.

Mais voir Ludwig détourner ainsi les yeux de lui, comme si après cette première déclaration, le Japonais n'était plus digne de son attention, l'ébranla. Pire, cela le frappa en plein cœur. Il voulait qu'il le regarde dans les yeux et réponde avec sincérité, qu'il comprenne l'animosité de Kiku, mais qu'en même temps il décèle ce regret au fond de ses prunelles ocres, cette lueur de clémence qui criait déjà au pardon, sans encore réussir à l'avouer. Il voulait qu'il sache qu'il ne souhaitait pas le condamner malgré ce qu'il avait fait. Que quoi qu'il arrive, le Japonais était là pour l'aider à s'en sortir. Cette ignorance dont le gratifia l'Allemand le gifla donc en plein visage, le coupant dans son élan, alors qu'il s'apprêtait à énoncer sa première question.

Cet instant de flottement fut suffisant à la jeune Serpentard pour évacuer à nouveau ses sentiments négatifs envers son aîné, celui qui pendant des mois avait prétendu être son ami. Il ne parvint pas à enregistrer sa première phrase, encore trop ahuri, mais détectant un bruit de friction alors qu'elle fouillait dans sa besace, il finit par lever les yeux, juste à temps pour la voir tendre un objet à travers les barreaux, ses doigts le tenant comme s'il s'agissait d'un déchet dégoûtant. Il reconnut un ours en peluche offert par Ludwig à sa cadette, et ce simple souvenir le tira pendant quelques secondes hors de la cellule sombre et angoissante, rappelant à sa mémoire la Grande Salle pleine de vie et de joie, où ils parvenaient encore à rire les uns aux côtés des autres, quelques semaines plus tôt seulement.

▬ Tu te souviens de lui, peut-être ? Bien sûr, que tu t'en souviens. C'est la peluche que tu m'avais donnée pour mon anniversaire; je l'avais appelée "Luddy" ... Mais je trouve que ce nom ne lui correspond pas - il ne lui a jamais correspondu, après tout. À quoi bon souiller une peluche avec le prénom d'un Sans-Visage ? Quitte à faire cela, utilisons plutôt des synonymes. Que penses-tu de "Traître" ? "Trompeur", peut-être ? Ou bien, j'ai mieux. "Menteur" lui va aussi comme un gant..!

Et il regarda l'ours s'échouer dans la poussière, pattes étalées au sol tel une poupée de chiffon, inutile et non-désirée. Oubliée. Comme le serait peut-être bientôt l'Allemand. Un homme promis à de si grandes choses, à des merveilles dont peu pouvaient rêver, qui ne deviendrait qu'un nouvel ennemi que l'on serait avide d'occulter, un nom perdu parmi d'autres dans un registre de prison. Oublié, derrière des barreaux rouillés.

Instantanément, sa colère se calma. Le semblant d'impatience, de rage qu'il avait eu se noyait petit à petit sous une intense tristesse, une nostalgie qui transparut dans ses traits. Une mélancolie face à un passé déjà si lointain, qui s'incarnait désormais dans cette simple peluche, et qui semblait ne plus jamais pouvoir être atteint. Oublié lui aussi. À nouveau, Ludwig n'y répondit pas, ne regarda même pas Evalyn, qui s'acharnait à vouloir éveiller chez lui ne serait-ce qu'une once de remord dans les yeux de glace de l'ancien préfet. Qui cherchait peut-être à le chagriner lui aussi, à le voir désespéré comme eux l'étaient face à ce qui était perdu. Le détachement dont il faisait preuve était effarant, comme si tout cela n'avait plus la moindre importance pour lui. Comme si tout ce qui lui importait, désormais, était d'avouer pour se débarrasser de toutes ses fautes. Comme s'il commençait à les oublier eux aussi, petit à petit.

Le Serdaigle toujours debout et la Serpentard restèrent coi face à cette réaction – ou plutôt à ce manque de réponse de sa part, comme frappés par cette conclusion trop vite survenue : ils ne tireraient rien de lui en le prenant par les sentiments. Car il n'en afficherait aucun, quoi qu'ils disent. Ce fut donc à son rival -et étrangement, celui qui le comprenait le mieux- de s'exprimer, prenant le pas sur les deux autres, toujours terrés dans leur silence aberrant.

▬ De la part du « plus fidèle de l'école », je n'en attendais pas moins de toi que de répondre avec sincérité... Depuis combien de temps es-tu à son service ? Et que savais-tu sur ce qui est déjà arrivé à l'école ?

Une lueur d'intérêt sembla enfin s'allumer dans le regard du « fidèle » -plus vraiment fidèle de Poudlard, mais davantage celui du maître noir, à présent. Il pouvait enfin s'exprimer, sans déblatérer en sottises, semblait-il.

▬ Je suis à son service depuis déjà bien des mois. Bien que je ne puisse pas communiquer la location exacte au risque d’en mourir, je peux vous dire comment ceci est arrivé. Vous vous souvenez certainement, Kiku, Evalyn, du souhait que j’avais de voir ma mère.

Oh, il s'en souvenait. Il se rappelait, des années en arrière, leurs conversations tournant en rond, autour de cette génitrice que Ludwig n'avait jamais rencontrée, mais sur laquelle il finissait toujours par théoriser, imaginant une femme grandiose, droite et fière, comme l'était le reste de sa famille. Il l'idéalisait mais ne pouvait jamais aller plus loin, car il ne recevrait jamais la réponse à ses nombreuses hypothèses la concernant. Elle resterait sans doute pour toujours un visage dans l'ombre, jamais découvert, intouchable et à jamais sacré dans l'image parfaite que s'en faisait le jeune bleu et bronze.

▬ Gilbert avait enfin rencontré notre père en entrant à Poudlard, mais moi, j’avais été laissé avec un manque de figure maternelle. Mon frère m’avait toujours empêché d’aller la voir, et vous devez maintenant vous douter de pourquoi.

Il le comprenait à présent, et ses pires craintes étaient malheureusement confirmées. La mère des frères Beilschmidt était une Sans-Visage. Soudainement, toutes les descriptions enjolivées, les gracieux portrait dressés à son image se déchiraient dans un rire maléfique, et son visage plein de beauté se fendait d'un rictus tordu. Au lieu de l'ange d'amour et de bonté tant attendu, elle était un démon de la pire espèce, qui avait jeté sa progéniture dans la gueule d'un loup nommé Abbanzio Vargas, et qui l'avait forcée à endosser le masque des alliés de l'homme corbeau.

▬ Mon erreur principale fut surement de ne pas le croire. Son discours ne tenait pas. Je la savais dure, je la savais fière, un comportement qui m’était similaire. Mais il la décrivait aussi comme affreuse et injuste, ce que je ne pouvais pas comprendre. Gilbert lui donnait tant d’attention, tant d’importance : ma curiosité ne cessait de croître.

Kiku regretta les espoirs qu'il avait eus, lui aussi, enfant plein de doutes et de naïveté envers son prochain. Les mises en garde de Gilbert l'avaient toujours inquiétées, mais au fond il s'était toujours demandé ce que cette femme pouvait bien avoir de si terrible. À présent, il comprenait, et regrettait de ne pas avoir pris le parti de l'aîné Allemand. Il avait simplement demandé à Ludwig d'être prudent, en bon meilleur ami, d'être sûr de ses intentions avant de la rencontrer, si un jour un face-à-face était finalement possible. Il aurait mieux fait de le supplier de ne pas y aller.

▬ C’est moi qui lui est envoyé la première lettre. Elle y a répondu, avec une gentillesse incroyable. Nous nous sommes rencontrés. Nous ne partagions pas les mêmes points de vue sur beaucoup de sujet, mais elle semblait fière d’avoir un fils préfet, d’avoir un fils organisé et droit. Je ne pouvais pas être plus heureux de l’attention qu’elle me portait. Nos autres conversations épistolaires furent toutes commencées de sa volonté, et non de la mienne.

Il sentait maintenant le remord, l'amertume l'envahir en songeant qu'il avait souri, lorsque son meilleur ami lui avait donné des nouvelles, revenant de sa première entrevue avec sa mère, ou lorsqu'il partageait avec lui les lettres qu'il avait reçues. Qu'il avait été heureux pour lui, rassuré. Désormais, il était sûr que s'il se retrouvait face à cette femme, il le lui ferait payer très cher.  

▬ Elle m’a invité à cette grande cérémonie, qui était, selon ses dires, très importante pour Gilbert. J’étais avide d’en savoir plus sur mon frère, plus sur ma génitrice. J’ai accepté l’invitation avec joie, malgré les mises en garde du concerné. Je les ai suivis jusqu’à cet endroit, rempli de personne à l’allure étrange. Ce que j’ai vu là-bas ne regarde que moi et mon frère. Vous lui demanderez des précisions s’il le souhaite.

Quel idiot, quel idiot il avait été ! Aveuglé par sa joie de retrouver enfin une potentielle famille unie, il s'était laissé berné et n'avait écouté que lui, ignorant les avertissements et les costumes des ennemis alentours. Il était surpris, connaissant un Allemand que personne ne pouvait duper, qui gardait toujours un esprit cartésien et qui ne se laissait pas envahir par ses émotions, en aucun cas. Alors que celui-ci avait endormi sa vigilance face à une femme qu'il ne connaissait presque pas, au milieu d'une pléthore d'inconnus, dans un lieu mystérieux. C'était encore un Ludwig qu'il était sûr de ne pas connaître, et cela l'effraya. Combien y en avait-il encore ? Combien de secrets, de non-dits  encore dissimulés ?

▬ J’étais entouré, toutes baguettes pointées sur moi. On m’a offert un choix. Celui de mourir, et d’emporter Feliciano avec moi, ou bien de vivre, à leurs côtés. J’ai bien évidemment rejoins leur rang.

« Évidemment ». Ce mot était détestable, mais pourquoi était-il surpris ? Pourquoi quiconque le serait-il en l'entendant se glisser dans la phrase ? Car « évidemment », Ludwig Beilschmidt n'allait pas se laisser mourir ainsi. Il allait sauver sa propre vie et celle de son être aimé avant tout, avant de penser aux potentielles victimes qu'il pourrait faire en acceptant son funeste destin, et la funeste marque qui l'accompagnait.

Il essaya d'imaginer cela, pendant une seconde. Il avait déjà tenté l'expérience, à mainte reprise, mais le terreur l'empêchait toujours d'aller plus loin. Il visualisa l'endroit, une pièce sombre, pesante, comme celle où ils se trouvaient à cet instant même, mais en pire. Une foule vêtue de noir, armes sorties, comme des crochets venimeux dans les ténèbres, brillant déjà du maléfice qu'elles pourraient lancer. Et le maître de tous ces criminels, le mage le plus terrible de leur génération, debout devant lui, les yeux brillant de délectation face à la nouvelle proie tombée dans sa toile, déjà piégée et empêtrée, prête à être dévorée. Un homme connaissant ses faiblesses, et prêt à les utiliser contre lui jusqu'à l'agonie. Personne ne pouvait savoir, ou même essayer de comprendre, à moins de l'avoir vécu. Pourtant, il avait suffi à Kiku de fermer les yeux pour toucher du doigt ce sentiment de malaise, ce mélange d'horreur et d'inquiétude face à un dilemme que l'on ne peut refuser, mais qui en même temps était trop effroyable pour y songer. Il était dur d'admettre que Ludwig avait eu raison, pourtant, il fallait se rendre à l'évidence :

« J'aurais sans doute fait la même chose » s'était finalement avoué le Japonais.

Perdre Feliciano ? Jamais il n'aurait pu. Cela aurait été une raison suffisante. Peu lui importait sa propre vie. Il l'aurait sacrifiée sans un regard en arrière, si cela protégeait un peu plus longtemps le collège qu'il chérissait tant. Mais laisser mourir son meilleur ami, ceci était au dessus de ses forces. Dans son cœur, Ludwig marquait déjà un point en cela : vouloir sauver leur ami Italien méritait déjà le pardon, à ses yeux.

▬ Pour ce qui est de ta deuxième question, je n’en sais pas plus que vous sur quoi que ce soit. Je sais qui sont les Sans-visages, mais ne peux donner de nom, encore une fois au risque de mourir. Je sais que tu as libéré le Basilic afin de sauver ton amour, comme je l’ai fait. Je connais mon seul et unique agissement, celui du vol de la pierre philosophale. Tout comme le basilic a tué de nombreuses personnes, dont un de mes proches, la pierre philosophale fit de même. Et tout comme l’on m’accuse de ces décès, nous t’avons accusé de ceux que ce serpent avait causé. Cependant, je n’ai pas eu l’aide de Romulus pour prendre ma place au cachot.

Laissant filtrer un discret soupir de soulagement, il se rendit compte que pendant quelques secondes, il avait retenu son souffle. Était-ce la peur de découvrir quels crimes Ludwig avait commis ? Car il était rassuré -en quelque sorte- d'apprendre que l'Allemand n'avait pas tué d'élèves de l'école, du moins pas directement. Ce serait un argument de moins retenu contre sa personne, s'il était envoyé à Azkaban. Cependant, des brides de souvenirs de la résurrection le tourmentaient, malgré tout : si Ludwig avait livré la pierre philosophale, cela signifiait qu'il était indirectement responsable de la marque que Kiku portait désormais. Cela ne rendit son empreinte sur son corps que plus douloureuse.

Il laissa ses yeux se perdre sur le côté, dirigés vers Arthur, qui était désormais concerné par les dires de Ludwig. Le rapprochement dans la situation des deux rivaux était visible, mainte fois soulevée par l'asiatique, et il s'accrochait à ce détail pour se dire qu'après tout, l'Allemand n'avait fait que reproduire ce que son camarade avait déjà accompli : protéger ce qui lui était cher, quitte à en payer le prix par la vie d'autrui. Mais la différence soulevée par le Serdaigle recelait presque une certaine aigreur, comme s'il voulait signifiait « Tu as eu de la chance, pas moi ». L'aide de Romulus n'avait pas été la seule divergence dans leur condition de pantins : la marque en était une, elle aussi. Arthur pouvait parler s'il le désirait, tant qu'aucun espion ne se trouvait à proximité, ne faisait pas l'objet d'une étroite et envahissante surveillance. Posséder la marque pouvait presque rendre paranoïaque, Kiku l'avait appris à ses dépends, n'osant pas parler de la mission qu'il avait partagé avec ses deux amies Gryffondor et Serpentard, ni des découvertes qu'il faisait au quotidien. C'était le moyen parfait pour garder un rebelle sous silence.

Mais une fois son regard revenu vers son petit ami, il remarqua qu'il les fixait lui et sa camarade. Sa voix sortit tel un fait, neutre et inébranlable.

▬ Cependant, si vous avez réussi à pardonner Arthur, je pense que vous saurez aussi me pardonner.

Une seconde... Était-il en train de leur parler comme si le pardon lui était dû ? Il eut soudainement l'image d'Arthur après avoir avoué ses crimes devant l'école entière. Arthur qui fuyait ses amis, sa famille, trop honteux de ce qu'il était. Arthur qui ne pouvait plus regarder les gens en face. Arthur qui avait peur que tout le monde le haïsse, non, qui le comprenait même, et qui se préparait déjà à ne jamais être pardonné pour ce qu'il avait fait. Et maintenant, il observait Ludwig, qui le regardait dans les yeux et lui disait de but en blanc qu'ils allaient sûrement fermer les yeux sur ses actions, à lui aussi. Car après tout, leur situation était la même, n'est-ce pas ? L'incompréhension l'étouffa.

Oui. Oui, il avait songé à pardonner à Ludwig. Oui, au fond de lui, il était sûr de ne jamais parvenir à le détester totalement pour ce qu'il avait accompli, et oui, il rêvait encore malgré tout cela de ce futur qu'ils avaient prévu ensemble. Mais que l'Allemand ait l'audace de l'annoncer comme si c'était une évidence... Cela le laissa sans voix, tant c'était impertinent. Il ne semblait même pas désolé.

▬ Nos situations sont similaires : le corbeau a toujours la même manière d’agir, à marquer les gens que nous aimons, à les menacer pour obtenir ce qu’ils veulent de nous. Il l’a fait, et le fera à nouveau. S’il vous plait, soyez sur vos gardes. Je n’aimerais pas qu’il vous arrive quoi que ce soit. Le fou est prêt à tout : il t’a même marqué, Kiku, dès ma séparation avec Feliciano, afin de me garder sous contrôle au cas où sa vie ne valait plus rien pour moi. Ce type est prêt à sacrifier son propre frère pour arriver à ses fins.

▬ Je sais de quoi il est capable.

Sa voix avait enfin pu s'exprimer, dans un calme qui l'étonna. Peut-être valait-il mieux que le Japonais se manifeste maintenant, vu l'état de résignation, puis d'énervement dans lequel il se trouvait un peu plus tôt. Des tonnes de pensées se bousculaient encore dans son esprit, des reproches quant à la précédente offense que l'Allemand avait osé proférer sans ciller, mais qu'il valait mieux taire. À quoi bon ? Pour qu'il se désintéresse de nouveau de lui car il fait du sentiment et qu'il n'avait rien de concret à lui demander ? Il ne voulait pas rater de nouveau sa chance dans une ignorance froide qui ne le rendrait qu'encore plus triste.

▬ Nous avons été sur nos gardes pendant des mois, Ludwig, et pourtant, j'ai quand même réussi à ne rien voir...

Et Dieu savait qu'il s'en voulait pour ça, cela se vit dans son regard blessé. Ludwig lui avait mis la chose sous le nez, certaines de leurs conversations faisaient presque figure de confession, et pourtant, il était resté aveugle, préférant fermer les yeux et vivre un peu plus cet relation qui devait être sans accro, parfaite pour pouvoir se concrétiser.

▬ Et... franchement, je suis surpris que n'ait pas été plus sur tes gardes. Je ne te connaissais pas aussi imprudent. Tu ne t'es pas dit que les avertissements de ton frère n'étaient pas là pour rien ? Est-ce que cela ne t'a pas inquiété, ne serait-ce qu'une seconde ? Tu voulais rendre ta mère fière, dis-tu, mais... Depuis quand agis-tu pour les autres, Ludwig ?

Sa main vint enserrer son pull, reposant sur sa poitrine, ses yeux clos au souvenir d'une escapade lors d'un cours de vol, de leur cachette à couvert des arbres et des conseils que lui avait adressé celui qui allait devenir son meilleur ami, et bien plus.

▬ Tu m'as mis toi-même en garde contre mon père, tu m'as dit qu'il fallait travailler pour moi-même, jamais pour quelqu'un d'extérieur. Que seule ma fierté personnelle comptait, pas celle dont m'abreuvaient les autres... Et pourtant, tu as commis cette erreur. Ta mère ne t'avait jamais contacté avant ce jour, elle n'a jamais été là pour toi, mais tu l'as accueillie comme si de rien n'était.

La voix placide ne recelait plus d'aversion, ni de colère ou de reproches. Juste de la lassitude, de la tristesse face au résultat de cette erreur.

▬ Je regrette ce qu'il t'est arrivé à cause d'elle, sois-en sûr, mais... Je ne peux pas être désolé pour toi. Car comme toujours, tu n'as écouté que toi-même. Tu t'es cru au dessus des conseils des autres, et aujourd'hui, tu t'en mords les doigts. Et car je pense à tout ce que tu as gâché à cause de ça... Car tu as décidé de croire en une femme inconnue, au lieu de croire en ton frère.

Il finit par secouer la tête.

▬Mais ce qui est fait est fait, de toute manière -et il grommela à mi-voix, pour lui-même seulement, et dans sa langue natale- Mais si jamais je la rencontre...

Il préférait ne pas y songer. Pas encore.

▬ J'ai aussi une question, quant à ce qu'il t'est arrivé, lorsque tu as rejoint leurs rangs... N'ont-ils utilisé que le menace de mort sur ta tête et Feliciano ? Était-ce la seule raison ? Si cela ne te porte pas préjudice, j'aimerais que tu y répondes en toute sincérité.

Cette fois, son ton était sérieux, direct, ses yeux mordorés rivés sur son petit ami. Au fond, il connaissait déjà la réponse, ou plutôt, il était prêt à l'encaisser. Car il connaissait Ludwig. Il avait fermé les yeux sur beaucoup de ses défauts, bien qu'ils revenaient à la charge encore et toujours, tâchant leur quotidien de disputes idiotes ou d'arguments qui tournaient éternellement en rond. Il voulait savoir si Ludwig avait été égoïste jusqu'au bout. S'il avait pensé à sauver son honneur, avant même de sauver une vie.

▬ Et je voudrais aussi savoir... Étais-tu de ceux qui ont attaqué le Ministère de la Magie ? Est-ce que tu as aidé cet homme à prendre la tête du pays ? Et si oui, as-tu... tué des gens, lorsque tu étais là-bas ?

Prononcer cette seule phrase était déjà terrifiant, car qui savait ce que pouvait accomplir leur ennemi avec un tel pouvoir ?
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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Ven 20 Avr - 15:48

SENSATION OF DEJA-VU × ft. PEOPLE
« ... Mon frère m’avait toujours empêché d’aller la voir, et vous devez maintenant vous douter de pourquoi. »

Si Arthur avait observé les mouvements d'Evalyn et écouté tout le venin qu'elle crachait du fin fond de ses poumons noircis de rancoeur, il tiquait sur un détail que sans doute seuls les traîtres – à savoir les deux Allemands – connaissaient sans aucun doute – et Carriedo, aussi, mais bon, celui-ci n'avait pas été exposé. Alors comme ça, la mère de ces deux frères était de mèche ? Il écouta avec un peu plus d'attention son histoire... Ce n'était pas à prendre comme une excuse, mais au moins, une partie des secrets était dévoilée.

« ... elle semblait fière d’avoir un fils préfet, d’avoir un fils organisé et droit. »

Sans doute parce que tu étais devenu une bonne carte à jouer dans le jeu, ne put-il s'empêcher de penser avec amertume. Qu'on soit bien clair : Abbanzio Vargas aurait pu se servir de n'importe quel élève dans l'école, tant qu'il avait ce petit détail qui le rendait utile. Carriedo, c'était d'avoir été en position de faiblesse, influençable et donc parfait pour devenir le premier pion. Arthur, c'était d'être Fourchelang. Qui d'autre aurait pu réveiller la bête de la Chambre des Secrets, autrement ? Quant à Ludwig Beilschmidt... Il venait d'énoncer ce qui faisait la soi-disante fierté de sa mère. Un pouvoir et le signe d'un As, grand suprême dans la pile de cartes.

- Comme quoi, c'est de famille... ne put-il s'empêcher de marmonner sans trop de discrétion.

« Ce que j’ai vu là-bas ne regarde que moi et mon frère. Vous lui demanderez des précisions s’il le souhaite. »

Aller à la rencontre de Gilbert Beilschmidt le tentait aussi bien pour aller à une nouvelle pêche aux infos que pour lui rendre une simple visite de courtoisie exprès pour lui casser le nez. Et plus il pensait à ce dilemme alourdi par la haine, plus il hésitait à s'y rendre ; car, le temps passant, il ne savait vraiment pas lequel des deux comportements allait le prendre comme le Diable au corps.

« Je sais que tu as libéré le Basilic afin de sauver ton amour, comme je l’ai fait. Je connais mon seul et unique agissement, celui du vol de la pierre philosophale. Tout comme le basilic a tué de nombreuses personnes, dont un de mes proches, la pierre philosophale fit de même. Et tout comme l’on m’accuse de ces décès, nous t’avons accusé de ceux que ce serpent avait causé. Cependant, je n’ai pas eu l’aide de Romulus pour prendre ma place au cachot. »

Une fois de plus, la garde d'Arthur baissa soudainement, et avec honte. Beilschmidt semblait avoir compris leur ressemblance malgré toutes ces différences et, bien qu'il se savait nullement en position de pouvoir manipuler ou tromper qui que ce soit ici, il l'évoquait quand même. Un amour à sauver, un dilemme à résoudre, tout ça était compliqué et le mieux était toujours de choisir la voie qui compliquerait certes le monde, mais qui au moins retarderait l'échéance. On ne pouvait pas savoir ce que l'avenir nous réserve, et ainsi, il était toujours mieux de devoir continuellement s'en protéger plutôt que d'abandonner immédiatement et laisser la facilité de la mort l'emporter. Arthur pensait garder ses pensées pour lui... mais elles sortirent, car la ressemblance était trop grande et l'occupait trop pour qu'il le garde trop longtemps entre ses milles pensées.

- Tu dis cela comme si j'avais eu de la chance, Beilschmidt. Non, le Directeur m'a découvert. Seulement découvert. Il en aurait été de même pour toi, il aurait sans doute...

Il ne finit pas sa phrase. En présence de Kiku, peut-être aurait-il pu. Mais Evalyn ? Qui était si amère, si froide, qui n'était plus qu'une boule de haine qui rejetait tout ces moments passés avec le Serdaigle ? Des gens n'étaient pas d'accord avec lui, qu'à cela ne tienne, il a vécu pire en matière d'opinions. Mais là, dans ces cachots, en présence de deux proches du traître et des Aurors, il préférait ne pas trop délier sa langue. Il préférait voir ça... plus tard.

Même en sentant cette injustice ou cette ressemblance, Arthur avait toujours quelque peu honte de « défendre » Beilschmidt.

Mais Ludwig demandait le pardon, faisait référence à l'attente qui allait passer, celle où ce jour viendra où, comme pour Arthur, l'école a pardonné. Petit à petit. C'est faux.

C'est faux.

- C'est faux.

Ludwig n'en savait rien.

Il se tut pour l'instant, laissant le Japonais parler de nouveau. Kiku semblait inarrêtable, lorsqu'il profitait d'un instant de silence pour pouvoir reprendre la parole. Il semblait toujours aussi fort, ou bien était-ce la crainte qui l'inspirait avec des mots qui exprimaient aussi bien haine que rancoeur, qu'amour ou (dés)espoir. Puis, une brèche, un bref instant.

- C'est faux, Beilschmidt. « On » ne m'a pas pardonné. On m'a comprit. On a tenté de me comprendre. On a fait plus ou moins table rase du passé... Mais on ne m'a pas pardonné. Mes proches m'ont pardonné. Ma famille m'a pardonné. On me parle, mais ça ne veut pas dire qu'on a oublié toutes mes fautes. Réveiller le Basilic n'était pas une erreur : c'était la meilleure solution, mais la pire chose à faire. Et ça, les gens le savaient. Alors on me parle... mais on ne me pardonne pas. Pour ce que tu as fais, Beilschmidt...

Son regard d'émeraude se plissa et trahit le peu d'animosité enfoui sous son sens de la justice qui était mit de côté pour l'Allemand.

- ... il y aura toujours quelqu'un qui t'en voudra. Et tu verras que toi non plus, tu ne pourras jamais te le pardonner.

Il ne voulait pas défaillir face à lui, alors il se mordit la lèvre et fit dos au trio pour marcher un ou deux mètres plus loin. C'est là que Kiku posa ses questions à lui.

« Et je voudrais aussi savoir... Étais-tu de ceux qui ont attaqué le Ministère de la Magie ? Est-ce que tu as aidé cet homme à prendre la tête du pays ? Et si oui, as-tu... tué des gens, lorsque tu étais là-bas ?  »

Arthur s'était mit, pour l'instant, hors de la conversation.
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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Ven 4 Mai - 15:13

Détention.
Ludwig
Beilschmidt


-J'ai aussi une question, quant à ce qu'il t'est arrivé, lorsque tu as rejoint leurs rangs... N'ont-ils utilisé que le menace de mort sur ta tête et Feliciano ? Était-ce la seule raison ? Si cela ne te porte pas préjudice, j'aimerais que tu y répondes en toute sincérité.

... Quelles autres raisons y aurait-il pu avoir ? N'avait-il déjà pas suffisamment parlé de tout ceci ? Il fallait toujours, toujours répéter. Il s'inquiétait pour la mémoire de son japonais. Si il pouvait encore l'appelait "son", ce dont il doutait fortement.

-Une menace de mort sur ma tête, et celle de Feliciano. J'ai déjà tout expliqué, et je ne vois pas d'autres raisons pour lesquelles j'aurais pu rejoindre. Je pouvais me sauver, moi, celui que j'aimais, et faire parti de ma famille pour la première fois dans une vie. C'était ça, ou je mourrais et emportait avec moi quelqu'un, en décevant tous ceux autours. Tout le monde aurait été triste, on en aurait surement encore plus voulu à Gilbert pour n'avoir rien fait. J'avais, malheureusement, toutes les raisons de les rejoindre.

Pourquoi ne se mettaient-ils pas tous dans ses chaussures ? Qu'auraient-ils fait, eux, à sa place ? Il savait qu'Erzebeth se serait sacrifiée, emportant Feliciano avec elle sans même savoir son avis. Abbanzio aurait alors été cherché quelqu'un d'autre, et l'italien aurait péri pour rien. Quelle idiote, celle là. Mais Kiku ? Il avait la sensation que Kiku, lui, aurait fait le même choix, afin d'être avec son père et sa mère, afin de protéger Ludwig. Alors pourquoi semblait-il si lent à comprendre ? Mais Arthur...

Ah, Ludwig se sentait particulièrement satisfait : Arthur connaissait parfaitement sa situation, et était même, en quelques sortes, une machine à voyager dans le temps, une confirmation du futur qu'il s'était prévu. Bien sur que tout le monde n'allait pas le pardonner. Il attendait juste cela de ses proches. Il savait parfaitement que toutes ces années pour maintenir son apparence, sa réputation, s'étaient effondrées le soir où il n'avait pu retenir ses pensées. C'était sa rigueur, sa façon d'être à toujours trop penser à tout, la manière dont il souhaitait toujours tout prévoir, qui l'avait condamné. Après, se serait-il senti tranquille, à savoir son frère emprisonné, et pas lui ? L'idée l'aurait surement hanté, comme un traître à son propre sang. Il y aurait pensé tous les jours, et si fort, qu'il n'aurait de toutes manières pas fait long feu.

Quant à se pardonner lui même ? C'est évident qu'il ne pourrait pas. Des gens étaient morts. Bien qu'inconnus, la responsabilité de leur décès lui revenait de moitié. Bien sur, il n'était qu'un outil. Abbanzio était l'assassin, Ludwig avait été la baguette, le sort. Placée dans les bonnes mains, celles de l'école, il avait fait le bien : il avait été plus ferme sur le couvre feu des Serdaigles, s'était battu aux côtés des élèves quand Abbanzio avait fait usage de la pierre philosophale. Avant d'être mis au cachot, il avait tenté de donner le plus d'information possible au directeur. Mais donnez la baguette à quelqu'un de mauvais, et celle ci ne peut qu'obéir, répandre du venin. Ce qu'il ne pardonnait pas, c'était l'envie de vengeance d'Abbanzio.

-Et je voudrais aussi savoir... Étais-tu de ceux qui ont attaqué le Ministère de la Magie ? Est-ce que tu as aidé cet homme à prendre la tête du pays ? Et si oui, as-tu... tué des gens, lorsque tu étais là-bas ?

Il repensa à la fameuse soirée. Des couloirs sombres, des personnes en panique, courant dans tous les sens. Lui, dans un groupe masqué, en longue cape noire, son identité bien cachée. Il avait menti et dit aux autres que son chien était malade. Ceci en soit était vrai. Mais il n'avait pas été rendre visite au canidé, non. Avait-il aidé ? En soi... Oui. Mais sa présence était-elle vraiment nécessaire ? Pas vraiment. Abbanzio avait placé ses mages les plus expérimentés au premier rang, et bien que Ludwig n'était pas mauvais en sortilège, il n'avait que seize ans, et placer un atout espion et préfet de l'école tant ciblée par le corbeau aurait été d'une bêtise sans nom. Non, Ludwig avait été au centre, protégé par le reste des sorciers noirs.

-J'étais présent aux côtés d'Abbanzio ce soir là. Le dire ne change rien à ses plans : il a eu ce qu'il voulait. Cette révélation ne me met pas en danger.

Il regarda les autres cellules pour un moment. Toutes vides. Peut être était-ce mieux ainsi : il avait la vague impression que même des criminels mis aux cachots l'aurait jugé pour ceci. Il décida de rectifier le tir, en apportant plus de précision.

-Je lui ai ouvert les portes du bureau du ministre sorcier, lui ai tenu la poignet, afin qu'il puisse passer. J'ai été un portier, plus qu'un assassin. Un garde, aussi : nous faisions le guet avec Gilbert. Cependant, je n'ai jamais eu à sortir ma baguette, ou mes poings. J'ai commis des morts indirectes, mais jamais n'ai-je tué par moi même.

Il se rappelle encore de ce moment : tout avait explosé, l'air son son masque était chaud, humide, désagréable. Il craignait avoir à blesser quelqu'un, mais personne n'était jamais venu. Le sort de protection qu'avait placé sa mère intimidait les courageux qui étaient arrivés jusqu'au bureau principal. Certains avaient attaqué, afin de sauver leur dirigeant. Ceux qui été restés à faire la garde les avait marqués, et prit d'une douleur incontrôlable, ils s'étaient évanouis à même le sol. Les autres courageux, perdant ce titre, c'étaient enfui, par peur de mourir, de souffrir, et aussi surement de perdre leur boulot : on engage rarement des marqués pour travailler au ministère de la magie. Ils n'avaient pas du penser plus loin que le bout de leur nez. Au final, Abbanzio était le maître des lieux, et les victimes marquées étaient surement les seules ayant gardé leur job, menacé de mort.

Au final, sans emploi et libre, c'était surement la meilleure décision qu'ils aient prit.

-D'autres questions vous restent-elles sur le bout de la langue ? Vous êtes venus me voir pour obtenir des réponses, après tout.







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MessageSujet: Re: Détention. [RP à plusieurs] Sam 5 Mai - 2:34

Détention.
An Icarus who has flown to close to the sun

"Do you know what Feliciano said
When we saw you wanted to thrive ?
He said 'Be careful with that one, love,
He will do what it takes to survive'."
-Hamilton


Date ?
▬ Comme quoi, c'est de famille...

La voix d'Arthur dans son dos le fit tourner légèrement la tête, intrigué. Peut-être que finalement, lui aussi portait une certaine amertume en lui. L'idée d'être associé à ce qu'avait fait Ludwig, d'avoir traversé des épreuves similaires et qui auraient pu apporter indirectement le pardon à l'Allemand ne lui plaisait peut-être pas, bien qu'il était le seul à lui offrir un semblant de défense face à ceux qui lui crachaient au visage.

▬ Tu dis cela comme si j'avais eu de la chance, Beilschmidt. Non, le Directeur m'a découvert. Seulement découvert. Il en aurait été de même pour toi, il aurait sans doute...

Il savait cela au fond, et cela le rendait triste, de se dire que son meilleur ami aurait lui aussi pu faire les frais de son secret. « Heureusement que tu as été découvert, toi au moins », se disait-il. Heureusement que Romulus savait, et avait pu lui offrir une porte de sortie. Pour son malheur, Ludwig n'avait pas eu cette chance.

▬ C'est faux, Beilschmidt. « On » ne m'a pas pardonné. On m'a compris. On a tenté de me comprendre. On a fait plus ou moins table rase du passé... Mais on ne m'a pas pardonné.

Kiku n'en était pas sûr. Lui lui avait entièrement pardonné. Alors pourquoi hésitait-il à pardonner à son petit ami, qui avait pourtant eu le même dilemme ? Qui avait même risqué bien plus gros, la marque des Sans Visage inscrite sur son bras ? Pourquoi ne pouvait-il pas lui pardonner aussi vite ? « Il y a quelque chose qui cloche », pensa-t-il, ses doigts jouant avec l'angle de sa robe de sorcier, triturant le tissu bleu nuit sans but précis. Il le voulait, au fond. Il le voulait tellement, oublier tout ça, faire table rase, même si la menace d'enfermement planait, angoissante, sur la tête de l'Allemand. Mais quelque chose l'en empêchait encore, il ne savait quoi. Arthur se dépêcha d'ajouter, complétant la pensée première du Japonais.

▬ Mes proches m'ont pardonné. Ma famille m'a pardonné. On me parle, mais ça ne veut pas dire qu'on a oublié toutes mes fautes. Réveiller le Basilic n'était pas une erreur : c'était la meilleure solution, mais la pire chose à faire. Et ça, les gens le savaient. Alors on me parle... mais on ne me pardonne pas. Pour ce que tu as fais, Beilschmidt...il y aura toujours quelqu'un qui t'en voudra. Et tu verras que toi non plus, tu ne pourras jamais te le pardonner.

Était-ce le cas ? Depuis le début, Ludwig ne semblait rien regretter. Sauver Feliciano, en effet, était une bonne chose à faire -pour eux, du moins, car l'Italien n'était sûrement pas de cet avis. Mais Ludwig semblait ne pas regretter le tatouage qui s'étalait sur sa chair, à peine dissimulé, désormais, comme s'il l'exhibait, soulagé de ne plus avoir à la cacher. Peut-être Kiku avait-il accepté les aveux d'Arthur si facilement car on voyait dans ses yeux que son choix le tuait, le meurtrissait profondément. Que si Francis n'avait pas été en danger, il aurait refusé, ce sourire narquois et fier au visage face à Abbanzio. Comme le nez au milieu de la figure, il semblait évident qu'Arthur avait honte. Ludwig, lui, ne semblait pas en éprouver une once, et cela lui échappait.

Il tenait malgré tout à ce qu'il réponde à sa question, car mainte conversations qu'ils avaient eues par le passé revenaient parfois le hanter, quand il était seul. Comme ce jour à l'infirmerie où Ludwig lui avait rappelé les ambitions qui étaient les siennes alors qu'il n'avait que 11 ans, blessé dans sa fierté, refusant d'avouer sa faiblesse « Je voulais devenir un Serpentard avec de l'ambition, du pouvoir, du respect ». Ils avaient abordé les mages noirs, le fait qu'en être un n'apporterait pas la gloire, ni le respect des autres. Il lui avait semblé que derrière ses réponses, son meilleur ami avait été clair. « Peu importe ce que je deviens, tant que j'atteins l'objectif que je me suis tracé ». Il voulait être sûr qu'il n'avait pas été guidé par cette seul pensée, que l'idée du pouvoir n'avait pas effacé celle de la protection d'autrui, déjà bien égoïste chez lui, avant qu'il ne se retrouve face à la baguette de leur ennemi mortel.

▬ Une menace de mort sur ma tête, et celle de Feliciano. J'ai déjà tout expliqué, et je ne vois pas d'autres raisons pour lesquelles j'aurais pu rejoindre. Je pouvais me sauver, moi, celui que j'aimais, et faire parti de ma famille pour la première fois dans une vie. C'était ça, ou je mourrais et emportait avec moi quelqu'un, en décevant tous ceux autours. Tout le monde aurait été triste, on en aurait surement encore plus voulu à Gilbert pour n'avoir rien fait. J'avais, malheureusement, toutes les raisons de les rejoindre.

Une fois de plus, un certain soulagement l'apaisa, son visage se détendant avec clarté. Ludwig avait certes agis de manière personnelle, pour garder en sécurité une personne qu'il aimait au détriment de bien d'autres, mais il n'avait pas songé à la gloire que cela pourrait lui rapporter. Se retrouver face à la mort avait coupé court à sa mégalomanie. Bien qu'au fond, le japonais priait pour que tous les mots sortant de sa bouche ne soit pas des mensonges, une petite voix lui disait que ce n'était pas le cas, et qu'il pouvait avoir confiance, au moins en cela.

Restait encore à savoir si les mains de l'ancien préfet étaient toujours propres, si l'on pouvait dire. Avait-il tué, en fin de compte ? Il était parvenu à éviter le meurtre de leurs camarades, mais qu'en était-il des employés du ministère, qui s'étaient trouvés sur la route des terroristes lors de leurs heures de travail ?

▬ J'étais présent aux côtés d'Abbanzio ce soir là. Le dire ne change rien à ses plans : il a eu ce qu'il voulait. Cette révélation ne me met pas en danger. Je lui ai ouvert les portes du bureau du ministre sorcier, lui ai tenu la poignée, afin qu'il puisse passer. J'ai été un portier, plus qu'un assassin. Un garde, aussi : nous faisions le guet avec Gilbert. Cependant, je n'ai jamais eu à sortir ma baguette, ou mes poings. J'ai commis des morts indirectes, mais jamais n'ai-je tué par moi même.

Cette fois, on pouvait clairement entendre un mince soupire dans le silence froid de la pièce. Honteux d'avoir laissé échapper ce signe qui montrait clairement qu'il se sentait concerné, le Japonais baissa les yeux. Mais sa mine semblait déjà plus sereine, plus calme, après tous ces débordements d'émotion qu'il avait affiché malgré lui. Ludwig n'avait tué personne. Ses agissements avaient provoqué des morts, mais il n'avait pas décidé de tuer sciemment. Une pointe de cet espoir qu'il croyait éteint lui soufflait que peut-être, peut-être la prison pourrait ne pas se prolonger à vie. Qu'il y avait encore une issue pour eux...

Mais ça, c'était le dernier problème, n'est-ce pas ? Leur problème...

▬ D'autres questions vous restent-elles sur le bout de la langue ? Vous êtes venus me voir pour obtenir des réponses, après tout.

Pouvait-il oser ? Il voulait d'abord s'assurer que malgré son implication chez les Sans-Visages, Ludwig avait toujours eu à cœur de protéger son école et ses étudiants. Après tout, n'était-il pas un Serdaigle ? Malgré son désir premier de rejoindre les vert et argent, son affection pour la maison des aigles avait finalement pris le pas sur le reste, devenant... oui, il pouvait le dire. Cette maison était devenue comme une famille pour eux. Des camarades qui partageaient vos déboires, votre peur des examens, votre ferveur lors des matchs de Quidditch. Elle avait été leur foyer pendant 8 ans.

▬ J'aurais deu- non, une question. Une dernière question...

Mais cette interrogation, cette simple question qui lui faisait si peur restait là, accroché à son cœur et à ses lèvres, et il ne pouvait se résoudre à la prononcer.

Est-ce que tu m'as menti, sur ça aussi ? Est-ce que ce n'était que des paroles ?

E̫̘ș͈̺t͈̻̥͇͘ͅ-̷̺̥c̰̭e̷̥̬ ҉̝̺̖ͅq̜̞̜̝͍̰͇u̙̫̱͎̭͉e͇͎͉ t͇̕u̫͖̠̱



▬ Une simple confirmation, à vrai dire.

Un dernier moyen pour lui de se rassurer. Cette fois-ci, l'indulgence se lisait clairement dans ses yeux, car il savait. Du moins, il croyait savoir, mais une fois de plus, il voulait l'entendre, en avoir le cœur net, définitivement. Il voulait voir la sincérité dans ces yeux bleus et fatigués, une flamme qui attesterait de la bonne volonté de l'Allemand.

▬ Lorsque tu es devenu Sans-Visage... Je sais que tu ne pouvais rien avouer. Tu étais surveillé jusque dans tes pensées, et songer ne serait-ce qu'à te rebeller t'aurait sûrement valu la mort... Mais... Tu as trouvé ton propre moyen d'aider l'école, n'est-ce pas ? Tu es devenu plus rigoureux envers les couvre-feu. L'as-tu fait justement à cause de ton nouveau rôle et car... tu voulais éviter les victimes ? Éviter d'avoir à faire du mal à tes camarades ? Je t'ai même vu te battre à nos côté, lors des attaques... Tu le devais car tu étais un espion, sans doute, mais... Souhaitais-tu simplement aider Poudlard, dans les faibles mouvements qu'il te restait ?

C'était la dernière ligne que Ludwig avait à franchir. Oui, son air détaché, l'absence de regret dans ses prunelles ne jouaient pas en sa faveur. Mais comment lui en vouloir ? Encore et encore, cette voix hurlait dans le cœur du Japonais, se demandant : Comment lui en vouloir ? Comment ?... 

Au fond, il connaissait déjà la réponse finale, et il espérait que chaque fibre de son corps renvoyait cette idée.

Je ne peux pas lui en vouloir.
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Détention. [RP à plusieurs]

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