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[PLOT] [Nuit du 3 au 4 mai] Nothing can be explained.

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MessageSujet: [PLOT] [Nuit du 3 au 4 mai] Nothing can be explained. Ven 4 Mai - 13:58

« I'm sorry... And thank you for everything. »Lost I feel little like, a child who's lost, a little like, everything's changed a lot, I didn't like all of the pain, lost, confused, a lot of it, is hard to take, and cause of it, everything's changed I thought I'd make it through the painDepuis combien de temps ? Depuis combien de temps était-il ici ?

Gilbert n’en savait rien. Il avait perdu toute notion du temps. Il n’était plus capable de compter les secondes, les minutes ou les heures.

Assis contre un mur de sa cellule, le noir de la nuit lui empêchait de voir plus loin que quelques centimètres en face de lui. Mais il n’en avait pas besoin. Il connaissait chaque centimètre de sa prison dans les moindres détails. A force de tourner en rond dans cette pièce, d’en fixer les murs…

Depuis combien de temps était-il ici ?

Il avait oublié.

Des jours. Des semaines.

Les repas qu’on lui apportait chaque jours étaient ses seuls repères temporels.

Il ne mangeait même plus.

Pas qu’il veuille se laisser mourir, non. Il ne ressentait juste plus la faim.

Ou peut-être que si, il se laissait mourir. Peut-être était-ce la même chose. Avait-il maigri ? Sûrement. Il ne s’en rendait pas compte. Il ne pouvait se rendre compte de rien.

Quelle heure était-il ?

Il ne savait plus.

De quoi était-il sûr à présent ?

Même plus de son nom. Était-il toujours un Hohenlohe ? Sa mère ne l’avait-elle pas renié pour garder la tête haute après un tel scandal qu’avait dû être son arrestation ?
Son arrestation avait-elle été un scandal en fait ?
Probablement pas.
Qui est-ce que ça intéresserait ?
Personne.

Depuis quand était-il enfermé ?

Il ne savait plus.

Personne n’était venu le voir. Ce n’était pas très surprenant. D’ailleurs, il préférait que les choses soient ainsi. Il n’aurait pas supporté les regards. Les paroles. Les questions.

Il n’aurait pas supporté la colère, la tristesse. Les larmes, la haine, le dégoût.

Il n’aurait pas supporté cette question. Ce pourquoi que ceux qui ont un jour été ses amis ont dû se poser tant de fois.

Ou peut-être qu’ils ne s’étaient pas posé la question. Peut-être qu’ils se contentaient d’être en colère.

C’était mieux ainsi.

« Haïssez-moi, je vous en prie. Je vous en prie ne regrettez pas. Je vous en prie, ne ressentez plus que de la colère et du dégoût en entendant mon nom. Pitié, pitié pitié. Ne soyez pas tristes à cause de moi. Je ne mérite pas vos larmes. Je ne mérite rien. Et je ne veux pas… Que lorsque le jour sera venu, je ne veux pas que vous ressentiez le moindre remord. Quand le jour sera venu, je veux que vous ressentiez du soulagement. Je vous en prie. »

Le remord, la peine, le désespoir étaient son fardeau. Le sien seul. Ils étaient sa punition.

Francis, Keith, tous les autres.

Erzsi. Erzsébet avant tous les autres.  

Il espérait qu’elle ne le pardonne jamais.

Il était désolé. Il s’en voulait. Mais il ne voulait pas leur pardon. Pas uniquement parce qu’il ne le méritait pas… Mais parce qu’il savait qu’il recommencerait.

Bientôt… Très bientôt…

Il soupira. Il attrapa sa tête dans ses mains.

Tellement de choses s’étaient passées… Tellement de choses.

Qu’était sa vie, au final, si ce n’est une accumulation d’erreurs ? Elle était faite de haine. Il avait été élevé dans la haine de sa mère pour les autres. Dans sa colère. Dans sa soif de pouvoir et de puissance.

Et il n’y avait eu personne pour préserver l’enfant qu’il était de cette influence néfaste.

Auparavant, Gilbert s’amusait souvent du fait qu’il n’avait jamais eu d’enfance. Un rire teinté de tristesse. Il avait toujours été un enfant curieux, pourtant. Doué. Entre de bonnes mains, il aurait pu faire de grandes choses. Des choses géniales. Peut-être aurait-il pu changer le monde ? Dans le bon sens, évidemment. Il aurait pu. Il aurait sûrement pu. Mais non. Jamais.
Il n’avait jamais pu connaître le monde tel qu’il l’était vraiment. Il avait appris à voir le monde comme sa mère voulait qu’il le voit.

Il avait été élevé de façon à voir un monde sale. Souillé. Répugnant. Stupide. Il avait appris à être hautain, dédaigneux, hypocrite.
Il avait appris que lui, lui, était meilleur que tout ça.
Lui faisait parti de l’élite. Des plus grands, des meilleurs.
Que les autres n’étaient que des insectes sur sa route.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’avait jamais aimé ça.

Son arrivée à Poudlard avait été libératrice. Il s’en souvenait. Il s’était retrouvé seul face au monde. Il avait découvert le monde. Et les autres. Il s’était tout de suite bien entendu avec Francis. Et via Francis, il avait rencontré Antonio.
Quel groupe ils avaient fait tous les trois. Dès leur première année, ils étaient les plus beaux, les plus forts. Ceux qui faisaient le plus de bêtises à la minute, ceux qui riaient le plus. Ils étaient vite devenus inséparables, malgré le fait qu’aucun des deux n’étaient des sang-purs comme lui.

Keith aussi. Ils avaient fini par former un drôle de duo. C’était à qui finirait avec le plus de piercings ou de tatouages, ou on pouvait vraiment avoir l’impression parfois qu’il s’agissait d’une réelle compétition entre eux deux.. Ils partageaient leur affection pour le rock moldu. Les non-initiés seraient incapables de suivre les conversations qu’ils avaient parfois.

Il était heureux que Erzsébet soit tombée amoureuse de lui.
Parce que Erzsi… Erzsi, Erzsi. Leur amitié aussi, c’était depuis le début. C’était la plus spéciale, la plus particulière. Celle à laquelle il tenait le plus. Ils n’étaient pas liés par le sang, mais à les voir, on aurait pu le croire. Toujours en compétition, jamais bien loin l’un de l’autre. Ils avaient développé ce genre de lien. Celui dans lequel plus rien n’était censé être tabou, ils se connaissaient par coeur. Ce genre de relation où un simple regard suffisait pour se comprendre. Il aurait retourné le monde pour elle. Elle l’aurait sauvé, s’il le lui avait demandé.

Peut-être aurait-il dû le faire. Le lui demander. Il n’en serait pas là aujourd’hui, il en était certain.

Elle était l’un de ses plus grands regrets. Il se haïssait de l’avoir trahie, elle.

Et il se haïssait de ne pas avoir pu protéger Ludwig.

Lud, son petit frère. Encore quelqu’un qu’il avait rencontré pour la première fois à Poudlard. Ludwig, c’était sa fierté. Ne pas avoir grandi ensemble n’avait rien empêché. Dès son arrivée dans l’école ils avaient appris à se connaître, ils avaient rattrapé le temps perdu. Peut-être même qu’avoir été séparés si longtemps était ce qui faisait qu’ils étaient aussi proches aujourd’hui. Parce qu’ils savaient ce que c’était que de vivre l’un sans l’autre.
Mais il n’avait pas pu le protéger. Il n’avait pas réussi à l’empêcher de tenter de se rapprocher de Swanhilde.

Et elle l’avait piégé. Comme lui avait été piégé pendant son enfance. Et à cause de cela, à cause de sa faiblesse, Ludwig était devenu un Sans-Visage avec lui.

Gilbert ne se le pardonnerait jamais.

En y repensant, Gilbert réalisait qu’il aimait Poudlard. Gilbert adorait cette école. Parce qu’il était heureux ici. L’ombre de sa mère pesait moins sur ses épaules. Et il y avait les autres, ceux qu’il n’aurait jamais connus s’ils n’étaient pas venus ici eux aussi. Ses premières années ici étaient les meilleures de sa vie. Il n’avait que peu d’amis. Mais ces rares personnes lui avaient permis de connaître le bonheur et l’insouciance. Et l’amour aussi… D’une certaine façon.

Il aimait cette école. Elle lui avait permis de respirer. De sourire, de rire. Même dans les pires moments.

Et il savait qu’il n’était pas le seul.

Mais il avait trahi cette école. Ses amis, ses connaissances, ses professeurs. Il les avait trahis, et pour quoi ?

Swanhilde. Sa mère. Cette femme qui lui avait pourri la vie. Elle était sa malédiction. Jamais il n’avait pu la combattre. Jamais il n’en serait capable. Elle l’avait élevé ainsi.

Il était sa marionnette, pas son fils.

Il ne pouvait pas expliquer pourquoi il la suivait. Il ne pourrait jamais le faire. Ca n’avait pas d’explication. C’était ainsi.

Mais personne ne pourrait le comprendre.

Tout dans sa vie menait à ces instants.

Il n’existait pas pour être un bon fils. Il était un hériter. L’héritier de l’empire que sa mère voulait construire.

Un empire qui le répugnait.

C’était son rôle, son devoir. Ce pour quoi sa mère l’avait porté.


Depuis quand ? Depuis combien de temps ? Depuis combien de temps fixait-il le vide, perdu dans ses pensées ? Il essuie sa joue à l’aide de sa manche.

Depuis quand pleurait-il ?

Il renifla, et se redressa. Il était trop tard de toute façon. Pour les regrets, pour les remords.

Son erreur n’avait pas été de suivre Swanhilde depuis le début. Son erreur avait été de créer des liens avec les autres. C’était ça. C’était exactement ça. Il devait s’en persuader.

Il le devait…

Il s’appuya contre le mur, et ce fut un cri étranglé qui le sortit de ses pensées, rapidement suivi d’un autre. Il n’entendit pas d’autre bruit, si ce n’est celui de la porte de sa cellule s’ouvrant subitement.

Au milieu de la nuit ? Que venait-il de se passer ?

Il ne resta pas surpris longtemps. Toujours appuyé contre le mur, les yeux fixés vers la porte maintenant ouverte. Il reconnut immédiatement la personne en face de lui. A ses pieds, les corps inertes des deux aurors qui gardaient la porte de sa prison.

-Mère.

Sa voix, comme un murmure, sonna froide.

-Nous n’avons pas de temps à perdre. Abbanzio nous attend. Partons d’ici, dit-elle, sans ne rien ajouter de plus.

Gilbert se détacha du mur. Bien sûr qu’elle viendrait le chercher. Cela ne pouvait dire qu’une seule chose…. Ce moment approchait.

-Allons-nous chercher Ludwig ?
-Non. Il ne viendra pas. Il est faible et lâche, nous n’avons pas besoin de lui.

A l’entente de ces mots, Gilbert ne ressentit ni colère, ni tristesse. Bien au contraire, il ressentit de la joie, et de la fierté. Cela signifiait que Ludwig avait refusé de la suivre. Il le savait, il en était certain.

Cela signifiait que Ludwig n’était ni faible, ni lâche. Il avait eu le courage et la force de la repousser. De reprendre le contrôle de sa vie et de ses actions.

Gilbert était fier. Ludwig avait réussi.

-Très bien mère.

Il sortit de sa cellule, enjambant les cadavres qui lui barraient la route.

-J’espère que tu es prêt, mon fils.  Bientôt, nous en aurons fini avec cette obsession qu’a Abbanzio pour Poudlard. Nous allons enfin nous débarrasser de cette école. Nous pourrons passer aux choses sérieuses.

Il releva la tête vers elle. Son expression était fermée, il ne laissa rien transparaître. Mais un noeud se forma dans son estomac. Ils commencèrent à marcher en silence d’abord, fuyant sans mal l’école. Mais une question ne cessait de tourner encore et encore dans son esprit. Combien de temps ?

Combien de temps leur restait-il ?

-Je suis prêt, mère.

Non. C’était un mensonge. Bien sûr qu’il ne l’était pas. Qu’il ne le serait jamais.

-Quand attaquerons-nous Pourdlard ?

Elle se tourna vers lui. Le regarda durant quelques longues secondes, avant de lui répondre.

-Dans trois semaines. Le 26 mai,  il en sera fini de cette stupide école.

Trois semaines. Il restait… Trois semaines. Il hocha la tête pour acquiescer. Il ne dit rien de plus. Il n’y avait rien à ajouter. Dans trois semaines… Ce serait le chaos.

Avant de partir, il se retourna pour regarder une dernière fois le château. Là où ils se trouvaient tous. Il ne laissa rien transparaître, mais son coeur se serra.

Ils ne pourraient pas comprendre.

Ils ne pourraient jamais le pardonner.

« Je suis désolé… Je suis désolé… Et merci… Merci pour tout.”

Il ferma les yeux une seconde, et serra les dents. Puis, suivant Swanhilde, il transplana, pour disparaître à son tour..

Il était trop tard.

Il ne leur restait que trois semaines.

La prochaine fois qu’il verrait Poudlard… Ce serait pour mettre l’école à feu et à sang.
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