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[TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland

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MessageSujet: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Mer 11 Nov - 20:45


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Pub... and Go!


☂ ℱeat Arthur Kirkland
"Ce n'est pas une bonne idée"

Tels étaient les mots qui tournaient et retournaient inlassablement dans sa tête depuis qu'il avait quitté la Grande Salle aux côtés d'Arthur. La nuit les avait accueillis avec une brise typique du novembre écossais, les nuages sombres crachant sur eux quelques flocons qui voletaient paresseusement dans les airs avant de se poser dans leurs cheveux. À peine avaient-ils mis un pied hors du hall qu'ils avaient resserré d'un même mouvement leur écharpe autour de leur cou, frissonnant à l'idée de traverser ce froid hivernal pour atteindre leur destination. Ils marchaient d'un pas rapide pour lutter contre sa morsure, prenant la direction du village de Pré-au-Lard.

Kiku avait beau se presser, marchant dans les traces de l'écossais pour qu'il ne le distance pas, il n'en menait pas large. Cette soirée allait être une première pour lui. Il n'avait jamais franchi la porte d'un bar, évitant soigneusement les abords des Trois Balais lors de ses visites dans la petite bourgade sorcière. Mais aujourd'hui, il allait enfin y pénétrer, et allait prendre la première cuite de sa vie, avec l'aide de son ami, qui semblait plus accoutumé au soirées arrosées que lui. Première cuite, oui, car il avait bien l'intention d'oublier ses problèmes au fond d'un verre de saké, malgré sa conscience qui protestait depuis qu'Arthur lui avait proposé cette escapade.

"Tu vas le regretter! Tu ne seras plus maître de toi-même! L'alcool va te rendre ridicule, tes amis auront honte de toi!"
Qu'elle arrête de dire des bêtises! Ludwig et Feliciano n'allait pas le renier car il été allé boire un coup pour se vider la tête -même s'il allait aussi sans doute vider ses intestins du même coup... De plus, il savait que les deux étaient allés faire de même à Berlin l'été précédent. Tout le monde y passait un jour. C'était juste son tour.

Cette décision s'était certes faite sur un coup tête. Mais cette décision tenait en en mot: Aisa. Une fois de plus, il fallait que les expériences importantes de sa vie soient régies par le bon vouloir de la malaisienne. Depuis le bal qui fut un fiasco pour leur relation, Kiku se morfondait sans savoir quoi faire. Il regrettait d'avoir laissé la jeune fille seule au beau milieu de la piste, mais ne se sentait pas le courage de l'aborder pour aller s'excuser, pensant qu'elle le trouvait lâche et ne voulait plus lui adresser la parole. Il ne pourrait supporter de voir se peindre dans ses yeux la même haine que lors de leur rencontre, qu'il pensait avoir effacée à tout jamais. Alors il l'avait évitée toute la semaine. Il était probablement bien le lâche qu'elle pensait.

C'est là qu'arrivait Arthur. Remarquant qu'il n'allait pas bien, il lui avait demandé ce qui le chagrinait. D'abord désireux de ne pas l'embêter, Kiku avait fini par tout lui raconter, ne connaissant que trop bien cette sensation d'impuissance lorsqu'un ami vous cachait ses soucis. Il lui avait tout dit: le bal qui avait si bien commencé, et qui aurait dû trouver son apogée lors de la valse avec la malaisienne, la déception en découvrant l'indifférence à peine voilée de cette dernière, et enfin, le japonais, qui avait offert à sa partenaire un dernier baise-main avant de s'éclipser sans autre mot qu'un "Merci" attristé. Arthur l'avait écouté poliment et en silence, mais n'avait pu retenir sa stupéfaction en entendant la conclusion de l'histoire. Il l'avait regardé de manière ahuri, ne pouvant croire à la stupidité de son ami. On pouvait clairement voir sur son visage les mots qu'il aurait prononcé s'il s'était adressé à quelqu'un d'autre que Kiku:

"Mais t'es con, ou quoi?"

Et il l'était, il le savait. Il aurait dû continuer cette danse jusqu'au bout, même si cela le blessait de voir à quel point sa cavalière souhaitait être loin de lui. Il se détestait.

Mais loin de retourner le couteau dans la plaie, l'écossais lui avait proposé ce qui selon lui servait le mieux la résolution des problèmes: l'alcool. Kiku avait d'abord était sceptique, bien sûr. Mais après réflexion, le meilleur moyen pour s'oublier un peu se trouvait peut-être dans la mousse d'une bièraubeurre. Alors il avait accepté. Il avait bataillé un moment avec son cousin, qui refusait que son parent aille se saouler, sentant que ça finirait mal. Kiku le sentait aussi, et pourtant, il avait le sentiment que c'était ce dont il avait besoin. S'obliger à penser à autre chose serait une libération.

Ils étaient donc partis, et le japonais regrettait presque déjà. Il était anxieux, ne sachant ce qui l'attendait. Peut-être avait-il l'alcool triste sans le savoir et gâcherait-il leur soirée supposée être euphorique? Mais il savait que malgré ses protestations de dernières minutes, son ami ne le laisserait pas rebrousser chemin. C'était ce qu'il y avait de mieux pour lui. Et même si après avoir ingurgité le plus de breuvage possible, Kiku trouvait toujours l'occasion de se lamenter sur son sort, et bien pleurer un peu lui ferait le plus grand bien.

Perdu dans son débat intérieur, il ne s'était même pas rendu compte qu'ils venaient de pénétrer dans le village, franchissant le portail de fer forgé frappé du nom de l'endroit: Pré-Au-Lard. Quelques passants téméraires traînaient encore dans les rues à cette heure reculée, trottinant jusqu'à chez eux pour retrouver la chaleur de leur maison. La plupart des commerçants étaient fermés, les vitrines d'ordinaire colorées plongées dans le noir. Pourtant, on pouvait entendre venir de loin la rumeur sourde d'une foule surexcitée. C'est en débouchant sur la rue principale que les deux élèves en découvrirent la source: l'enseigne des Trois Balais n'était qu'à quelques mètres, une longue file d'attente massée devant l'entrée. La lumière filtrant à travers les fenêtres promettait à elle seule la douceur d'un feu de cheminée, et les conversations se glissant hors de la porte annonçaient la quantité importante de clients déjà présents à l'intérieur. Les deux amis s'approchèrent et se mirent à la fin de la queue, attendant patiemment leur tour. Kiku, se rendant compte qu'il n'avait pas dit un mot depuis qu'ils avaient quitté l'école, se sentit obligé d'ouvrir la bouche. Il avait la sensation que sa présence rendait l'ambiance de la taverne déprimante.

▬ J'espère qu'il reste de la place, sinon nous risquons de boire dehors.

Il lâcha un petit rire pour détendre l'atmosphère, mais il se sentit bête. Il n'avait jamais été très doué pour faire de l'humour. Espérons que l'alcool remédierai à ce problème.


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MessageSujet: Re: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Dim 22 Nov - 14:38

I got a hangover × ft. Kiku Honda
Jusqu'ici, sortir aux Trois Balais ne garantissait en rien l'avenir d'Arthur. Ce dernier avait l'habitude de boire, de temps en temps, pendant les week-end surtout, comme le lui autorisait sa mère; même si Dad était beaucoup plus tolérant à ce niveau-là, étrangement. C'est tout juste s'il lui laisse boire un fond de Bierreaubeurre. Et quand bien même ce dernier viendrait lui sonner les cloches le lendemain, l'altruisme – si si, le truc réservé uniquement pour le peu d'amis qu'il fréquente – de l'écossais était une excuse suffisante pour venir se saouler encore. Car là, ce n'est pas spécialement pour lui qu'il vient prendre une cuite – ce qui n'est pas son but premier – mais pour Kiku.

Kiku, son ami le plus coincé mais d'une politesse implacable. En effet, le japonais vivait depuis quelques temps les effets de son premier « crush », ce qui le rendait soit tout chose, soit aux anges, soit carrément bizarre. Les faits étaient évidents aux yeux de tous sauf à ceux de la concernée, avec qui Arthur a déjà tissé quelques liens d'amitié avec. Aisa Dzulkifli. Une malaisienne Serdaigle adorable, franche et polie. Elle ressemblait bien au japonais sur certains points, et pourtant la relation qu'elle entretenait avec lui était, apparemment, assez houleuse... Aujourd'hui plus qu'avant.

Le bal d'Halloween était une bonne occasion pour son ami de se rapprocher un peu plus d'elle, dont une méthode de « drague » qu'Arthur connaît bien : la danse – plus précisément la valse. De plus, une ambiance festival rapprochait toujours les esprits, et faisait toujours faire une croix sur les tensions qui existaient entre les plus têtus – il n'est par exemple pas venu à Arthur l'idée d'aller enguirlander Carriedo malgré son costume d'infirmière. Aussi parce qu'il s'agissait de la fête préférée de l'écossais et que son humeur s'en était rapidement suivit. En somme, une excellente soirée pour tous

Et pourtant, lorsque Kiku lui a confié qu'il avait tout simplement et littéralement abandonné son « crush » sur la piste, Arthur est tombé des nu. Kiku, l'un des plus polis personnages de cette école, aurait prit la fuite comme un lâche pathétique ? Sur le coup, son expression de surprise et de déception n'a pas pu passer inaperçu. Et l'asiatique est tellement doué pour déchiffrer l'état d'esprit des gens qu'il en a donc profité pour ne pas se retenir et avouer très clairement que, franchement, c'était « n'importe quoi ». Limite, il l'aurait traité d'idiot.

Il l'a presque fait, d'ailleurs.

Son attitude était idiote, c'est ce qu'il lui a fait comprendre, en gros. Et en même temps, c'était pas trop la chose à lui dire, même si quand même, il la méritait celle-là : Kiku était du genre à s'écraser devant ses fautes en saluant avec les grosses excuses au moins 100 fois la personne. Il se serait presque fondu dans ces dernières à l'écossais alors que ce n'était pas à lui de les recevoir... Du coup le japonais en était profondément affecté, et cherchait un moyen quelconque de s'en remettre. Puisqu'il n'a même pas eu le cran d'aller voir Aisa, se sentant trop pitre pour oser lui parler à nouveau.

Arthur ne voyait donc qu'une solution, assez brusque, mais efficace, quand on se sent vraiment au fond du trou : boire sans Monsieur Modération aux Trois Balais. Il n'avait encore jamais vu son ami dans un état d'ivresse, et loin de lui l'idée de vouloir s'en moquer. Il ne cherchait pas à le faire sombrer dans un état qu'il regretterait par la suite, seulement à brouiller suffisamment ses pensées pour qu'il arrête enfin de se tourmenter.

Alors qu'ils traversaient le village de Pré-Au-Lard, Arthur tourna une fois dans sa tête les idées qu'il avait derrière cette dernière. Le but était d'accompagner Kiku dans la boisson, mais pas trop pour qu'il puisse être en état de le ramener sauf à Poudlard. C'était à l'asiatique de flotter dans les airs avec quelques gouttes d'alcool dans le sang, et lui, il allait seulement l'encourager et le mettre en confiance pour qu'il puisse se laisser aller, ainsi il se remettra plus vite de ce qui le ronge.

« J'espère qu'il reste de la place, sinon nous risquons de boire dehors. »

Le petit rire nerveux fit sourire Arthur. Lui aussi devait faire un effort pour ne pas que l'ambiance reste trop morose. Fort heureusement, celle des Trois Balais allait la faire monter en conséquences.

- Ne t'inquiète pas, de la place, il y en a toujours.

Un court silence s'en suivit avant que la file d'attente ne diminue. À ce rythme, ils allaient bientôt entrer. Peu après, c'est juste en passant la porte que le britannique lui assura en défaisant son écharpe émeraude et argent :

- Inutile de faire de manières ici. Détends-toi. On est là pour s'amuser et se laisser aller. Une occasion en or pour toi de te décoincer un peu, tu verras comme ça fait du bien.

Dit celui qui a l'expérience du saoulard dans la peau.

Ils s'installèrent à une table, un peu éloignée de celles déjà occupées et bruyantes, plus ou moins prises par des gens qui ont un peu la bougeotte, comme des adultes qui n'avaient rien à voir avec leur entourage propre. Arthur aperçut deux tables plus loin où étaient un couple de Gryffondor et une autre, une bande de joyeux lurons Poufsouffle. Il n'y avait vraiment pas de quoi stresser quant à sortir un peu. Lorsque la serveuse se glissa entre deux tables qu'elle devra nettoyer par la suite afin de rejoindre le duo d'amis, elle leur posa la fameuse question : qu'est ce que ces jeunes messieurs prendront.

- Deux Whisky Pur Feu.

Ah oui hein, ils allaient commencer direct. Et avec le sourire s'il vous plaît. Lorsque la serveuse s'éloigna, Arthur tourna la tête vers Kiku. Tout allait bien se passer. En tout cas, c'était prévu.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Mer 2 Déc - 15:49


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☂ ℱeat Arthur Kirkland
Il s'était presque décidé à ne plus rien dire du tout, persuadé que sa remarque ne recevrait aucune réponse, car complètement idiote, lorsqu'il entendit la voix affectueuse de l'écossais lui certifier:

▬ Ne t'inquiète pas, de la place, il y en a toujours.

Après quelques secondes, il laissa apparaître un petit sourire. Il ne doutait en rien de la parole de son ami. Mais si l'image cliché qu'il se faisait des écossais garantissait leurs accoutumance et leur maîtrise face à l'alcool, il ne pouvait cependant pas se faire à l'idée d'un Arthur autre que l'homme galant qu'il fréquentait tous les jours à l'école. Les rires gras, les manières dévergondées des hommes endurcis face à cette liqueur, ce n'était pas pour lui. Il n'était que classe, politesse, et savoir-vivre, assurément. Il était curieux de découvrir le buveur "aguerri" qu'il prétendait être.
La file qui lui paraissait si longue termina contre toute attente de se vider, et ils purent pénétrer dans l'entrée. Comme il s'y attendait, l'intérieur leur apporta une grande bouffée de chaleur, grâce à pas moins de trois cheminées réparties équitablement dans le bistrot. Kiku poussa un soupir d'extase en sentant tout notion de froid le quitter. Adieu, picotements dans les doigts et jambes grelotantes!

Il fut impressionné par la diversité des clients présents. On n'y trouvait pas que des hommes de forte carrure et à la mine bourrue, comme il l'avait toujours cru, mais également des femmes, jacassant gaiement autour d'une grande tablée de bières bien mousseuses, des personnes âgées qui riaient à gorge déployée en évoquant le passé, ainsi que des élèves de Poudlard, dont certains s'amusaient à parier sur le vainqueur d'un bras de fer entre deux Gryffondors.

Avant de chercher un table libre qu'il serait ardu de trouver dans cette foule compacte, les deux amis retirèrent leurs écharpes aux couleurs de leur maison ainsi que leurs manteaux. Kiku dû afficher sans le vouloir une mine anxieuse, car le Serpentard s'empressa de le rassurer:

▬ Inutile de faire manières ici. Détends-toi. On est là pour s'amuser et se laisser aller. Une occasion en or pour toi de te décoincer un peu. Tu verras comme ça fait du bien.

C'était donc l'image qu'il avait de lui? Quelqu'un de coincé et qui ne savait pas s'amuser? Il espérait que la soirée à venir changerait l'opinion d'Arthur à son égard. Qu'elle montrerait qu'il n'était pas une petite nature et que ce n'était pas un verre de bière qui lui faisait peur. Il afficha un air sûr de lui pour lui faire comprendre de ne pas s'inquiéter.

Ils parcoururent ensemble la salle du regard pour repérer une table vide dans le fond de la salle, à l'ombre des poutrelles qui soutenaient le plafond. Ils étaient ainsi éloignés de toute agitation qui pourrait leur gâcher la soirée. Ils s'installèrent de concert et ne tardèrent pas à être rejoints par une serveuse aux formes généreuses qui ne leur firent ni chaud ni froid. Lorsqu'elle demanda aux deux élèves ce qu'ils désiraient boire, Kiku n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche pour commander un verre de saké qu'Arthur avait déjà répondu à sa place:

▬ Deux Whisky Pur Feu.

Le japonais se tourna vers lui, surpris que son ami l'ait pris de vitesse de la sorte, sans lui demander son avis. Il était un peu anxieux à l'idée de commencer son initiation par une boisson qui lui était inconnue. Il savait que le whisky était un alcool occidental, et rien de plus. Mais l'écossais se contenta d'offrir un sourire de parfait gentleman à la maid qui s'éclipsa avant que le Serdaigle ait pu émettre la moindre protestation. Puis le Serpentard lui lança un regard confiant, comme pour le rassurer sur la suite du programme: il n'allait pas le laisser tomber. Il n'en doutait pas, pourtant son instinct lui soufflait que ce qui allait bientôt arriver, posé sur un plateau, annonçait un sinistre retour à Poudlard, dont il ne serait pas fier.

Il commençait à regretter la décision d'accompagner Arthur dans son escapade, lorsque, beaucoup trop rapidement à son goût, la serveuse revint vers eux, sa main gauche soutenant un plateau où étaient posées deux choppes remplie d'un liquide ambré, ainsi que d'autres bouteilles aux étiquettes colorées. Kiku souhaita un instant qu'elle pose ces dernières devant eux, au lieu de l'alcool funeste qu'il était censé ingurgiter. Mais Dieu n'entendit pas son appel, car une belle pinte fut brutalement jeté sous son nez, du moins c'est l'impression qu'il eut. Maintenant qu'elle était là, elle lui semblait immense, pleine à ras-bord, elle l'effrayait presque. Que disait-il, déjà? Qu'un verre d'alcool ne lui faisait pas peur? Jamais il ne pourrait boire tout ça. Il souffla un mot de remerciement à la patronne, sans même être sûr qu'il l'ait prononcé dans un langage compréhensible, les yeux toujours fixés sur le verre mastoque qu'il devait porter à ses lèvres. La femme s'éclipsa sans un mot, sans doute vexée par ce manque de considération, et les deux amis furent de nouveau seuls à leur table.

Kiku n'osa pas tourner les yeux vers Arthur, de peur de croiser son regard émeraude, l'incitant à commencer à boire. Mais il n'allait pas rester indéfiniment là à fixer les lignes tordues de la table. Il finit par lever la tête, et comme il s'y attendait, le Serpentard arborait un sourire encourageant, comme pour lui assurer qu'il s'en sortirait très bien. Sans trop savoir pourquoi, le japonais hocha lentement la tête, et saisit la hanse de sa choppe pour la lever vers celle de son ami.

▬ Et bien... Kanpai, je suppose!

Il cogna leurs deux coupes l'une contre l'autre dans un tintement de cristal, puis ramena la sienne sous son nez, reniflant discrètement la boisson pour avoir un avant-goût de ce qui l'attendait. Ça sentait fort. Encore une fois, une petite voix dans sa tête lui lança quelques conseils:

"Ce truc va te dévisser la tête! Tu rouleras sous la table avant d'en avoir bu la moitié!"

Il hésita une seconde, puis l'image d'Aisa lors du bal, ainsi que son regard fuyant, lui revinrent en mémoire. Et alors? S'il roulait sous la table, tant mieux. C'était ce qu'il voulait. Sans plus de cérémonie, il porta le liquide à sa bouche, en avalant une longue gorgée. Mais à peine le whisky était-il descendu dans son gosier qu'il faillit tout recracher, écarquillant les yeux. Il toussa, se forçant quand même à tout faire descendre. C'était atrocement corsé! Et mauvais par dessus le marché! Il reposa sa choppe, outré.

▬ A-Arthur-san! C'est immonde, comment peux-tu boire une telle chose?

Et pour couronner le tout, il commençait déjà à ressentir les effets de la liqueur se répandre dans son corps. Sa gorge le brûlait, et une chaleur bouillonnante investissait peu à peu son estomac. S'il en était déjà à ce stade, il ne tiendrait pas longtemps!


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MessageSujet: Re: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Lun 28 Déc - 14:51

I got a hangover × ft. Kiku Honda
« Et bien... Kanpai, je suppose! »

Emporté par la bonne volonté du japonais, Arthur l'imita dans la même langue. Au cognement de leurs chopes, l'écossais sentit comme une odeur imaginaire d'alcool lui monter à la tête. Il n'avait pourtant pas encore humé le liquide qu'il s'apprêtait à engloutir. Mais tout comme Kiku, il renifla sa boisson, avec cependant l'impatience d'un professionnel – ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il ne roulera pas sous la table non plus, hélas. Avant d'avaler goulûment tout ça, il lança un autre regard d'encouragement à l'asiatique. Il comprenait parfaitement le fait qu'il ne soit pas très à l'aise avec l'alcool – encore que, il ne devait être habitué qu'à des produits de chez lui – mais tout ce qui comptait pour lui, sur le moment, c'était qu'il puisse tourner la page sur cette histoire avec la malaisienne. Aux grands mots les grands remèdes, il invitait bel et bien Kiku à se prendre sa première cuite.

Arthur ne prévoyait pas la sienne, cependant il pensait bien qu'ils n'arriveraient pas à grand chose si le japonais était le seul à devoir se saouler sans modération. C'est pourquoi le Fourchelang l'accompagnait volontairement – et puis un peu d'alcool lui donne toujours envie lorsqu'il en a l'occasion, faut dire. Lorsque son ami s'engagea enfin dans une première gorgée, Arthur entama la sienne. Enfin, si l'on parlait d'une gorgée... Il faisait tout à la cul-sec. C'était dur, mais techniquement possible. Alors, le Serpentard ne se fit pas prier et bu d'une traite la chope entière. Ce qui lui prit donc, vu la quantité, plus d'une bonne minute.

Il sentait l'alcool couler dans sa gorge, le réchauffer autant que ça devait piqué le japonais. Ce dernier n'accorda sans doute pas plus de cinq secondes à son propre verre refoulant de la forte odeur. Mais malgré la grimace de l'asiatique après seulement avoir goûté, Arthur ornait un sourire déterminé en même temps qu'il buvait... buvait... buvait... Oui, vraiment, il penchait peu à peu la tête en arrière au fur et à mesure que le Whisky Pur Feu passait de la chope à sa bouche, avant de disparaître dans des bruits de déglutition tout juste discrets. Jamais Kiku ne l'aura vu comme ça autrement ailleurs.

« A-Arthur-san! C'est immonde, comment peux-tu boire une telle chose? »

À ce moment-là, Kiku pouvait remarquer avec surprise à quel point l'écossais semblait plutôt – plutôt ! - à l'aise. Ce dernier, concentré comme il était, se contentait de finir ce qu'il avait commencé. Enfin, au bout des dernières secondes de sa minute trente-sept, Arthur reposa un peu brusquement la chope sur la table, avec un claquement de verre victorieux.

Ça fait du bien par où ça passe.

Un soupire de satisfaction lui échappa, suivit d'un visage étrangement bien heureux. C'était beaucoup pour commencer. Mais Arthur n'était pas du genre à se retenir lorsqu'il se lançait dans quelque chose, et peu importe qui en était témoin. Kiku en plus, ça n'était pas si grave. Il n'avait pas honte de l'exceptionnelle descente dont il était capable. Enfin, il tourna la tête vers lui, l'air de comme si tout était normal.

- Pardon, tu disais ?

Un coup d'oeil à la chope encore pleine du japonais et il comprit. En remarquant la surprise de ce dernier, Arthur ria joyeusement.

- Ce n'est qu'un début, tu t'y feras ! C'est fort pour commencer, je l'avoue, mais comme ça les autres alcools ne te feront pas plus peur que ça. Et puis, pour passer une bonne soirée, c'est ce qu'il y a de mieux...

Et par « bonne soirée », Arthur voulait bien évidemment parler de l'assurance à 100% à se prendre une cuite d'ici peu de temps. Bien sûr, il voulait profiter de cette sortie pour s'amuser avec Kiku : le faire parler, sourire, rire à gorge déployée, avant de le faire doucement tomber dans l'inconscience et ses petits soucis avec. Crescendo, l'asiatique allait se remettre de ces mauvaises émotions et le lendemain, il pourra rire malgré son mal de crâne, parce qu'il ne sera pas venu seulement pour boire et oublier : mais aussi pour passer du bon temps en compagnie d'un de ses meilleurs amis. Ne lâchant pas l'intention de mettre son plan à exécution, il lui tapota le dos pour l'encourager.

- La première est toujours la plus difficile, mais dès que tu l'auras fini, le reste passera plus facilement ! Courage !

Il le poussait un peu dans son mouvement, sinon on allait jamais y arriver.

Ainsi, Arthur le regarda terminer enfin cette première chope, une lueur dans les yeux. C'était un premier pas à franchir, ensuite Kiku sera paré. Il attendait, patiemment, que l'asiatique daigne se laisser complètement allé dans l'ambiance réchauffée des Trois Balais, et de leur table.
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Dernière édition par Arthur Kirkland le Dim 10 Avr - 10:38, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Mar 12 Jan - 18:31


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☂ ℱeat Arthur Kirkland
Le goût âcre et amer de l'alcool avait pour la première fois élu domicile dans sa gorge. Il aurait menti en prétendant que c'était aussi agréable qu'on lui avait raconté et qu'il l'avait ainsi imaginé. Tous ces camarades, habitués du lieu, comme Arthur, Francis, Alfred ou même Ludwig, lui parlaient souvent des bienfaits de cette boisson pour le moral et les tripes, car il n'était pas rare qu'un buveur assidu se sente pousser des ailes lors d'une petite cuite et ne décide de défier tous les gros bras de la taverne. Cela finissait souvent mal, bien sûr, mais quel plaisir pour l'ego que de se sentir si fort, si invulnérable, et de ne pas conserver le souvenir de sa défaite au réveil! Mais Kiku doutait de pouvoir expérimenter cette euphorie dont on lui rabattait les oreilles, car la première goulée avait suffit à couper cours à son enthousiasme, déjà bien hésitant. Il avait pris son courage à deux mains en pensant à son ami, qui ne souhaitait que le voir se sentir mieux, et avait fait le premier pas. Mauvaise idée, visiblement.

Il se promit de ne pas retoucher à sa pinte, prêt à commander quelque chose de plus dans ses cordes pour commencer, lorsqu'après avoir réprimandé l'écossais pour avoir tenté de lui faire ingérer cette mixture immonde, il le vit porter la chope à sa bouche, et boire, boire, sans s'arrêter. Il faisait tout glisser sans discontinuer, et Kiku était persuadé que d'un moment à l'autre, il allait s'arrêter, lâchant le verre qui s'écraserait au sol, sa figure affichant une grimace de dégoût, avant de courir aux toilettes pour tout rendre dans la cuvette. Mais il n'en fut rien. Sous ses yeux stupéfaits, et même quelque peu admiratifs, il comptait presque les secondes alors qu'Arthur s'enfilait la coupe entière, sans que ses lèvres ne quittent le bord du récipient. Le japonais avait été intimidé par la simple taille de ce qu'on lui avait servi, et son camarade l'ingurgitait comme s'il s'agissait d'une simple coupelle de petit lait. Il comprenait en l'observant ce que Francis lui avait raconté. "Quand il boit, on ne peut plus l'arrêter. Il n'est pas écossais pour rien". Il n'en avait pas cru un mot, voyant en son ami le gentleman parfait, qui ne portait pas de  kilt, ni ne jouait de la cornemuse, et n'alignait pas les verres de bière en rotant bruyamment. Ce qu'il avait sous les yeux était un tout autre spectacle que ce qu'il avait imaginé. Et une fois qu'Arthur eut fini la dernière lapée de mousse et de liquide ambré, qui glissa sur sa langue apparente, la tête renversée vers l'arrière, il reposa avec une certaine brusquerie sa chope désormais vide, avec l'air victorieux de celui qui, même s'il se montrait modeste, venait d'accomplir un exploit. Et Kiku n'aurait pas dit le contraire, les yeux exorbités, levant les mains pour les frapper lentement l'une contre l'autre, ne sachant si ce qu'il venait de voir méritait d'être décrit comme du courage, et ainsi d'être applaudi. Le serpentard arborait un air fier, comme si c'était une coutume, qu'il faisait ça tous les jours. Il poussa un soupir d'aise retentissant, qui attira quelques regards vers leur table. Mais peu de clients, parmi ceux qui regardaient dans leur direction, ne pouvait se douter de ce qui venait d'être accompli sous les yeux effarés du japonais. De plus, les prunelles émeraude de plus vieux brillaient maintenant d'un éclat enjoué alors qu'il fixait le fond de son verre. Il semblait avoir atteint le Nirvana en faisait descendre cette mixture dans son gosier. Le cadet l'observait avec curiosité, se demandant par quelle magie cela pouvait lui avoir fait autant de bien. Il eut une seconde honte d'avoir lui-même à peine touché à sa consommation. "Mauviette", lui siffla sa conscience, qui venait de prendre la démonstration de l'aîné comme un défi.

Comme si rien ne s'était passé, et qu'il ne venait pas d'avaler un demi-litre entier d'alcool en moins de deux minutes, il se tourna vers lui et lui demanda, tout naturel, comme si le bruit d'écoulement sur sa langue l'avait rendu sourd, l'espace d'un instant:

▬ Pardon, tu disais?

Il essaya de balbutier quelque chose pour lui faire part de sa stupeur face à ce dont il avait été témoin, mais le regard de l'autre s'intéressa plutôt à son avancement dans sa cuite, et il ne sembla ni déçu, ni étonné de contempler la chope encore aux trois quarts pleine. Et lorsqu'il avisa enfin son visage bloqué par la surprise, il laissa apparaître un sourire détendu mais non moqueur.

▬ Ce n'est qu'un début, tu t'y feras ! C'est fort pour commencer, je l'avoue, mais comme ça les autres alcools ne te feront pas plus peur que ça. Et puis, pour passer une bonne soirée, c'est ce qu'il y a de mieux...

En effet, il était persuadé que s'il parvenait à finir son verre, il serait immunisé contre l'alcool à vie! Ou alors... il ne supporterait pas et irait tout vomir avant de l'avoir fini. Ce qui serait ridicule, face à quelqu'un d'aussi endurci qu'Arthur. Il allait le prendre pour une petite nature, et c'était à tout prix ce que voulait éviter Kiku. Il n'aimait pas le goût, mais rien ne disait qu'il ne tenait pas l'alcool. Il fallait essayer pour en avoir le cœur net. Et une fois de plus, son ami lui vantait les mérite de la liqueur, comme s'il s'était agit de pilules du bonheur, nous assurant de passer la meilleure journée de notre existence. Si elle avait les propriétés d'oubli que l'on lui accordait, alors il y avait des chances qu'elle réponde à ses attentes. Le dernier argument d'Arthur acheva de le persuader, accompagné d'une tape dans le dos qui failli faire ressortir ce qu'il avait déjà bu.

▬ La première est toujours la plus difficile, mais dès que tu l'auras fini, le reste passera plus facilement ! Courage !

Il ne pouvait plus faire marche arrière. Il avait commencé, il fallait achever sa mission. Ne serait-ce que pour ne pas gâcher la boisson préparée avec tant de soin. Il saisit de nouveau la hanse, qui lui sembla peser une tonne, et, évitant de renifler, souleva le récipient face à lui. Il est comme un tireur de précision qui armait son projectile, conscient que toute erreur lui serait fatale. Dans le cas présent, cela serait synonyme d'abandon pour son estomac. Il hésita une seconde de plus, mais de nouveau, les yeux fuyants d'une certaine jeune fille habitaient son esprit, et il secoua la tête, avant de porter encore la chope à sa bouche, bien décidé à reproduire le succès de son aîné.
Le visage sévère de la malaisienne le jugeait, mais il s'en moquait. Oublié tout ça! Hop! Il but le Whisky comme il buvait ses sentiments, les noyant dans la mousse tourbillonnante et moelleuse qui s'agitait sur son palais. Encore une fois, le goût est déplaisant, lui brûlait chaque organe du corps, mais il continuait à boire, mettant en jeu son honneur. S'il ne parvienait pas à la vider, il était prêt à se faire harakiri devant tous les clients des Trois Balais.

Il n'eut heureusement pas à respecter cette promesse faite à lui-même, car après une lutte de presque trois minutes pour décider qui était le plus fort entre lui et le Whisky Pur Feu, il sentit finalement la dernière goutte franchir ses lèvres, et glisser jusque dans son ventre, comme toutes les autres avant elle. La tête toujours en arrière, il décolla le verre de sa bouche et l'abattit sur la table, comme son acolyte avant lui. Mais au lieu de l'élan de satisfaction qu'avait émis ce dernier, il lâcha après quelques secondes d'un silence pesant un gémissement d'enfant malade. Sa tête reprit sa place naturelle, et se pencha même d'autant plus alors qu'il se tenait le crâne, assommé par la quantité qu'il venait de réussir à ingurgiter.


▬ Ma têêête...

Il avait l'impression que son cerveau est devenu un énorme tambour de o-bon, sur lequel un cruel petit personnage s'amusait à frapper de toutes ses forces. Pour ne rien arranger, il sentait une chaleur brûlante bouillonner en lui, remontant dans son œsophage en semant les relents d'alcool partout où elle passait. L'odeur qu'il détestait était en train de l'envahir, lui piquant le nez et la langue. C'était la pire expérience qu'il avait jamais accomplie...
Pourtant, il se tourna vers l'écossais, le regard vitreux, lui montrant sa chope vide du doigt, et articula des mots que le japonais, avant de franchir la porte de la taverne, aurait banni d'office:


▬ Un autre.

Il ne savait pas ce qui lui prenait. Son corps était en ébullition, il devait puer la gnôle et sa raison était engluée dans le compliqué mélange de bulles et d'ambre liquide, et pourtant, il en redemandait. Car en avalant sa part, celle-ci avec fusillé un à un les neurones marqués "problèmes" qu'abritait son cerveau. Il venait de balayer en quelques gorgées tous les soucis qui l'assaillaient depuis quelques semaines, et ça, c'était bon. Mais même s'il était prêt à recommencer, une chose était sûre: Kiku ne tenait absolument pas l'alcool.


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MessageSujet: Re: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Lun 8 Fév - 15:21

I got a hangover × ft. Kiku Honda
C'est lorsque Kiku lui montra sa chope enfin vide qu'Arthur se félicita intérieurement. Il offrit un pouce levé à son ami, concluant que, ça y'est, la première étape a été passé avec brio. Maintenant, Kiku était entré dans son jeu, son plan, et ce soir, tout allait se passer comme prévu. Bien sûr, il s'attendait à la réaction éventuelle :

« Ma têêête... »

Arthur ria. Pour se moquer gentiment, et pour l'encourager. Il ne s'agissait que de la première chope, et bien sûr, ça ne voudrait rien dire si tout les deux s'arrêtaient là. Il leva un bras pour appeler la serveuse, lorsque le japonais prit l'initiative de demander à Arthur, le regard flamboyant d'une envie que l'écossais ne connaissait que trop bien :

« Un autre. »

Finalement, c'était plus facile qu'il ne l'aurait cru. Peut-être bien parce que Kiku avait comprit que, malgré la volonté que ça demandait au départ, se bourrer modestement la gueule avait quelque chose de bon. D'accord, il allait amèrement le regretter le lendemain, mais l'asiatique n'était pas stupide, il l'avait déjà accepté tout en sachant très bien dans quoi il s'engageait. Et ça, quelque part, Arthur en était fier. Son ami ne le croyait pas lorsqu'il lui disait qu'il était fort, mais l'écossais ne lui avait pas mentit pour lui faire plaisir. Certes, ce n'était pas très malin d'aller noyer ses soucis dans l'alcool, mais il avait su repoussé un peu plus loin ses limites, et ce malgré ses préjugés. Et il n'y avait aucun mal à cela. On avait bien le droit d'être un peu égoïste de temps en temps, merde ! Faire du bien uniquement à son ego, ça n'était pas être foncièrement mauvais ou juste un infâme connard. Et connaissant Kiku, il se lavait déjà bien trop le karma pour être trop près de « l'irréprochable ». Il pouvait presque se permettre un paquet de conneries en une journée pour ensuite retourner à sa vie normale.

Kiku respectait trop naturellement pour qu'on vienne le blâmer, après tout.

Alors Arthur leva à nouveau son bras et interpella la serveuse, qui elle, allait passer une drôle de soirée. Car le sourire complice du Serpentard – qu'il ornait pour lui et la réussite de son plan - fit comprendre à celle-ci que ça n'allait pas être leur dernière commande...





C'était quoi le plan, déjà ?

Une heure ou deux plus tard, Arthur avait complètement oublié les conditions qu'il s'était posé. Accompagner Kiku aux Trois Balais, check. Le mettre en confiance dans la situation, check. Le faire boire – sans regret – comme un trou, check. L'encourager en faisant de même... euh... vraiment ? Boarf, quelle importance... Arthur était désormais trop saoul pour s'en souvenir correctement. Une seule chose lui était resté en tête : passer un agréable moment pour qu'il puisse oublier ses tracas avec Aisa. Ah, et la partie où il devait juste boire un peu pour ne pas qu'il se sente trop seul et ensuite le ramener à moitié mort à Poudlard, puisque de toutes façons il serait toujours en état pour l'aider à marcher, envolée, pfiut ! Forcément, si Arthur commençait à boire, on ne l'arrêtait plus. Encore moins avec du Whisky Pur Feu.

Ouais mais bon, c'était la faute au japonais qui en redemandait, aussi...

- Aaaye, mon ami ! Heey tu- … un silence lui vola le reste de sa phrase pour s'assurer qu'il n'allait pas régurgiter au milieu. J'suis fier de toi, camarade ! Te v'là un homme, un vrai, WAI !

Avec Arthur, il y avait deux choix : soit l'alcool le rendait triste à faire pitié, soit exagérément fêtard. Et tant mieux pour eux deux, c'était la deuxième option. Ses petits neurones se touchaient juste assez pour qu'il lui vienne de temps à autre l'envie de rire pour un rien. Plus il était saoul – pour pas dire carrément pété – plus il ressemblait à son père... Un langage familier, sûr de lui, « oh mon gros petit bonhomme » et tout le tra la la qui rappelait le côté paysan du paternel... À se demander d'où les Kirkland étaient devenu l'une des familles les plus respectables dans le cadre des Sang-Purs.

C'est au milieu de chansons paillardes qu'Arthur lui enseignait dans une bonne humeur alcoolisée qu'une table plus loin réclama le silence. Le préfet reconnut la voix bien porteuse d'un de ses Serpentard, soutenu par deux Gryffondor et un Poufsouffle. De sixième à huitième années, les quatre les regardaient, soit moqueurs, soit juste exaspérés. Guidé par son nouvel instinct de fier bourré, Arthur se leva, chancelant, et les pointa d'un doigt accusateur. Il gueulait des absurdités, des choses comme « wesh, vot' problème ?! » ou encore des « vient vient j'sais m'battre, hiss hiss ! » mais il était tellement ridicule que les quatre ne résistaient pas à l'envie de les inviter à leur petit jeu...

… de bras de fer.

Déjà dans l'incapacité de pouvoir se dégonfler d'ordinaire, le Whisky dans son sang le rendait trois fois plus sensible aux provocations. D'un air triomphant, comme si une foule les acclamait, il chopa le bras de l'asiatique à côté de lui et le tira avec une lueur dans le regard qui allait leur attirer les ennuis, mais que le cerveau ramolli d'Arthur prenait comme un...

« On participe, aye ! »
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Do what I say, not what I do. Obey to my orders, not to your heart. Don't lie to me, but let me tell lies. Don't follow me, I'll follow you. Don't care about me, I'll care for you. Run away from danger, because this is what I am. ▵ ©endlesslove.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Dim 21 Fév - 0:40


&





Pub... and Go!


☂ ℱeat Arthur Kirkland
Combien de temps avait passé depuis que lui et son ami avaient franchi la porte antique du bar, cette porte par laquelle tant de saoûlards étaient rentrés avant eux, ça, il n'en savait rien. Le temps d'une simple gorgée de son verre  lui paraissait interminable, tant le récipient lui semblait lourd, plein comme une baignoire. Il n'en voyait pas le bout, et chaque goulée lui faisait monter les larmes au yeux tant la brûlure était intense, abominable. Pourtant, les chopes avaient elles-même défilé à une allure ahurissante, le bois de la table désormais dissimulé sous les coupes vides et encore brillantes du liquide qu'elles avaient contenu. À intervalle irrégulier, on entendait ce martèlement sourd lorsque l'un des deux élèves abattait ce qu'il restait de son rafraîchissement devant lui, comme s'il voulait marquer sa victoire sur les rainures vieillies du meuble. Chaque fois, un sourire, de plus en plus fier et délecté, s'affichait sur leur visage, preuve de l'insouciance qu'avait fait naître l'alcool dans leurs cerveaux d'ordinaire bien plus rapides. Kiku avait commencé à se perdre, sans aucun doute, au moment où il avait voulu faire une blague de moldu à son acolyte serpentard. Alors qu'ils riaient doucement sans aucune raison en fixant le plafond, le japonais s'était redressé, le doigt pointé vers Arthur, comme pour lui intimer un silence religieux. L'autre s'était figé dans son hilarité, se taisant comme s'il n'était pas en train de se fendre la poire une seconde plus tôt. Après quelques secondes à se regarder dans le blanc des yeux, le plus jeune avait lentement affiché une risette, lâchant comme si ce qu'il disait était la blague elle-même:

▬ J'en ai une bonne.

Le blond avait ouvert des yeux ronds, comme s'il n'en croyait pas ses oreilles. Lorsque l'on s'appelle Kiku Honda, la moindre des choses si l'on veut éviter de plomber l'ambiance auprès de ses camarades est de ne SURTOUT PAS essayer de faire de plaisanterie. Mais l'adolescent, comme s'il avait été touché par la grâce divine de la Sainte Bouffonnerie, s'apprêtait belle et bien à atteindre l'apogée de sa cuite en faisant ce qu'un Kiku sobre n'aurait jamais accompli. Les épaules et les lèvres tremblant d'avance de la drôlerie qu'il allait sortir, il demande:

▬Tu sais pourquoi Hitler s'est suicidé?

Cette entrée en matière arracha un froncement d'incompréhension chez les sourcils exagérément épais du préfet. Lui qui n'avait jamais été initié à l'histoire et la culture des non-détenteurs de pouvoirs magiques, ce nom ne lui évoquait rien du tout. Qui c'était, ça, un star? Dans un premier laps de temps, son cerveau fonctionna au ralentit pour tenter de trouver la réponse à cette question tellement existentielle. Mais plus les secondes s'écoulaient, plus il comprenait que ses neurones abrutis ne renfermaient pas la clé de cette interrogation. Si l'Arthur habituel avait pu un instant prendre le pas sur son taux d’alcoolémie anormalement élevé, il aurait souhaité ne pas mourir crétin et aurait demandé, avec le naturel dû aux ivrognes de tavernes, "Gnié, c'qui Hitler, b'sang d'bonsouèèère?". Mais pour le fier bourré écossais assis comme un mollusque affalé sur son rocher, plutôt mourir que d'avouer qu'il ne savait pas. Il permit donc à son cadet de répondre à sa propre question, comme pour lui laisser son heure de gloire, l'honneur de pouvoir sortir la première blagounette de sa vie.

▬ Pourquoi... truc s'est suicidé?

Il avait déjà eu le temps d'oublier le nom en question. De toute manière, le lendemain, il aurait pour sûr occulté le souvenir du quidam dont lui parlait le japonais, et la raison pour laquelle il s'était donné la mort. Au bord de l'explosion, sa bouche tordue par la jubilation qu'il tentait de contenir, Kiku n'y tint plus et finit par lâcher:

▬ Parce qu'il a vu sa note de gaz.

Et il s'esclaffa, tapant du plat de sa main sur la table, se cognant presque la tête sur cette dernière. Sa gorge semblait libérée d'une apnée de 16 ans. Il se prenait visiblement le fou rire de sa vie. La seconde d'incompréhension passée, les fils qui se touchaient dans le crâne du serpentard semblèrent assimiler la signification de ce son: il fallait rigoler! Alors il le rejoignit en éclatant lui aussi d'un rire tonitruant, qui fit se retourner sur leurs chaises quelques uns des autre clients du bar. Ils les jugeaient du regard quelques instants, visiblement persuadés que leur gêne ferait taire les deux jeunes gens. Mais leur réprimande visuelle fut inutile, ainsi ils reprirent leur place initiale pour continuer leur conversation. Cependant, la solidarité d'Arthur quant à la blague de son ami fut de courte durée, car ses hoquets d'hilarité moururent peu à peu dans sa gorge, en même temps que son sourire, avant qu'il n'avoue, avec un air profondément blasé:

▬ HAHAhaaaaa... J'pas compris, 'fait...

Et il reprenait une lapée de son whisky, longue et bruyante, imité presque immédiatement par son camarade, qui affichait toujours une mine réjouie, convaincu du succès de son anecdote. Aucun des deux ne pouvait savoir l'heure qu'il était. À l'intérieur du bar, ils se sentaient comme coupés du reste du monde, comme si les alentours de Pré-Au-Lard, et Poudlard elle-même n'existaient plus. Ils n'étaient plus des élèves, ne suivraient plus de cours, et resteraient avachis sur leurs dossiers grossièrement sculptés, dans cette pièce empestant l'alcool et envahie par la fumée des pipes qui crachaient, telles des cheminées, des effluves de tabac à vous donner le tournis, coincées entre les lèvres de quelques vieillards édentés. Désormais, ils étaient des buveurs éternellement assoiffés. Ils n'avaient pas idée de l'heure, les fenêtres pleines de crasse dissimulant la clarté des étoiles et de la lune brillant dans la nuit noire, ou peut-être même l'éclat aveuglant du soleil de midi, qui sait? Cent ans étaient sûrement passés depuis leur entrée lorsque l'écossais  frappa son épaule avec véhémence et fierté, l'abreuvant d'un langage sans aucun doute incompréhensible pour une personne sobre:

▬ Aaaye, mon ami! Heey tu-

Il s'interrompit pour mettre sa main devant sa bouche, son estomac sans doute en proie à la question la plus importante de son existence: vomir, ou ne pas vomir? Telle était la question. Il sembla lutter intérieurement, commandant à ses boyaux de tenir le coup encore un peu, pour éviter au serdaigle le spectacle d'un Arthur régurgitant la boisson qu'il avait bu sans compter. Car il fallait le dire, l'un comme l'autre, il avaient bu comme des trous. Le lendemain promettait une migraine de compèt', et peut-être même leurs tripes abandonneraient-elles la partie ce soir-même, prenant des vacances bien méritées en se débarrassant du virus qui les parasitait. Et ce ne serait pas beau à voir. Mais l'écossais paraissait résolu à l'emporter sur son système digestif, car il prit une profonde inspiration pour reprendre ses esprits -si s'engager sur le chemin d'une cuite mémorable pouvait être nommé ainsi-, et acheva de le féliciter:

▬ J'suis fier de toi, camarade. Te v'là un homme, un vrai, WAI!

Kiku était trop bourré pour s'en faire la réflexion, mais ce langage tout droit sorti des romans de pirates les plus clichés était tout simplement désopilant. Le préfet lui montrait un tout autre visage que celui dont il avait l'habitude. Ce Arthur-là était presque trop jovial pour que cela soit sain, riant plus que le japonais ne l'avait jamais vu rire, parfois même quand ce n'était pas nécessaire. Il avait abandonné son langage si châtié pour adopter les expressions d'usage dans son pays d'origine, lorsqu'on n'est un écossais chevronné et qui n'avait pas la langue dans sa poche. Il se serait gentiment moqué en temps normal, mais cette nuit, le serpentard était rejoint par Kiku dans chacune des folies qu'il lançait, fut-elle ridicule au possible. Ainsi, mille ans devaient bien avoir trouvé leur fin lorsqu'il se mirent à chanter des chansons paillardes tout droit sorties des anales des pires bistrots du pays, dont le jeunot comprenait à peine la moitié des paroles. Mais il suivait son capitaine, de son titre nouvellement acquis -et avec le plus grand des honneurs-, donnant naissance à un spectacle folklorique pour tous ceux qui fréquentaient la brasserie. Un bras sur l'épaule de leur compagnon, leur verre dans leur main libre, ils entonnaient des chants de plus en plus saugrenus, de plus en plus grossier, le sourire au lèvres, se levant même de leur chaise pour exposer à la face du monde à quel point ils étaient des élèves sérieux. Jusqu'au moment où...

▬ Oh! Un peu de silence, là-bas!

La voix forte et assumée d'un autre adolescent, étudiant visiblement dans leur école vu l'insigne vert et argent que portait sa poitrine, leur réclamait un peu de calme. Il s'était tourné vers eux avec un long soupire exaspéré, comme s'il s'était retenu de les interpeller pendant de longues minutes, avant de décider qu'un rappel à l'ordre leur ferait le plus grand bien. Deux de ses camarades, fièrement décorés des couleurs rouge et or, les jaugeaient en ricanant, alors que le dernier, un poufsouffle discret, restait en retrait, visiblement aussi contrarié que celui qui avait parlé. Kiku mit un moment à comprendre que c'était à eux qu'il s'adressait, continuant son récital en se dandinant joyeusement, avant de se rendre compte que son acolyte s'était stoppé net, fixant d'un œil torve le rabat-joie qui venait de les interrompre. Le japonais savait à quel point il pouvait être susceptible en temps normal, et l'alcool n'allait sans doute pas arranger son cas. Il resta malgré tout en arrière alors qu'Arthur se rendait encore plus ridicule qu'il ne l'était déjà en roulant des poings comme un boxeur du dimanche, baragouinant des insultes et des provocations, imitant par moment le serpent dont il portait les coloris en sifflant avec hargne. Après l'avoir observé un moment sans aucune autre réaction qu'un masque de lassitude affiché sur son visage, l'autre serpentard se leva finalement en esquissant un sourire goguenard, les mains dans les poches à la manière d'un truand.

▬ Alors comme ça, vous voulez vous battre?

À l'entente de cette deuxième attaque, le sang de l'écossais ne fit qu'un tour -Kiku put presque voir le liquide faire un flip splendide dans les yeux de son aîné, ces derniers lançant des éclairs, leur habituelle teinte émeraude brillant d'un éclat assassin. Clairement, c'était un défi. Et le japonais n'allait sûrement pas le retenir d'y répondre. S'il avait été dans son état normal, sa première réaction de défense -l'instinct nippon, tout ça- aurait été de calmer le jeu en essayant de porter l'attention de son acolyte sur autre chose. Une autre chanson amusante, une jolie fille, ou les belles courbes d'une pinte nouvellement remplie qui l'attendait à leur table, impatiente d'être vidée. Mais ce soir, le serdaigle n'avait pas les idées claires, c'était le cas de le dire, et dans sa tête, ce qui aurait dû tirer une sonnette d'alarme assourdissante lui apparaissait plutôt comme un challenge auquel il devait répondre sans attendre, ne serait-ce que par fraternité envers son capitaine. Lorsque le blond attrapa son bras pour le soulever, comme s'il anticipait déjà leur victoire prochaine, le plus petit eut un temps de réaction avant d'ouvrir la bouche avec l'air le plus féroce dont il était capable, c'est à dire aussi féroce qu'un chiot tout juste né d'une portée. Et pour accompagner ses yeux de biche, il tenta vainement d'imiter le jargon de son camarade, avec la conviction d'une racaille des bacs à sable:

▬ O-ouais! On accepte, on va vous d-destroy la face!

Bien essayé. C'était fou comme l'alcool faisait perdre au japonais son éloquence habituelle. Le sourire du géant qui leur faisant face s'agrandit, et il se tourna en leur désignant la table du bras, comme on présente un panorama réjouissant, pour les inviter à prendre place avant de se prendre la déculottée de leur vie. Le whisky réveilla l'inconscience latente et généralement endormie -ce qui valait mieux- de Kiku, et il s'avança le premier vers la chaise que venait juste de quitter l'un des Gryffondor pour s'y installer. Si d'autres de ses comparses avaient été là, un lugubre chuchotement aurait parcouru l'assemblée, et Ludwig l'aurait fermement attrapé par le col pour l'éloigner de cette assise qui aurait signé son arrêt de mort. Mais l'allemand n'était pas là pour l'arrêter et jouer les nounous ce soir, ainsi il posa avec assurance ses fesses sur le siège et encastra son coude dans la table -ou du moins, c'est ce qu'il crut faire, alors qu'en réalité il manqua le bord de la desserte et failli s'y cogner la tête, avant de se redresser lentement, comme si personne n'avait rien vu, pour reposer précautionneusement son bras, avec douceur, comme s'il s'excusait auprès du meuble qu'il avait offusqué. Pour son malheur, celui qui les avait provoqué prit la place de son camarade et vint se poster face à lui, offrant lui aussi sa main au serdaigle. Mais là où le muscles de Kiku étaient inexistants, ceux du mastodonte étaient non négligeables, et il ne se gênait pas pour les exposer fièrement, ayant remonté ses manches, son rictus ne le quittant pas. Il joignirent leurs paumes, et dans l'esprit de l'asiatique, l'ambiance devint électrique. Il allait enfin pouvoir prouver qu'il était un homme, un vrai, comme disait Arthur, et montrer à tous sa virilité restée cachée derrière ses joues d'enfant et ses cheveux lisses. Toute prudence l'ayant quitté, il se permit de fusiller du regard son adversaire, affirmant avec la voix pâteuse d'un saoûlard:

▬ J'm'en vais t'casser l'bras, bonhomme...

▬ On verra ça, répondit l'ennemi sans se départir de son sourire triomphal, sûr de gagner.

Le silence se fit autour d'eux, comme si le duel avait imposé le respect dans la taverne entière. Tout les buveurs posèrent leur verre pour les observer avec curiosité. Certains prévoyaient à l'avance l'issu du combat, se moquant ou plaignant le pauvre petit japonais qui allait sans doute finir aux urgences, alors que d'autres tentaient le diable en pariant contre celui qui avait assurément la plus grande masse musculaire, s'attendant visiblement à un miracle. Kiku n'écouta aucun des commentaires qui remplissaient peu à peu la pièce étouffante, concentré comme jamais. Son honneur se jouerait ici. Dans un délire complet, il se promit que s'il sortait victorieux de ce bras de fer -ce dont il était sûr-, il enverrait une lettre à son père pour lui conter son aventure et reviendrait chez lui en héros dès les vacances de Noël. Pour sûr, son paternel l'accueillerait à bras ouverts en lui disant qu'il était de nouveau son fils. Ça avait de la gueule, comme projet. Alors il planta ses yeux noisette dans ceux de son rival, bien décidé à lui mettre une taulée. Quelques secondes passèrent, lourdes comme un bulldozer, écrasant l'habituelle et joyeuse chaleur du bar, la tension à son comble. Le poufsouffle, qui jouait visiblement l'arbitre, vérifia que les deux challengers était prêts, avant d'entamer un décompte qui sonna comme les derniers instants de l'humanité avant la fin du monde. Enfin, lorsqu'il atteint le zéro, Kiku ne se retint pas et mit toute sa force dans un puissant mouvement du poignet, s'attendant déjà à entendre la craquement de la table lorsqu'il abattrait le membre de son adversaire sur le bois, tel un lutteur sur un ring.

Malheureusement, comme les trois quarts des spectateurs présents s'y attendaient, les efforts du plus jeune se révélèrent inutiles, et il se retrouva tiré de nouveau vers l'arrière, rebondissant, son bras n'ayant pas pivoté d'un iota. Effaré, il regarda sa main, enserrée par la poigne adverse comme dans un étau, qui l'empêchait de bouger. Serrant les dents de manière outrée, il réessaya en mettant de nouveau tout son poids sur les doigts qui les liaient. Une fois de plus, l'autre resta sur sa position, le gardant cloué à la desserte. La dignité du japonais le quitta en une seconde, le laissant seul face au ridicule, qui était sûr de tuer. Il prit la décision de tout faire pour l'emporter, quitte à être déloyal. Ainsi, il cala les doigts de sa main libre au bord du meuble pour donner plus de force à son mouvement. Témoin de la tricherie, l'ami du serpentard tenta de protester, mais son acolyte l'arrêta d'un geste, observant le serdaigle se débattre, toujours avec cette risette moqueuse. Kiku s'autorisa même à mettre sa deuxième main sur les leurs, enlacées, tentant de les faire pencher du côté qui marquerait la défaite du monstre. Mais encore une fois, ça ne bougea pas d'un pouce. Pendant une ou deux minutes, tout le monde observa avec dépit ou amusement l'élève qui se débattait pour prouver qu'il avait de l'énergie à revendre. Puis, l'ennemi sembla se lasser de ce manège, et décida de mettre fin à ce petit jeu. Il n'eut qu'à mettre une légère mais ferme poussée de son côté pour écraser le poignet de sa victime sur la table, qui partit en arrière, tombant de sa chaise. Cette action provoqua les éclats de rire de tous les clients, même ceux qui avaient souhaité la victoire de Kiku. Le vainqueur fut acclamé, levant simplement le poing en signe de réussite. Au sol, le perdant ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Son cerveau avait du mal à assimiler la dure réalité: il avait perdu. Jamais il ne pourrait rentrer chez lui. Il vivrait en clochard chez son ami d'enfance pour le restant de ses jours. Puis ses neurones assimilèrent finalement la douleur provoquée par le coup de géant qui lui avait servi d'adversaire. Son muscle fut parcouru d'une affreuse crampe, donnant lieu à un cri en crescendo des plus comiques. Il finit par se rouler au sol, comme s'il se mourrait dans d'atroces souffrances, alors qu'il exagérait simplement la blessure. Son rival avait mis juste assez de force dans son geste pour gagner, et aussi un peu pour le dissuader de provoquer de nouveau des colosses deux fois plus grands que lui, à l'avenir.


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MessageSujet: Re: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Mer 4 Mai - 23:53

I got a hangover × ft. Kiku Honda
Sobre, Arthur aurait mené toute la danse de cette joyeuse fête improvisée, et aurait montré à Kiku qu'il savait comment on s'amusait dans les bars du village... Quoique non, en fait, sobre, Arthur aurait surtout refusé de s'abaisser à des mots provocateurs dignes de la classe de CP moldu comme « viens t'battre si t'es un homme » ou encore « 'm'en vais t'en mettre une, môa ! ». Et le pire ? C'est que c'est lui qui les avait prononcé. Pour ainsi dire à quel point il avait complètement oublié la réalité qui l'entourait, et les conséquences d'un Arthur Kirkland composé plus d'alcool que de sang. Mais bon, tant qu'il tenait debout – à peine – tout va bien, non ?

Emporté par le puissant pouvoir de la liqueur et de sa facile faiblesse contre celle-ci, l'écossais suivit avec admiration son ami japonais. Ce dernier, pour une fois, semblait plus déterminé, fêtard, joyeux et bourru que jamais. Le vrai pep's qu'Arthur lui voulait. Sauf que bon, là, lui aussi il était complètement ivre mort. Mais il avait déjà oublié son plan de départ. Le principal, pour ce britannique saoul, c'était maintenant de s'amuser et rien d'autre. Alors au diable la moral, l'heure tardive, la réputation de préfet – ou de digne élève Kirkland, Serpentard, et tout ce qui s'en suit – et la note super salée qu'ils allaient devoir se taper ensuite, on S'ENJAILLE.

La réalité vraie disparu pour laisser place à un univers fait d'étoiles (avec une lumière de bougies oui) et de défis tous facile à relever. La preuve : Kiku se lançait sans inquiétude dans le jeu de bras de fer en premier ! Pourquoi l'arrêterait-il ? Les deux adolescents se sentaient pousser des ailes, en plus c'était d'autres élèves de Poudlard qui les défiaient – ouais enfin, Arthur et Kiku aussi défiaient, mais... - alors y'avait pas de bille à se faire ! Le japonais, à la surprise de son ami, fut plus rapide pour rejoindre la bande, et heureusement vu à quel point Arthur vacillait en tentant de faire de même. C'était comme si les Trois Balais était devenu un bateau voguant sur une mer déchaînée – et encore, déchaînée, bourré comme il était il se serait cassé la figure plus d'une fois. Rattrapé par un client extérieur à l'école, il fut assis et forcé de se tenir bien sagement le temps que l'asiatique ne donne sa foutue leçon à celui qui osait le regarder avec une telle victoire d'avance dans les yeux !

« O-ouais! On accepte, on va vous d-destroy la face! »

- Vas-y Kiku ! Tu vas L'EXPLOSER !

Il agita les bras, tel un supporter un peu trop investi, à tel point que quelques personnes autour reculèrent pour ne pas se prendre une tarte involontaire. Même qu'il cogna une fois le meuble derrière lui et se retourna en balançant un pâteux « Qui a fait ça ?! » avant de reprendre son calme et de regarder le jeu... Oh bah, Kiku avait commencé.

Et ça se présentait... plutôt pas mal. Oui, du point de vue pété d'un écossais, ça semblait vraiment pas mal. Ensuite, s'il était sobre... Bon déjà, hein, ils n'en seraient même pas là. Mais en attendant, Arthur était aussi saoul qu'un tonneau de Whisky Pur Feu entier, et personne ne l'arrêta cette fois lorsqu'il se mit à déblatérer des encouragements sans queue ni tête. Jusqu'à ce qu'il soit confronté à ceux des autres clients qui, eux, étaient plutôt pour l'adversaire.

… Ah ça non.

Après avoir inspiré une grande bouffée d'air polluée par l'alcool, Arthur cria de nouvelles ovations pour Kiku, et s'engagea alors une curieuse bataille de « qui c'est qui gueul'ra l'plus fort ».

- Allez Kiku ! Tu vas le battre ! BAT-LE ! L'honneur entier de Poud-hic-lard repose sur toi ! Allez mon vieux !

Il en vint même à se lever et poser un pied sur sa chaise, cherchant à obtenir une pose victorieuse, mais plutôt dérisoire pour les autres clients qui faisaient à moitié attention à lui, trop concentrés sur le duel.

- Crève-moi cette enflure ! C'est toi l'plus fort ! Massacre-le !! Tu vas l'avoir ! J'le vois ! J'LE VOIS !

Et Kiku s'écroula par terre.

… Ah.

Arthur eut un blanc. Il gardait les bras en l'air et sa dite posture de la victoire, les yeux dans le vide. L'autre élève était acclamé, celui-ci levant également les bras, mais pour amasser les mérites d'une victoire qu'il a bel et bien obtenu. Oh l'injustice. Ooooh non, ce n'est pas à lui de sourire comme s'il venait de gagner tout l'or du monde qui allait lui permettre de vivre aux petits soins des maids les plus sexy jusqu'à une retraite de- MAIS QUELLE RETRAITE, IL BOSSERAIT MÊME PAS ! Il rejoignit immédiatement son ami, lui attrapant la main comme s'il faisait face à un proche mourant.

- Kiku ! Kiku ! T'inquiète pas mon pote... On va les avoir ! J'resterai avec toi jusqu'au bout t'entend ?! C'est toi et moi, pas l'un sans l'autre, pas l'autre sans l'un, on est les cinq doigts de la main, les trois Mousquetaires, même si PUTAIN j'ai aucune idée de qui c'est, il est chiant Francis avec toutes ses références moldues !! Sans vouloir t'offenser Kiku hein, je t'adore, tu le sais bien, mais ne meurt pas surtout car-
- Hé, Kirkland.

Forcément, étant le préfet bien connu de sa maison, il n'était pas inconnu des autres élèves. Le Serpentard qui venait de terrasser son ami lui sourit avec mesquinerie.

- C'est quand tu veux.

Ce connard allait le payer. Payer pour la vie de Kiku ! Bon, il était pas mort, mais pour lui, là, avec son esprit de bourré, c'était tout comme ! Il l'avait tué ! Et son ami était mort ! Ni une ni deux, l'écossais se releva et vint prendre place sur la chaise, posant aussitôt le coude sur la table et lui montrant sa main.

- Viens là, que j'te mange tout cru... Hiss hiss !

Heureusement qu'il était trop milles lieux sous terre – ou dans les airs – pour se souvenir comment on parlait Fourchelang. Visiblement, dans ces moments-là, il oubliait totalement ce deuxième langage inné, ce qui était pas plus mal. Amusé et surtout trop content de pouvoir enfin se venger de ce préfet égocentrique, le Serpentard accepta son défi et lui prit la main... avant que le public autour n'entame un court décompte pour signaler le commencement. Arthur, à fond dans son jeu, commença déjà à gémir pour invoquer une force surhumaine – qui ne vint jamais. La moitié des clients était hilare, l'autre l'encourageait à blanc – car reconnaissons-le tout de suite : Arthur était loin de l'emporter. En effet, l'écossais abusa plus de sa voix que de ses muscles pour ramollir ceux du jeune homme, mais rien n'y fait. Il avait pourtant plus de force que Kiku... ! Mais-

- Ah !

Si, SI ! Ça marchait ! Il voyait le bras de ce Serpentard fléchir ! Il allait gagné ! Et venger la défaite cuisante de son ami ! Enfin on allait reconnaître qu'il est Tout Puissant, qu'il est le meilleur, qu'il a le pouvoir de tous les écraser, de les piétiner, et de les- Ah non, le Serpentard feintait, seulement. Et celui-ci balança son bras de l'autre côté de la table en un quart de seconde. Et celui d'Arthur avec. Arthur qui, d'ailleurs, faceplanta sur la table tellement la douleur rapide mais fulgurante qu'il ressentit le fit flancher. Les élèves de Poudlard ricanèrent, tandis que les deux compères pleins comme des bouteilles neuves se plaignaient silencieusement de leur défaite commune. Les autres s'échangèrent des mots de conviction, de victoire et de félicitation, puis se levèrent pour quitter la table. Les autres clients, témoins du spectacle et de l'état pitoyable des perdants, hésitaient entre les aider à se relever ou à se moquer davantage. La bonne nouvelle, c'était que ni l'un ne l'autre n'allait se souvenir de cette piètre soirée...

Arthur releva la tête, remarquant que le brouhaha des jeunes avait disparu. Des personnes le regardaient encore, mais l'agitation était doucement retombé. On ne trouvait pas autant amusant de juste se foutre de la gueule de deux jeunes garçons complètement ivres. L'écossais tenta de se relever, mécontent d'avoir perdu le jeu, avant de revoir le japonais et son état tout aussi triste que le sien.

- Mec... Tu t'es bien battu... J'suis fier de toi... mon compagnon d'arme...

Puis il tendit vers lui un bras fort – enfin c'est l'idée – pour partager cette défaite certes absurde, mais au combien légère lorsqu'on l'a partage dans le sang, les larmes et la douleur.

… En tout cas, c'est l'illusion que le Whisky Pur Feu lui donnait.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland Lun 30 Mai - 12:50


&





Pub... and Go!


☂ ℱeat Arthur Kirkland
Quelle défaite cuisante. La douleur, mais aussi l'humiliation lui restaient coincées en travers de la gorge. Il ne pouvait accepter cela. Il avait pourtant fait tant d'efforts. Il s'était surpassé! Et il en valait de même pour son meilleur ami. Lui et Arthur étaient invincibles. Ils ne pouvaient PAS perdre! Impensable, innACCEPTABLE! Il devait se relever! Affronter de nouveau son ennemi, comme les super-héros ou les guerriers dans les mangas, qui après s'être fait laminer par leur adversaire surpuissant et à l'allure tout d'abord imbattable, se remettaient debout pour n'être qu'encore plus fort, et parvenir à se dresser face à l'injustice et le crime, dans un combat final à la conclusion spectaculaire. Tout se passait désormais au ralenti pour lui. Il lui semblait évoluer dans un univers fictif, où deux bandes noires encadraient l'image de son poing frappant le sol avec une force imaginaire -car clairement, il manqua de se faire mal lorsque ses doigts rencontrèrent la surface dur, froide et sale sous son corps... aouch. En tout cas, malgré ses phalanges qui protestaient bien comme il faut, à tel point qu'il crut les entendre parler -"Arrête ça, nous souffroooons"... oui, c'est l'alcool-, il réussit à redresser un genou et tenta de se remettre debout, amorçant déjà la pose héroïque du combattant qui se rétablit de ses blessures pour faire à nouveau face au Diable... mais tout cela n'était que dans sa tête, alors à peine ses pieds remis bien à plat sur le sol, ses jambes néanmoins instables décidèrent qu'il en avait assez fait pour ce soir et il vacilla, repartant en arrière avant de tomber sur les fesses, retournant à son point de départ... avant de se remettre sur le dos, résigné. C'était fini pour lui.

C'est à ce moment-là que l'écossais vint lui saisir la main. En levant les yeux, Kiku crut voir un dieu penché au dessus de lui, la lumière s'écoulant du plafond baignant le dos de son ami d'un halo mystique. Mais bien sûr... Tout était clair, maintenant! C'était Arthur le héros! C'était à lui de prendre la relève, après que son compagnon soit tombé au combat. Il porterait tous ses espoirs, tout l'acharnement que le japonais avait déployé pour tenter de leur apporter la victoire... en vain. Bien entendu, il ne faisait pas le poids face à l'adolescent, non, l'HOMME qui le surplombait désormais. C'était à lui de mettre fin à tout cela. À toutes leurs souffrances. L'apparition divine de ce faciès s'accompagna d'une voix spectrale, céleste, alors qu'il prononçait son dernier discours d'encouragement à ce soldat qui avait échoué:

▬ Kiku ! Kiku ! T'inquiète pas mon pote... On va les avoir ! J'resterai avec toi jusqu'au bout t'entend ?!

Ce langage d'ivrogne employé par son sauveur passa entre ses oreilles pour un chant d'appel à la bataille extrêmement charismatique et convaincant. Et il ne s'arrêta pas là!

▬ C'est toi et moi, pas l'un sans l'autre, pas l'autre sans l'un, on est les cinq doigts de la main, les trois Mousquetaires, même si PUTAIN j'ai aucune idée de qui c'est, il est chiant Francis avec toutes ses références moldues !! Sans vouloir t'offenser Kiku hein, je t'adore, tu le sais bien, mais ne meurt pas surtout car-

Offusqué, il ouvrit grand la bouche pour lui faire des reproches -car oui, même saoule, le japonais gardait tout de même un sens de l'honneur; on n'insultait pas sa famille ou sa meilleure amie comme ça. Mais il n'eut pas le temps de le réprimander, que le gaillard qui avait mis Kiku à terre s'adressa cette fois à Arthur, le provoquant en faisant craquer ses phalanges.

▬ Hé, Kirkland. C'est quand tu veux.

Un murmure appréciateur parcourut la salle faiblement éclairée, annonciateur du combat de titans qui allait bientôt avoir lieu, et qui ravissait d'avance les spectateurs. L'écossais se redressa lentement, une aura menaçante suintant de chaque centimètre carré de son être, comme s'il envisageait la possibilité d'avoir mal entendu. Le monstre était inconscient, et il comprendrait bientôt son erreur, car il allait à coup sûr se faire laminer par le préfet. Toujours étalé comme une étoile de mer, Kiku attendait avec impatience la défaite amer de celui qui avait osé proposer un duel à Arthur Kirkland, fils de Ewarnn Kirkland, lui-même fils de... en fait, le japonais en savait foutre rien. Peu importe. Mais ce qui comptait en cet instant, c'était que son ami botte le train de cette petite racaille des bacs à sable. Et cela n'allait pas tarder, vu la détermination avec laquelle le vert et argent s'installa à la table dont avait dégringolé le plus jeune un peu plus tôt. Son regard flamboyant montrait qu'il était prêt, son bras déjà posé sur le bois usé -qui allait bientôt le sentir passer-, alors qu'il annonçait la sentence de son ennemi:

▬ Viens là, que j'te mange tout cru... Hiss hiss !

À la place de son adversaire, Kiku aurait été mort de trouille rien qu'à l'imitation du reptile capable de dévorer une proie faisant dix fois sa taille en une seule bouchée. À tous les coups, c'était bientôt ce qui allait arriver au colosse. Il allait comprendre sa douleur et pourrait juste regretter de les avoir mis au défi de les battre, repartant la queue entre les jambes. Pour accentuer l'effet dramatique, le silence religieux qui s'était installé alors que l'écossais prenait place fut soudain brisé par le décompte du public, sonnant comme la fin du monde -ou la fin de leur opposant, pensa Kiku. Les deux adversaires se jaugeaient tels des cow-boys prêts à dégainer leur arme et à faire feu. Alors que le temps restant s'approchait de son ultimatum, une râle de plus en plus puissante s'éleva. Le serdaigle mit un moment à comprendre -sûrement car l'alcool coincé entre ses neurones ralentissait un peu la machine- que celui qui s'était soudain mis à produire le même son qu'un ordinateur Macintosh au démarrage n'était autre que son ami, tel un héros de manga shonen qui prépare sa super attaque pour détruire le boss final. Il pouvait sentir son aura de guerrier emplir la pièce, le gardant cloué au sol! -non, en fait il était juste trop fatigué pour se lever, mais pour le bien de son ami, et pour lui montrer qu'il lui restait fidèle et serait près de lui dans cette épreuve, il rampa dans la poussière du bar et vint s'accrocher au bord de la desserte pour se hisser à la hauteur de leurs poings enlacés, et ainsi avoir une vue parfaite sur le combat. Et alors que le compte à rebours prenait fin, et que l'écossais mettait enfin toute sa force dans son mouvement, comme l'avait tenté Kiku, ce dernier pouvait voir sa brillante victoire éclater au grand jour, tel un feu d'artifice de..... Ou pas?

Kiku regarda son ami lutter pour tenter de faire flancher leur adversaire. Mais rien n'y faisait, même le préfet ne pouvait rivaliser. Quel monstre! Même après avoir été affaibli par le japonais -non, il ne l'avait absolument pas été, rassurez-vous-, et après avoir subi un fugace assaut d'Arthur, il parvenait quand même à garder son bras levé?! Ses os devaient être en charpie! Le serdaigle ne pouvait y croire, et observait leur échange d'un air estomaqué. N'y avait-il donc plus aucun espoir de l'emporter pour eux?...

▬ Ah!

Il se redressa en entendant l'interjection de son ami. Oh. OH! Il remontait la pente! Il voyait le membre du géant pencher de plus en plus du côté qui marquerait sa défaite! Evidemment, cela ne pouvait pas être aussi simple et se terminer en un coup, sinon leur réussite n'aurait aucune saveur. Il fallait que la bataille s'achève sur un dernier bras de fer -au sens propre- acharné, pour démontrer la véritable force de son acolyte. Ils allaient rentrer à Poudlard en héros! Et ensuite... et ENSUITE!...

...Mais tout cela était trop beau pour être vrai. Car une fois de plus, l'adolescent qui leur faisait face ne faisait que s'amuser avec eux, tel un chiot avec une balle, ou un chaton avec une pelote de laine -non, il était même trop insultant pour ces mignonnes boules de poils d'être comparées à cette bête assoiffée de sang. Kiku comprit que tout était perdu lorsqu'un rictus mauvais se dessina derechef sur les lèvres du garçon, avant qu'il ne reprenne l'avantage et n’abatte la main d'Arthur entre les chopes vides, ce dernier se prenant un magnifique mais douloureux coup de table en plein visage, dégringolant en emportant le japonais, resté abasourdi devant cette défaite, dans sa chute. Des éclats de rire les suivirent, donnant le tournis aux deux jeunes hommes, alors qu'ils s'écrasaient définitivement, accablés par le poids de leur échec. Le mal subsistait dans ce monde. Alors que l'équipe adverse recevait toutes les éloges, tous les bouquets de fleurs, et tous les baisers de jolies filles sur la joue -depuis quand elles sont là? Bah, va savoir-, les meilleurs amis, défaits, poussaient des grognements et des gémissements de douleur. Alors que le monstre qui les avait anéantis commençait à se lever pour vider une dernière fois sa bière, et quitter son emplacement, Kiku leva une main tremblante dans un dernier effet dramatique, avant d'abandonner définitivement. Il ne faisait plus attention aux autres clients qui se tâtaient entre leur venir en aide ou les laisser se morfondre dans leur bêtise. Seuls les mots réconfortants de son ami parvinrent à apaiser un peu son mal, plus mental que physique.

▬ Mec... Tu t'es bien battu... J'suis fier de toi... mon compagnon d'arme...

Il lui tendit une main rassurante, ferme malgré le cassage de bras qu'elle venait de subir, et il la saisit sans hésiter, reniflant d'un air pathétique. Oui... Ils étaient compagnons. Et même si cette bagarre s'était terminée de manière bouleversante -ou grotesque, selon le point de vue-, tous deux repartiraient malgré tout sur les océans déchaînés pour affronter de nouvelles menaces, dans le but de sauver la veuve et l'orphelin. Lui et son capitaine deviendraient plus fort, et un jour, feraient de nouveau face au serpentard qui les avait humiliés...

Attendez un peu! Pourquoi régler cela à la manière moldue, lorsque leur dernière arme pouvait les aider à l'emporter dans un dernier coup d'éclat!? Vous vous demandez quelle solution peut encore subsister pour nos deux héros saouls comme des givre? La magie, bien sûr! Ni une, ni deux, le plus jeune retrouva un nouveau souffle de vie, se relevant d'un bond, et dégaina sa baguette -après l'avoir cherchée et ratée plusieurs fois dans les deux poches de sa robe- avant de lâcher, plus bruyant que jamais:

▬ C'PAS FINI! Reviens ici, espèce de lâche!

Il est souvent risqué d'insulter, et en particulier de traiter de lâche, une grand gaillard qui vient de vous détruire sans pitié, vous et votre ami. Mais par chance, le-dît quidam avait déjà quitté la taverne, laissant les deux élèves bourrés au milieu des regards accusateurs des consommateurs, qui semblaient beaucoup moins amusés maintenant que le combat était terminé. Mais cela n'arrêta pas le serdaigle qui était prêt à suivre le démon jusqu'en enfer.

▬ ON LES POURSUIT! On va les-

Mais c'était sans compter sur la serveuse à la belle poitrine plantureuse qui s'était plantée derrière eux, exaspérée par tout l'agitation provoqué par ses étudiants qui avaient trop abusé de la boisson. Elle les chopa par le col de leur chemise, et, ouvrant la porte de l'établissement, les jeta dehors de deux coups de pieds bien placés dans le postérieur.

▬DEHORS!

Les comparses s'étalèrent tête la première dans la neige, ridiculisés à vie. Une nouvelle explosion de joie se fit entendre, avant que l'entrée ne leur soit fermée au nez. Dans le froid et le silence soudain de la rue, Kiku mit un moment à assimiler ce qu'il venait de se passer, mais finit par se mettre sur le dos, pointant stupidement le ciel du doigt, alors que sa cible était face à lui.

▬ HAHA, les cons! Ils ont oublié de nous faire payer!

Mais le battant pivota une dernière fois, laissant apparaître le gérant, une note bien salée à la main.

▬ Les frais seront envoyés directement à votre école. Vos directeurs de maison ne vont pas être très contents de payer pour vos bêtises...

Et il rerentra, leur interdisant définitivement l'accès au bar.

▬ ... Oh.

Il n'y avait rien d'autre à dire. Ils étaient dans une sacré mouise, tous les deux. Mais en cet instant béni où l'alcool faisait encore son chemin dans leur cerveau, ils parvenaient à oublier un tant soit peu les problèmes du lendemain, et la punition qu'ils allaient recevoir pour avoir terni l'image de Poudlard en se battant comme des chiffonniers. La chaleur bouillonnant dans le ventre du japonais lui permettait de résister temporairement à la sensation glacée de la poudreuse sur ses omoplates, et il donna une tape amicale sur l'épaule de son meilleur ami, dans un état aussi lamentable que lui.

▬ Artie- Merci, mon pote... C'tait cool.

Adieu, éloquence chérie. Il leur faudrait attendre encore un peu avant de parvenir à grande peine à se relever, puis de revenir en chancelant, et en se tenant par les épaules, vers la silhouette lointaine du château. Et pour eux, la soirée ne faisait que commencer.


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[TERMINÉ][6 novembre 1990] Pub... and Go! • Feat Arthur Kirkland

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