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[TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010]

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MessageSujet: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Jeu 15 Sep 2016 - 0:15




RENTRÉE 2010


Tels pères, tels pères.
La sensation de fourrure sous ses doigts, l'odeur de l'herbe fraîchement coupée passant par la fenêtre, se mêlant à celle du gâteau au chocolat qui attendait sur la table de la cuisine, la lumière d'un beau jour d'été, accompagnée par le souffle léger du vent : cette journée était parfaite, pensait Ludwig Beilschmidt, et elle ne tarderait pas à l'être plus encore. Père heureux et fier de son fils, il avait repris lui même les caractéristiques de son propre progéniteur : sérieux et sévère envers son enfant, mais toujours avec ce côté papa poule. A trente six ans, l'éleveur de chien n'avait d'yeux que pour sa famille, constituée de son mari, Kiku Beilschmidt, de ses deux chiens, Philip et Panji, et de son fils de onze ans, Lilien Beilschmidt. A la naissance, le petit avait pu hériter des yeux bruns de son "papa", mais de la chevelure parfaitement blonde de son "vati". Il se tenait droitement en compagnie de sa famille, toujours propre sur lui, et adorait jouer avec les animaux de la maison, qu'il s'agisse des canidés de ses parents, de ceux des clients qui amenaient les leurs à la famille Beilschmidt pour les dresser, ou de son chaton brun, qu'il avait appelé Truffe par amour pour la confiserie chocolatée. Kiku et Ludwig espérait alors en faire un serdaigle, pour son calme et sa curiosité, un serpentard, pour son ambition et sa tendance à ne pas se laisser marcher sur les pieds, ou bien même peut être, dans le cas le moins probable, un poufsouffle, pour sa gentillesse et son amitié.

Le petit Lilien se moquait bien de savoir dans quelle maison il irait : il voulait juste pouvoir utiliser sa baguette le plus vite possible, apprendre des sortilèges incroyable et en mettre plein la vue à ses futurs amis, car il avait prévu d'en avoir le plus possible. Le jeune garçon ne voulait pas deux ou trois amis : il voulait l'école entière dans sa poche, et que tous les regards soient sur lui. Le regarder jouer dans le jardin au soldat à la tête de son armée de chien poilus rappelait à Ludwig son enfance, ou il pratiquait les mêmes jeux. Seulement, ses occupations consistait aussi à frapper des méchants imaginaires grâce à ses consoles Xbox et PS2, qui effrayait le père allemand intérieurement. Il avait souvent essayé d'y jouer pour impressionner son enfant et avoir l'air d'un père cool et branché, seulement, il n'avait jamais réussis à saisir le concept, se garant toujours sur le côté lors des parties de Mario Kart, ou bien refusant de tuer tous monstres qui n'avaient rien demandé. Il s'était alors braqué, insultant régulièrement les jeux de "choses inutiles au sens contre-éducatif." Seulement voilà, son mari avait insisté à ce que la maison possède de la technologie moldue.

Pourtant, l’événement du jour était bien sorcier : son fils était rentré à Poudlard depuis une semaine, et ce week-end, il était prévu que lui et son père rentre en Allemagne pour fêter cela. Kiku étant professeur de botanique, il pouvait éduquer leur enfant au mieux grâce au peu de distance les séparant, ou du moins, c'est ce que Ludwig espérait. Il était d'ailleurs ravi de n'avoir reçu aucune lettre lui annonçant des mauvaises nouvelles comme "Il est tombé malade dès le premier jour" ou "il n'est pas dans la maison qu'il souhaite". C'était donc que tout allait pour le mieux, et cela ne pouvait pas plus le réjouir. La célébration était toute prête, le gâteaux en chocolat coupé en trois part égales, une banderole accrochée à la maison où l'on pouvait lire, et ce de très loin :

"Félicitation pour ton entrée à Poudlard !"


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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Ven 16 Sep 2016 - 11:50

Tels pères, tels pères
Kakeru
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Berlin - 2010
Sa petite main qu'il serrait doucement dans la sienne, la montée pavée qui les mènerait chez eux, les rires de son fils qui bondissait joyeusement à ses côtés, et la douce brise du vent... Tout cela aurait dû lui sembler paisible. Une merveilleuse fin de journée, accompagnée d'un beau coucher de soleil, qui les saluait une dernière fois avant de s'endormir. Pourtant, malgré l'allégresse, l'exaltation, à l'idée de rentrer en Allemagne pour retrouver son mari, qu'il aurait dû éprouver, Kiku se sentait anxieux. C'était même un faible mot. Terrorisé aurait été plus juste. Car mis à part ce petit garçon de 11 ans fraîchement arrivé à Poudlard, c'était une mauvaise nouvelle qu'il apportait avec lui. Pas forcément mauvaise pour lui, cela dit. Voir ce sourire resplendissant sur le visage de Lilien était tout ce qui suffisait à son bonheur. Le voir heureux était tout ce qu'il lui fallait pour l'être aussi. En revanche, il connaissait quelqu'un qui, risette ou pas sur le visage de son enfant, serait bien moins enchanté de l'information que Kiku lui apportait. En effet, Ludwig n'était sûrement pas prêt à entendre ça.

L'annonce de ce qui allait sans doute mettre la maison Beilschmidt sens dessus dessous remontait au lundi précédent, lors de la rentrée à l'école de sorcellerie pour le jeune allemand. Son père n'avait pas pu l'accompagner dans le Poudlard Express, mais il lui avait fait mille recommandations avant que son fils ne monte à bord du wagon réservé au élèves. Ils venaient de traverser la barrière de la voie 9 3/4 sans aucun problème -Lilien avait même trouvé ça très amusant de passer à travers le mur, alors que Kiku était apeuré, la première fois qu'il l'avait fait. Devant la locomotive rouge vif qui crachait de la fumée sur le toit en verre de la gare, ainsi que sur les élèves et leurs parents, le japonais s'évertuait à remettre en place les vêtements du garçon, pour être sûr qu'il soit présentable, alors qu'il n'y avait pas un pli qui dépassait. C'était simplement nerveux chez lui.

▬ Papa, c'est bon, je suis bien habillé, là... se plaignit l'allemand en jetant des coups d’œil mal à l'aise autour, s'assurant que personne ne regardait.
▬ D-Désolé, je veux juste être sûr que tout se passera bien pour toi. Oh, attends, tu as un...

Il passa son pouce sur sa joue pour chasser un cil imaginaire, mais l'autre se débattit un peu, passant automatiquement dans la langue natale de son papa, comme à chaque fois qu'il paniquait:

▬ Oto-san, yamero!
▬ Go-gomen, tu avais juste...


Il semblait un peu nerveux de le laisser partir tout seul comme ça. Il avait agi de la même manière la première fois que Lilien était allé à l'école. Même si c'était Poudlard, école qui avait toute sa confiance -maintenant que les tragiques incidents de son époque avaient pris fin-,  son fils rentrait tout de même au collège, qui était une étape très importante dans la vie d'un jeune sorcier. Qui sait ce qui pouvait lui arriver, parmi ces élèves débutants ou doués en magie? Il avait déjà dû se baisser dans la foule lorsqu'un pétard Fizwizbiz avait filé au dessus de sa tête, manquant de lui crever un œil. Le propriétaire était arrivé en courant, puis avait aperçu Kiku, qui était son professeur de botanique, et avait immédiatement perdu son sourire. Le japonais l'avait jaugé d'une manière assez menaçante pour qu'il ne recommence pas... du moins il croyait l'avoir fait. Comme d'habitude, il avait sûrement juste hoché la tête en bafouillant une excuse. Son autorité en tant qu'enseignant était à refaire. Après quelques conseils de dernière minute, il avait finalement laissé Lilien monter à bord du train, lui adressant un dernier signe tout en retenant ses larmes. Quand son fils fut installé dans un compartiment et se pencha par la fenêtre, il soupira et le sermonna:

▬ Papa, arrête de pleurer! Tu fais ça à chaque fois! Je vais le dire à Vati, si tu continues.

Kiku essuya ses yeux d'un revers de manche et lui sourit pour le rassurer.

▬ Ca va aller! Fais-toi pleins d'amis dans le train.
▬ Bien sûr que oui! À tout à l'heure!

Et il rentra la tête, commençant déjà à bavarder avec un élève de sa cabine. Kiku rejoignit sa voiture avec une pointe au cœur, mais il savait que son garçon se débrouillerait comme un chef pour sympathiser avec ses camarades.

Il avait aussi cherché son fils des yeux à la sortie du train, ainsi que lors de la traversé du lac, depuis la barque réservée aux professeurs. Il priait pour ne pas trouver le moindre chagrin sur son visage, au cas où il aurait eu des soucis avec un autre élève. Il était si inquiet qu'il avait à peine fait attention au ciel étoilé et resplendissant, qu'il contemplait à chaque rentrée, d'habitude. Il ne put revoir son fils qu'une fois assis à la table des enseignants, dans la Grande Salle, lorsque les premières années firent leur entrée. Les plus âgés étaient déjà installés, attendant avec excitation de découvrir leurs successeurs, ou juste de se remplir la panse avec le délicieux banquet à venir. Il repéra vite sa tête blonde parmi les autres enfants, et se retint de lui adresser un signe de la main qui lui ferait définitivement perdre toute crédibilité. Il le regarda simplement se placer avec les autres devant le tabouret où était posé le fameux Choipeau magique, celui-là même qui l'avait envoyé à Serdaigle 25 ans plus tôt. Il en gardait d'ailleurs toujours un souvenir anxieux. Il espérait que cela se passerait à merveille pour son fils, et qu'il accéderait à la maison qu'il désirait. Maintenant qu'il y pensait, Lilien n'avait jamais vraiment manifesté d’intérêt particulier pour les maisons dont lui et Ludwig lui parlaient. Il les écoutait d'un oreille distraite et disait qu'il verrait bien où il irait. Mais son Vati fondait sans aucun doute de grands espoirs en lui, et son papa, pour ne pas trop lui mettre la pression, peut-être un tout petit peu moins d'espoirs.

Il vit les élèves, des lettres A à B, défiler sur le tabouret, envoyés chacun leur tour à la table dont les aptitudes leur correspondaient le plus. Finalement, le principal adjoint appela sur l'estrade le nom tant attendu de Lilien Beilschmidt. Quelques rares adolescents dans l'assistance haussèrent un sourcil. Sans doute des allemands, qui se demandaient pourquoi le garçon nommé s'appelait "Lys". Kiku leur lança  un regard en les défiant de rigoler. Lilien monta sur la plateforme, et s'assit sur la chaise, avec l'air de trépigner d'impatience. L'adjoint s'avança et plaça doucement le couvre-chef sur sa tête, qui glissa un peu sur ses yeux. Sa bouche déchiré s'ouvrant, ses yeux de chiffon se plissant, il commença à marmonner des paroles que seul le jeune sorcier pouvait entendre, et auxquelles il semblait répondre. Que n'aurait pas donné Kiku pour avoir des Oreilles à Rallonge et écouter leur conversation! Après quelques secondes d'un bavardage animé, et ce dans le plus grand des silences, le chapeau ouvrit grand la bouche, et s'exclama:

▬ Gryffondor!

Oh, très bien, Gryffondor c'est tout à fait......... PARDON?!

Son sourire se figea sur son visage alors qu'il avait amorcé un geste pour applaudir avec les autres, ses yeux s'agrandissant seule preuve de son décès intérieur. Les élèves de la maison rouge et or applaudirent bruyamment pour accueillir leur nouveau membre, et les professeurs avec un peu plus de calme -tous sauf Kiku. Il essayait de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Cela devait être une erreur. Lilien Beilschmidt ne pouvait tout simplement pas aller à Gryffondor. Pas que Kiku ait quoi que ce soit contre eux, au contraire. C'était surtout Ludwig qui avait du mal à les supporter. Il n'avait même jamais soulevé la possibilité que leur fils puisse appartenir à cette famille. Il ne parlait que de Serdaigle, pour leur curiosité et leur originalité, de Serpentard, pour leur détermination à atteindre des sommets, et de Poufsouffle pour leur... gentillesse. Et le fait que Lilien aimait les gâteaux, comme son Vati. Et tout le monde sait que les jaune et noir vivent à côté de la cuisine. Bref, il se demandait comment le désir d'aller à Gryffondor avait pu traverser l'esprit du petit allemand. Son fils n'était pas téméraire, pas irréfléchi, bien qu'il ait un certain sens du courage et de la justice. Il avait toujours été un enfant très calme, avide de connaissances. Alors pourquoi ce choix? Quelque chose clochait...

Une fois installé à la table où il sembla très vite s’accommoder à ses nouveaux camarades, Lilien lança un regard à son père en lui adressant un grand sourire. Il semblait vraiment heureux, fier d'être là, comme s'il l'avait toujours voulu. Kiku n'eut pas le cœur à gâcher son bonheur, et se mit à applaudir à son tour avec une risette. Il essayait de relativiser. Quoi qu'il fasse, il savait que son fils se débrouillerait à merveille, quelque soit la maison dans laquelle il était. C'était un garçon intelligent, enthousiaste et juste. Maintenant, une autre étape de cette affaire se révélait bien plus chaotique. Il fallait annoncer la nouvelle à Ludwig. Il était sûr qu'il ne réagirait pas de manière calme à cette nouvelle. Et Kiku voulait à tout prix éviter que son mari ne tue les espoirs de leur fils dans l’œuf, ou qu'il lui donne l'impression qu'ils étaient déçus de lui. C'était la pire chose qui pouvait arriver, pour Lilien: que ses parents ne soient pas fiers de lui. Sans oublier que son Vati pouvait se révéler très dur en ce qui concernait l'éducation des enfants. Il se rappelait, un jour où Lilien apprenait à marcher, et que Ludwig était dans un mauvais jour, qu'il lui reprochait de ne pas réussir à mettre un pied devant l'autre, allant presque jusqu'à lui ordonner de se tenir debout. Kiku avait dû intervenir avant qu'il ne s'énerve, trop frustré pour accepter qu'il faille du temps à ce genre de choses. Tout cela pour dire que s'il lui annonçait que son fils n'avait été placé dans aucune des maisons qu'ils avaient espérées pour lui, l'allemand n'allait sans doute pas réagir de manière très réfléchie.

La première semaine de cours de son fils sembla se dérouler sans accro. Il paraissait très heureux de retrouver son père lors des cours de botanique, et peut-être un peu moins heureux lorsqu'il fallait s'occuper des plantes. En réalité, il n'était tout simplement pas doué pour prendre soin de ces dernières, et pourtant, Kiku avait tout fait pour lui apprendre tout ce qu'il savait lorsqu'il était jeune, comme l'avait fait sa mère avec lui. Décidément... Il espérait qu'il se révélerait meilleur en Histoire de la Magie, mais après en avoir discuté avec l'enseignant qui dispensait cette matière, il se rendit compte que ce n'était pas mieux. Décidément! Francis, devenu professeur de potion, le chariait souvent en faisant remarquer que Lilien n'avait suivi aucun des chemins tracés par ses deux parents. Le japonais essaya malgré tout de ne pas montrer son désarroi à son fils jusqu'au week-end où ils rentreraient chez eux. Avant qu'ils ne transplanent ensemble en Allemagne, depuis le village de Pré-Au-Lard, Kiku s'assura que son fils portait bien des vêtements moldus. Autant éviter une crise cardiaque immédiate à Ludwig, ce qui aurait eu des chances d'arriver s'il avait vu son enfant débarquer en uniforme rouge et or. Ils montaient donc désormais la pente douce en direction de leur maison, quand Kiku aperçu la grand banderole déployée sur la façade avant, décoré de grandes lettres d'or. Son mari ne pouvait vraiment pas s'empêcher de frimer... Lilien sembla enchanté de voir ça, s'imaginant déjà acclamé par son père une fois rentré. De plus, il sentit par la fenêtre ouverte la délicieuse odeur du chocolat tout juste sorti du four. Les yeux brillants, il courut vers le perron, lâchant la main de son père.

▬ Vati a fait un gâteau!

Le japonais eut un petit sourire, bien qu'il le suive péniblement sur la montée. Chacun des membres de la famille raffolait des gâteaux de Ludwig, si bien qu'à chaque invitation, on lui demandait d'en ramener un, hôte ou pas. Mais c'était toujours un plaisir pour lui, et Kiku ne se gênait pas pour se joindre à lui. Lilien savait alors qu'il aurait un goûter magnifique, et prétendait posséder les meilleurs papas de la Terre. Son souvenir fut chassé par le retour de son anxiété, alors qu'il imaginait la réaction future de l'allemand. Une fois arrivé à ses côtés, il mit un moment avant d'ouvrir la porte, la main sur la poignée en prenant une inspiration.

▬... Papa?
▬ T-tout va bien, je réfléchissais juste...

Il lui sourit pour le rassurer, mais lui-même en aurait bien eu besoin. Il entra finalement, s'arrêtant dans l'entrée pour poser leurs affaires. Les fenêtres de toute la maison étaient grand ouvertes, baignant chaque pièce de la belle lumière de crépuscule. Il se détendit un peu, comme chaque fois qu'il rentrait ici. C'était leur foyer, leur havre, et rien ne l'apaisait plus de d'être entre ses murs. Son fils ne l'attendit pas et se rendit directement à la cuisine, se jetant tout de suite dans les bras de Ludwig lorsqu'il l'aperçut.

▬ Vati!

Depuis le couloir, Kiku pouvait entendre les aboiements des chiens qui venaient tous accueillir leur petit maître, ainsi que la douce voix de son mari, qui souhaitait un bon retour à son fils. Il les rejoignit, contemplant d'abord, appuyé sur l'encadrement de la porte, les deux personnes qu'il aimait le plus au monde. Il les regardait se serrer dans cette étreinte si agréable. Dès que les pieds de son fils eurent retrouvé le sol, c'est lui qui vint enlacer Ludwig, se noyant dans ses bras pour ensuite venir l'embrasser, un peu sur la pointe des pieds -comme ils l'avaient prédit, l'allemand avait continué à grandir, mais pas le japonais. Autant le mettre dans de bonnes disposition avant de lui annoncer la nouvelle...
Feat Ludwig and Lilien Beilschmidt


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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Sam 17 Sep 2016 - 16:47




RENTRÉE 2010


Tels pères, tels pères.
Le mari et le fils étaient rentrés sans encombres, en un morceau, malgré la transplanation. Il s'en rendit compte pour la première fois quand il entendit la voix heureuse de Lilien par la fenêtre. Apparemment, la surprise pour le gâteau au chocolat était gâchée, même si le goût, lui, resterait toujours aussi délicieux. Il prit son fils dans ses bras lorsque celui-ci rentra, les chiens de la famille tournant autour d'eux : l'enfants leur avait manqué, et ils n'avaient pas réellement compris pourquoi le petit garçon avait disparu pendant une semaine. Ils allaient devoir s'habituer à plus, tout comme Ludwig, qui avait "J'aimerais être samedi" pour seule pensée durant tous ces longs jours d'attente. Il comprenait le sentiment qu'avait dû ressentir son propre père, Ulrich Beilschmidt, quand lui-même était parti à Poudlard pour étudier. Il avait d'ailleurs fini par devenir professeur, tant l'ennui de sa grande maison vide était devenu insupportable. Seulement, Ludwig n'était pas réellement autorisé à enseigner à l'école de magie pour des raisons plus qu'évidentes.  

Il cacha bien sa déception de ne pas voir son fils arriver dans son uniforme tout neuf. Cela dit, cela conservait la surprise jusqu'à plus tard. Y aurait-il un petit serpentard dans la famille ? Ou alors, tèl pères tel fils, allait il briller dans la maison serdaigle ? S’il était à poufsouffle, Ludwig pouvait parfaitement lui pardonner : il en avait aimé un lui-même après tout, et il savait que ces gens-là étaient de très bonnes personnes. Feliciano avait d'ailleurs une place toujours privilégiée dans la famille, étant le parrain du plus petit des Beilschmidts. Son amour appartenait cela dit encore et toujours à son mari, Kiku, qu'il embrassa doucement en guise d'accueil.

Vous m'avez énormément manqué, vous deux. Venez dans la salle à manger, j'ai fait un gâteau.

La maison, bien que simple, restait grande et bien décorée. L'elfe de maison que Ludwig avait engagé, Lorenz, faisait le ménage régulièrement, mais avait sa propre chambre et mangeait avec le reste de la famille, selon les souhaits de Kiku et de Lilien, qui s’apitoyaient sur la "pauvre créature". L'elfe refusait toujours, cependant, de porter le moindre vêtement correct, ayant pour peur principale d'être libéré par ces maîtres un peu trop gentils. Il était fier d’être le serviteur d’une famille aussi illustre que les Beilschmidt, bien que la lignée venait de perdre à jamais son sang-pur avec la naissance de l’enfant blond. Mais quel enfant ! Toujours gentil, toujours souriant, sauf lors de ses petites colères. Les murs de la maison avaient d’ailleurs étés remplis de souvenirs divers ; photos, dessins, bonnes notes affichées fièrement, toujours retirées lorsqu’une meilleure arrivait après. Marcher dans cette maison, c'était visiter le musée de la vie de la famille Beilschmidt, replonger dans ses souvenirs, voir le plus jeune d'entre eux grandir de plus en plus. D'ailleurs, il y avait cette photo ci...

________________________________________________

Vous êtes absolument certain que c'est normal ?

Le docteur s'était tourné, agacé, vers Ludwig Beilschmidt, nouveau père, qui venait lui rendre visite au moins deux fois par semaine pour lui poser des questions sur la santé de son enfant. Toujours froid de visage, inexpressif, il fallait savoir que derrière cette façade glaciale, il y avait la plus grande panique que la terre n'ait jamais portée. Leur première rencontre remontait à deux mois, quand le bébé avait fait son premier caca. Bien entendu, son système digestif tout nouveau ne faisait pas bien son travail, ce qui était tout à fait normal chez un nouveau né. Aussi, la petite crotte ressemblait plus à une bouillie blanche, et le père, apparemment loin d'être au courant de ceci, s'imaginait déjà les pires scénarios de maladie incurable. Cette fois ci, c'était pour un hoquet.

Il arrive à tout le monde d'avoir ceci, Monsieur Beilschmidt.
Et si il s'étouffait ? Et si il en mourrait ?
▬N'ayez crainte : cela n'arrive que dans 1% des cas.


Mauvaise réponse. Les yeus du blonds s'ouvraient déjà d'horreur, alors qu'il se levait soudainement.

Soignez le.
▬Je ne peux pas, voyons, c'est un simple hoquet, il va juste-
Soignez le tout de suite.
▬Enfin, monsieur !...
Devrais-je utiliser la force ?!
Avait-il lancé en sortant sa baguette.

Heureusement pour lui, le bébé avait arrêté de faire du bruit depuis quelques instants, et le médecin put tendre ses bras vers l'enfant, en rage.

Vous voyez ! C'est déjà passé ! Maintenant, sortez d'ici tout de suite !

L'aventure avait résulté en une photo de Ludwig souriant, tenant son bébé en bonne santé dans les bras, accrochée au dessus de la cheminée. Un souvenir qui rappelait au jeune couple que tout pouvait aller pour le mieux, mais aussi qu'ils n'étaient plus autorisé à aller chez ce médecin.

________________________________________________

Ce genre de petits souvenir était présent partout dans la maison. Et Ludwig espérait, plus que tout au monde, accroché aussi le premier balai de son fils, sa première note, quelques photos de lui et de ses futurs amis, et plein d'autres petits éléments sans importance, mais qu'il aimait regarder chaque jours avec un petit sourire. Il avait grandit pour devenir un sorcier de la trempe "c'était mieux avant", nostalgique et tourné vers le passé, qui voulait toujours lire à son fils de maintenant onze ans les comptes qu'il lui racontait quand il en avait cinq. Lilien refusait toujours, et Ludwig allait alors se réfugier silencieusement dans les bras de son mari, avec la même phrase aux lèvres : "Ils grandissent si vite !...". Cependant, il n'avait pas peur du futur, et l'attendait même avec joie, espérant quelque chose de grand pour son fils. Il souhaitait un avenir beau et juste pour lui, au contraire de son propre passé, sombre et regrettable.

Mais déjà arrivait la question empoisonnée.

Alors, dans quelle maison est notre petit sorcier ?




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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Dim 18 Sep 2016 - 1:34

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Comme il lui avait manqué... Tout dans sa vie avec Ludwig était tout ce dont il avait rêvé. Une grande maison contenant leurs moindres souvenirs, un enfant adorable et destiné à de grandes choses, des animaux pour leur tenir compagnie, un elfe aimable, des amis fidèles et amusants... Lui qui avait eu une enfance difficile, tout avait changé avec Poudlard, en bien ou en mal, et particulièrement grâce à l'un de ses meilleurs amis. Lorsqu'il observait Lilien, il avait parfois l'impression de revoir cet allemand un peu imbu de lui-même, gonflé d'orgueil, son sparadrap sur la joue, et qui lui avait tendu la main dans le dortoir des Serdaigles, le jour de la rentrée. "Moi, c'est Ludwig Beilschmidt! Enchanté!". Dans ces moments-là, il installait sans raison son fils sur ses genoux, et le serrait contre lui, le remerciant d'être là, d'être la preuve de son amour avec l'allemand. Et il remerciait aussi ce dernier d'avoir changé sa vie. Même son travail à Poudlard ne lui permettait pas de se distraire autant qu'il le souhaiterait. Il s'occupait l'esprit grâce aux élèves, leurs questions et les plantes dont ils devaient s'occuper, juste quelques instants, puis la mélancolie le rattrapait et lui faisait regretter un peu de ne pas être à la maison. En cela, son boulot de professeur serait à la fois épanouissant et éprouvant. Il pensait dur comme fer, lors de sa scolarité, que lui et Ludwig seraient tous les deux professeurs, dans leurs domaines respectifs. Mais les sombres événements de l'époque en avaient décidé autrement. Déjà, il avait dû attendre son retour pendant six mois, alors qu'il avait été envoyé à Azkaban, complice des Sans-Visages qui sévissaient à l'école. Il avait achevé ses études, et s'était tout de suite mis à la recherche d'une maison peu coûteuse en Allemagne. Après tout, il ne pouvait continuer à vivre chez Senka, qui avait quitté la maison de ses parents pour s'installer avec son petit-ami. Il se disait qu'un logement dans le pays natal de Ludwig ferait parfaitement l'affaire pour quand il reviendrait enfin. Passant toutes les épreuves nécessaires pour devenir enseignant, il tuait le temps en étudiant ou en s'exerçant à l'oral pour ses futurs cours. Comme il s'y attendait, il était très anxieux lorsqu'il s'agissait de parler devant un auditoire. Faire son cours devant une classe de 30 élèves ne serait pas simple. Mais il s'accrocha. Il fallait qu'il le fasse. Il voulait se battre pour obtenir enfin la vie qu'il voulait. Il retournait parfois voir son père pour lui demander quelques conseils, comment être plus imposant, sûr de lui, ou comment être pris au sérieux. Parfois, la question de sa compagnie était abordée. Renge lui demandait quand l'allemand reviendrait. Il n'en savait rien. Mais il attendrait, espérant que ses amis du ministère l'en informeraient dès qu'ils auraient le moindre indice quant à sa sortie de prison. Il luttait un peu plus chaque jour, la solitude se faisant plus pesante à mesure que les mois s'écoulaient. Il voyait ses anciens camarades de Poudlard dès qu'il le pouvait. Pour oublier. Il allait manger avec eux, riait avec eux, et puis il rentrait, et se sentait de nouveau seul. Il aurait parfois souhaité posséder une Pensine pour pouvoir revivre tous les souvenirs de l'époque où il était étudiant.

Et un jour, il était enfin rentré. Peut-être avait-il obtenu l'adresse en quittant la tourelle perdue au milieu de l'océan, Kiku n'en savait rien. Toujours est-il qu'il était là, devant la porte. Et il était bien réel. Le japonais avait pleuré. Et sourit. Et il l'avait embrassé, une fois, dix fois, mille fois. Il l'avait serré contre lui, comme une promesse qu'il ne le lâcherait plus jamais. Il avait l'impression d'avoir passé ces six derniers mois à l'écart de la réalité, comme si tout ce qu'il accomplissait était vide, futile, si Ludwig n'était pas là pour le partager avec lui. Ils avaient passé quelques minutes ainsi, profitant simplement de la présence de l'autre, à prononcer leurs noms, comme si leur saveur avait été oubliée, tout ce temps. Et une fois leur bonheur retrouvé, Ludwig avait abordé le sujet. Un enfant. D'abord stupéfait, choqué par la soudaineté de cette demande, alors qu'il venait juste de rentrer, le japonais avait finalement accepté, un doux sourire aux lèvres -bien sûr qu'il l'avait fait. Et quelle merveilleuse idée cela avait été. Il s'en rendait compte, maintenant qu'il contemplait son petit garçon, qui venait enfin d'entrer dans le monde sorcier, comme ses parents il y a tant d'années. Il était si fier de lui... Et les paroles de son mari lui montraient qu'enfin, tout allait pour le mieux.

▬ Vous m'avez énormément manqué, vous deux. Venez dans la salle à manger, j'ai fait un gâteau.

Une phrase si banale, et qui pourtant le rendait vraiment heureux. Lilien, qui n'avait désormais pour seul désir que de dévorer la pâtisserie préparée par son père, courut se mettre à table, dans la pièce à côté. Cela fit doucement rire Kiku. Mais l'allemand parvint à briser ce petit réconfort avec une interrogation fâcheuse.

▬ Alors, dans quelle maison est notre petit sorcier ?

Figé, son sourire désespérément cramponné à ses lèvres, le japonais resta silencieux, regardant toujours la direction qu'avait pris leur fils. Il ne savait comment répondre à cette question tout en évitant une explosion de colère de la part de Ludwig. Heureusement, il n'eut pas à le faire, car un miaulement dans son dos le fit se retourner. Un chat au pelage aussi brun que le gâteau posé sur le comptoir essayait tranquillement d'en grignoter les bords. Ravi de cette diversion, Kiku s'avança vers lui, alarmé.

▬ Truffe, non! Ce n'est pas pour toi... Je te donnerai du poisson, si tu veux.

Il saisit le chaton qui se plaignit un instant, mais ne résista pas. Il se laissa juste reposer entre ses bras, docile. Kiku lui caressa gentiment la tête, et l'animal sembla apprécier ce geste, fermant les yeux en ronronnant.

▬ Je vais le ramener à Lilien... Il n'aime pas être trop séparé de lui.

Il quitta donc la cuisine sans se retourner, retenant un soupir de soulagement. Il avait évité de peu la catastrophe. Il vit en entrant le petit blond assis face à la table, ses jambes balançant dans le vide marquant son excitation et son impatience à l'idée du goûter que l'on lui apporterait bientôt. Son papa déposa le chat sur ses genoux, qui vint frotter sa tête contre la joue de son maître. L'enfant lui offrit des caresses en riant, attendri.  Ces deux-là ne pouvaient vraiment pas se passer de l'autre. Kiku se rappelait le jour où Lilien et lui étaient allés à l'animalerie pour lui offrir son premier animal de compagnie. Il avait à peine deux ans. Cela remontait à si loin...
________________________________________________
▬ Choisis celui que tu veux, chéri.

L'enfant, fixant les parcs en fronçant les sourcils, semblait perplexe. Les petits chiens gambadaient dans l'herbe artificielle, se chamaillant en se roulant au sol. Certains faisaient une petite sieste dans un coin, bientôt dérangés par leurs compagnons. Il y avait des labradors, des bergers allemands, des beagles, et beaucoup d'autres races... Il fut un peu triste en apercevant un petit berger suisse qui lui rappelait Anja, décédée deux ans auparavant. Tous les animaux qu'ils avaient à Poudlard avaient malheureusement disparu, y compris Shin'ju. Une fois installés, lui et Ludwig avaient acheté Philip et Panji pour retrouver cette affection dont ils avaient tant besoin: la compagnie des boules de poils. Il se rappelait encore ce moment où il avait amené à l'allemand un petit shiba inu tenant pratiquement dans la paume de sa main, alors que l'autre était accompagné d'un énorme chien des Pyrénées. Ils s'étaient regardés un moment, stupéfaits, et avaient finalement ramené les deux à la maison. Et aujourd'hui, c'était à leur fils de choisir quel animal partagerait ses années à l'école, ainsi que son avenir.

Lilien semblait vraiment hésitant. Il regardait une seconde un des chiots, puis passait à un autre, sans vraiment en retenir un ni en désigner. Après un moment de contemplation, Kiku finit par le regarder, haussant un sourcil, lui demandant tout en lui frottant le dos:

▬ Il n'y en a aucun qui te p-

Il n'eut pas le loisir de terminer sa phrase, car le petit garçon avait soudainement tourné la tête, et s'était éloigné de lui, prenant la direction du rayon d'à côté. Kiku le vit s'arrêter puis coller le nez à une vitre. Lorsqu'il le rejoignit, il découvrit que la cage de verre, remplie de litière, abritait... des chats. Surpris, il contempla son fils, dont les yeux brillaient d'envie à la vue de ces adorables bestioles.

▬... Tu veux un chat?

L'enfant leva vers lui un visage suppliant, comme s'il avait peur que ses deux papas n'acceptent que les chiens à la maison. Il se trompait. Le japonais sentit une joie immense l'envahir. Il était persuadé que le petit serait comme son vati, qu'il préférerait la compagnie des canidés. Il admirait son fils, le regard rempli d'émotion.

▬ Tu- tu préfères les chats... murmura-t-il, exalté, comme si c'était la plus belle nouvelle du monde.

Il s'accroupit à ses côtés.

▬ Lequel préfères-tu?

Lilien lui en désigna un aux poils bruns et à l'air soyeux, qui jouait avec une pelote de laine. Il donnait de petits coups de patte hésitants, reculant d'un bond dès que le jouet bougeait dans sa direction. Puis il guettait, et revenait vers la balle duveteuse pour s'amuser avec. Kiku eut un petit sourire. Il était parfait. Il appela un vendeur pour sortir l'animal de son ancienne maison, et ce dernier rentra dans les bras de son maître, prêt à découvrir la nouvelle. Bien sûr, une fois arrivés, Ludwig avait contemplé le chat de manière dubitative, s'assurant que c'était bien leur fils qui l'avait choisi, et pas Kiku. Mais la manière dont le petit blond tenait le chat contre sa poitrine était très clair. C'était lui et personne d'autre.
________________________________________________
Et cela l'était toujours. L'enfant avait passé ses années à jouer avec le chat, qui grandissait à ses côtés, pour devenir son plus fidèle compagnon. Même ses amis n'étaient pas aussi importants à ses yeux. Il préférait parfois jouer avec le félin qu'avec ses camarades. Kiku adorait prendre des photos de ces deux-là, car un pur bonheur s'affichait sur le visage de son fils chaque fois qu'il s'amusait avec Truffe. Il avait même conservé d'eux une belle photo où l'on les voyait endormis sur un banc à l'extérieur de la maison, l'ombre d'un arbre tachetant la peau de l'enfant et le pelage sombre du chat. Il l'avait affichée avec les autres clichés réservées à leurs animaux de compagnie et eux, sur une commode de la salle à manger. On pouvait aussi voir Philip allongé sur un Lilien qui se débattait, ou Kiku lisant un livre, Panji tentant d'attirer son attention en escaladant ses épaules, où le chien des Pyrénées, une fois de plus, qui se tenait debout, ses pattes sur les épaules de Ludwig, et qui était ainsi presque aussi grand que lui. Il vit d'ailleurs tous ces souvenirs paisibles du coin de l’œil, bien rangés dans leurs cadres. Et il remerciait aussi le chaton, intérieurement. Son intervention lui avait permis de repousser un peu plus la conversation fâcheuse qui ne tarderait pas à arriver.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Dim 18 Sep 2016 - 11:22




RENTRÉE 2010


Tels pères, tels pères.
C’est donc Ludwig qui amena le gâteau sur la table de la salle à manger. Le chat les avait interrompus, mais ce n’était pas bien grave : il poserait sa question après, il avait deux jours pour le faire. L’odeur du chocolat encore chaud envahit la nouvelle pièce, une fois la pâtisserie posée devant son fils. A chaque fois que l’allemand regardait la chaire de sa chaire, il ne pouvait s’empêcher de chercher les ressemblances avec ses deux papas. Lilien aimait les sucreries par-dessus tout, mais préférait la présence des chats autours de lui. Il préférait le thé au café, mais Ludwig se demandait, parfois, si ce n’était pas juste à cause de son bas âge. Peu d’enfant aimaient cette boisson, après tout. En revanche, les jeux militaires et stratégiques étaient ses favoris. Il y avait bien une seule chose que Lilien n’aimait pas faire, et qui ne venait d’aucun de ses parents : lire. Surement que, à force d’être entouré d’autant de contes et de bouquin, le petit avait saturé. Ce n’était pas surprenant, mais Ludwig ne perdait pas espoir que, un jour, son fils puisse apprécier la beauté d’une bonne lecture. De plus, si l’enfant avait été placé à Serdaigle, il était certain se faire des amis passionnés et avides de nouvelles connaissance. Ludwig ne pouvait pas attendre de l’aider à faire ses devoirs ou de compléter ses cours, comme le professeur qu’il avait toujours rêvé d’être.

Azkaban avait été dur. Les rumeurs courraient que ceux qui en sortaient devenaient fous. Oh, comme ils avaient raison. Il s’agissait d’une torture continuelle, de détraqueurs mangeant… Non… Bouffant ses souvenirs joyeux comme des porcs, s’en délectant continuellement, alors que Ludwig avait l’impression de crever au sol. Il avait mal, faim, soif, la prison était sale, mais il s’était habitué à prendre les cafards en amitié : ils étaient une source de distraction, et là-bas, la distraction pouvait sauver des vies. Il avait pourtant donné le plus d’informations possible, avait pourtant répété avoir été forcé à rejoindre le rang des sans-visages, mais rien n’y faisait. Ses actions avaient privé de leur vie des dizaines, voire des centaines d’innocent. Il échappa à la perpétuité, mais resta condamné à six mois fermes, les pires mois de sa vie. En ressortant de ce genre d’endroit, on avait presque envie de devenir un criminel et de tuer tout le monde, de se venger pour toute la souffrance subie. Ludwig avait mis un mois à s’en remettre à peu près. On l’avait lavé, nourris, chauffé, mais surtout, on l’avait aidé à se remettre mentalement sur pied. C’était tout à fait possible, d’autres l’avaient fait. Ça prenait juste du temps. Beaucoup de temps. Ce n’était seulement qu’un mois après sa libération que Ludwig avait commencé ses recherches. Où vivait Kiku ? Où vivait cet homme qui, pendant ces six mois, l’avait aidé à survivre sans le savoir ? Imaginer son mari l’attendant dehors, imaginer une famille formée de leur sang, à eux deux : oui, Lilien n’était pas encore né, mais sans le savoir, il l’avait déjà sauvé. Ludwig se sentait mal de ne pouvoir, parfois, sauver son fils en échange.

_____________________________________________________

Lilien, quatre ans et demi, pleurait à chaudes larmes au-devant de son école maternelle. Kiku ayant tout juste commencé sa formation en tant que professeur, c'était à Ludwig d’aller chercher son enfant. C’était en des jours comme celui-ci que l’allemand se souvenait d’à quel point les enfants pouvaient être cruels. Ils se moquent, pour rire, sans savoir que, dans la tête d’un enfant victime, le moindre acharnement était décuplé. Quand on insultait le père Beilschmidt, il laissait l’insulte couler, et l’oubliait quelques minutes plus tard. Mais un enfant, lui, restait accroché à l’idée qu’on venait de l’insulter, et cela pouvait parfaitement ruiner sa vie entière. C’était ce qui était arrivé au petit Lilien, qui était, pourtant, un enfant plein d’énergie et toujours souriant. Ludwig s’approchait alors de celui-ci, surpris, pour lui demandait ce qui n’allait pas. Parfois, l’enfant avait juste couru sans faire attention et s’était éraflé son petit genou mignon, mais il s’agissait cette fois bel et bien d’une moquerie, apparemment continuelle.

Les autres disent que j’ai un nom de fille. Ils m’appellent Lili. Mais moi je suis un garçon, et je ne veux pas qu’on me dise que je suis une fille !

C’était toujours dans ces moment-là que Ludwig soupirait. Il savait toujours envie de passer à la phase supérieure de l’éducation, de lui dire « Si tu veux être un homme, alors ne pleure pas et ignore-les ». Cependant, ce genre de paroles n’avaient jamais effet dans l’esprit d’un enfant aussi jeune.

Comment s’appellent les enfants qui te disent cela ?
Armand Razonhold est le pire…
Tu lui diras qu’en japonais, ça ressemble beaucoup à « queue de rat ». Il arrêtera après. Mais attention, ne le lui dis que s’il t’insulte. C’est une défense, pas une attaque.

Bien entendu, il ne fallait jamais faire confiance à un enfant. Dès le lendemain, toute l’école appelait le fameux Armand « queue de rat », et jamais Lilien n’avait était aussi fier. Ludwig était plutôt exaspéré, surtout que la famille Razonhold avait décidé de venir avoir une conversation avec lui. Sa conduite en tant que père était « non exemplaire », « idiote » et « mal élevée ». Le père Beilschmidt avait juste fait confiance à son enfant, et c’était à lui de tout ramasser derrière. Le pire, c’était surement de voir le fameux Armand le regarder avec un sourire victorieux. Lui avait juste une expression de rage au visage. Il n’avait jamais supporté que quelqu’un d’âge inférieur ou égal au sien le regarde avec tant de mépris, et ça n’avait pas changé entre temps. Cependant, il était conscient qu’il était en tort dans l’histoire, et ne pouvait donc pas dire grand-chose. Et quand l’horreur vint, il ne put protester non plus.

De toutes manières, nous n’aurions pu attendre mieux d’une éducation venant d’un criminel d’Azkaban !

Le petit Armand avait bien pris note ce jour-là, et très vite, Lilien fut nommé le « fils sans-visage ». Ludwig avait envie de hurler sur les parents : on l’avait accusé d’avoir appris à son fils un moyen de se défendre, et personne ne disait rien aux parents qui, eux, venait de donner un moyen d’attaque destructeur à leur progéniture. Lilien du changer d’école, à son grand malheur, et à la honte profonde de Ludwig, dont le regret avait toujours, et resterait immense jusqu’à sa mort.

_____________________________________________________

Les problèmes existaient encore aujourd'hui, bien évidemment. Cependant, avec le temps, l'affaire de Poudlard et ses sans-visages disparaissaient peu à peu. La famille pouvait apprécier une petite fête de rentrée, et un bon gâteau, sans se faire déranger par les moqueries et les accusations. Ils restaient toujours soudés, toujours ensemble. La famille Beilschmidt, la famille... Pouvait-il dire la famille serdaigle ? Il ne connaissait toujours pas la maison de son fils. Il s’essaya donc devant celui ci, avec un léger sourire fier au visage.

Alors, fiston : quelle maison as-tu rejoins ?




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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Lun 19 Sep 2016 - 10:54

Tels pères, tels pères
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-Albus Dumbledore


Berlin - 2010
Lilien avait déjà attaqué sa part, sans attendre ses parents, l'appel du chocolat étant plus fort que tout. Voir cette délectation sur son visage, ce plaisir alors qu'il engloutissait chaque bouchée avec un sourire... Cette simple vue mettait Kiku de bonne humeur. En cela, l'enfant ressemblait énormément à l'allemand, à ceci près qu'il ne s'en cachait pas. Un homme viril et imposant qui aimait les gâteaux pouvait donner matière à rire, mais un garçon à peine entré dans l'adolescence dans la même situation avait de quoi attendrir. Son regard exalté était le même que celui que le japonais avait tant contemplé. Cela lui rappelait ce jour où le petit allemand n'avait su retenir son contentement, au point de commettre une bêtise...
___________________________________________________
▬ Qu'est-ce que tu prépares, papa?

Lilien, âgé de six ans ce jour-là, observait d'un air dubitatif les étranges boules de pâte gluante de toutes les couleurs que son père était en train de préparer. Il y en avait des roses, des vertes, des jaunes, et elle semblaient douces rien qu'à les regarder: un plaisir pour les yeux. Kiku, amusé par l'observation curieuse de son fils, lui répondit sans cesser de frapper la pâte sur le comptoir:

▬ Des mochis-ice, chéri.
▬ Qu'est-ce que c'est, des motshi-aïce?

Alors qu'il parlait, il tendit la main vers l'un des échantillons pour essayer de le porter à sa bouche.

▬ De la pâte de haricot rouge, fourrée avec de la glace.

Immédiatement, l'enfant se figea et lâcha la boule qui retrouva sa place avec les autres. Il observa la nourriture d'un air dégoûté, comme s'il se sentait trahi d'avoir été ainsi piégé.

▬ Il y a des haricots dedans?! cria-t-il, indigné.

Il fixait son père comme un génie du mal. Qui oserait utiliser un met aussi délicieux et sucré que de la glace, pour le mélanger avec des légumes?! Le japonais eut un rire alors qu'il découpait sa préparation en carrés égaux, amusé par la naïveté de son fils.

▬ Oui, mais ils n'ont pas le goût des haricots que tu connais, le rassura Kiku. La pâte n'a pas vraiment de goût, elle n'est là que pour la texture. La seule chose que tu sentiras, c'est la glace.

Sur ses mots, il se dirigea vers le congélateur et en sortit trois barquettes pleines de douceur gelée, respectivement à la mangue, au chocolat et au thé vert. À leur vue, les yeux de l'enfant se mirent à briller. L'ingrédient faisait parti de ses pêchers mignons. Même la concentration sur le visage de son père, alors qu'il tentait de produire des boules parfaites à enfermer dans la pâte, ne pouvait le détourner de la faim qui lui tordait à présent le ventre. Son cerveau imagina alors un plan machiavélique qui lui permettrait de s'éclipser avec la sucrerie tant désirée. Comme un chat à l'affût, il attendit que Kiku se tourne vers l'évier pour rincer l'ustensile lui permettant de fabriquer ses sphères de glace, et, aussi rapide que l'éclair, il s'empara de la boîte contenant le goût thé vert et s'enfuit à toutes jambes comme un voleur expérimenté dans un conte des mille et une nuits. Lorsqu'il se retourna, le père se rendit compte que son fils n'était plus là... et que la barquette qu'il comptait utiliser avait disparu sans laisser de trace. Inquiet, il appela, regardant autour, comme si l'enfant s'était juste caché quelque part dans la pièce pour lui jouer une farce:

▬... Lilien?

Du coin de l'oeil, un mouvement dans le jardin attira son attention. À travers les carreaux de la fenêtre, il vit son enfant traverser la pelouse et aller se réfugier derrière l'un des arbres près de la haie. Peut-être s'était-il lassé de le regarder cuisiner et qu'il avait préféré aller jouer dehors en attendant que le goûter soit prêt? Pourtant, il restait assis derrière ce tronc et ne bougeait pas, si l'on excluait cette étrange chose argentée qu'il plantait dans..... Il ouvrit immédiatement la fenêtre, se penchant à l'extérieur.

▬  Lilien!

Il aurait souhaité que sa voix soit autoritaire, mais elle lui sembla seulement contrariée, ou même inquiète. Retirant à la va-vite son tablier et l'abandonnant sur le comptoir, il quitta la cuisine et sortit sur l'herbe fraîche, rejoignant son fils, toujours dissimulé comme un criminel qui avait réussi un très bon coup. Installé tranquillement contre son if, Lilien dégustait allègrement le pot de glace, à la cuillère. Il semblait très fier de lui, mais Kiku l'était beaucoup moins. Il tenta de prendre une pose sévère, poings sur les hanches, alors que son enfant prenait enfin conscience de sa présence, le couvert toujours dans la bouche. Se sentant menacé, il rentra la tête dans les épaules et lui tendit la barquette.

▬... Tu en veux?

Le japonais avait aujourd'hui honte de dire qu'il avait ri, malgré lui. Il ne pouvait tout simplement pas gronder son fils pour une chose aussi adorable. Et puis, ce n'était pas bien grave. Il le prévint simplement qu'il n'aurait pas dû s'enfuir comme ça avec son butin, qu'il aurait dû demander la permission, s'il en désirait à ce point-là. Et puis Kiku avait besoin de cette glace pour sa préparation. Il lui demanda gentiment d'attendre encore une petit heure avant de pouvoir manger quoi que ce soit. Le garçon tâta son ventre comme s'il lui demandait la permission, puis, regardant son père le plus sérieusement du monde, répondit:

▬ Le ventre est d'accord.

Amusé, Kiku le ramena à la maison en le portant -difficilement; à cet âge là, cela commençait déjà à être lourd, un enfant!-, chantant une chanson de pirates pilleurs de navires qu'Arthur lui avait apprise lors de leurs années à Poudlard.
___________________________________________________
Ce genre de petits incidents était fréquent. Les deux allemands de la famille avaient souvent du mal à supporter l'absence de sucre, alors ils préparaient toutes sortes de pâtisseries, à des heures impossibles. Kiku revenait parfois du travail, épuisé par sa journée, pour trouver ses deux amours dans la cuisine, tout ingrédients sortis, en train de préparer un gâteau alors que c'était bientôt l'heure de dîner. Il eut un sourire dans son coin, se rappelant ces fois où la pièce était envahie par un nuage de farine, les ustensiles éclaboussés de chocolat. Mais encore une fois, son souvenir fut chassé par l'interrogation pertinente mais non moins embêtante de son mari:

▬ Alors, fiston : quelle maison as-tu rejoint ?

La sueur lui montant de nouveau au visage, il observa son fils du coin de l’œil alors qu'il finissait sa part, comme s'il ne voulait en laisser aucune miette. Cette vision était maintenant extrêmement angoissante pour Kiku. Aucune distraction ne les sauverait, cette fois. Ils ne pouvaient plus faire marche arrière. Lilien allait répondre à la question de son vati, et il allait falloir encaisser la petit crise de Sa Majesté Beilschmidt, le plus fier de tous les allemands. Plus les secondes s'écoulaient, plus c'était insoutenable. Le japonais souhaitait juste qu'on l'achève, que cela se termine. Finalement, à son grand soulagement, l'assiette du garçon fut enfin vide, et il ouvrit la bouche pour répondre, alors que Kiku fermait les yeux pour supporter ces mots terribles qui allaient bientôt provoquer une guerre civile:

▬ Je suis à Gryffondor!

La joie dans la voix de Lilien était évidente. Mais cela ne les sauverait peut-être pas. Face au silence qui accueillit cette déclaration, il rouvrit les yeux, essayant d'offrir un sourire mal à l'aise à son mari, mais il préssentait que cela ressemblait sûrement à une grimace. Il attendit une réaction, un mot, une explosion, n'importe quoi qui exposerait l'avis du père de famille sur cette nouvelle.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Mer 21 Sep 2016 - 14:16




RENTRÉE 2010


Tels pères, tels pères.
Je suis à Gryffondor !

Ah, oui, Gryffondor, une maison tout à fait respectable, où les élèves apprécient la lecture, les défis d'échecs intelligent, le calme et le propre, le... Pardon ? Gryffondor ? Pas serdaigle ? Pas serpentard ? Ni même poufsouffle ? Non non : Gryffondor. Pour la première fois dans toute la lignée familiale, un Beilschmidt est sang-mêlé, un Beilschmidt est... Gryffondor. Ludwig n'avait que faire du sang, et il considérait son fils comme ayant le sang le plus pur d'entre tous, étant donné que dans ses veines coulait aussi celui de Kiku Honda, la personne la plus respectable de ce monde. La maison, c'était un autre problème. Il s'agissait là de son éducation, de son caractère profond, et bien que Lilien n'ait jamais apprécié la lecture plus que cela, il avait les vertus nécessaires pour au moins, AU MOINS entrer à poufsouffle. Mais non : l'enfant était un fier gryffondor, ces élèves qui avaient tant énervé le vati lors de sa jeunesse. Les rumeurs remontaient à sa mémoire, comme un flot incontrôlable, une inondation. "On raconte qu'il y a des chaussettes pendues aux lustres", "C'est la jungle là-bas, tout le monde possède au moins son sort de farce et attrape personnel : il faut être prêt à se faire avoir constamment par un blagueur".

Il ne voulait pas que son fils vive dans ce genre de condition : il voulait du silence pour qu'il travaille correctement, des livres pour qu'il se renseigne, des végétaux dans sa chambre pour qu'il puisse respirer dans un environnement, et il voulait que cet environnement soit propre et rangé. C'était le contraire même de la vision qu'il se faisait de la salle commune des gryffondors : puante de sueur, sale, les vitres cassées par quelques imbéciles jouant au quidditch en dehors des heures prévues à cet effet, un feu de cheminé non contrôlé et un tapis à moitié brûlé par ce dit feu, couvert de miette de gâteaux diverses, et surtout, surtout : cette chaussette seule, séparée de sa jumelle, pendant aux lustres de la salle depuis l'année 1987. Il voyait son fils, dans un coin, en boule, les mains sur les oreilles, essayant d'apprendre sa leçon en faisant abstraction du bruit, non, du brouhaha environnant, une larme coulant sur sa joue, se maudissant d'être devenu un gryffondor. "Oh, pourquoi n'ai-je pas demandé à être serdaigle, serpentard ou poufsouffle ?! Ces derniers, au moins, travaille durement chaque jour !".

Bien entendu, il s'agissait là uniquement de l'imagination de Ludwig : il était évident qu'à son âge, son fils n'allait pas se mettre à parler d'une manière aussi lyrique. De plus, si Lilien n'était pas idiot (et il ne l'était pas), la bibliothèque allait lui apparaître comme un meilleur endroit pour travailler. Mais le cerveau du père Beilschmidt n'allait pas aussi loin. Pour lui, son fils était dans la merde, profondément, et quand il disait "merde", il parlait de la merde profonde. Il était pourtant bien évident que la salle commune des gryffondors n'avait rien d'aussi affreux, les préfets et professeurs faisant leur travail au quotidien. Et Ludwig tentait, de son mieux, d'assimiler toutes ces visions qui venaient le déranger, provoquées par l'annoncer de son fils. Lilien... Lilien était un gryffondor.

Gryffondor...
Oui ! Et je me suis déjà fait trois amis ! Deux sont dans mon dortoir !

Il aurait pourtant dû s'en douter. Lilien s'était toujours comporté en parfait petit gryffondor. Et pourtant : ses yeux refusaient de voir l'évidence. Il jouait avec les chiens, oui, comme Ludwig le faisait. Seulement, là où Ludwig dirigeait son armée canine avec ordre et stratégie, Lilien, lui, était toujours le premier soldat en ligne pour attaquer. Un lion courageux, rugissant plus fort que les autres. Il n'était pas spécialement bruyant, ou du moins, pas plus bruyant que les autres enfants : mais il fonçait toujours tête baissé, suivant son instinct avant tout, avant de réfléchir. Ses réponses étaient spontanées, jamais réfléchie. Comme si vivre dans cette famille qui prenait son temps à décider de ce qui est mieux ou non l'avait lassé. Comme si ses parents étaient trop lents pour lui : il partait devant, les laissant derrière. Il vivait dans l'avenir, jamais dans le passé, avait déjà des rêves, des grands, et c'était cela qui avait fait croire à Ludwig qu'il finirait peut-être à serpentard. Cela dit, derrière l'ambition, il n'avait pas vu que la célébrité brillait plus que tout aux yeux de son propre fils.

___________________________________________________


Ses grands yeux bruns d'enfants brillait devant les vitrines des magasins. Ses petites mains étaient collées à la vitre, où, derrière, se trouvait le tout nouveau balai à la mode, une merveille du quidditch. Lilien portait le maillot de son équipe préférée, les "Ours-bois d'or", une petite équipe locale allemande, et possédait chez lui un jouet en plastique représentant un vif d'or. Cela se voyait de près comme de loin : le fils de la famille Beilschmidt était un grand fan de la pratique sportive, et suivait chaque match de près. Ses parents l'emmenaient souvent au stade, et le peignaient des couleurs de son équipe, pour qu'il puisse les supporter au mieux. La maison était remplie de photo de Lilien, souriant dans les gradins et hurlant des encouragements.

Plus tard, je veux avoir ma propre équipe de Quidditch !

Ludwig souriait alors doucement, en disant "C'est dangereux, mais je suis certain que tu y arriveras. Fait juste attention à mettre correctement tes protections". Le problème, c'est que Lilien n'aimait pas les protections. Du tout. Il souhaitait voler librement, être acclamé pour cela, et que les filles le regardent en se disant "Il est vraiment courageux !". C'était l'avenir qu'il avait en tête, et il était têtu. Il l'aurait. Il ne voulait pas être coincé comme ses deux parents, à faire attention à la sécurité, à la réflexion et au savoir. La théorie ne servait à rien sur le terrain, pensait-il. Seuls l'action, l'impulsion, l'instinct et le courage valaient quelque chose. Et puis, ses parents n'avaient aucune expérience en Quidditch, à part son papa, qui savait à peu près monter sur un balai. Le vati, lui n'avait rien d'un joueur de Quidditch. Ou du moins, pensait-il. Car Ludwig n'avait jamais dit à son fils qu'il était gardien de sa maison.

Cela ne servait à rien : lui qui faisait passer la sécurité avant tout, avouer qu'il se prenait régulièrement des cognards pour protéger un rond en métal était la pire chose à faire. Lilien n'avait jamais vu son père comme un sportif, au final. Il ne s'était jamais demandé pourquoi il avait une aussi bonne condition corporelle : quand on est enfant, on ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez. Et quand Lilien était présent, son père lisait, s'occuper des chiens, lisait à nouveau, puis écrivait ses propres entrées historiques, ses pensées, ou bien même rédigeait quelques articles. Il envoyait aussi régulièrement des lettres critiques à un de ses anciens amis de Poudlard qui avait une bande dessinée dans le journal. A chaque fois, il s'agissait de critiques coincées, qui gachaient tout le fun de l'aventure. Ce que Lilien ne voyait pas, c'est que quand Ludwig allait promener les chiens, il en profitait pour courir. Quand il faisait les courses, il portait plus que n'importe qui dans la famille. Et quand le fils était en cours, Ludwig faisait du sport, encore et toujours. Contrairement au quidditch, Ludwig ne cachait pas sa passion pour la musculation. C'était juste que Lilien ne l'avait jamais vu faire. Ainsi, son père restait, dans son esprit, quelqu'un de mou et sans action, et c'était surement pour cela qu'il s'était fait arrêter sans résistance et mit à Azkaban. Tout le contraire de l'enfant, rapide, courageux, agissant pour le bien, réparant le mal que son père avait commis dans le passé.

_______________________________________________________

Lilien avait définitivement tout d'un gryffondor. Rien d'un poufsouffle, rien d'un serpentard, et encore moins d'un serdaigle. Pendant tout ce temps, gryffondor était gravé sur son front, et personne n'avait pourtant rien vu venir.

Gryffondor...

Il acquiesça un petit sourire, résigné. Il n'y avait rien de mal à être gryffondor. Il s'agissait de son fils. Quoi qu'il puisse faire, il serait toujours dans le droit chemin, ou du moins, Ludwig l'espérait.

Promet moi une chose, Lilien. Agit toujours justement, fait preuve de courage, et représente ta maison en bien.

Puis après un silence, il ajouta le plus important :

Et pour ce faire, baisse toujours d'un ton et range ta chambre.





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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Jeu 22 Sep 2016 - 14:05

Tels pères, tels pères
Kakeru
"Du bist mein atem und mein leben"

"It is our choices who show us who we truly are"
-Albus Dumbledore


Berlin - 2010
Les yeux fixés sur l'allemand, il attendait. Une réaction, un éclat de voix, le moindre indice qui marquerait le mécontentement de Ludwig. Il savait que ce ne serait pas facile pour lui, qu'il lui faudrait du temps pour digérer la nouvelle. Peut-être même irait-il crier au scandale directement à l'école, demandant à ce que l'on change immédiatement son fils de maison. Et même le bon professeur de botanique ne pourrait l'empêcher de débarquer à Poudlard pour piquer sa crise, aveuglé par une colère noire. La rumeur allait sans doute se répandre parmi les enseignants, et il ne se passerait pas un jour du trimestre sans que l'on lui rappelle en se moquant la magnifique protestation de son mari. Mais pour l'heure, avant de penser à la perte du peu de réputation qu'il avait pu se construire ces quelques années, il patientait toujours, craignant le moindre bruit qui viendrait briser ce silence pesant.

Mais aucun son ne franchit les lèvres de Ludwig. Seule l'expression sur son visage traduisait l'horreur qui s'insinuait peu à peu en lui. Ses yeux s'agrandissaient, ses sourcils se plissant dans un froncement indigné, et il ouvrait la bouche sans pour autant prononcer un mot, comme un poisson hors de l'eau. Dans sa tête semblaient défiler tous les inconvénients de cette affectation, et dont Kiku avait si souvent lui aussi entendu les récits: les chambres sales et mal rangées des Gryffondors, les vêtements éparpillés, le boucan constant dans la salle commune, les carreaux brisés laissant entrer un souffle glacé d'hiver... Wilhelm leur avait suffisamment raconté l'état lamentable dans lequel se trouvait le dortoir de son petit ami. Et ce qu'il en racontait avait de quoi donner des frissons à n'importe quel Serdaigle habitué à l'ordre et à la propreté. Imaginer leur fils se transformer en un lion téméraire et vantard était déjà assez angoissant, mais le voir vivre dans une telle insalubrité était inacceptable. Et c'était sans aucun doute la pensée qui traversait l'esprit de Ludwig, alors qu'il restait toujours bouche bée, visionnant sans doute le gâchis, le handicap que ce serait pour les études de Lilien. Finalement, il ne put prononcer qu'un mot, encore assommé par cette annonce. Comme s'il souhaitait qu'on le démentit, que l'on crie à la plaisanterie pour le rassurer et finalement affirmer que le petit garçon avait été placé à Serdaigle.

▬ Gryffondor...

Enfant naïf qu'il était, Lilien ne se rendait pas encore compte qu'il venait de lâcher une bombe à retardement dans sa famille. Il ne faisait pas attention à l'expression de son vati, prenant sans doute son ébahissement pour de l'admiration face au prestige que représentait son appartenance à la maison rouge et or. Rien n'aurait pu tarir son enthousiasme.

▬ Oui ! Et je me suis déjà fait trois amis ! Deux sont dans mon dortoir !

Cela ne sembla pas rassurer Ludwig. Du tout. Il semblait même de plus en plus inquiet, son effarement grandissant un peu plus à chaque seconde. Les autres élèves, parlons-en! Avec quel genre d’énergumènes leur enfant allait-il partager les dix prochaines années de sa vie? Parviendrait-il tant bien que mal à se lier d'amitié avec eux, pour au final se retrouver impliqué dans les quatre cent coups de ses camarades, ou deviendrait-il le souffre-douleur, trop différent, trop calme par rapport aux autres, tel un petit oisillon qui se ferait croquer par ces lionceaux à la première occasion? Mille craintes les saisissaient déjà, alors que Lilien avait passé une semaine à l'école sans aucun problème, et s'était déjà attaché à quelques collègues. Mais Ludwig restait perplexe. Il observait son fils comme s'il le voyait soudain sous un nouveau jour. Et Kiku faisait de même. Le petit garçon si sage et avide de connaissances qu'ils croyaient connaître n'était en réalité qu'une illusion. Un masque qu'ils avaient tenté d'imposer à leur enfant pour qu'il leur ressemble. Ils voulaient qu'il soit studieux, ambitieux, compréhensif, à leur image. Mais à l'évidence, il ne leur ressemblait pas autant qu'ils le pensaient. Il avait toujours débordé de vie, aimé s'amuser, et rejeté les enseignements que ses parents avaient essayé de lui inculquer. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé...
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▬ Allez, viens jouer avec moi!

Kiku retint un énième soupir, le calme parfait et apaisant du jardin brisé de nouveau par les geignements de son fils. Voilà presque dix minutes que Lilien lui tournait autour, lui demandant de s'amuser avec lui. L'enfant souhaitait interpréter le rôle d'un Auror courageux qui courait après un méchant sorcier, joué par son père, et engageait un duel magique épique. Mais il ne semblait pas accepter le fait que ce dernier soit déjà occupé à prendre soin des lys plantés à l'arrière de la maison, et auxquels il tenait énormément. L'hiver était de plus en plus proche, et ils semblaient se faner un peu plus chaque jour, leurs pétales flétris et jaunis retombant tristement sur leur tige. Il grimaçait chaque fois qu'il les voyait dans cet état. Il avait réussi à les faire survivre presque 9 ans, les fleurs ayant été plantées à la naissance de son fils. Mais malgré ses compétences, les plantes semblaient ne pas pouvoir tenir le coup, quoi qu'il fasse. Il ne pouvait supporter de les voir mourir ainsi. Et Lilien qui s'agitait derrière lui n'arrangeait rien.

▬ Allez, allez, on joue! Je vais jouer Claude Tournoeil, le célèbre Auror! Et toi, tu-
▬  Lilien, s'il te plaît, je suis occupé... le coupa son père, espérant calmer un peu sa frénésie.

Son fils s'arrêta de bouger et gonfla les joues, une habitude qu'il avait prise du japonais lorsqu'il était contrarié. Il observait les jardinières avec lassitude.

▬ Mais tu t'en occupe tous les jours... Aujourd'hui, il faut que tu t'occupes de moi!

Il était indigné de voir que son papa avait plus de considération pour ses minables fleurs que pour son propre fils. Et si d'ordinaire, Kiku aurait trouvé son besoin d'attention attendrissant, ce jour-là, il n'était clairement pas d'humeur. Pour l'obliger à se taire, il attrapa son fils par le bras et le força à s'asseoir près de lui. L'enfant se tut d'un coup, surpris par ce geste qui ressemblait si peu à son père. D'ordinaire, il était toujours très doux, attentif. Il devait vraiment être énervé pour se comporter ainsi. Pourtant, en un instant, la mine sombre et abattue du japonais laissa place à un visage souriant. Il désigna les plantes à son fils pour qu'il les observe.

▬  Tu vois, Lilien, les plantes ont besoin que l'on s'occupe d'elles tous les jours. Elles sont bien plus fragiles que les humains et ont du mal à survivre lorsqu'il fait trop froid, ou trop chaud, ou qu'elle manque d'eau, d'engrais. Tu vois, toi, quand tu as soif, tu peux attendre un peu et te retenir de boire quelques heures. En revanche, si ces lys ne reçoivent pas d'eau, cela peut leur être fatal...

Il continua son blabla, accompagnant ses mots de quelques gestes pour les fleurs, les tapotant parfois du bout de sa baguette ou appliquant un quelconque liquide sur leur hématite, ce sourire toujours accroché à ses lèvres. Si l’intérêt et la passion de son père pour la botanique retinrent un moment l'attention de Lilien, il finit tout même par décrocher, grattant un petit carré de terre avec un bâton pour y chercher des insectes. Son père continua dans son délire, alors que le petit allemand trouvait tout cela assommant.

▬  Et ce qu'il est aussi très important de savoir, c'est que- Lilien, tu m'écoutes? s'interrompit le japonais, voyant que son fils était distrait.

L'enfant lui répondit d'un grommellement tout à fait semblable à ceux que Ludwig lançait parfois, quand il était contrarié.

▬ J'm'ennuie...

Kiku le regarda avec effarement, la botanique étant à ses yeux l'une des merveilleuses joies de l'existence.

▬  Tu t'ennuies?... Mais c'est très intéressant, pourtant! Et puis c'est le cours que tu auras avec moi à Poudlard! Il vaut mieux commencer à apprendre maintenant pour-
▬ J'en ai rien à faire des fleurs! cria-t-il en se relevant d'un bond. Moi je veux jouer!
▬  Lilien...
▬ Je veux être l'Auror Tournoeil, ajouta-t-il en agitant ses bras dans tous les sens, comme si le combat avait déjà commencé. Et toi tu seras un Sans-Visage!
▬  Lilien!

Le ton de son père le fit taire tout de suite. Il cessa de gigoter, regrettant déjà ses mots. Son père le regardait avec effroi. Il aurait dû réfléchir avant de parler. Il savait que c'était un sujet sensible pour Kiku, mais pris dans son élan, il n'avait pas mesuré ses mots. C'était le genre de choses dont on ne parlait pas avec tant de légèreté, pas comme d'un jeu, et surtout pas quand on n'avait 9 ans et qu'on ne savait pas de quoi il retournait. Confus, il balbutia, semblant se ratatiner:

▬ Je... excuse-moi! J-je ne voulais pas dire...
▬  Je sais. Ce n'est pas grave.

Son ton était sec, et il avait détourné le regard, se concentrant de nouveau sur ses plantes. Son fils l'avait définitivement contrarié, et ne savait pas comment rattraper cette bêtise. Il resta là, debout près du japonais, se demandant quoi faire pour être pardonné. Il remarqua que pour s'occuper l'esprit, et oublier ce qu'il venait d'entendre, Kiku arrachait les mauvaises herbes qui poussaient aux pieds des lys, essayant de prendre possession des tiges. Il se piquait les doigts mais s'en moquait. Cela faisait aussi partie de son travail. Et cette brûlure le détournait d'une autre douleur, bien plus profonde. Prenant sa décision, son fils se rassit près de lui, et commença à lui aussi retirer les petites herbes sournoises qui sortaient à peine de terre, pour les empêcher de faire du mal aux plantations de son papa. Ce dernier finit par le regarder, surpris, avant qu'un léger sourire ne revienne décorer son visage. Il passèrent une petite heure ainsi, à enlever les parasites, à asperger les fleurs de produits curatifs, pour qu'elles retrouvent une forme éclatante. Et même si cela n'intéressait pas Lilien, et qu'il avait les doigts couverts d'ampoules et d'épines, il était au moins content d'avoir prêter main fort à son père et de lui avoir remonté le moral.
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Ce jour-là, l'enfant avait appris à ne pas parler à tord et à travers de ce qu'il ne connaissait pas... mais cela n'avait en rien accru son intérêt pour la botanique. Kiku s'était même fait réprimander par Ludwig car leur fils avait désormais les mains couvertes de pansements. Il était sûr que ce serait une excuse pour frimer à l'école, prétendant qu'il s'était battu contre un quelconque dragon qu'il avait finalement dompté. Et sa réaction par rapport à l'Histoire de la Magie était similaire. Il trouvait ennuyeux de devoir retenir les dates, les noms des guerres et des généraux célèbres. Il se moquait de savoir que les gobelins s'étaient un jour rebellés, ou qu'un vieux barbu avait découvert les douze propriétés du sang de dragon. Lui voulait apprendre à se battre, à devenir courageux et fort. Comme n'importe quel Gryffondor le ferait... Il avait encore du mal à le croire, et pourtant, toutes les preuves étaient là. Et Ludwig semblait avoir autant de mal que lui à y consentir, alors qu'il répétait, sous le choc:

▬ Gryffondor...

Le japonais remarqua que Lilien commençait à être inquiété par ce silence. Finalement, ses parents n'étaient peut-être pas si heureux pour lui? Après tout, ils avaient passé son enfance à ne lui parler que des autres maisons, comme si elles valaient mieux que celle qu'il avait intégrée. Peut-être qu'ils souhaitaient le voir aller ailleurs... Il scrutait le visage de son vati, attendant le moindre mot qui pourrait dissiper ses craintes, ou les avérer. Mais, peu à peu, l'air ahuri, contrarié de l'allemand disparut, laissant place à un sourire, un peu triste, mais un sourire tout de même. Il semblait avoir finalement réfléchi et accepté l'idée. Kiku pouvait comprendre ce qu'il ressentait. Leurs pensées comme connectées, lui aussi se rassurait en se disant que tout irait bien. Il s'agissait de Lilien Suzuran Volkmar Gilbert Beilschmidt. Le fils de Ludwig Beilschmidt et de Kiku Honda. Il était sûr que jamais il ne les décevrait. Peut-être pendant un instant avaient-ils eu peur d'avoir fait un erreur dans son éducation. De l'avoir mal élevé, et d'avoir ainsi forgé un enfant écervelé, imprudent et surexcité. Mais ils savaient tous deux qu'il n'en était rien. Leur garçon ne les décevrait pas. Ce n'était pas car il avait été affecté à cette maison que son comportement changerait, ou qu'il perdrait sa capacité à réfléchir correctement. Non, il suivrait toujours le droit chemin, comme ils le lui souhaitaient. Il l'avait dit lui-même. L'Auror qui combattait le Sans-Visage. Le gentil qui combattait le méchant. C'était tout ce que désirait Kiku: qu'il soit le gentil de l'histoire. Qu'il devienne un héros, comme ses rêves le lui commandaient. Et au cas où, ses deux papas seraient derrière lui si jamais il se perdait en chemin. D'ailleurs, Ludwig commençait déjà, remplissant parfaitement son rôle:

▬ Promet moi une chose, Lilien. Agis toujours justement, fais preuve de courage, et représente ta maison en bien.

Son fils acquiesça, son visage s'illuminant. Il n'y avait finalement aucun problème. Ses parents semblaient heureux pour lui, et cela lui mettait du baume au cœur, et l'encourageait d'autant plus à faire de son mieux dans sa nouvelle famille. Mais comme tout Beilschmidt qui se respecte, le père ne pouvait achever ainsi sans glisser une remarque ennuyeuse au passage:

▬ Et pour ce faire, baisse toujours d'un ton et range ta chambre.

Cela fit rire les deux autres. C'était comme ça que Kiku aimait cette maison: pleine de joie de vivre, d'éclats de rire, d'étreintes... et de bons gâteaux préparés par l'allemand. Gâteaux qui n'avait d'ailleurs pas bougé de leurs assiettes, si l'on excluait celui de l'enfant qui avant presque entièrement disparu dans sa bouche. Le japonais pris ceci en excuse pour se rendre à la cuisine et dire deux mots à son mari.

▬  Oh, ma part est déjà froide... La tienne doit l'être aussi, Ludwig, il faut aller les réchauffer. Viens m'aider.

Son ton était doux, néanmoins, son regard ne laissait aucune place à la discussion. Il se leva de sa chaise, prenant les deux récipients, et se dirigea vers la cuisine, s'attendant à ce que l'allemand le suive. Une fois passé dans la pièce à côté, il posa le tout sur le comptoir, s'appuyant sur ce dernier, les jambes légèrement tremblantes. Sa pression était retombée d'un coup en contemplant la risette de son mari. Il était terriblement soulagé. Une dispute à ce stade aurait été un mauvais départ pour leur fils. Mieux valait qu'il attaque ses cours dans le meilleur état d'esprit possible. Une fois Ludwig près de lui, il vint s'appuyer contre son torse, fermant les yeux.

▬ Je suis rassuré... J'avais si peur que tu le prennes mal. Quand Lilien a été envoyé à Gryffondor, j'imaginais déjà ta réaction. Je suis heureux que tu l'ai accepté...

Bien sûr, il ne va pas préciser qu'il avait retardé l'échéance exprès pour éviter la colère de Ludwig. S'il avait pu faire en sorte que le week-end s'écoule ainsi, sans avoir à provoquer la discussion, Kiku en aurait été le premier ravi. Au final, mieux valait que tout soit réglé maintenant, puisqu'il n'y avait pas matière à s'inquiéter... Poutant, au fond, le japonais restait tout de même anxieux..

▬... Ça va aller pour lui, tu crois?... Vraiment? Mon petit garçon...

Il comprenait la douleur et la tristesse de Ludwig chaque fois que Lilien refusait que l'on lui lise une histoire, ou qu'il faisait le grand. Lui aussi avait l'impression que son bébé, si fragile au début, réclamant tant d'attention et de soin, était presque entré dans l'adolescence, et volait déjà de ses propres ailes en quittant le chemin que ses pères avaient tracé pour lui.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Mar 27 Sep 2016 - 20:44




RENTRÉE 2010


Tels pères, tels pères.
Ludwig avait bien remarqué que Kiku n'avait pas véritablement envie de réchauffer sa part : le motif du déplacement était autre, mais il n'arrivait pas à deviner de quoi il pouvait s'agir. La preuve qu'il avait eu raison, c'était que Kiku, une fois rentré dans l'autre pièce, avait simplement posé son gâteau sur le comptoir, soupirant de soulagement. Ludwig prit le gâteau sur l'assiette de son mari, mettant la part dans son propre plat, pour mettre le tout à réchauffer, vu que le japonais n'avait pas réellement l'intention de le faire.

Il s'approcha doucement, ouvrant les bras afin d'accueillir son conjoint dans ses bras, l'y serrant doucement. Sa présence lui avait manqué, sa petite taille adorable, le son de sa voix et la sensation de sa peau : la maison, durant une semaine, avait été affreusement silencieuse. Il savait que Lilien allait devoir rester là bas, et ceux même les week-end, et cette idée même le tuait lentement. Aussi, il espérait fortement que Kiku, lui, rentrerait le voir le plus possible, ne serait-ce que le soir, à chaque fin de cours. Le lit avait été terriblement froid durant son absence, et Ludwig n'avait aucunement envie de sentir ce vide à nouveau. Les yeux fermés, l'objet de ses pensés se mit à évoquer ses sentiments à voix haute, toujours profitant de l'embrassade.

Je suis rassuré... J'avais si peur que tu le prennes mal. Quand Lilien a été envoyé à Gryffondor, j'imaginais déjà ta réaction. Je suis heureux que tu l'ai accepté...

Bien entendu, Ludwig n'appréciait toujours pas Gryffondor. En plus d'être idiots et bruyant, ces imbéciles se vantaient constamment de posséder tous ces défauts insupportables. Courageux ? Ça, ils l'étaient, en effet, personne ne pouvait affirmer le contraire. Mais être courageux sans être réfléchi pouvait aussi se référer à un autre mot : suicidaire. La majorité étaient impulsifs, et fonçaient dans le tas sans jamais envisager que quelque chose puisse mal se passer. Et il ne parlait en aucun cas de stéréotype. C'était dans leur nature d'aller à l'aventure. Certains étaient curieux, tels des serdaigle, mais cela les amenait très souvent à visiter les lieux interdits. Des briseurs de règle. Beaucoup travaillaient dur comme des poufsouffles, et possédaient la même gentillesse. En général, ceux là étaient bruyant, et protégeaient toujours tout le monde, se mêlant de ce qui ne les regardait pas. Intrusifs. Et quand à ceux qui avaient l'ambition des serpentards, ils venaient régulièrement crier haut et fort leur mérite. Vantards. Gryffondor avait le chic pour rentre toutes les maisons négatives.

Mais il devait positiver. Certains gryffondor étaient charmant. Maria et Matthew, durant ses années à Poudlard, avaient été absolument sympathique, bien que Maria avait le sang chaud, et qu'il trouvait Matthew absolument inintéressant. Cependant peut être que son fils, son propre fils, pouvait changer cette vision qu'il avait de la maison sang et or.

... Ça va aller pour lui, tu crois?... Vraiment? Mon petit garçon...

Ludwig soupira, redressant la tête de son mari afin de pouvoir le regarder.

Ce n'est pas comme si nous pouvions prévoir tout son futur, malheureusement... Il a son caractère, sa propre liberté. Et il vient de nous le démontrer, en s'éloignant ainsi de nos projets pour lui.

Ludwig l'avait toujours vu à serdaigle, alors que, il le voyait maintenant, c'était loin d'être le cas. Peut être était-ce à cause de sa ressemblance frappante avec lui même ? Peut être à cause de ses yeux asiatiques, qui lui rappelait toujours Kiku ? Peut être était-ce à cause de son assurance, qu'il avait hérité de son père allemand, de son oncle comme de son grand père ? Lilien avait toujours été sur de lui, mais ce trait de caractère n'avait jamais eu aucun rapport avec les quatre maisons de Poudlard.
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Crin de Licorne, 21 centimètre, flexible... Essaie celle ci.

Le vendeur de baguette tendait, au grand désespoir de Lilien, un autre étui exactement identique à tous les autres. Dedans se trouvait une baguette de bois clair, au manche décoré d'étoiles sculptées. Il la prit, silencieusement, sourcil froncé : le jeune allemand boudait fortement. Cela faisait au moins une demie heure qu'ils étaient là, à chercher se baguette, et qu'ils ne la trouvaient pas. Bien entendu, le jeune Beilschmidt était tout sauf patient, et tout sauf amusé. Il avait pointé du doigt, dès son entrée dans le magasin, une baguette qu'il disait "être fait pour lui", mais le vendeur lui avait dit qu'une telle baguette n'irait pas à un enfant de sa lignée. On s'était, encore une fois, basé sur ses parents plutôt que sur lui, et cela avait le don de l'énerver.

Pour montrer son mécontentement, il prit le bout de boit avec colère, d'un coup sec, et fit un geste au hasard, qui fit tomber tous les étuis des étagères, avant de lâcher la baguette, la laissant tomber au sol tel une branche d'arbre moisie. Ludwig était tout sauf satisfait du comportement de son fils.

Lilien, soit un peu plus respectueux avec le monsieur qui essaie de t'aider : à ton âge, on ne fait plus de caca nerveux ainsi !...

L'enfant grogna à nouveau, tapant du pied sur le sol, alors que le pauvre vendeur ramassait la baguette pour la remettre dans son étui, visiblement attristé de la violence envers son travail.

C'est pas un caca nerveux ! Depuis tout à l'heure on tourne en rond, alors qu'on pourrait juste me donner la baguette que je veux !
Le vendeur a dit qu'elle ne t'irait pas. Laisse le faire son travail !
Et moi dans tout cela ?! C'est MA baguette ! N'ai-je pas mon mot à dire là dessus ? Depuis tout à l'heure, on ne me donne que du crin de licorne, ou du bois clair ! Peut être que c'est à toi qu'on essaie de vendre une baguette ?! Non ! Je déteste ça, et je te déteste aussi !

L'enfant parti plus loin, traînant des pieds, pour regarder les passant marcher dans la rue, ce qu'il estimait déjà plus intéressant que de jouer à "quelle baguette lui ira le moins bien". Ludwig, lui, tentait de digérer ses paroles, se frottant la nuque. "Je te déteste". Quand on aime quelqu'un plus que tout au monde recevoir ces mots venant d'elle blesse toujours énormément. Il se souvenait de toutes les fois où, petit, il avait dit cela à son propre père, et se promettait d'aller s'excuser, même si cela n'était pas arrivé depuis des dizaines d'années. Cependant, il se souvenait de ce que lui pensait, lorsqu'il disait de tels mots. Il se sentait brimé, victime d'une injustice, et surement Lilien ressentait la même chose. Le fait d'être têtu s'était transmis chez les Beilschmidt, et cela le rendait intérieurement très fier. Aussi se tourna t'il vers le vendeur, hésitant.

Pourrait-il... Essayer la fameuse baguette ?

A ces mots, Lilien se retourna des étoiles dans les yeux, pour voir le vendeur acquiescer et tendre le fameux objet magique vers l'enfant. Celui-ci couru jusqu'à l'homme afin de saisir la baguette entre ses doigts avec attention et délicatesse. Il n'eut même pas besoin de la secouer, que déjà un courant d'air agréable venait secouer ses cheveux, comme si un lien venait de se créer : un lien puissant, fidèle. Et l'enfant avait murmuré, en japonais, "nous allons faire une merveilleuse équipe".

Je suis, moi aussi, un peu têtu, je dois l'avouer... Avait dit le vendeur calmement. Car il était pourtant évident qu'elle était faite pour lui. Du bois d'ébène : le meilleur pour la magie de combat et la magie de transfiguration. Plus forte avec les utilisateurs ayant le courage d'être eux même, elle marchera mieux avec les sorciers ne revenant jamais sur leur décision. Poitrail de dragon, l'intérieur de baguette créant les sorts les plus puissants. Malheureusement, cela signifie aussi que la baguette peut facilement changer d'utilisateur, et est donc très facile à voler. Cela dit, si voleur il y a, il se tournera vers une baguette plus sure, car le poitrail de dragon provoque souvent des accidents. La longueur est basique, et le tout est rigide.

Ludwig fronça les sourcils, n'aimant pas particulièrement l'idée que Lilien puisse ainsi provoquer des accidents à tout bout de champs, cependant, il était inutile de le préciser à haute voix : son fils était déjà complètement tombé amoureux de son outil, et n'allait en changer pour rien au monde.
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C'est l'odeur du chocolat qui fit sortir Ludwig de ses pensées : les part des gâteaux étaient maintenant bien chaudes, prêtes à manger. Cependant, son cours voyage au pays des souvenirs lui avait confirmé sa crainte : il avait été aveugle de ne pas voir que son fils avait marqué "Gryffondor" sur son front depuis tout ce temps. Il avait également honte de ne pas avoir apprécier la nouvelle : c'était cet entêtement et ce courage de dire ce qu'il pensait qui lui avait apporté sa baguette, et sans cela, surement ne l'aurait-il jamais trouver.

Plus la peine de mentir, Amsel... Il est fait pour gryffondor. Quand j'y pense, il m'est impossible de le voir autre part. Nous n'avons plus qu'à l'éduquer au mieux pour qu'il ne soit pas trop bruyant, en espérant qu'il retienne au moins cela.

Ce que les deux parents ne voyaient pas, c'était l'immense sourire de Lilien, qui les écoutait à la porte. Sa prochaine mission allait être d'être le plus remarquable possible, et quoi de mieux pour cela que de chanter à tue-tête dans la grande salle ?...

Sa vie de casse cou commençait dès maintenant.





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MessageSujet: Re: [TERMINÉ]Tels pères, tels pères. [Berlin - 2010] Mer 28 Sep 2016 - 22:54

Tels pères, tels pères
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Berlin - 2010
En sentant les bras de son mari l'entourer, une bonne partie de son anxiété s'envola. Il était fou de voir qu'un simple câlin pouvait faire autant de bien. Pourtant, ce n'était pas grand chose, juste un contact prolongé entre deux personnes. Et Dieu savait que Kiku avait été élevé hors de ce genre d'affections, qu'il avait longtemps crues futiles  et sans intérêt. Il se rendait compte avec ses amis, et surtout avec Ludwig à quel point il avait eu tord. Rien ne l'apaisait plus que de se laisser bercer par les bras d'autrui, de surcroît quand cette personne était aussi confortable qu'un nounours. Pour accompagner cette étreinte rassurante, Ludwig répondit à ses interrogations, tentant de le convaincre que tout irait pour le mieux, et que Lilien avait toujours été ainsi: un petit aventurier têtu et joyeux. Il souleva son menton pour qu'il le regarde dans les yeux et intègre au mieux ce qu'il lui dirait -si Kiku parvenait à ne pas se perde dans son regard.

▬ Ce n'est pas comme si nous pouvions prévoir tout son futur, malheureusement... Il a son caractère, sa propre liberté. Et il vient de nous le démontrer, en s'éloignant ainsi de nos projets pour lui.

Cela aurait été si simple... Pouvoir prévoir à l'avance les obstacles qui se dresseraient sur sa route, pour pouvoir l'en protéger et faire en sorte qu'il ne lui arrive rien, qu'il n'ait jamais à subir la moindre perte, ou la moindre tristesse, contrairement à ses parents. Il manqua de se laisser aller à ses souvenirs d'années étudiantes, ou tant de choses étaient allées de travers, mais la sonnerie du micro-onde annonçant que les parts étaient chaudes l'en empêcha, fort heureusement, ainsi que son mari qui reprit la parole pour achever de le détendre.

▬ Plus la peine de mentir, Amsel... Il est fait pour Gryffondor. Quand j'y pense, il m'est impossible de le voir autre part. Nous n'avons plus qu'à l'éduquer au mieux pour qu'il ne soit pas trop bruyant, en espérant qu'il retienne au moins cela.

Ces derniers mots lui donnèrent un petit sourire. Il se rappelait tous ces amis Gryffondors qu'il avait cotoyés au collège, et qui pour lui valaient autant qu'un quelconque Serpentard, ou Poufsouffle, ou même Serdaigle. Chaque maison avait ses défauts, mais contrairement à Ludwig, il ne pensait pas que la maison rouge et or ne possédait aucune qualité. Il se rappelait Elizaveta, parfois garçon manqué, bagarreuse, mais toujours brave, fonceuse, avide de victoire; Matthew, parfois trop discret, ou au contraire trop violent lorsqu'il parlait de sport, mais toujours de bons conseils, gentil, courageux à sa manière; Kyosuke, qui était... Kyosuke. Parfois intrusif, parfois irréfléchi et avec de mauvaises idées, mais aussi stratège, calculateur, encourageant. Tous étaient différents mais chacun avait cette petite chose, ce petit trait de caractère qui faisait la différence et en faisait une personne agréable. Bien sûr, que ce soit à Gryffondor ou ailleurs, il y avait toujours des personnes avec qui Kiku ne s'entendait pas et ne s'entendrait jamais, peu importe à quel point on vantait leur mérite et leurs qualités, un peu trop dissimulées à son goût. Il pensait par exemple à Saïda ou à Sacha. Il avait fait l'impasse sur sa relation avec eux, pour éviter la moindre querelle. Il partageait désormais avec eux une indifférence polie, et cela leur convenait très bien. Mais Ludwig avait raison. Peu importe le bien ou le mal qu'ils pensaient de la maison des lions, il fallait accepter l'affectation de Lilien: il était fait pour ça. De son caractère à sa baguette, en passant par son animal de compagnie parfois furibond, de ses jeux à l'insigne qu'il portait désormais, tout son être criait qu'il appartenait à Gryffondor, et à rien d'autre. Il soupira une dernière fois d'un air amusé.

▬ Tu as raison... Et puis, comme tu le dis, nous serons là pour lui. Je serai à l'école pour le surveiller, s'il y a le moindre problème, et je te ferai part de tout ça en rentrant le soir.

Car évidemment, Kiku avait l'intention de retourner chez lui une fois sa journée de cours terminée. Pendant l'absence de Ludwig, et alors qu'il venait de commencer son travail, il avait refusé de dormir dans la chambre portant son nom à Poudlard, sauf cas exceptionnel. Il voulait que la maison qu'il avait achetée en Allemagne vive, malgré sa solitude entre ses murs. Il ne pouvait pas laisser les meubles prendre la poussière en attendant le retour de l'allemand. Il fallait qu'il s'y sente déjà chez lui en arrivant. Et quand son mari était revenu, Kiku avait décidé de ne plus jamais le laisser. Ainsi il rentrait tous les soirs après son travail, le transplanage lui permettant de se téléporter de l'Ecosse au pays de l'Est en une seconde, d'être dans ses bras en dix, et de dormir près de lui une fois l'heure du coucher venue. Et comme il le disait, il pourrait lui rapporter les nouvelles concernant Lilien: comment il s'en sortait dans les autres matières, qui étaient ses amis... Kiku était sûr que son fils aurait toujours besoin de leur aide, même si parfois, il lui arrivait de s'emporter et de leur dire des choses qu'il ne pensait pas, pour les blesser et leur faire ressentir sa frustration. D'ailleurs, pas plus tard que cette semaine, le petit allemand avait sollicité son aide...
________________________________________________
Il s'affala sur une chaise, posée dans un coin de la serre. Sa première journée de cours de l'année venait de s'achever. Enseigner face à un classe était pire qu'on ne le pensait. Ces petits sorciers amateurs vous fixaient tous de leurs yeux avides, cherchant la moindre faiblesse dans votre présentation pour se moquer de vous. Une syllabe de travers, un vêtement mal rentré ou boutonné, et vous voilà avec un surnom désobligeant pour le reste de l'année. Il avait déjà subi ce problème, quelques années plus tôt, lorsque son ancienne professeure de Défense contre les Forces du Mal, passant à Poudlard, le croisa dans un couloir. Elle l'avait alors reconnu et appelé par le nom qu'elle avait associé à son visage, et qu'elle n'avait jamais corrigé malgré les remarques de Kiku: Toyota. Manque de bol, un de ses élèves moldus n'était pas loin et s'était empressé d'aller tout raconter à ses camarades. Ainsi, tout le long de l'année, cette classe de Serpentards l'avait désigné ou appelé par cette amusante formule: Mr. Toyota. Et tous savaient que son autorité ne tenait pas à grand chose, et qu'ainsi il n'oserait pas les réprimander. Ce qu'il ne fit pas. Francis s'en amusa d'ailleurs tout le long de l'année. Cette mauvaise blague avait fini par prendre fin, heureusement, les élèves se lassant sans doute de faire toujours la même plaisanterie. Kiku espérait cette fois pouvoir passer une année scolaire sans pseudonyme humiliant, sans chewing-gum sous les tables de la serre, et sans élève cancre qui détériorait ses plantes en s'en fichant autant que la révoltes des gobelins. Il avait parfois ramassé une plante extrêmement rare dans un état déplorable car un étudiant lui avait trop donné à manger, ou n'avait pas respecté la quantité de produit à lui appliquer. Et c'était à lui de les remettre sur pied à l'heure du repas, alors qu'il aurait dû manger avec les autres professeurs, ou le soir, alors qu'il devait corriger les devoirs rendus par ses apprentis botanistes. Ce jour-là, heureusement, aucun incident n'avait été à déplorer. Une grande partie de la leçon s'était concentrée sur la théorie, puis les élèves avaient juste eu à observer le comportement d'une fleur lorsqu'on la privait de soleil. Rien de bien compliqué. Il avait donc sa soirée de libre. Tout ce qu'il avait à faire était de ranger la serre, puis de rejoindre les chambres professorales. Il faisait toujours cela la première semaine, pour pouvoir préparer ses cours dans le calme. La petite bibliothèque réservée aux professeurs était une mine d'or non négligeable pour qui souhaitait s'organiser à l'avance, alors il ne s'en privait pas. Pour l'heure, il nettoyait les tables, tirait les rideaux de la serre, nourrissait et arrosait les quelques plantes qui en avaient besoin. Mais alors qu'il bouclait son sac, le rangement enfin fait, il entendit quelqu'un taper au carreau de la porte en verre. Se demandant qui pouvait bien lui rendre visite à une telle heure, il alla ouvrir... et se retrouva face à son fils.

▬... Lilien? s'assura-t-il, effaré de le trouver là.
▬ Papa, il faut que tu m'aides!
▬ Qu'est-ce que tu fais ici? Le couvre-feu est passé depuis-!
▬ Je sais, je sais, mais s'il te plaît, j'ai absolument besoin de ton aide! le supplia l'allemand, les mains jointes en signe de prière.
▬...

Cela avait l'air sérieux. Il lui fit signe de rentrer et referma derrière lui histoire de ne pas être surpris par un autre enseignant un peu trop curieux.

▬ De quoi as-tu besoin?

Ses interrogations quant à la présence de Lilien s'était déjà envolées. À présent, il était inquiet. L'enfant devait avoir une très bonne raison d'être là aussi tard. Son fils avait besoin de lui. Avec un air anxieux digne de son père, le Gryffondor lui montra un manuel qu'il tenait entre ses mains, tapotant la couverture avec empressement.

▬ Je n'arrive pas à faire mon devoir, j'ai besoin de toi!
▬... Ton-?
▬ J'avais peur que mes copains se moquent de moi s'ils voyaient que je ne savais pas, alors je suis venu te voir!

Kiku n'en croyait pas ses oreilles. Il était vrai qu'il aidait parfois Lilien à faire ses devoirs de primaire, une fois rentré de Poudlard. Mais à présent, les choses étaient différentes. Il n'avait plus ce rôle.

▬ Non... Non, Lilien, je suis ton professeur, maintenant! Tu ne peux pas me demander de faire tes devoirs à ta place! C'est comme si tu allais voir ton professeur d'Histoire de la Magie au milieu de la nuit pour lui demander de t'aider! C'est ridicule, ça ne se fait pas!
▬ Pourtant, tous nos professeurs disent que c'est bien de poser des questions et qu'il ne faut pas hésiter à demander...
▬...

Mauvais exemple. Le japonais avait toujours été le genre d'élève à ne jamais déranger un enseignant en l'interrogeant quand quelque chose lui échappait ou qu'il n'avait pas compris un détail. Lui allait chercher l'information par lui-même, sans importuner le pauvre hère qui en avait sans doute marre de répéter cinquante fois les mêmes choses. Il était évident que c'était ce qu'il ne fallait pas faire. C'était une perte de temps. Peut-être était-ce pour ça qu'il avait toujours était mauvais aux cours de Mme Alconahuacatl. Il ne parvenait pas à suivre correctement le cours, et peinait à rassembler des connaissances une fois rentré à la tour des Serdaigles.

▬... B-bref, je ne peux pas-
▬ S'il te plaît, papa! Onegai, onegai, onegai! l'acheva-t-il avec des yeux biches.
▬ M-mais...

Kiku ne le savait pas à cet instant, mais il avait déjà perdu. Il suffisait que son fils lui parle dans sa langue natale et qu'il prenne son air de chien battu pour le convaincre en toute circonstance. Après quelques secondes à se regarder ainsi, l'un hésitant, l'autre sûr de sa victoire, le père finit par pousser un soupir, tirant deux chaises devant son bureau pour venir s'asseoir sur l'une d'elle.

▬ Assieds-toi... Quelle est la matière qui te donne du fil à retordre?
▬ Potions! s'exclama son fils en s'installant près de lui, tout content d'avoir réussi à le faire céder.

Son papa se figea, le regard perdu dans les ignobles souvenirs de ces heures passées aux cachots. Il pointa brusquement la porte du doigt.

▬... Sors d'ici.
▬ Papa, non!

Il poussa un nouveau soupir, cette fois-ci plus exaspéré que résigné, se massant le front par avance, prédisant déjà le mal de crâne qui résulterait de cette séance d'aide aux devoirs.

▬... Je sens que je vais le regretter. Montre-moi.

Ils passèrent une bonne demi-heure à lire les exercices donnés, ainsi qu'à essayer de rédiger un plan de commentaire sur les effets de l'infusion d'armoise. Mais malgré tous ses efforts, malgré toutes les soirées de révision où il avait lutté pour intégrer les informations nécessaires à l'obtention de ses ASPICs ou de ses examens de doctorat, Kiku ne pouvait pas l'aider. Son fils comprit que quelque chose clochait lorsque son père resta deux bonnes minutes immobile, fixant la page ouverte du livre, à tenter de comprendre les instructions.

▬...Papa?
▬ Je... Je ne comprend rien. Je n'y arrive pas.
▬ Quoi, mais... Tu es professeur de botanique! s'indigna-t-il, frustré que même son paternel ne puisse pas faire quelque chose à cette feuille blanche. Tu dois bien savoir quelque chose là-dessus!
▬ La botanique et les potions sont deux choses différentes, Lilien! Et puis... sache que j'ai obtenu la mention nécessaire en potions de justesse, avoue-t-il, honteux. J'ai toujours détesté ça!
▬ Alors... tu ne peux pas m'aider?
▬... Pas vraiment, mon cœur. Je suis désolé, mais tu vas devoir demander de l'aide à tes amis.

Son fils afficha une moue déçue, contrarié. Il avait toujours vu son père comme le meilleur des professeurs, mais maintenant qu'il rentrait au collège, il se rendait compte que tout ça n'était qu'une illusion créée par son esprit d'enfant. À part s'occuper de ses fleurs à la perfection, Kiku ne savait rien faire d'autre. Ce n'était pas avec lui qu'il réussirait à remplir son parchemin. Il se leva donc de son siège, résigné à devoir retourner à son dortoir et s'humilier devant ses camarades pour avoir une réponse à ses questions.

▬ J'ai perdu du temps pour rien, dit-il en se dirigeant vers la porte, que son père lui ouvrait déjà pour avoir la paix. Mr Bonnefoy va-
▬ Et bien tu diras à Mr Bonnefoy que sa matière ne me sied guère! Bonne nuit, chéri.

Il lui déposa un dernier bisou sur le front pour ne pas avoir trop l'air de se débarrasser de lui, mais il était à bout. Cette entrevue avait réveillé sa frustration face à l'art des élixirs et des filtres, une haine dont il pensait s'être enfin débarrassé à la fin de ses études. Il referma la porte séance tenante, la verrouillant pour en interdire définitivement l'accès. Puis il emprunta une autre sortie pour rejoindre le calme de sa chambre au plus vite.

Ce n'est que quelques jours plus tard que Francis vint l'accoster à l'heure du repas, se plantant devant lui alors que Kiku s'apprêtait à enfourner dans sa bouche un délicieux morceau de bacon. Bras croisés, raide, le français ne semblait pas très content.

▬ Alors comme ça, on raconte à mes élèves que ma matière est nulle?

Le japonais faillit s'étouffer avec son bout de viande. Ah, le garnement! Voilà donc sa manière de se venger de l'indifférence de son père? Alors qu'en tout honnêteté, Kiku avait tout tenté pour l'aider, bien que ce fut sans succès. Il aperçut d'ailleurs son fils, assis à sa table, qui lui lança un grand sourire en croisant son regard, comme pour lui dire "Vengeance!". Le botaniste dû s'expliquer avec son collègue pour lui faire comprendre qu'il n'avait jamais dit une telle chose, et que ce n'était qu'un tour joué par le petit allemand. Cela fit rire Francis, qui lui avoua qu'il le savait déjà. Il savait que son ami de Poudlard n'aurait jamais dit une telle chose, mais cela l'amusait de le taquiner ainsi. Kiku se retint de réprimander son fils. Il l'avait plutôt mérité, dans un sens. Quand on est parent, même si l'on comprend autant de choses que son enfant dans un devoir compliqué -c'est à dire pas grand chose, en ce qui concernait le papa-, on se devait d'être tout de même derrière lui et de faire de son mieux. Il s'était clairement débarrassé de la corvée, de peur de retomber dans cette lassitude qui l'assaillait chaque fois qu'il échouait à produire quoi que ce soit dans cette matière maudite. Il s'était promis, depuis ce jour, de toujours faire le maximum pour venir en aide à son garçon.
________________________________________________
Se remémorer cette semaine où il avait manqué à son devoir de parent le mit mal à l'aise, lui tordant douloureusement le ventre. Mais il s'était promis de ne plus faire la même erreur. Il serait là pour son fils, pour son conjoint. Il avait enfin obtenu la vie paisible dont il rêvait, grâce à ses deux amours. Il avait attendu, mais cela en avait valu la peine. Hors de question de la laisser s'échapper à nouveau. Ce bonheur était le sien, désormais, et il comptait bien en profiter. Au fond, peu importe Gryffondor, ou Serpentard, ou n'importe quoi d'autre. L'essentiel était que son fils soit heureux et s'épanouisse dans le monde des sorciers. Comme pour accompagner ce calme, cette douce atmosphère, la délicieuse odeur du chocolat lui caressa les narines. Il eut un petit sourire, embrassant une dernière fois Ludwig avant de se détacher de lui, presque à regret.

▬ Allez, allons rejoindre Lilien. J'ai hâte de goûter à ce bon gâteau.

Désormais, son existence était semblable à cette part de gâteau: alléchante, pleine de bonnes choses, à dévorer sans fin. Et il comptait bien en profiter.
Feat Ludwig and Lilien Beilschmidt


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