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[Avril 2013] Dix ans à purger, et dix pour te faire pardonner || ft. Gilbert B.

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MessageSujet: [Avril 2013] Dix ans à purger, et dix pour te faire pardonner || ft. Gilbert B. Jeu 29 Sep - 13:34

It's been a long time × ft. Gilbert Beilschmidt
C'était le fameux jour.

L'une des plus longues affaires qu'Arthur suivait allait prendre fin, et très franchement, « il était temps ». Entre la veille de son anniversaire – ses 39 ans qu'il allait fêter la semaine prochaine – le travail amassé à côté de ce dossier et l'occupation permanente que prenait la maison, son mari et son fils dans la journée, il avait de quoi réclamer un poids en moins. Pas que l'affaire qui allait se conclure en était un, juste que, lui qui l'avait suivit de près, il allait enfin pouvoir apporter les dernières lumières sur des questions qu'il s'était posé. Et même, cesser de se tourmenter sur des choses qui lui pesaient un peu sur le cœur.

Les choses dites pesantes ne le concernaient pas lui directement, mais plutôt Francis : quand ce dernier avait su de quoi s'occupait Arthur, il lui avait régulièrement demandé des nouvelles. Des détails. Des dates. Mais Arthur, très professionnel, s'était bien gardé de divulguer des morceaux du dossier, quand bien même il s'agissait de son époux et qu'il lui faisait confiance. Parce que, qui sait ce qu'il allait entendre ? De la bouche de ce type en plus.

Le blond jeta un dernier coup d'oeil à la photo de son fils, Thomas, posée sur le bureau et qui montrait un jeune garçon souriant et calme dans son nouvel uniforme de Serdaigle. Puis, comme si ce cadre venait de le gonfler de courage, il se leva. Pas besoin pour lui d'apporter le dossier : il l'avait retenu par cœur à force de le lire, et en plus il l'avait lu, relu et re-relu encore ces dernières 48 heures lorsqu'on lui a signalé qu'il allait être libéré. Et c'était à lui de terminer le travail. Tu parles d'un cadeau... pensa-t-il en réajustant un peu sa cravate alors que la porte se fermait derrière lui.

Durant son trajet – dans lequel il avança sans se presser car il restait ponctuel – il repensa à toutes ces fois, toutes ces images, tout ces mots qu'il avait échangé avec la personne qu'il allait retrouver. Après une vingtaine d'années à avoir juste prit des nouvelles par des bouts de papier et des rapports oraux des Aurors. Comment se comportait-il, comment communiquait-il, est ce que les informations données car exigées suffisaient ? Eh bien oui, car pour une fois, la personne s'était révélé « coopérative »; comme se l'était suggéré Arthur pour son propre compte. Pour une fois, avec une touche d'ironie. En même temps, vu sa position, il ne risquait plus grand chose à refuser; c'était même mieux pour lui d'accepter.

Il fut salué par quelques collègues dans les couloirs et ascenseurs, avant de se retrouver dans un sous-sol quotidiennement peu fréquenté. Et pour cause : ici l'on accueillait des « paquets » en tout genre qui, malgré leur arrivé au Ministère, risquait encore un retour sévère en arrière. Et dans ce cas-là, un renvoi à la prison d'Azkaban. Mais Arthur avait... « confiance » : la personne allait sortir, il lui suffisait simplement de dire ce qu'il – ou plutôt, la justice – avait envie d'entendre.

Mais bon, il ne le connaissait que trop bien.

Lorsque le blond fut remarqué par les Aurors, ceux-ci lui indiquèrent la porte qui menait à un autre couloir, dans lequel, disaient-il, patrouillait un de leur collègues. Il hocha la tête, passa la porte, puis demanda au dit Auror présent de lui laisser la place, maintenant qu'il était là.

Alors celui-ci parti – disant bien surveiller les lieux le temps de cette entrevue – et Arthur ne se risqua pas à entrer tout de suite « de l'autre côté » : en effet, des barreaux les séparaient, lui et un homme qui avait été emmené après avoir été retiré de la prison d'Azkaban. Le britannique prit le temps de l'observer, sans un bruit, le silence traduisant ce nouveau départ qui allait commencer, puis dit enfin :

- Gilbert Maria Fridriech Willhem Beilschmidt Hohenlohe...

Pour une fois, il ne fit pas la bêtise de ricaner.

- Ça faisait longtemps.
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MessageSujet: Re: [Avril 2013] Dix ans à purger, et dix pour te faire pardonner || ft. Gilbert B. Ven 14 Oct - 17:08




Do you really want to set me free ?
Ca faisait un bail, Kirky.
« Do you really think you can trust me ? »Vingt ans.

Cela faisait maintenant vingt que Gilbert avait croupit, enfermé dans cet enfer qu'était Azkaban.
Vingt ans, ça faisait la moitié de sa vie gâchée, à pourrir dans une cellule puant l'humidité et la mort, ayant pour seule compagnie un rat qu'il avait affectueusement nommé Colonel. Enfin, il s'agissait sûrement de plusieurs rat en réalité, toute une famille même qui se déplaçait librement dans la prison, mais l'allemand n'avait pas pris la peine d'y faire attention. Ce n'était que des rats.
Il croisait également parfois quelques Aurors, mais il n'y prêtait jamais attention. Il les méprisait quelques peu. Que ce soit les plus anciens, comme les plus jeunes. A ces derniers même, il s'amusait parfois à leur lancer en ricanant que « j'ai été Auror moi aussi. Et avant toi, petit. » Même si certains avaient maintenant plus d'une dizaine d'années d'expérience.
Car oui. Lui, mage noir, menteur, traître et assassin, était devenu un Auror. Il avait passé brillamment son diplôme, il était le meilleur de sa promotion. Il avait même eu le temps de procéder à quelques arrestations, quelques chasses avant de se faire arrêter.
Combien de fois lui avait-on dit à cette époque qu'il était destiné à faire parti des meilleurs ? Des plus grands ?
C'était ironique. Tellement ironique. Il en avait ri, enfermé dans sa cage, sous les yeux des juges, le jour de son procès.
Puis il avait été condamné. Perpétuité, à Azkaban.
Perpétuité. Pour un Sang-Pur, toute une vie, ça faisait long. Très long.
Il avait un eu moins ri, après coup.

Vingt ans donc. Il avait survécu vingt ans dans cet endroit putride. Lui avait toujours été baigné dans le luxe, il se demandait bien comment il avait pu tenir aussi longtemps.

Enfin.
Bientôt tout cela devrait être terminé. Si tout se passait bien.

On le lui avait dit sans cesse pendant vingt ans.
« Parle. », « Dis-nous ce que tu sais. », « Donne nous des noms ». Vraisemblablement, tous les Sans-Visages n'avaient pas été arrêtés. Ils étaient encore nombreux dehors, et les Aurors n'arrivaient pas à leur mettre la main dessus. Gilbert suspectait sa mère de faire partie de ces mages noirs en fuite… Enfin. Si elle était réellement « en fuite ». La connaissant, Swanhilde avait trouvé une pirouette pour ne rien risquer. Peut-être avait-elle su faire pression au bon endroit ? Dommage qu'elle n'ait pas pu le faire sortir.
Quoi qu'il se doutait qu'il s'agissait bien de quelque chose d'impossible. Ne pas enfermer un mage noir était une chose. En libérer un d'Azkaban sans raison solide… Quelle idée saugrenue.
Il avait entendu dire que Ludwig avait été libéré depuis longtemps. Tant mieux. Son petit frère ne méritait pas de vivre dans un tel endroit.
Antonio… Il n'en avait jamais eu la moindre nouvelle. Avait-il été arrêté ? Sûrement. Si oui, où était-il ? Si non… Que faisait-il ? L'albinos s'était souvent posé la question, sans trouver de réponse adéquate.
Antonio serait-il encore enfermé ? Ou avait-il été libéré bien avant lui ?
Ou peut-être ne s'était-il jamais fait arrêté. Peut-être avait-il aujourd'hui une jolie maison en Espagne, une jolie femme -ou un mari !-, et quelques gosses.
Ou peut-être qu'il était mort.
Gilbert doutait sérieusement de sa capacité à survivre au sein de la prison d'Azkaban.

Quoiqu'il en soit, ils étaient séparés depuis bien plus longtemps que son arrestation, ils avaient quelques peu perdu contact, chacun de leur côté. Alors au final, ce qui avait pu arriver à son ex ne lui importait plus qu'assez peu.

Sans coeur vous dites ?
Bah, vingt ans en prison, ça vous change un homme. Puis, Gilbert se doutait que ses anciens amis ne se souciaient plus de lui non plus pour la plupart.
Peut-être même que certains le détestaient ?
Peu importe. Ils n'étaient plus grand-chose aux yeux de l'albinos.

« Parle », lui avait-on dit. Et toujours Gilbert avait ri. « Qu'est-ce que ça m'apporte, à moi ? »

Ce petit jeu avait duré longtemps. Très longtemps. Avant qu'enfin, les Aurors ne changent les règles du jeu.

« Donne-nous des noms… Des lieux. Et tu seras libéré. »

Il avait sincèrement cru à une mauvaise blague. Avant d'y réfléchir, sérieusement. Qu'est-ce que cela lui coûterait, de coopérer ? Il voulait sortir. Il se fichait du destin des autres. Ça ne l'intéressait pas. Si lui pouvait sortir… Alors la vie des autres n'avait plus la moindre valeur à ses yeux.

Mais comment pouvait-il vraiment les croire ? Il n'avait aucune preuve qu'il retrouverait la liberté après avoir cafté.
Ça ne coûtait rien d'essayé.
Alors il avait accepté.

Et à partir de ce jour, très vite les choses se sont mises en marche.

On ne libérait pas ainsi un mage noir de la pire prison au monde. Cela avait pris des mois, des mois pendant lesquels l'allemand n'avait lâché le moindre mot. « Vous n'aurez rien tant que je ne serai pas sûr que vous tiendrez votre part du marché ».
Ça en avait fait grogner plus d'un.

Mais ainsi, et grâce à cette persévérance, Gilbert avait été sorti de sa cellule. Pour la première fois en vingt ans, il avait pu de nouveau sentir le soleil sur son visage, et le vent dans ses cheveux. Dieu ce que ça avait pu lui manquer. Mais pas le temps de profiter, il avait ensuite été escorté vers le ministère de la magie britannique, puis de nouveau enfermé. Une nouvelle prison. En attendant d'être entendu. Par qui ? Sûrement un péquenot du ministère qui allait le mépriser durant tout l'entretien.
Ça promettait d'être drôle.

Il avait alors attendu, tapotant la table devant lui du bout des doigts, tête baissée. Il avait hâte d'en finir. De pouvoir rentrer chez lui.

Gilbert ferma les yeux. Il écoutait distraitement les pas de l'Auror qui se trouvait à l'extérieur de la pièce. Il entendait sa petite ronde. Un, deux trois, quatre. Silence. Un, deux, trois, quatre. Silence. Un, deux, trois, quatre. Silence. C'était mécanique. Répétitif. Sûrement que la personne derrière les barreaux s'ennuyait fermement. Sûrement avait-elle d'autre chose à faire que de surveiller une saleté de mage noir qui devrait rester enfermer toute sa vie. Quel dommage.

Cela dura de longues, très longues minutes. Ou peut-être plus encore ? Il avait quelques peut perdu la notion du temps. Une heure ? Deux peut-être. Il ne savait pas. Tout ce qu'il notait, c'était qu'il ne se lassait pas d'examiner cette toute nouvelle pièce. Ce que ça pouvait faire du bien de changer un peu d'air. Il aurait bien aimé avoir une fenêtre en plus mais cela aurait été trop demandé ? Qui sait.

Un, deux, trois, quatre. Un, deux, trois… Oh ? L'autre avait arrêté de marcher plus tôt que prévu. Une porte s'était ouverte, des voix lui parvenaient. C'était drôle, le nouveau venu… Sa voix lui rappelait quelque chose. Quelqu'un.

Qui déjà ?

Un ami ? Non. Il n'en avait plus depuis longtemps.
Un ennemi alors… ? Mais lequel ? Oh, c'était frustrant.

La porte s'était refermée, puis les pas reprirent. Mais ceux-là n'étaient pas les mêmes. Plus lents. Un… Deux… Trois… Puis il s'était arrêté. Devant la cellule sûrement. Gilbert afficha un sourire, un sourire mauvais, avant de rouvrir ses paupières et de poser ses yeux écarlates sur cette personne.

Oh.

Lui alors…

L'allemand ne dit rien, ne lâcha pas le moindre mot. Il se contenta de fixer le blond, cette personne qu'il n'avait par le passé connu que trop bien. Il fit claquer sa langue quand enfin l'autre brisa le silence.

« Ja, ça faisait un bail, Kirky. »

Lui ne se gêna pas pour ricaner un seul instant, planta son regard dans celui de son vis-à-vis.

« Alors comme ça, c'est toi qui va choisir si je mérite de retourner à la civilisation ou non ?… Comme c'est ironique, de la part de quelqu'un qui nous a grandement aidé, à l'époque. »

Oh peut-être que rappeler cette sordide histoire de basilic à Arthur n'était pas la meilleure des choses à faire, mais que voulez-vous.

Après vingt ans, il en avait des choses à rattraper.
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MessageSujet: Re: [Avril 2013] Dix ans à purger, et dix pour te faire pardonner || ft. Gilbert B. Ven 14 Oct - 22:49

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« Ja, ça faisait un bail, Kirky. »

Le ricanement de Gilbert ramena Arthur loin dans le passé. Si ça faisait 20 ans qu'il le savait enfermé à Azkaban, ça faisait environ 28 ans, en comptant ses jeunes années à Poudlard, qu'il le connaissait. Enfin, pas que. Non seulement il le connaissait, mais il le méprisait, engueulait, punissait, ne comprenait jamais, ne lui souriait jamais, ne lui parlait jamais... sauf pour l'engueuler.

Mais ça, c'était avant.

Il est évident qu'après avoir découvert le double-jeu de l'allemand à l'époque, Arthur s'est mit à le haïr plus qu'il n'a pu détester et souhaiter la mort à Abbanzio Vargas. Enfin, la mort, c'était exagéré, mais sa rancune crevait des records, surtout quand on sait qu'il l'avait mit dans la confidence, à l'époque. Mais quand même... qu'est ce qu'ils étaient, avant tout ça ? Des Serpentard, des camarades de maison, des élèves avec des tensions, un préfet exigeant et un riche qui se foutait de ses consignes – pour ne pas dire « ordres ». Gilbert a toujours été comme ça. Et au statut d'élèves, quels que soit les titres qu'ils avaient, ils n'avaient pas à se pardonner ou se soumettre à l'autre.

Sauf que là, il était dans une position délicate, et Arthur, mille pieds au-dessus de lui. Hiérarchiquement. Un rôle qu'Arthur adorait à l'époque et qu'il adore toujours. Gilbert ne lui avait jamais obéi, pas une fois, à part grâce à la pression d'un professeur – mais pour le coup, c'est le professeur qu'il écoutait – et encore, c'était rare. Écrasé par le poids de ses actes et sa réputation auprès du Ministère – en d'autres termes, le Monde sorcier en lui-même... - il n'avait absolument pas la moindre échappatoire pour s'enfuir d'une quelconque sentence qu'on lui donnerait.

Et c'était à Arthur de décider celle-ci.

« Alors comme ça, c'est toi qui va choisir si je mérite de retourner à la civilisation ou non ?… Comme c'est ironique, de la part de quelqu'un qui nous a grandement aidé, à l'époque. »

Arthur ne répondit que par un léger froncement de sourcils.

Décidément, tout les souvenirs alliés à Gilbert étaient pénibles. Tous.

Malgré les fautes avouées et pardonnées par la plupart de ses proches – Arthur luttait toujours du côté du Directeur après tout – il s'en est toujours voulu pour avoir libéré le monstre de la légende de la Chambre des Secrets. Il ne lui suffisait même pas de fermer les yeux pour se souvenir de la scène exacte : ses pas tremblants jusqu'à l'autre bout de la Grande Salle et sa voix incertaine qui écriait ses aveux avec un calme contrôlé. Et ce fut une dure période.

Lui qui n'avait pas réputation à être entouré d'amis au quotidien, presque toute l'école lui reprochait cet épisode du Basilic.

Quand bien même ces deux hommes avaient tout les deux agis pour le compte d'Abbanzio Vargas au moins une fois, la seule différence, c'était qu'Arthur s'était fait pardonné. Officiellement, en tout cas. Depuis, on lui lâcha les basques, grâce au temps qui s'écoule. Gilbert, cependant, avait décidé d'aller jusqu'au bout. Il avait sans doute eu droit à des dizaines d'occasions à se repentir et à tout arrêter, mais non, il en avait décidé autrement. Ce fut sa faute la plus grave. Et l'affaire qu'Arthur a suivi pendant 20 ans s'acheva presque ici, sous ses yeux.

Maintenant, c'était à lui de décider. Libérer Gilbert, ou le ramener en prison.

Lui rendre la vie qu'il a volontairement risqué, ou le laisser croupir afin de terminer celle-ci.

À l'époque, Arthur parlait plus pour son égoïsme que pour la raison. Il avait ce côté volontaire pour la justice, mais adolescent, il était encore bête. Il punissait comme il pouvait qui lui cassait les couilles lorsque les siennes n'en pouvaient vraiment plus. Comme cette fois où il avait pendu Gilbert et son propre fiancé par les pieds toute une nuit. Il était fou de rage, ce jour-là. Et il y avait aussi cette fois-là où il risqua son poste de préfet, parce qu'en envoyant Gilbert aveuglé dans la serre, ce bouffon s'était arrangé pour s'en retrouver empoisonné. Aah, quelle belle époque...

… Pourquoi n'en étaient-ils pas resté à des querelles aussi simples ? Maintenant qu'ils étaient adultes, ils pouvaient se respecter, au pire ne plus se voir du tout. Il aurait entendu Francis lui dire qu'il avait invité l'allemand chez eux pendant que lui était au travail...

Mais voilà où il en était à la place.

Malgré les mots vexants de l'allemand, Arthur ne cilla pas, si ce n'est pour terminer son pas et lui faire correctement face, le nez frôlant presque les barreaux. Comme si, inconsciemment, il n'était pas certain que ce soit lui. Qu'il voulait se rapprocher encore plus pour confirmer que c'était bien cet imbécile congénital d'albinos. Mais cette voix et cet accent, sans oublier cette divine façon de lui parler, ça n'avait rien de trompeur.

- Tu as eu tout ton temps pour jouer au con, Beilschmidt. Je ne viens pas te voir vingt ans après pour entendre encore une de tes blagues de mauvais goût.

Car ils ne savaient faire que ça, à l'époque. Mal se parler, et rien de plus. Communiquer dans le sens propre du terme n'a jamais été qu'une option. Et comment réparer ça avec une relation pareille, surtout après une vingtaine d'années à ne pas avoir vu son minois ?

- Je ne te demande pas comment tu vas, ajouta-t-il sur le ton de l'évidence. Tu savais pour ton frère ? Lui, n'est resté que dix ans dans sa cellule. Et encore, il avait parlé bien avant, mais on ne pouvait pas lui rendre sa liberté trop vite. Pour ton information, Kiku m'a informé dans une lettre la semaine dernière qu'ils partaient prendre quelques congés chez son père.

Arthur n'avait qu'une chose à faire : prendre les noms et lui rendre sa vie.

Mais avant cela, il voulait d'abord lui rappeler ce que c'était qu'une « vie ». Parler de ses proches, lui raconter ce qui se passe dehors... En vingt ans, il n'avait droit à aucune nouvelle, pas même une idée de comment allait son petit frère. Il n'avait le droit à rien. Et si Ludwig avait été tué quelque part ou mort d'une manière accidentelle, Gilbert ne l'aurait su qu'à sa libération, des années après qu'un enterrement et une cérémonie auraient eu lieu. Mais ça n'était pas le cas.

Si ça se trouve, en apprenant la mort quelconque d'un proche, Gilbert aurait abandonné une partie de la liberté qu'on lui proposait. L'écossais avait tout les droits sur cette discussion, et lui secouer les cloches en lui rappelant que « dehors, les autres vivent sans toi », pouvait toujours apporter un petit bonus. Pas qu'il se souciait de Gilbert. Ça, c'était juste à titre personnel. Pour sa propre satisfaction. Et son sens de la justice.

Si Gilbert lui disait les bon mots, Arthur serait prêt à lui « pardonner ».

De toutes façons, une fois libre, il couperait totalement les ponts avec lui. Sauf si Francis venait à gueuler.

Mais bon, on n'allait plus suivre Gilbert à la trace après ça. Il fera ce qu'il veut.

Arthur s'arrêta avant de reprendre sur un autre ton, passant aux choses sérieuses.

- Mais tu sais pourquoi tu es là, Beilschmidt.

Pourquoi créer du suspens, ils avaient tout les deux attendu vingt ans pour ça.

- Je peux te confirmer sans mentir que si tu nous donnes les noms que tu détiens, tu seras libre. Libre d'aller où tu veux, du moment que cela nous permette de récupérer les derniers de ton camp.

À côté de ses dossiers quotidiens, Arthur prenait régulièrement en compte ces affaires diverses qui concernaient les Sans-Visages. Il lui était arrivé de partir enquêter, en compagnie d'Aurors, et une fois même d'en arrêter un. Le dernier qu'il avait rencontré – un fou qui ne voulait plus entendre raison et qui n'était pas promis au sort proposé à l'allemand – a été envoyé à Azkaban il y a deux ans.

Puis, Arthur jeta un regard vers la porte où, de l'autre côté, se trouvaient les Aurors qui avaient amené l'albinos ici. Il fallait qu'il s'assure que personne n'écoute pour le reste.

Car quand bien même Arthur était un membre du Ministère et Gilbert un criminel, ils partageaient un passé qu'ils allaient forcément évoquer à plusieurs reprises. Comme maintenant.

- Beilschmidt. Je sais qu'on ne s'est jamais entendu, et très franchement, je n'ai pas envie de profiter de cette entrevue pour « renouer »... Mais ça fait 20 ans que je me demande : pourquoi tu as fais tout cela.

Par satisfaction personnelle, et sûrement pas à écrire sur un post-it à coller dans le dossier.
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