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[1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas

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MessageSujet: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Lun 17 Oct - 20:51


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À photo envolée, ami trouvé


✽ ℱeat Feliciano Vargas
Mastiquant une choco-grenouille, Kiku vit par la fenêtre plongée dans le pénombre que le train ralentissait. Pris par surprise, il sauta sur son siège et se hissa sur la pointe des pieds pour pouvoir atteindre sa valise. Elle était plus facile à installer dans le filet qu'à l'en retirer. Et comme il n'était pas assez grand pour en voir l'ouverture, il dû chercher dedans à l'aveugle. Il en sortit sa robe de sorcier encore noire, sans insigne ni couleur, qu'il avait oublié de mettre, pour l'enfiler. Le reste de sa grenouille coincé entre ses dents, il vérifia que ses vêtements n'étaient pas sales et que sa chemise était bien rentrée dans son pantalon, avant d'ajuster une dernière fois sa cravate et de passer ses deux mains sur ses cheveux pour les aplatir. Il vérifia aussi ses lacets, car ils avaient tendance à se défaire contre sa volonté, et il préférait éviter une chute qui pourrait constituer sa première humiliation. Il voulait être parfait pour son premier jour d'école. Peut-être un professeur le réprimanderait-il s'il n'était pas tiré à quatre épingles. De toute façon, il avait été élevé dans cette habitude: toujours être présentable si l'on voulait être pris au sérieux.

Il attrapa et accrocha délicatement son précieux appareil photo, qui ne le quittait plus, autour de son cou, rangeant le flash proéminent dans la grande poche de sa robe, qu'il trouvait d'ailleurs très pratique pour ça. C'était le seul accessoire qu'il s'autorisait à porter en plus de son uniforme, et il espérait que cela ne dérangerait personne, ou que ce n'était pas contre le règlement. Cet appareil constituait son passe-temps principal depuis son arrivée au Royaume-Uni, grâce à sa meilleure amie qui le lui avait offert.

Lorsque le train freina, étant toujours debout, il faillit être catapulté sur le sol de son compartiment, mais se rattrapa de justesse sur la banquette vide en face de lui. Il s'était installé le dernier dans le Poudlard Express lors de son arrêt en gare de King's Cross, pour être sûr d'obtenir le dernier compartiment vide. La compagnie ne lui avait pas manqué, puisqu'il avait lu son exemplaire tout neuf de l'Histoire de Poudlard, ce qui avait fait défiler le paysage à une allure folle. Comme le temps passe vite quand on s'amuse! Il avait hésité à sortir son album, qu'il gardait toujours sur lui, mais avait préféré le garder caché au cas où un élève en retard ou éjecté de son compartiment par ses congénères rentrerait à l'improviste dans le sien. Le contenu aurait pu l’embarrasser...

Kiku aimait beaucoup observer les gens, et en particulier les couples d'amoureux. Il trouvait saisissant la manière dont ce sentiment transformait les hivers en printemps, dont il changeait les individus, dont il les faisait rayonner. Il était certain que le sourire d'une jeune fille ayant trouvé son âme-sœur faisait fleurir les premiers cerisiers. Il avait d'ailleurs pris quelques nouveaux clichés sur le quai bondé de la voie 9 3/4. Deux élèves plus âgés que lui, qui n'étaient apparemment pas dans la même maison, s'étaient séparés à coup de baisers enflammés et Kiku n'avait pas hésité un seul instant à appuyer sur le déclencheur. Il avait réglé son flash pour qu'il soit le plus discret possible, et ne lâche pas cette fumée malodorante comme tous les appareils photo. Et de toute façon, il était bien trop discret pour que qui que ce soit le remarque. Se plaçant face à la porte coulissante, il prit une grande inspiration, comme si ce simple pas dehors allait le propulser vers un autre monde -ce qui, quand on y pensait, était le cas. L'anxiété lui tordait le ventre. Il allait enfin découvrir cet univers dont sa mère lui avait tant parlé, bien qu'elle n'ait jamais pu y accéder, et dont ils avaient rêvé tous les deux des années durant. Aujourd'hui, il allait perpétrer le désir de sa mère, il allait franchir le pas pour elle. Lui adressant quelques mots inaudibles qui la rejoindraient dans l'au-delà, il tira sur la poignée et la porte s'ouvrit, presque trop rapidement à son goût.

Pensant que le couloir était vide et que tous les élèves étaient descendus, il sortit lentement de son compartiment, la valise à la main, mais surprit à sa gauche deux adolescents en train de s'embrasser devant la porte voisine. Il en avait lu long sur le collège Poudlard et ses coutumes dans les livres de sa mère, et s'arrêta donc sur la tenue vestimentaire des deux élèves. L'un portait un uniforme aux teintes vert et argent, il devait donc être de Serpentard, tandis que son vis-à-vis -ou peut-être son petit-ami, vu la ferveur avec laquelle ils se mangeaient la bouche- arborait les couleurs de Gryffondor, rouge et or. Connaissant la réputation des maisons et leur histoire, le japonais savait que ces deux-là se vouaient une haine féroce depuis leur création. Ce tableau, où deux castes supposées ennemies se réunissaient par amour, avait quelque chose de beau et de précieux. Kiku, sans faire de bruit, sortit son flash de sa poche et fixa l’œil à l'objectif. En un instant, la photo fut prise. Une véritable perle rare. Après quelques secondes, son appareil émit ce vrombissement si satisfaisant lorsqu'un cliché était pris et que l'encre s'imprimait sur le papier glacé. Les deux élèves étaient trop occupés à exprimer leur passion l'un envers l'autre pour remarquer le petit bruit du flash et du développement et le garçonnet court sur pattes qui s'enfuyait pour les laisser tranquilles. Avant de partir, il crut se souvenir qu'il avait croisé ces deux-là en montant dans le train, et qu'ils partageaient une dispute sanglante. Sur le coup, il s'était persuadé qu'ils devaient se détester profondément, mais visiblement, la donne avait changé...

Il sauta enfin hors du train, l'air frais du soir l'obligeant à resserrer un peu plus sa robe autour de son cou, l'appareil ballottant contre sa poitrine développant automatiquement la photo prise. Se croyant seul, il tira sur la photo, dont le bout dépassait de la fente de sortie, et secoua le papier encore humide pour faire sécher l'encre, sans faire attention à l'élève qui s'approchait derrière lui.


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MessageSujet: Re: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Sam 3 Déc - 15:42

)>A photo envolée, ami trouvé !
#ft. Kiku Honda
Se prendre le bord de la barrière magique et frapper son frère avec son chariot, c'était fait. Sa valise qui s'ouvre avant même d'être dans le train, c'était fait aussi. Et comme on dit, jamais deux malheurs sans trois - les deux premiers ne comptaient que pour un parce que c'était vraiment dans la continuité de la chose. Alors Feliciano attendait, avec plus ou moins de patience la suite des événements. Son frère râlait déjà contre lui et sa maladresse maladive, seul un sourire d'excuse lui répondit. Après tout, Lovino avait toutes les raisons du monde de le sermonner, il lui avait fait mal. L'italien regardait le paysage par la fenêtre, acceptant le silence de son jumeau, quand la porte de leur compartiment s'ouvrit et que Panzani, son chat, en profita pour s'échapper. Ni une, ni deux, Feliciano se lança à sa poursuite. Il tomba trop de fois à cause de ses lacets, rentra dans trop de personnes et dû passer dans un autre wagon parce qu'un élève avait ouvert la porte laissant ainsi passer Panzani. Le jeune italien regarda le rails défiler à toute vitesse, dégluti avant de passer sur l'autre plate-forme, non sans prier pour que sa maladresse ne lui fasse pas défaut à ce moment là. Il ne voulait pas imaginer ce qu'il se passerait s'il se ratait. Ce ne fut qu'une fois dans le wagon qu'il se remit à respirer - quand est-ce qu'il avait arrêté déjà ? Mais manque de chance, à défaut de la maladresse, Panzani continua a s'échapper, et ce jusqu'au dernier wagon. Et bien voilà le troisième malheur...

S'installant dans un compartiment vide en soupirant légèrement, Feliciano regarda le paysage britannique défiler sous ses yeux, Panzani ronronnant sur ses genoux. Bien qu'il vivait en Écosse depuis près de deux ans, il connaissant ce pays aussi bien que l'Italie, c'est à dire pas du tout. Si du vivant de sa mère il ne pouvait pas sortir à cause de ses pouvoirs, après sa mort, le déménagement en Écosse dans le manoir, il ne savait pas trop les raisons qui poussaient son père à les garder, lui et Lovino aussi cette fois-ci, plus ou moins enfermés. Bien sûr il avait vu les coins sorciers, tout comme en Italie, mais ça s'arrêtait là. De ce fait il savourait grandement ce voyage en train depuis Londres, un moment de liberté complet. Et bien qu'il ait faillit passé sous les roues du train à cause de son chaton, le jeunôt appréciait grandement la décision de son père. Au début cela l'avait surpris, c'est vrai après tout, pourquoi prendre le train alors qu'on habite pas bien loin de l'école ? Son père perdait peut-être la raison ou il avait une idée derrière la tête. Leur faire découvrir la même chose que les autres au moins une fois ? Parce que ce n'était pas certain qu'ils le reprennent l'année d'après. Ou alors il y avait quelque chose à l'arrivée.  Feliciano avait déjà été à Poudlard plus jeune, une fois en compagnie de sa mère, pour rendre visite à leur père, une bonne surprise pour ce dernier. Il s'était perdu après avoir échappé à la surveillance de ses parents, et s'était retrouvé coincé dans un escalier qui n'avait de cesse de bouger. C'est un fantôme qui l'avait guidé à ses parents qui se trouvaient à la cuisine, pensant alors que le second né de leur jumeaux s'y trouvait. Il n'avait pas lâché son père de la journée après cela, et c'est également ce jour là qu'il fit sa première rencontre avec l'infirmière, parce que même sous la surveillance de ses géniteurs il parvenait a se blesser, peut-être même plus que lorsqu'ils n'étaient pas là au final, seul il faisait déjà plus attention qu'accompagné, habitude qui ne changerait pas en grandissant.

Perdu dans ses souvenirs, un sourire sur les lèvres, l'italien se rappela également de la fois où, dans le bureau de son père, il avait discuté avec le Choixpeau et quand il lui avait demandé la maison dans laquelle il souhaitait être réparti, l'enfant avait répondu avec une certain spontanéité et candeur qu'il s'en fichait, mais que ce serait tout de même mieux qu'il n'y ait pas beaucoup d'escaliers et qu'il ne fasse pas froid. Ce qui avait fait beaucoup rire l'objet magique et son père. Aujourd'hui non plus il ne savait pas dans quelle maison il pourrait bien être réparti. Son père avait été un valeureux Gryffondor et sa mère une très brillante Serdaigle. En soit il n'était ni valeureux, ni brillant sans être non plus lâche ou complètement idiot. Il lui restait alors Serpentard et Poufsouffle. Il avait bien entendu eu vent de la réputation de la maison des serpents, ils étaient vicieux, tous soi-disant sangs-purs et plein d'ambition. Alors sa seule ambition dans la vie était de pouvoir dessiner toute sa vie, ce n'était certainement pas assez fort pour s'y retrouver. Donc par élimination il ne lui restait que Poufsouffle, mais ils étaient réputés pour être des travailleurs, et bien que gentil et aimable Feliciano avait pour autre passion que l'art sous ses différentes formes, la procrastination, ce qu'il pouvait repousser au dernier moment, il le faisait, ce qui lui avait valut une tonne de sermon de ses professeurs particuliers, et quelque fois ceux de son père aussi. Il riait bien en repensant à cela, l'agacement total des adultes à chaque fois qu'ils le voyait se dépêcher d'accomplir sa tâche alors qu'elle lui avait été donné une semaine à l'avance. Et il n'avait pas changé depuis, au grand dam de son entourage.

Le train s'arrêta dans un sifflement strident, arrachant Feliciano de ses pensées en le faisait grandement sursauter, tout en l'envoyant au sol. Le chaton posé ses genoux n'apprécia que très peu de se retrouver par terre avec cette violence, et sembla lui lancer un regard mauvais. L'humain lui lança un sourire d'excuse, avant de l'attraper pour éviter qu'il ne tente une nouvelle fuite. Le changement d'endroit l'avait complètement perturbé, c'était tout à fait compréhensible, il l'avait délogé de la rue pour lui donner un toit et une famille aimante sans le prévenir et maintenant le voilà qu'il l'amenait dans un endroit encore inconnu alors qu'il s'habituait à peine au manoir. Feliciano caressa doucement la tête de Panzani en chantonnant en italien, ça avait toujours fonctionné pour lui, alors autant essayer.

Ce n'est qu'en sortant du train qu'il se rendit compte qu'il était le seul élève sans ses habits scolaires. Il avait complètement oublié !

- Cacchio !

Du regard il chercha son frère, mais dans cette marée humaine ce ne fut pas la chose la plus facile. Il finit néanmoins par le trouver au bout de plusieurs minutes, ce dernier l'attendait en tapant du pied non loin des bagages entassés de tous les élèves, l'uniforme complet posé sur le bras. Il lui fut jeté dessus avant même qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, ni même n'ouvre la bouche. Lovino l'abandonna alors, et le plus jeune des jumeaux se retrouva a se changer dans un coin sous le regard de son chat qui pour une fois n'avait pas décidé de s'enfuir les pattes à son cou.

Une fois l'uniforme mis, sa valise retrouvée pour y déposer ses vêtements, il garda Panzani dans les bras tout en essayant de rejoindre le groupe des premières années en courant. Seulement sa maladresse ressortie à nouveau, non seulement il ne vit pas l'élève qui stagnait en plein milieu de la route, ni les petits cailloux sur lesquels il glissa. Et le voilà qui dérapait, lâchant Panzani avec une expression de surprise, fauchant au passage les jambes de l'élève qui lui tomba dessus, dans un bruit assez sordide, l'impression que quelque chose dans son corps se brise, la douleur présente mais il avait eu bien pire. Feliciano s'était cogné la tête contre le sol, et voulu se recroqueviller, se rouler en boule en attendant que sa douleur crânienne passe mais il devait s'enquérir de l'élève qu'il venait tout juste d'entraîner dans sa chute.

- S-scuzi ! lança-t-il dans sa langue maternelle avant de se rappeler que tout le monde ne parlait pas italien. Je-je suis désolé ! se rattrapa-t-il alors avec son anglais qu'il savait correct, mais dont l'accent italien était plutôt prononcé, et en disait long sur ses origines. Il avait quelque peut honte aussi, et était réellement désolé de causer du soucis dès son premier jour. Est-ce que ça va ? Tu t'es fait mal ? on pouvait sentir la panique dans sa voix, il espérait vraiment qu'il ne se soit pas fait mal, même si c'était sur lui qu'il était tombé au final.

Le jeune italien remarqua que la personne venait de lâcher quelque chose qui ressemblait à une photo mais son chat s'occupa très bien de détourner son attention de l'objet s'envolant en retombant sur les genoux de l'inconnu, le tout en plantant probablement ses griffes sous le coup de la peur, avec un feulement montrant la peur qu'il avait eu d'être balancé de la sorte dans les air. Et bien, il n'en avait pas finit de faire des boulettes aujourd'hui...
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MessageSujet: Re: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Lun 5 Déc - 8:06


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À photo envolée, ami trouvé


✽ ℱeat Feliciano Vargas
La photo apparut enfin sur le papier. Ses couleurs claires et un peu délavées lui donnaient un petit côté vintage, qui plaisait bien à Kiku. Il lâcha un petit sourire qu'il n'accordait qu'aux photos réussies, ou à sa meilleure amie, restée au Japon. À cette pensée, il soupira et se dit avec tristesse qu'il aurait sûrement du mal à se faire des amis à Poudlard. Il connaissait peu les coutumes de l'Ecosse et parlait déjà un anglais très approximatif. Pour lui, ce pays était le berceau de la bière, de la cornemuse, et de ces étranges jupes à carreaux dont on disait que les natifs les portaient sans aucun sous-vêtement en dessous -cela le faisait frissonner de dégoût. Mais il allait devoir s'accoutumer à ces étranges traditions, et aussi apprendre à voir au delà des stéréotypes. S'il se montrait un peu trop différent des autres élèves, ils allaient sûrement se jouer de lui. Peut-être même était-il le seul japonais dans cette école à avoir fait le voyage jusqu'au Royaume-Uni? Il y avait bien d'autres écoles de magie dans le monde, après tout... Il eut soudain la peur de devenir une curiosité locale, plus qu'un élève ordinaire. Il se dit en se giflant intérieurement qu'il aurait dû y réfléchir à deux fois avant de se décider à quitter son chez-lui pour rejoindre l'Europe.

Perdu dans ses pensées torturées, il ne comprit pas ce qui lui arriva lorsque la chute vint. Il sentit quelques chose lui balayer soudainement les jambes, et ses dernières se dérobèrent sans son consentement, le projetant au sol où il s'étala comme un misérable chiffon. Le monde se retourna et quelque chose s'écrasa sur lui, sans prévenir, lui coupant le souffle. Dans un dernier moment de lucidité, il entendit celui qui l'avait renversé se cogner la tête sur le sol quand un bruit affolant, avant que sa propre boîte crânienne ne rencontre le bord de sa valise, qui s'était écrasée par terre. Serrant les dents, il porta immédiatement les mains à sa blessure pour tenter de calmer la douleur. Ainsi, si un autre étudiant était passé par là, il aurait pu observer ces deux enfant allongés au sol, protégeant leur caboche d'un même mouvement -et il aurait sûrement passé son chemin. Mais le calvaire ne s'arrêta pas là, car Kiku sentit quelque chose d'autre choir cette fois sur ses jambes. Une chose bien plus légère, mais tout aussi agressive. Il entendit d'abord un feulement qui ne lui disait rien qui vaille, puis sentit des griffes acérées se planter dans sa cuisse. Cette fois, impossible de contenir son mal. Pour tenter de l'apaiser par les mots, il cria:

Ite!

Il resta figé pour ne pas risquer de souffrir encore plus, courbé au sol dans une position ridicule. Son arrivée à l'école de sorcellerie commençait décidément mal. Quoi, il venait juste de débarquer, et on cherchait déjà à l'embêter? Lui qui avait vécu comme un souffre-douleur une grande partie de son enfance, il était devenu quelque peu peureux et assez paranoïaque. Il devait posséder quelque chose qui poussait les autres élèves à s'en prendre à lui, ou qui les attirait comme un aimant. Pourtant, on ne lui porta aucun coup de plus et aucune des répliques cinglantes qu'il avait l'habitude de recevoir n'accompagna sa chute pathétique. Il rouvrit les yeux pour découvrir l'auteur de cette dégringolade, à savoir un enfant de son âge, qui semblait aussi déboussolé que lui, et désolé de l'avoir heurté ainsi. Kiku n'aurait su dire, au premier regard, si c'était un garçon ou une fille, son visage juvénile dissimulant la moindre virilité. Ses cheveux châtains étaient fendus d'une raie bien droite, et un étrange épis enroulé en boucle dépassait de ses mèches à l'allure soyeuse. Quant à ses yeux, ils étaient d'une couleur ambrée étincelante, qui reflétait l'inquiétude.

S-scuzi!

Kiku ne comprit pas un traître mot de ce qu'il disait. Le pied à peine posé sur l'île, il ne comprenait déjà plus son entourage. Cela ressemblait à une langue latine, mais il les parlait très peu aussi. Cela avait des allures de ce français dans lequel Senka lui parlait parfois... ou de l'italien, peut-être? Quoi qu'il en soit, il ne savait pas s'exprimer dans cette langue, et était incapable de la saisir. Mais son camarade rectifia vite pour ce faire comprendre du japonais.

▬ J-je suis désolé! Est-ce que ça va? Tu t'es fait mal?

Il fut heureux de constater que l'autre n'en voulait pas à sa vie, contrairement à ce qu'il avait pu croire en premier lieu. Sa première réponse pour l'autre élève fut de grimacer, la douleur revenant au galop dans son crâne. Mais ses jambes avaient davantage besoin de secours. Il s'assit donc pour attraper avec précaution l'animal tombé sur lui -qui était visiblement un chat, se dit-il avec tristesse; en temps normal, il aimait les chats-, et qui avait décidé de s'y accrocher de toutes ses forces, comme une moule à son rocher. Il soupira de soulagement en le sentant enfin lâcher prise, le posant près de son maître avec un dernière caresse pour le rassurer et éviter qu'il ne s'attaque encore à quelqu'un. Il fallait maintenant qu'il réponde à celui qui l'avait percuté. Mais il se montra aussi bête que l'italien, car sous le coup de la panique, il fut incapable de répondre dans une langage leur permettant de se comprendre. Il balbutia dans un japonais soutenu, qui n'était malgré tout pas le plus dur à saisir. Heureusement pour l'autre élève qu'il ne parlait pas le patois, sinon il aurait cru qu'il venait d'une autre planète.

N-non, je vais bien...

Mais il n'écouta même pas la réponse, se rendant compte que sa main, qui tenait la photo une seconde plus tôt, était maintenant vide. Horrifié, il sembla oublier la douleur et se releva d'un bond, tournant sur lui-même pour chercher autour d'eux où s'était enfui le magnifique cliché qu'il avait pris.

Ma-ma photo! Où est-elle ?!

Son appareil se balançant sur sa poitrine rebondissait en écho avec son cœur qui palpitait d'affolement. Ses photos étaient ce qu'il avait de plus précieux, et la perte d'une seule d'entre elles était terrible pour lui. Se retournant, il ne tarda pas à la repérer, se baladant plus loin sur la quai de la gare. Il la vit s'envoler au gré du vent capricieux, qui l'amenait de plus en plus haut, vers le ciel. Pris de sueurs froides, il saisit la poignée de sa valise et commença à courir après son cliché.

Attends un peu! Reviens!

Mais avoir récupéré son bagage avait été une mauvaise tactique dans sa tentative de poursuite. Le japonais, qui n'était pas très athlétique, s’essouffla très vite à cause de son poids mort, avant même d'avoir atteint le portail de la gare. Lorsqu'il eut rejoint ce dernier, il regarda, impuissant, dépité et transpirant, sa photo s'envoler hors de portée. Au moins, comme ça, personne ne saurait que c'était lui qui l'avait prise. Mais c'était à ses yeux l'une des plus belles qu'il avait faites. Il baissa la tête, irrité, et reprit le chemin vers le collège sans attendre l'italien et sans plus s'inquiéter de son état, marchant d'un pas rapide pour rejoindre le rang des premières années, et peut-être-même se débarrasser de celui qui lui avait fait perdre sa photo.


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Dernière édition par Kiku Honda le Sam 17 Déc - 22:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Mar 6 Déc - 19:17

)>A photo envolée, ami trouvé !
#ft. Kiku Honda
Le premier jour il ne pouvait pas ne rien se passer, c'était trop demandé, forcément. Encore qu'avec son frère ou tout seul, pourquoi pas, il avait l'habitude, cela faisait onze ans qu'il le vivait quotidiennement. Les chutes, les maladresses... Mais là il venait d'entraîner un futur camarade. Lovino avait raison, c'était un boulet. Et alors que l'élève lui tombait dessus, il regrettait amèrement de ne pas faire plus attention autour de lui - pas que ça changerait beaucoup dans le futur, mais il avait encore de l'espoir à ce moment là. Si Lovino apprenait ce qu'il avait fait, il était bon pour se faire crier dessus, encore. Aussi étrange soit-il, son frère passait plus de temps à le gronder que leur père. Du fait de son poste plus qu'important à Poudlard, il n'était pas très présent, mais ça n'avait jamais été dérangeant, il s'y était accommodé avec le temps. De plus maintenant qu'il rentrait enfin à l'école, il pourrait le voir plus souvent, c'était une assez bonne consolation au final. Mais la situation ne se prêtait pas à partir dans ce genre de réflexion, et un cri l'avait vite ramené à la réalité de la chose. Il était au sol, un élève sur lui et Panzani sur les genoux de ce dernier.

« Ite! »

Alors ça c'était une expression qu'il ne connaissait pas. Il n'avait pas la prétention de connaître la langue anglaise sur le bout des doigts, mais il en connaissait tout de même un rayon, pour l'avoir apprise depuis son jeune âge, dans le but sûr et certain de passer ses études dans la grande école de sorcellerie de Poudlard, après tout son père y était le directeur, mais plus, ses parents y avaient tout deux été, pourquoi pas son frère et lui ? De ce fait, il était clair qu'il maîtrisait plus que correctement ce langage, pour des raisons pratiques. Puis il vit la grimace du jeune garçon, il ne devait pas être plus âgé que lui, et si son visage pouvait trahir toutes ses origines, Feliciano en restait pour le moins totalement ignorant. Des yeux marron écorce profond, une coupe au bol noir de jais, un visage plutôt rond - les rondeurs de l'enfance était forcément toujours présente si celui-ci avait le même âge que lui - la couleur de peau différente de celle qu'il avait pu voir dans l'occident, cliché typiquement asiatique, il aurait pu le savoir, mais les origines ethniques des gens n'étaient pas son problème premier. Non, actuellement son problème premier était plutôt cette chute et la grimace de son futur camarade - avec qui il avait bien mal commencé, il fallait le souligner.

Le jeune italien pensa que cette grimace était due a son chat qui martyrisait les pauvres jambes de la personne aux origines indéterminées encore - il y réfléchirait plus tard, s'il y pensait. Son pauvre chat qui subissait tous les malheurs possibles depuis qu'il l'avait trouvé dans la rue et adopté, sembla se détendre quelque peu à la caresse de l'étranger, ce qui tira un rapide sourire à Feliciano. Mais Panzani ne semblait pas plus calmé que cela, alors il approcha doucement sa main pour le rassurer, lui montrer que pour le moment il n'y aurait plus rien, qu'au sol il ne craignait rien. Normalement. Il ne pouvait pas promettre que ce serait le cas dans l'avenir, il ne voyait pas le futur mais l'italien savait qu'il n'avait pas fini de subir à cause de lui. Et c'est alors qu'on se décida a répondre.

« N-non, je vais bien... »

... Pardon ? Pour sûr ce n'était pas de l'anglais, puisque sinon il l'aurait compris. Ça ne venait pas non plus du bassin méditerranéen, sinon il aurait pu le dire, bien qu'au final il ne connaisse réellement que l'espagnol et le français - il comprenait tout de même mieux le français à l'espagnol parce que c'était plus proche mais il était tout de même incapable de converser que ce soit dans n'importe quelle langue autre que l'italien et l'anglais -, voire même n'était pas une langue latine puisque ça ne semblait pas être suisse ou roumain. Ce n'était pas non plus germanique, ça ne ressemblait en rien a l'accent que pouvait avoir les autrichiens ou même les suédois. Ni même une langues slaves, le russe ne sonnait absolument pas comme cela, comme le bulgare ou le polonais. L'idée que cet élève vienne tout droit de l'orient traversa l'esprit de Feliciano, bien qu'il ne puisse déterminer la pays avec seulement cela. Mais il n'eut pas le temps de se plonger plus dans ses réflexions sur la langue utilisée ou même de l'origine, que l'élève se redressait très vivement - si lui avait fait cela il serait tombé à cause d'un vertige - et regardait vivement autour d'eux.

« Ma-ma photo! Où est-elle ?! »

Feliciano ne comprenait toujours rien mais le ton indiquait clairement de la panique, et pour ça, il était le champion des champions. Mais la barrière de la langue faisait qu'il ne savait pas ce qui agitait son futur camarade de la sorte. Et c'est à ce moment là qu'il se souvint du papier qui s'était envolé, qu'il avait a peine eu le temps de voir avant que Panzani n'atterrisse sur les genoux du jeune garçon étranger. Feliciano suivit le regard pour apercevoir le papier qui s'envolait au loin dans un mouvement gracieux que seul ce genre d'objet pouvait avoir. Il en savait un rayon pour avoir vu ses propres dessins prendre la poudre d'escampette à cause du vent glacial d'Écosse ou même celui plus chaud d'Italie. Il se redressa alors vivement dans le but d'aider l'étranger, mais comme il l'avait prédit, il fut pris d'un vertige et manqua une nouvelle fois de tomber, bien qu'il parvint a garder son équilibre il secoua la tête pour reprendre ses esprits et prendre en chasse le papier fuyard.

« Attends un peu! Reviens! »

Cette langue sonnait tout de même étrangement à ses oreilles, indiscrètement il lui demanderait ses origines plus tard, sans se rendre compte que c'était totalement impoli. Feliciano était d'un naturel curieux et aimait bien savoir, jusqu'à enquiquiner les autres pour avoir sa réponse, sans trop se soucier s'il était ennuyant ou non.

Il rattrapa facilement l'étranger qui pour une raison qui lui échappait totalement avait pris sa valise. Ce n'était pas utile puisque normalement le personnel s'en occupait pour eux. Encore une fois, Feliciano ne savait pas pourquoi, mais l'apprendrait sûrement très vite. Mais s'il l'avait aussi rapidement rattrapé, c'était également parce qu'il courait vite, il avait appris pour fuir plus facilement son frère, ses précepteurs ou tout ce qui était susceptible de lui ficher la trouille. Bon, il n'était pas plus endurant que cela, mais il pouvait tenir une bonne distance pour un enfant de son âge sans s'écrouler et s'essouffler comme un bœuf. S'arrêtant devant le portail il vit alors le papier s'envoler, bien trop loin pour que lui-même ne puisse aller le chercher, et pourtant il regarda autour d'eux pour trouver une solution. Sans se rendre compte que l'étranger avait déjà baissé les bras et tourné les talons. Il considéra escalader le portail, passer de l'autre côté et récupérer l'objet mais en faisant cela il allait soit perdre la vie à cause de sa maladresse ou s'il survivait il serait en retard, le premier jour. Bonne idée. Seulement il ne voulait pas abandonner. Mais une grosse bourrasque balaya ses idées en même temps que le papier qui partait bien trop loin. Les épaules basses il se tourna pour s'excuser une nouvelle fois mais l'étranger avait disparu. Paniqué Feliciano le chercha du regard. Il finit par le trouver, sur le chemin que semblait prendre les premières années. Pourquoi n'allaient-ils pas avec les autres ? Oh, ça le rendait bien curieux tout cela.

De nouveau il s'élança à la suite de l'étranger, Panzani dans ses bras à défaut d'avoir pu le mettre dans sa cage - qu'il n'avait pas trouvé de base. Ce chat allait vraiment en voir de toutes les couleurs. Une fois à la hauteur du jeune garçon il s'excusa de nouveau.

- Je suis désolé pour ton papier...

Et il l'était réellement. Vu sa réaction ce devait être quelque chose de précieux, auquel il tenait vraiment. C'était comme si lui perdait un dessin dont il était fier et prêt a donner à son père ou son frère. L'italien avait baissé les yeux, il avait honte de sa maladresse comme il n'en avait jamais eu honte jusqu'alors. Il aimerait se rattraper mais aucune idée ne lui traversa l'esprit sur le moment, puis la racine sortie de terre qui le fit trébucher n'aida en rien. Heureusement pour Panzani, il parvint a conserver son équilibre. Le silence pesant n'était pas vivable, et dérangeait fortement Feliciano. Il ne supportait pas le silence, son frère le lui faisait subir des fois pour l'embêter, pour lui montrer que ça ne faisait de mal à personne. Et c'était vrai, des fois, le silence ne le dérangeait pas mais là il était pesant, il aurait pu le couper au couteau tellement il était palpable. Alors il tenta.

- Je-je m'appelle Feliciano Vargas...

Il lui avait tendu la main en signe de politesse, comme on lui avait apprit, sans penser que ce pouvait ne pas être dans la culture de l'autre, tout en faisant attention a tenir correctement son chat de l'autre bras, le gauche. Il espérait également que son nom de lui porte pas préjudice avec cette nouvelle rencontre. Le fils du directeur, il avait conscience que ce ne serait pas facile, on l'avait mis en garde contre les hypocrites qui pourraient essayer de l'utiliser lui et sa grande naïveté. Il avait tellement foi en les autres et l'humanité qu'il se faisait top facilement mener par le bout du nez. Puis il y aurait ceux qui allaient le victimiser... Oui, il avait été bien averti sur tous les problèmes que son nom allait causer, enfin presque...

- Et... Et toi ?
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MessageSujet: Re: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Mer 7 Déc - 20:19


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À photo envolée, ami trouvé


✽ ℱeat Feliciano Vargas
Il marchait loin derrière le groupe, trainant sa valise sur le chemin caillouteux, finalement trop fatigué pour faire les efforts nécessaires pour rejoindre ses camarades. Il essayait déjà de reprendre son souffle, et le bagage rempli de livres, de parchemins et de son chaudron ne l'aidait en rien. Kiku se demanda d'ailleurs pourquoi il était le seul à en avoir un. Les élèves qui marchaient devant lui ne transportait rien, si ce n'était un animal de compagnie pour certains. Lui n'avait pas de compagnon et avait préféré ne pas dépenser de l'argent là-dedans. L'idée d'avoir un chat rien qu'à lui, avec lequel il pourrait s'amuser ou dormir paisiblement, le faisait rêver. Mais ce rêve avait un prix, et son compte en banque à Gringotts n'était pas extensible. Il s'était d'ailleurs posé cette question bien utile une fois entré dans son coffre fort: d'où pouvait bien provenir tout cet argent? Sa mère n'avait pas pu accéder au monde de la magie, alors comment avait-elle pu mettre de côté une telle somme d'argent sorcier? Peut-être une quantité des pièces chatoyantes lui venait-elle de sa tante, mais cela l'aurait davantage embarrassé qu'autre chose, et l'aurait dissuadé de s'en servir. Ou bien sa mère avait simplement fait changer une quantité de la fortune Honda. De toute manière, ce n'était pas l'argent qui allait manquer chez eux, surtout maintenant que son père était seul à la maison...

La réapparition de l'italien à ses côtés le sortit immédiatement de ses pensées, le faisant presque sursauter. Il se crispa, surpris par ce retour soudain. Il était désormais persuadé que son camarade n'avait jamais jamais eut l'intention de le blesser en le renversant de la sorte. Ce n'était qu'un accident. Mais la perte de sa photo avait tendance à rendre Kiku plus méfiant, rancunier.

▬ Je suis désolé pour ton papier, l'entendit-il s'excuser.

De nouveau, il perçut cette voix fluette, qui portait loin jusqu'au groupe, et peut-être même jusqu'au lac noir. Lui qui voulait passer inaperçu, c'était raté. Pourquoi fallait-il toujours qu'il attire les personnes bruyantes? À tous les coups, on entendait que lui dans toute la forêt. Pas besoin de parler aussi fort!... Cependant, il s'agissait là d'une simple mauvaise foi de la part du japonais. Lui qui avait pris l'habitude d'être trop silencieux, trop effacé, une conversation normale sonnait à ses oreilles comme une fanfare un dimanche matin. Mais une fois de plus, cette voix lui fit se poser des questions. Était-ce une fille? Ce timbre le confortait dans cette idée, et pourtant, l'élève portait un uniforme masculin... Était-ce courant, en Europe, que les étudiants mettent l'uniforme qui leur convenait le plus, peu importe leur genre? Cela ne l'aurait pas étonné... Il discerna également dans ses paroles le même accent européen qu'un peu plus tôt. Cette fois, il en était sûr, il s'agissait d'une langue latine. Cela ne ressemblait pas à un accent français, qu'il avait l'habitude d'entendre chez sa meilleure amie. Cette drôle de manière de rouler les r, cette difficulté à accentuer certaines syllabes anglaises... Il aurait plutôt parié sur l'Espagne, ou l'Italie. Mais il préférait éviter de poser trop de questions, pour ne pas paraître indiscret. Il poussa simplement un soupir attristé, secouant la tête.

▬ Ce n'est rien... Tu n'as pas fait exprès.

Il se rendit compte à quel point son propre accent était étrange. Après tout, il venait d'arriver, et avait conversé avec très peu de personne pendant son séjour à Londres. Son anglais était définitivement rouillé. Il se racla un peu la gorge, comme si cela pouvait soudain l'aider à maîtriser la langue de Shakespeare à la perfection. Il vit l'étudiant baisser les yeux, une expression de profond remord sur le visage. Il semblait vraiment regretter l'incident. Le japonais n'étant pas habitué à ce que qui que ce soit lui présente des excuses après l'avoir blessé ou contrarié, voir un tel chagrin le rendait aussi triste qu'il lui réchauffait le cœur. Il s'apprêtait à le rassurer de nouveau sur la futilité de la chose, lorsque l'élève trébucha sur une branche d'arbre traînant à ses pieds. Surpris, Kiku tendit maladroitement les bras vers lui pour l'empêcher de dégringoler de nouveau, mais l'autre sembla reprendre son équilibre de justesse. Décidément... Était-ce courant chez lui, de toujours se casser la figure de la sorte? Il n'allait pas faire long feu... Le chat qu'il tenait au creux de ses bras paraissait prêt à bondir dès que le sol se rapprocherait un peu trop de lui. Cela démangeait Kiku de passer ses doigts dans sa fourrure, tant elle semblait douce. Il regretterait définitivement de ne pas avoir acheté d'animal de compagnie.

Un silence gêné les suivit tout au long de leur marche. L'absence de bruit en soit ne dérangeait pas le japonais, mais l'idée d'avoir embarrassé son acolyte l'affligeait plus qu'autre chose. Il arrivait à peine à Poudlard, et il causait déjà des soucis à son entourage. Ce qui lui restait de rancune envers l'italien se retourna contre lui, et il finit par se blâmer lui-même de leur carambolage et de la perte de son cliché. Après tout, s'il ne s'était pas trouvé au milieu du chemin, à admirer le papier glacé, l'étudiant ne l'aurait pas bousculé, et tout ce qui en avait découlé ne serait resté qu'un triste rêve. Malheureusement, tout cela était bien réel. Il espérait que personne ne tomberait sur la photo pour la moins indiscrète qu'il avait prise, et ne remonterait pas jusqu'à son propriétaire. De nouveau perdu dans ses remords et ses pensées torturées, il eut encore un spasme lorsque son camarade brisa le silence pour se présenter.

▬ Je-je m'appelle Feliciano Vargas, dit ce dernier en lui tendant un main amicale.

Cela sonnait définitivement comme un nom italien. Ses maigres connaissances en latin le renseignèrent sur la nature de ce prénom: felix, la chance. Il espérait que c'était le cas et qu'en temps normal, l'élève ne passait pas son temps à se casser la figure, car leur rencontre fracassante avait définitivement jeté un froid sur leur conversation. Le nom de famille, quant à lui, ne lui disait rien. Son esprit ne fit pas le lien avec celui du directeur, dont il n'avait pas pris soin de retenir le titre. Et de toute manière, même s'il avait su qui était ce jeune garçon, il ne lui aurait en rien reproché son lien de parenté et n'aurait pas cherché à en profiter. Il trouvait puéril ceux qui harcelaient leurs camarades pour une simple affiliation avec une personne haut placée, tout comme il était stupide d'en vouloir à quiconque pour ses relations ou son argent. L'italien acheva, l'air curieux:

▬ Et... et toi?

Même s'il ne l'avouerait jamais, Kiku était heureux qu'il lui retourne la question -même s'il se voyait mal devenir ami avec cet européen gauche et bruyant. Il n'aimait pas parler de lui, mais le simple fait qu'un visage amical s'intéresse à sa vie ou son identité le remplissait, une fois de plus, de satisfaction, et enveloppait son cœur d'une douce chaleur. Ne remarquant pas en premier lieu la main qu'il lui tendait, il inclina légèrement la tête, n'étant pas disposer à le faire pleinement alors qu'ils descendaient ce dangereux chemin glissant.

▬ Je m'appelle Hon... -il se rappela de justesse qu'en Europe, on donnait son prénom avant de donner son nom de famille- Eum, Kiku. Kiku Honda. Ajimemashite...

Il finit par se rendre compte, un peu tard, de la poignée de main que lui proposait Feliciano, et s'empressa de l'honorer en la serrant, avant qu'il ne la retire. Il se fit également la réflexion que depuis leur rencontre, il ne lui avait pratiquement parlé qu'en japonais, langage qui lui échappait sans doute totalement. Il rectifia, confus:

▬ Euh... E-enchanté de te rencontrer.

Levant la tête, il remarqua que leur chemin se faisait de plus en plus sombre. Déglutissant face à aux ténèbres qui les accueillaient à mesure qu'ils avançaient entre les arbres noirs, il se tourna vers son acolyte, comme pour le rassurer -et se rassurer aussi par la même occasion.

▬ Je crois que l'on va faire un peu de chemin ensemble... dans cette forêt sombre... Mais pas d'inquiétude. Je suis sûr qu'ils ne nous mettraient pas en danger alors que nous sommes censés arriver sains et saufs à leur école, n'est-ce pas?

L'espoir fait vivre, comme on dit. Qui savait quel genre de monstre ou de créature étrange il pouvait y avoir dans ces bois, ou même au fond du lac vers lequel ils dirigeaient? Il avait lu dans son manuel de l'Histoire de Poudlard la légende d'un énorme calmar vivant apparemment dans le lac depuis des siècles, et qui s'amusait parfois à entraîner les élèves avec lui. Cela le faisait frémir rien que d'y penser. Mais ses paroles, qui auraient dû sonner comme du réconfort, avaient plutôt des allures de film d'horreur. Ils étaient de pauvres victimes prêtes à s'élancer sur une eau noire d'encre, qui les happerait sans doute avant même qu'ils aient le temps de crier.

Ils furent coupés dans son inquiétude par la foule d'élèves qui venait de s'arrêter au bord de l'eau, et Kiku manqua se cogner à l'élève qui était devant lui. Il recula de quelques pas, levant la tête, curieux. Alors qu'il parlait, il ne s'était pas rendu compte que le paysage s'était éclairé. Les arbres s'étaient fait plus rares, jusqu'à laisser entrevoir le ciel emplit d'étoiles qui s'étendait au dessus de leurs têtes. La lune projetait sa lumière blafarde sur eux, étendant leurs ombres qui rejoignaient les ténèbres de la forêt. Il resta figé un instant dans sa contemplation, exalté. Même au Japon, les astres ne brillaient pas aussi fort la nuit, il en était sûr. Puis il se mit sur la pointe des pieds pour tenter d'apercevoir ce qui avait stoppé la file. Du haut de son petit mètre trente-sept, il ne parvenait pas à voir grand chose. C'est lorsqu'un premier année se décala pour murmurer une bêtise à son voisin qu'il put enfin voir ce qui les bloquait. Une rangée de barques attendait que les étudiants montent dedans pour s'élancer sur la surface sombre d'un lac. Le garde-chasse les divisa en groupes de quatre, et les répartit dans les différentes embarcations. Kiku se retrouva de nouveau avec Feliciano, mais ne s'en plaignit pas. Après tout, c'était la seule personne qu'il connaissait ici, pour le moment. Autant ne pas la perdre tout de suite.


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MessageSujet: Re: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Mar 20 Déc - 22:47

)>A photo envolée, ami trouvé !
#ft. Kiku Honda
Un sourire avait étiré les lèvres de Feliciano quand le futur élève lui avait dit que ce n'était pas grave, que de plus il n'avait pas fait exprès. Il était plutôt content que l'étranger ne lui en veuille pas. Si ça avait été Lovino il aurait eu droit de se faire traiter de tous les noms, et plus jeunes ils se seraient probablement battus comme des chiffonniers en roulant sur le sol comme des barbares. Mais cette époque étaient bien révolue, au grand bonheur de l'italien qui n'aimait pas se battre avec son jumeau, mais pour l'histoire de peluche balancée et cachée, Lovino avait amplement mérité qu'il le morde jusqu'au sang. Il avait certes perdu sa première dent de lait dans le feu de l'action, mais ça valait totalement le coup au final. Ça avait été la première grosse dispute entre les jumeaux, mais certainement pas la dernière, ni leur dernière bagarre...

« Je m'appelle Hon... Eum, Kiku. Kiku Honda. Ajimemashite... »

Kiku Honda. Ça venait forcément de l'orient, effectivement, il avait eu raison, et s'il avait réfléchi deux minutes avant il aurait pu venir a cette conclusion rien qu'en regardant le visage de l'autre. Mais Feliciano se disait que le physique ne faisait pas l'origine, et qu'on pouvait être typé asiatique et être né en France par exemple. Et alors que l'italien allait rétracter sa main qui ne semblait pas avoir été vue ou alors qui était drôlement impolie dans la culture de l'asiatique, elle fut serrée. La poigne de Kiku n'était pas très forte mais il ne semblait pas habitué - et il ne pouvait pas dire que lui-même avait beaucoup de force au final.

« Euh... E-enchanté de te rencontrer. »

- Lieto di conoscerla ! lança-t-il de sa voix fluette. Il fit la moue en se rendant compte que non, ce n'était pas le bon langage encore, il allait falloir qu'il fasse attention. Un court rire s'échappa de ses cordes vocales avant qu'il ne se corrige. Enchanté aussi !

Le jeune italien détourna la tête de sa nouvelle rencontre pour tomber sur un chemin sombre et qui lui parut soudainement effrayant... Il ne put retenir un frisson qui lui parcourut toute la colonne vertébrale, sans trop s'en rendre compte il serra doucement son chat contre lui. Et il sursauta légèrement quand la voix de Kiku s'éleva, tentant de le rassurer.

« Je crois que l'on va faire un peu de chemin ensemble... dans cette forêt sombre... Mais pas d'inquiétude. Je suis sûr qu'ils ne nous mettraient pas en danger alors que nous sommes censés arriver sains et saufs à leur école, n'est-ce pas? »

Feliciano détourna son regard du chemin pour le poser sur le jeune asiatique. Ses parents lui avaient brièvement  parlé de ce qui se trouvait dans le lac ou la forêt interdite - pratique au final d'avoir pour parents des anciens élèves, voire même le directeur actuel -, pas bien plus mais assez pour les dissuader lui et Lovino d'y faire un tour. Et même s'il était curieux, il se retiendrait d'y faire un tour.

- Je ne pense pas que mon père apprécierait beaucoup d'apprendre que des élèves ne soient pas arrivés sains et saufs jusqu'à Poudlard !

Il ponctua sa phrase d'un léger et court rire, pour essayer de détendre l'atmosphère qu'il venait probablement d'alourdir plus qu'autre chose. Ce n'était pas rassurant du tout et il ne se rendait pas compte que si on lui avait dit cela, de cette manière, il aurait pris peur, aurait rentré la tête dans les épaules en tremblant, voulant s'agripper à son jumeau pour ne plus jamais le lâcher. Pas une seule seconde il ne s'était dit que son vis-à-vis ne savait pas que son père était le directeur de l'école. Sur le quai 9 ¾ lui et son frère étaient en sa compagnie, c'était plutôt logique ça tout de même, et plusieurs élèves les avaient pisté son frère et lui. Il affichait tout de même un sourire rassurant pour l'étranger. Même si au fond il n'était pas si tranquille que cela mais il se devait de rassurer son camarade, quand bien même ce qu'il venait de dire ne l'était en aucun cas. Lui il avait déjà vu Poudlard, alors c'était bien normal qu'il soit celui qui rassurait et non l'inverse.

Feliciano allait rajouter quelque chose pour tenter d'apaiser Kiku, et lui même au passage parce que c'est vrai que la forêt était terrifiante dans cette pénombre, mais se cogna a un élève qui s'était stoppé. L'italien s'excusa, et de toute façon l'enfant ne lui prêta pas réellement attention. Il tenta de voir ce qui les avait fait s'arrêter, oubliant totalement ce qu'il avait voulu dire un peu plus tôt, mais même sur la pointe des pieds il ne vit pas grand chose. Il fallait le dire, il n'était pas très grand pour son âge, et de par sa taille et son physique on le prenait pour une fille. Ce qu'il avait longtemps pensé être chaque fois qu'il mettait une robe ou tout ce qui était dit « féminin », enfin, il croyait changer, c'était assez différent. Maintenant il savait qu'il était un garçon. On lui avait très bien expliqué que non, il ne changeait pas de genre en fonction de ce qu'il portait. Mais la seule explication qu'il avait reçu sur le fait qu'on l'appelait « petite fille » et pas forcément quand on l'habillait tel quel, avait été qu'il ressemblait a une fille, un peu, assez pour être confondu du moins. Puis du coup dans sa petite tête d'enfant, la barrière des genres très fermée pour certain s'était totalement effacée. Feliciano ne faisait qu'une différence physique des genres, et tout ce qu'une « fille physique » faisait, un « garçon physique » pouvait le faire et inversement, parce que les actions, les objets, tout n'étaient plus genré dans la tête de l'enfant.

L'italien parvint tout de même a se situer par rapport au château qui était en face. Mais seul les fenêtres éclairées de l'intérieur étaient réellement visibles et semblaient flotter dans les airs avec une grâce certaine. Devant eux devait alors se trouver le lac. Et encore une fois il avait eu raison. Il se demandait bien pourquoi ils passaient par là, ce n'était pas des plus logiques, pas qu'il soit foncièrement logique, mais tout de même. Quand un élève s'écarta quelque peu il put voir les barques qui les attendaient et les élèves qui commençaient a monter dedans. Il s'avança une fois son tour, il était dans les derniers du fait de sa mésaventure antérieure et se retrouva avec Kiku dans les embarcations. L'adulte qui les accompagnait avait froncé les sourcils à la vue du chaton dans ses bras mais n'avait rien dit, ni même aux bagages de Kiku. Feliciano était déjà hypnotisé par l'eau. Elle le fascinait depuis toujours. Une fois, alors qu'il était en train de regarder l'eau dans Venise, il était tombé. Et l'eau à Venise, elle est sale et elle sent mauvais. Autant dire que justifier son odeur auprès de sa mère n'avait pas été un jeu d'enfant, et devoir lui mentir quant à son escapade lui avait brisé le cœur...

- Euh... Pourquoi tu as pris tes affaires avec toi ?

C'était quelque chose qui l'intriguait beaucoup, et curieux comme il était il ne pouvait pas ne pas poser la question. Certes lui avait son chat - et était bien le seul - mais il avait une raison : il ne savait pas où se trouvait la cage de Panzani, elle était probablement resté dans le train ou sur le quai de la gare. Puis Feliciano releva le regard pour tomber sur un spectacle époustouflant, qui lui fit assez rapidement oublier sa question. Sa mémoire n'était pas défaillante, il venait tout juste d'avoir onze ans, elle se portait bien, mais il n'était pas très attentif, ou tout du moins pas pour tout.

Dans la pénombre, seules les fenêtres du châteaux étaient visibles avec une clarté inouïe, elles semblaient danser dans le ciel, telles des lucioles. C'était un ballet qui coupa le souffle de l'italien - il s'arrêta même de respirer quelques secondes avant de se rappeler que c'était vital pour sa survie. Les lumières se reflétaient sur la surface du lac, mouvants légèrement au gré des remous gracieux causé par les êtres vivants sous l'eau, ainsi que par le mouvement des barques avançant avec une lenteur précise et voulue. On pouvait apercevoir le château, dressé fièrement sur l'autre rive, sur ses rochers, majestueux, dominant totalement le lac et les élèves arrivant, le monde peut-être même. Du fait de cette grandeur imposante et totalement recherchée, Feliciano se sentait vraiment tout petit, tel un insecte face à l'humanité. Les tours, impressionnantes, semblaient toucher le ciel étoilé de leur pointe, rendant la structures encore plus grande qu'elle ne devait l'être en vérité. Il savait le château colossal de base mais pas à ce point. Il avait également cette impression d'écrasement face a cette masse qui se rapprochait, sensation qui lui serrait légèrement la cage thoracique. L'arrivée par la route était déjà impressionnante la première fois - surtout quand on a environ six ans - mais là elle était nettement amplifiée. La lune éclairait comme elle pouvait l'astronomique château, de sa toute aussi imposante lumière, elle semblait énorme elle aussi de là où il était. Feliciano avait l'impression de ne l'avoir jamais vu briller de la sorte, ni même les étoiles, qui scintillaient de mille feux dans le ciel. Cela changeait totalement de la pénombre de la forêt. C'était un contraste assez radical, et qui semblait tout aussi recherché que le mouvement des barques ou l'impression que donnait le gigantesque château aux nouveaux élèves. Le tout se reflétait dans l'eau, et se rendait très bien justice malgré quelques rides faites par le vent qui s'était mis a souffler légèrement, une douce brise qui n'était pas encore glaciale comme il pouvait y en avoir l'hiver en Écosse. Il comprenait alors enfin ce que son père avait voulu qu'ils voient, et pourquoi ils avaient dû prendre le train. Il ne regrettait absolument pas, et cela venait même a éclipser tout ce qui avait pu se passer avant la montée dans le train, durant le trajet et même après.

Perdu dans sa contemplation, tout en se promettant qu'un jour il peindrait ce magnifique tableau qui s'étalait sous ses yeux, Feliciano ne remarqua pas qu'il s'était penché, sa main caressant la surface du lac, la ridant un peu plus. Et dans ce moment d'égarement...

PLOUF !

Feliciano était tombé dans l'eau.
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MessageSujet: Re: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Mer 21 Déc - 20:55


&





À photo envolée, ami trouvé


✽ ℱeat Feliciano Vargas
Les élèves se dispersaient dans un brouhaha léger, montant à tour de rôle dans les barques disposées sur la rive. Lorsque son tour vint enfin, Kiku reçut le regard surpris -et même courroucé, il l'aurait juré- du garde-chasse lorsqu'il aperçut sa valise, mais ce dernier ne prononça pas un mot et l'aida simplement à hisser son bagage dans la barque. Le poids la fit s'enfoncer quelques peu dans l'eau noire d'encre, provoquant des ondulations frémissantes à la surface. La bateau finit cependant par se stabiliser, comme s'il s'était habitué à cette charge supplémentaire. À tous les coups, il y avait quelque chose de magique là-dessous. Kiku n'en aurait pas été étonné. Si cette embarcation quasi-vivante provoqua d'abord son admiration, il se fit la réflexion qu'il devait cessé de s'extasier sur tout ce qu'il voyait. Le monde des sorciers devait regorger de ce genre d'effets de manche, et même s'il était quasiment né-moldu, il devait s'y accoutumer et se familiariser avec les moindres secrets du château, pour éviter de sortir du lot et de se retrouver isolé des sangs-purs, qui avaient baigné dans cette univers toute leur enfance.

Alors qu'il tentait à son tour de prendre place dans la barque, près de ses affaires, il manqua de trébucher, son pied droit accrochant le bord de l'embarcation alors que l'autre était déjà posé à l'intérieur, marchant perfidement sur sa robe de sorcier. Il serait tombé tête la première si l'homme qui s'occupait du groupe ne l'avait pas rattrapé de justesse, sa main sous le torse du japonais. Sa chute, bien qu'évitée, provoqua quelques rires parmi ses camarades de première année, et il eut soudain envie de se terrer dans un trou pour ne plus jamais en sortir. Il n'avait jamais eu de problèmes d'équilibre, mais le trac le rendait maladroit. Il espérait qu'aucun des élèves présents ce soir ne se rappellerait sa bourde. Le régent eut un rire grave, l'aidant à se remettre debout dans le bateau.

▬ Fais attention, bonhomme, tu vas te blesser.

Kiku hocha frénétiquement la tête, balbutiant un merci timide et confus. L'adulte lui signe que ce n'était rien et lui demanda d'un geste de s'asseoir rapidement pour éviter tout autre incident, ce que l'asiatique s'empressa de faire, se retrouvant installé aux côtés de l'italien. Ce dernier semblait fixer l'étendue sombre avec ébahissement, comme si les fonds marins du collège recelaient de mille trésors enfouis. Il finit par tourner la tête vers son acolyte, l'air curieux.

▬ Euh... Pourquoi tu as pris tes affaires avec toi ?

Le japonais resta silencieux quelques instants, réfléchissant à cette question si importante: pourquoi, en effet? Il avait bien remarqué qu'aucun des autres étudiants ne transportait de bagage, ni d'animaux, si l'on excluait Feliciano, dont le chaton était toujours férocement agrippé à ses bras. Il comprit vite qu'il était resté si ébloui par son cliché, et préoccupé par sa perte, qu'il n'avait pas écouté les consignes données par le garde-chasse une fois sur le quai de la gare. Il ne savait donc pas qu'il fallait laisser leurs affaires à la sortie des wagons, pour qu'elles soient redirigées d'elles-mêmes vers le château. Le visage de Kiku prit peu à peu une teinte cramoisie, et il baissa la tête, embarrassé. Décidément, la soirée ne se déroulait pas sans accro.

▬ Je ne savais pas qu'il fallait laisser les valises là-bas... J'étais trop inquiet d'avoir perdu ma photo, alors je n'ai pas fait attention. Désolé... acheva-t-il avec un dernier soupir affligé.

Il n'avait aucune raison de s'excuser auprès de l'italien, il le savait. C'était un réflexe non-nécessaire mais ancré en lui. Il avait tellement été habitué à courber l'échine devant son père, à demander pardon pour un rien, qu'il le faisait à présent à n'importe quelle occasion, même lorsqu'il n'était pas en faute, ou que demander la rédemption auprès de son interlocuteur n'avait aucun sens. Il avait même rejeté la faute de sa bousculade avec Feliciano sur sa propre personne, alors que clairement, c'était la maladresse de ce dernier qui était en cause. Dès que quelque chose de contrariant arrivait et qu'il se trouvait à proximité, il devait forcément être fautif. Et à ses yeux, cela n'était pas prêt de changer, même après son voyage vers l'Europe, et la paisible scolarité qu'il devait y trouver.

Deux autres élèves les suivirent finalement, se positionnant derrière eux, et l'embarcation quitta toute seule sa place pour se lancer sur le lac en provoquant de calmes remous sur l'étendue noire. Kiku avait un peu plus tôt retenu la question qu'il souhaitait poser à l'italien. Ce dernier avait en effet parlé de son père, qui occupait apparemment un poste lié à l'école vers laquelle ils se dirigeaient, bien que le japonais ignorait encore lequel. Il s'était dit qu'il était impoli de poser une question aussi personnelle à un étranger que l'on venait juste de rencontrer, mais Feliciano, lui, semblait ne pas se formaliser de ce genre de détails. Il possédait visiblement un esprit libre, et n'aimait pas s'embarrasser de problèmes. Kiku lui aurait même trouvé un côté naïf, enfantin, ignorant les soucis et les tracas du quotidien, vivant au jour le jour sans se préoccuper de ce qui pourrait l'éloigner de sa quête du bonheur. L'asiatique avait un jour lu dans un de ses manuels le dicton "S'inquiéter, c'est souffrir deux fois", et bien que cela ne s'accordait clairement pas à son mode de vie, étant un anxieux compulsif, il devait avouer que cela avait du sens, et que cette adage correspondait parfaitement à son camarade. Il se dit qu'ainsi, il ne serait pas gêné par sa question, et amorça donc:

▬ T-tu parlais de ton père, tout à l'heure. Qui es-

Il s'interrompit, sidéré en découvrant le changement qui s'était opéré à la surface de l'eau. Quelques instants plus tôt, cette dernière était si sombre que l'on en voyait pas le fond, pourtant très proche d'eux. À présent qu'ils s'étaient éloignés de la rive sablonneuse et couverte de galets lisses et sombres, le spectacle qu'ils contemplèrent leur coupa le souffle. La surface du lac reflétait maintenant les milliards d'étoiles qui étincelaient dans le ciel, leur donnant l'impression qu'ils naviguaient sur la voie lactée. Certains élèves, stupéfaits, tendirent la main par dessus le bord pour vérifier que c'était bien de l'eau, et non le vide qui les emportait vers leur nouvelle maison. Cette dernière se dressait au sommet d'une falaise, les tours du château pointant vers le ciel éclaboussé d'astres, brillant de mille feux. Kiku observa la façade de pierre majestueuse du collège, émerveillé. Il n'avait plus aucun regret, à présent. Rien que pour cette vue, il était heureux d'avoir écouté les histoires de sa mère et d'être venu en Écosse. Il se tourna vers Feliciano, qui contemplait lui aussi ce panorama avec l'air d'un enfant découvrant une boutique de bonbons. Il était la première personne avec qui il découvrait son nouveau monde. En un sens, il était content de ne pas être seul, même si c'était en compagnie d'un italien surexcité, peureux et qui parlait fort. Dans le fond, il avait juste essayé d'être gentil avec lui. Le japonais se rappelait tout à fait la seule personne qui s'était jamais rapprochée ainsi de lui dans sa vie, et qui était par la suite devenue sa meilleure amie. Cette fois-ci, il ne leva pas son appareil photo. Figer cet instant sur le papier ne suffirait pas à le rendre éternel. En revanche, Kiku n'oublierait jamais cette soirée, ce paysage. Il resterait gravé à tout jamais dans sa mémoire.

▬ C'est magnifique... murmura-t-il pour lui même, presque la larme à l'œil.

Alors qu'il pivotait pour demander son avis à son camarade sur ce merveilleux paysage, son regard toujours fixé sur le ciel et son reflet gondolé, sur lequel ils serpentaient, il entendit soudain un bruit d'éclaboussure, et reçut une giclé du lac dans les yeux et la bouche, ainsi que sur son uniforme neuf. Aveuglé, il toussa brièvement, s'essuyant le visage avant de regarder ce qui avait bien pu tomber à l'eau pour provoquer une telle agitation. C'est en apercevant les pieds en l'air qui dépassaient du liquide sinistre qu'il comprit que l'italien venait de passer par dessus bord.

▬ ..... VARGAS-SAN!

Il se précipita à sa place, penché à l'extrémité pour tenter de l'en sortir, mais se préoccupa d'abord du souffle de son camarade. Saisissant ses chevilles, il essaya de le faire tourner pour lui remettre la tête à l'endroit et ainsi la laisser retrouver l'air libre. Les deux autres élèves installés dans la barque vinrent à l'avant pour lui prêter main-forte, et à trois, ils parvinrent à remettre son corps dans le bon sens, attrapant ensuite ses mains qui se débattaient désormais à la surface pour le tirer dans le bateau. Mais le poids de l'eau était trop important, imbibant les vêtements de l'italien, les empêchant de le soulever. Kiku posa même un pied contre le bord, au risque de rejoindre son ami dans le lac, mais une aide leur fut apportée avant qu'il ne risque quoi que ce soit. Le garde-chasse avait rapproché sa barque de la leur et avait plongé sa main dans l'eau, saisissant Feliciano par le col pour le hisser et lui faire regagner la terre ferme. Le liquide que contenait sa tenue se déversa sur le bois étanche de la barque, et les trois autres durent se rasseoir pour ne pas glisser. Pris de panique, ils demandaient à l'italien s'il allait bien. Mais celui qui était le plus inquiet de tous était Kiku. En voyant l'étudiant s'enfoncer ainsi, il avait cru le perdre, alors qu'ils venaient juste de se rencontrer. Dans un vacarme incompréhensible, il parlait plus fort que ses deux camarades:

▬ Tu vas bien?! Qu'est-ce qui t'a pris de te pencher ainsi?! Tu aurais pu mourir! Si le garde-chasse n'avait pas été là, nous n'aurions pas pu te remonter! Fais un peu attention-!

Essayant de calmer leur agitation, l'adulte fit résonner sa grosse voix, s'autorisant un trait d'humour pour les aider à se détendre. Il y avait plus de peur que de mal, après tout.

▬ Et bien, les jeunes, je sais que vous voulez goûter aux dernières chaleurs de l'été, mais ce n'est pas une raison pour plonger dans le lac dès votre arrivée! Vous avez tout le mois de septembre pour faire ça!

Il lâcha un rire gras qui sembla faire trembler les os de tous les élèves alentour, et quelques uns l'accompagnèrent dans son hilarité, oubliant vite le petit incident qui venait de se produire. Kiku, lui, était simplement soulagé que son ami n'ait rien, ou qu'il ne se soit pas étouffé. Il poussa un profond soupir, se sentant déjà trop vieux pour les bêtises que l'italien accomplirait dans cette école, à ses côtés. Car même s'il ne pouvait pas encore mettre de mots sur ce sentiment, il se sentait déjà lié à ce garçon, et s'en serait terriblement voulu de ne pas avoir réussi à le sauver.


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MessageSujet: Re: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Mar 28 Fév - 2:39

)>A photo envolée, ami trouvé !
#ft. Kiku Honda
Feliciano n'avait jamais eu de problème avec l'eau, au contraire. Vivant à Venise il avait d'ailleurs appris a nager très tôt. Il était tombé beaucoup trop de fois dans les canaux au plus grand dam de ses parents qui n'avaient pas réellement eu le choix pour le coup. Il s'était avéré être un bon plutôt bon nageur. L'italien aimait l'eau, elle avait toujours semblé le lui rendre, jamais il n'avait bu la tasse ou même faillit se noyer - même quand son jumeau avait tenté de le maintenir sous l'eau dans le bain une fois, pour voir, il avait réussi a y survivre et n'avait alors rien eu. Comme quoi sur Terre il vivait l'Enfer à cause de sa maladresse des fois, et dans l'eau c'était comme s'il y était né, y avait toujours vécu et appartenait à ce monde. Ce ne l'étonnerait que très peu que ce soit le cas. Depuis tout petit il embêtait ses parents que ce soit pour aller à la mer ou même juste à la piscine, mais lui et sa tendance a utiliser sa magie infantile pour cause de maîtrise convenable à son âge avaient presque toujours essuyé des refus. Assez tout de même pour qu'il se promettre d'aller le plus souvent possible à la mer voire l'océan ou simplement à la piscine, une fois qu'il pourrait prendre ses propres décisions sur ses destinations.

Mais apparemment Poudlard, ses alentours et tout ce qui y touchait avait décidé de sa mort prochaine.

Tomber dans l'eau ne dérangeait pas plus que cela Feliciano, le premier réel problème était la froideur la plus glaciale de l'eau et qu'il allait en tomber malade. Après tout, en deux battements de pieds il était à la surface, pas de quoi paniquer. L'autre problème, après la température, ce serait de remonter dans la barque. Mais pour le moment il allait lui manquer de l'air.

Seulement au moment où il allait finir de s'enfoncer dans l'eau d'un mouvement simple de bras, pour pouvoir se retourner et ainsi remonter, il senti une résistance. Il retenta, mais encore une fois quelque chose, qu'il se doutait maintenant être des mains agrippant ses cheville dans le but de l'aider, empêchait sa manœuvre. La panique commença a s'emparer de lui, lentement, tel un petit démon assit sur l'épaule, il se débattait de plus en plus, il lâcha même un cri, avec son précieux air, perdant quelques secondes de temps sous l'eau. Ce ne fut qu'une fois que la panique l'ait totalement submergé qu'il retrouvait le grand air, et ainsi sa respiration. Feliciano se débattait, cherchant a rester à la surface, se débarrasser de ses mains qui l'agrippaient, qui auraient pu le tuer. Il paniquait pour la toute première fois dans l'eau. Et ça ne lui plaisait pas du tout.

Il ne savait pas si sur ses joues c'était des larmes de peur ou de l'eau qui coulaient, mais ça coulait à grand flot. Se débattant furieusement, incapable de parler parce qu'il avait bu la tasse - Poudlard aurait sa mort, c'était certain maintenant -, il se senti soulevé dans les airs et il cessa de se débattre immédiatement, sans pour autant se détendre. Comme un chaton qu'on attrape par la peau du cou. Puis l'italien se mit a tousser ses poumons, et toute l'eau accumulée à l'intérieur à cause de sa presque noyade. Il recroquevilla ses jambes près de lui dans la démarche, prenant toute l'attitude de l'animal pris en flagrant délit de vol. Alors qu'il venait juste d'échapper à la noyade. Ce ne fut qu'une fois la barque solide sous ses pieds qu'il s'autorisa a se détendre un peu, et sa toux se calma et toute l'eau accumulée dans ses poumons était maintenant évacuée. Il venait réellement d'avoir une des plus grandes peurs de sa vie, mais il n'en avait pas fini apparemment puisque Kiku lui sauta dessus avec inquiétude, le faisant beaucoup trop sursauter pour ce que c'était.

« Tu vas bien?! Qu'est-ce qui t'a pris de te pencher ainsi?! Tu aurais pu mourir! Si le garde-chasse n'avait pas été là, nous n'aurions pas pu te remonter! Fais un peu attention-! »

L'italien voulut répondre, essayer de rassurer l'asiatique - alors que c'était lui qui venait de presque se noyer -, lui montrer qu'il allait bien, que ce n'était rien de grave. Et peut-être lui dire aussi qu'il aurait pu prendre la plus grande attention du monde, il serait probablement tombé. Ou encore qu'il savait nager, que donc non, il n'aurait pas pu mourir s'ils l'avaient laissé faire. Mais la voix du garde-chasse résonna avec une plaisanterie.

« Et bien, les jeunes, je sais que vous voulez goûter aux dernières chaleurs de l'été, mais ce n'est pas une raison pour plonger dans le lac dès votre arrivée! Vous avez tout le mois de septembre pour faire ça! »

Feliciano balança sa tête de gauche à droite, pour le coup c'était quelque chose dont il se serait passé, l'eau était drôlement froide. Puis le garde-chasse posa sa main sur sa tête et ébouriffa ses cheveux, légèrement, avec un léger rire.

« Vargas, hein ? »

Il était déjà repéré - il n'avait pas entendu le hurlement de Kiku, enfin il avait été très atténué mais ça n'avait pas échappé au garde-chasse, ni aux élèves et probablement encore moins à Lovino qui devait être quelques barques plus loin -, le rouge lui monta au joue alors qu'il abordait un sourire gêné en hochant la tête.

« Ton père nous avait prévenu, mais fait attention tout de même. Je n'ai pas envie de te récupérer dans l'eau encore une fois. »

Nouveau hochement de tête silencieux. Au moins les professeurs semblaient prévenus de sa maladresse maladive. Il espérait que rien de trop honteux n'avait été révélé, mais ça il en doutait, connaissant son père... Mais ce n'était pas trop mal qu'ils sachent, ils n'en seraient pas surprit alors, ou très peu. Bien entendu il savait qu'il aurait des remarques, qu'on lui demanderait de faire attention. Le truc c'est qu'il essayait, vraiment, mais ce n'était pas concluant du tout. La barque du garde-chasse repartie, après qu'il ait lancé un sort de séchage au jeune italien, pour prendre sa place devant. Feliciano le regarda partir sans un mot avant de se rasseoir à sa place. Il attrapa son chat qui avait échappé à la chute par miracle, et le caressa doucement avant de se tourner vers Kiku et les deux autres futurs élèves, avec un petit sourire.

- Merci d'avoir essayé de m'aider... il se doutait que c'était eux, après tout, il n'y avait personne d'autres sur cette barque. Mais vous savez... Je sais nager...

Là ils lui avaient juste maintenu la tête en bas, ce qui était relativement dangereux. Il y avait de l'eau qui s'était même infiltré dans son nez, rien de très agréable. Il était presque certain qu'il en restait d'ailleurs, mais ses poumons semblaient aller bien. Bien entendu il ne leur en voulait pas, après tout ils avaient juste essayé de l'aider, ce qui était très appréciable. Ils auraient tout aussi bien pu le laisser se noyer sans s'en préoccuper. Feliciano relativisait mais il n'aurait jamais pensé qu'il rejoindrait presque sa mère le jour de son arrivée à Poudlard, c'était sûr.

« T'es le fils du directeur. »

Feliciano, qui s'occupait de son chat, ne s'attendait réellement pas à cette affirmation, bien que vraie, il aurait pu être son neveu, on ne savait jamais après tout. Sincèrement, il s'attendait a ce qu'on lui dise qu'il aurait pu faire attention à ne pas tomber parce que l'attention était sur eux maintenant. Ou encore qu'on lui dise qu'il n'avait pas l'air de savoir nager vu qu'il avait tout de même faillit se noyer et semblait très paniqué une fois la tête hors de l'eau. Mais pas qu'on lui balance son lien de parenté aussi directement. Il se retourna vers le futur élève, eut un petit sourire penaud et hocha la tête. Bien sûr l'autre n'avait pas besoin de confirmation, mais Feliciano sentait qu'il avait besoin d'en donner une.

- Oui c'es-

« On aurait peut-être dû le laisser dans l'eau, pour voir la tête de son père en apprenant que son fils s'est noyé alors qu'il n'avait même pas atteint l'école ! » le coupa-t-il. Il s'était penché vers le quatrième en ricanant, qui l'avait suivit.

Le petit italien sentait plutôt mal la suite. Il n'allait tout de même pas se faire embêter par des élèves sur son lien de parenté alors qu'il n'avait même pas atteint Poudlard... Si ? Feliciano tenta de reculer un peu, mais atteint déjà le bord de la barque. Il n'avait pas confiance là tout de suite, et il aurait aimé pouvoir fuir très loin, seulement ce n'était pas possible, à moins de sauter dans l'eau, mais ça aussi, il voulait l'éviter. Cela faisait très paranoïaque, mais il fallait dire qu'on lui avait tellement rabâché que des élèves pourraient utiliser son nom contre lui, pour lui faire du mal ou n'importe quoi d'autre, que là il ne pouvait pas faire autrement.

Sauf qu'ayant oublié sa maladresse, en reculant, malgré la barrière, il bascula dans l'eau une nouvelle fois. Tout en se sentant partir il avait quelque peu jeté Panzani sur la personne en face de lui : Kiku. Une nouvelle fois son plongeon attira l'attention de tout le monde. Mais cette fois Feliciano remonta tout seul à la surface, et pu entendre les rires des deux futurs élèves. Il aurait aimé s'enfoncer dans l'eau et ne jamais remonter mais ça semblait compromis. Le garde chasse qui n'avait pas encore atteint le début de le file dû faire demi-tour pour le sortir de l'eau encore, de la même manière qu'auparavant.

« ... Il va falloir faire attention là... Une fois je veux bien, pourquoi pas, tu sembles vraiment maladroit. Mais deux fois ? Ils t'ont poussé ou quoi ? »

Feliciano secoua négativement la tête. Il aurait peut-être préféré que ce soit le cas mais ça ne l'était pas, et il n'allait pas mentir. Plus jamais il ne mentirait. La garde-chasse eut un rire, et à ce moment là Feliciano voyait bien qu'il plaisantait, qu'il n'était pas sérieux et ne pensait pas qu'on aurait pu le pousser. Il se gratta la joue, signe de malaise.

- Mi-mi dispiace... le voilà revenu dans sa langue maternelle à cause de stress, il se rattrapa vite. Je-je suis désolé...

Le garde-chasse secoua la tête, lui ébouriffa de nouveau les cheveux en lui assurant que ça irait, mais qu'il n'avait pas intérêt a tomber sur les cinq derniers petits mètres qu'il restait. De son côté, l'italien l'espérait aussi. Mais apparemment son nom de famille lui portait déjà préjudice. Il appréciait avoir de l'attention sur lui, il n'avait aucun problème avec cela. Longtemps il faisait le pitre pour amuser la galerie - sa mère et son père seulement, puisque son frère semblait le rejeter de tout son être. Mais ce genre d'attention là, il s'en passerait très bien en revanche. Elle n'était pas plaisante, voire même oppressante et invivable. Il se doutait aussi que tous les élèves n'agiraient pas de la sorte, la preuve, Kiku ne l'avait pas fait.
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MessageSujet: Re: [1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas Ven 14 Avr - 11:35


&





À photo envolée, ami trouvé


✽ ℱeat Feliciano Vargas
À en croire l'expression de son camarade, ce n'était clairement pas dans son intention de profiter de la température automnale des eaux noires du lac. Il semblait même grelloter, coincé dans ses vêtements trempés et imbibés de vase. À coup sûr, il attraperait un bon rhume qui le garderait cloué au lit pendant les premiers jours de classe. Du moins, c'est ainsi qu'un enfant normal agirait. Les parents trop inquiets forçaient le plus souvent leur progéniture à rester à la maison, dans la sécurité de leurs draps chauds, lorsqu'ils étaient malades, pour éviter d'aggraver leur cas, et les petits prenaient souvent cette habitude plus que recommandable dans leur vie future. Kiku, lui, n'avait pas eu la même expérience dans son enfance. Quel que soit son mal, manquer l'école était inconcevable aux yeux de son père. Mieux valait donc éviter d'attraper la grippe s'il ne voulait pas passer une journée horrible, à renifler et éternuer, ou à supporter la nausée, la tête qui tournait et la fièvre. Il espérait que le climat plus qu'aléatoire de l'Écosse serait indulgent avec lui.

Il regarda le garde-chasse ébouriffer gentiment les cheveux de Feliciano, et si le japonais avait été à sa place, il se serait débattu pour l'empêcher de continuer, surtout avec les mains humides de l'adulte qui avait sorti l'italien de l'eau. Alors qu'il frissonnait en imaginant sa chevelure noire couverte de bourbe, il perçut le petit sourire du membre du personnel, qui observait l'élève sauvé de haut en bas.

▬ Vargas, hein ?

Surpris, il tourna la tête vers son acolyte, qui avait soudainement pris des couleurs. Apparemment, son père était vraiment connu à l'école, comme il l'avait imaginé. Il comprit tout à fait son embarras. Se faire remarquer dès le premier jour était plutôt angoissant, surtout quand un membre de sa famille avait déjà une certaine réputation dans l'établissement. Bien entendu, le japonais n'avait pas l'intention de se moquer de son camarade. Il compatissait même à sa gêne et se serait presque senti honteux lui aussi. Après tout, c'était sa faute si l'enfant avait déjà été repéré, par l'adulte ainsi que par les élèves alentour, très certainement. Et malgré le clair malaise de l'italien, l'homme continua sur sa lancée.

▬ Ton père nous avait prévenu, mais fais attention tout de même. Je n'ai pas envie de te récupérer dans l'eau encore une fois.

Selon Kiku, cette remarque était très présomptueuse. Feliciano était tombé une fois par distraction, mais il n'était sûrement pas assez maladroit pour reproduire la bêtise... Ou l'était-il ? De quoi le paternel l'avait-il informé, exactement ? Que son fils était une catastrophe ambulante ? Pas très gentil, de la part d'un père, mais le japonais connaissait ça. Il espérait juste que Vargas senior n'était pas aussi imbuvable que Renge Honda, ou il s’apitoierait d'autant plus sur le malheur de l'italien.

Il regarda la barque professorale s'éloigner, après que le garde-chasse ait aspiré toute l'eau contenue dans l'uniforme sans couleur. Une fois tout le monde rassis et le chaton de nouveau dans les bras de son propriétaire, ce dernier leur adressa à tous un sourire pour les remercier de leur aide -du moins, c'était ce que pensait Kiku.

▬ Merci d'avoir essayé de m'aider... Mais vous savez... Je sais nager...

Il avait lâché cette phrase dans un petit murmure penaud, comme s'il ne souhaitait pas les vexer en leur faisant comprendre que leur secours avait en réalité était très malvenu. Le japonais eut tout de suite honte. Il avait été le premier à se précipiter pour essayer de l'aider, pensant bien faire. Mais il n'avait fait que mettre son camarade davantage en danger. Il enfouit son visage dans ses mains, se sentant stupide, se disant qu'il aurait mieux fait de s'abstenir. Mais alors qu'il se morfondait, il entendit l'un des autres élèves de la barque lâcher, comme on annonce une mauvaise nouvelle, ou la mort de quelqu'un:

▬ T'es le fils du directeur.

Il essaya de contenir sa stupéfaction, tournant la tête vers l'européen. Feliciano ne serait autre que le fils du proviseur lui-même... et il avait failli le noyer. Car à présent, il estimait que c'était de sa faute si l'italien avait manqué de boire la tasse, peut-être même de s'évanouir et de finir dans les bas-fonds du lac. À tous les coups, on le punirait sévèrement pour ça une fois arrivé à Poudlard. S'en était fini de lui. Pour quelque chose d'aussi grave, il allait sûrement être renvoyé. Retour au bercail. Comment réagirait son père en le découvrant sur le pas de la porte, demandant d'un air contrit à rentrer à la maison, alors que son paternel l'avait clairement prévenu qu'une fois parti, il ne pourrait revenir ? Rien que l'idée de devoir le supplier de rentrer le dégoûta. Il ne voulait pas retourner là-bas, jamais. Même si sa maison lui manquait terriblement. Mais pas le chef de famille qui y habitait. Maintenant, il ne restait plus qu'à prier que Feliciano tienne sa langue pour lui épargner son renvoi illico au Japon.

Cependant, il n'entendit pas l'italien se vanter du poste important de son père, ou menacer ses camarades de tout lui rapporter pour avoir essayé de l'envoyer rejoindre les poissons. Il afficha simplement un petit sourire triste, comme s'il était embarrassé par cette découverte si rapide, et qu'il aurait préféré avoir un peu de répit avant que cela ne devienne de notoriété publique. Kiku fut impressionné par la modestie singulière du garçon. Peu de gens auraient agi ainsi, à sa place, comme si c'était davantage une malédiction qu'une bénédiction de porter le nom du directeur. Il essaya même de se justifier, comme si on l'avait pris en flagrant délit lors d'une bêtise.

▬ Oui, c'es-

▬ On aurait peut-être dû le laisser dans l'eau, l'interrompit celui qui avait révélé l'identité de l'italien, s'adressant au dernier élève présent dans la barque. Pour voir la tête de son père en apprenant que son fils s'est noyé alors qu'il n'avait même pas atteint l'école !

Les deux ricanèrent de concert. Ouvrant de grands yeux, Kiku sentit un malaise le saisir. Il comprit par ces seules paroles que, quelque soit le temps passé à leurs côtés, qu'ils soient placés dans la même maison que lui ou non, il ne s'entendrait jamais avec eux. Il les trouvait détestables. Ils affichaient clairement leur jalousie pour la place "privilégiée" de Feliciano et souhaitait lui faire regretter, se servant de sa maladresse pour le railler. Il ne connaissait que trop bien ce comportement. C'était d'une manière similaire que ses camarades d'école passaient leur temps à lui faire des crasses. Il était trop sérieux, trop studieux, trop félicité par les professeurs, alors il fallait qu'il paye, avec des brosses remplies de craie, des seaux remplis d'eau glacée ou des inscriptions au feutre indélébile sur le bureau, ou encore par l'ignorance pure et simple, lui donnant l'impression de ne pas exister. Et il n'était pas le seul à se sentir mal face à cette situation. Il vit l'italien se lever, reculant dangereusement vers le bord de la barque, chancelant, comme écrasé par le poids de ces accusations. Kiku quitta à moitié sa place, prenant garde à ne pas glisser, tendant une main secourable vers lui, se voulant rassurant. Il souhaitait à tout prix lui éviter de réitérer la chute qu'il avait subi plus tôt.

▬ Vargas-san, tu devrais faire attention au-

Avant qu'il n'ait eu le temps d'achever, ce qu'il redoutait arriva. Son camarade ne prit pas garde à la limite de leur bateau, et de nouveau, passa par dessus. Avant de se retrouver de nouveau à l'eau, il eut juste le temps de lâcher un petit cri et d'envoyer son chat en direction du japonais, chat qui planta d'ailleurs allègrement ses griffes dans le bras de Kiku en feulant.

Ite! lâcha Kiku, prenant cependant garde à ne pas lâcher l'animal, pour qu'il n'aille pas rejoindre son maître ou le fond trempé du canot.

Les deux autres s’esclaffèrent en pointant l'italien tombé du doigt, et Kiku eut la furieuse envie de les gifler, ou de leur jeter un sort avec sa baguette nouvellement acquise. Mais provoquer une bagarre sur un bateau en pleine navigation était sans aucun doute une mauvaise idée, sans compter que ses adversaires faisaient au moins une tête de plus que lui, et il n'avait pas envie de subir le même sort que Feliciano. Il garda donc le silence, attendant cet fois que son camarade remonte de lui-même à la surface, penché au dessus de l'eau d'un air inquiet. Le garde-chasse revint rapidement vers eux, l'air stupéfait de retrouver le même élève dans le lac, comme s'il voulait vraiment découvrir les profondeurs dans l'instant. Il l'aida de nouveau à retrouver le sol boisé de la barque, passant un petit coup de baguette sur ses vêtements, avant de demander, l'air sérieux:

▬ ... Il va falloir faire attention là... Une fois je veux bien, pourquoi pas, tu sembles vraiment maladroit. Mais deux fois ? Ils t'ont poussé ou quoi ?

L'italien s'empressa de nier la chose, mais le garde-chasse lui répondit par un sourire plaisantin, comme si cela n'avait été qu'une parole en l'air, pour l'embêter. Pourtant, aux yeux de Kiku, cela n'aurait fait aucune différence que les deux élèves le poussent directement à l'eau. C'était même indirectement de leur faute, et il leur en voulait terriblement pour ça. Il garderait un mauvais souvenir de leurs visages, à tous les coups.

▬ Mi-mi dispiace... amorça l'italien, avant de rectifier. Je-je suis désolé...

Visiblement, le japonais n'était pas le seul à basculer dans sa langue maternelle lors d'un intense moment de stress. À mesure que les minutes s'écoulaient et qu'ils se rapprochaient du château brillant de mille feux, il se trouvait de plus en plus de points communs avec Feliciano, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Au moins avait-il la chance de se faire un ami dans cette nouvelle école, bien qu'il ne savait absolument pas comment entretenir cette amitié. Si l'on excluait Senka, ses seules ententes se limitaient à des étudiants avides de ses connaissances -en particulier lors les devoirs à rendre- et à Pochi, qui n'était malheureusement plus là pour témoigner de l'affection qu'ils se vouaient.

Encore une fois, l'adulte les quitta en priant Feliciano de faire attention à lui pour le reste du voyage, histoire de ne pas se faire davantage remarquer et huer par les autres sorciers. Kiku espérait aussi qu'il resterait bien en sécurité, cette fois-ci. Il saisit même doucement le bras de son comparse pour l'inciter à s'asseoir près de lui, avant de déposer le chat toujours crispé sur les genoux de son maître. La peau meurtrie du japonais criait grâce, et même s'il adorait les chats, il n'était pas sûr que celui-ci allait l'apprécier dans les jours à venir. Il le fuirait sans doute comme la peste. Les deux énergumènes derrière eux avaient cessé de s'esclaffer, apparemment lassés de se moquer de l'européen, et c'était tant mieux. Un silence pesant accompagna la barque dans les derniers mètres qui la séparaient de la rive opposée, à savoir un hangar à bateaux quelque peu miteux, mais solide, et assez grand pour accueillir les dizaines de navettes des premières années. Une à une, comme poussées par une main sûre et patiente, elles s'infiltrèrent à la queue-leu-leu dans la cabane au bois terne et poussiéreux, avant de se garer sagement dans différents coins de la cahute. Après avoir indiqué au japonais de laisser sa valise dans la barque pour qu'il puisse la ramener lui-même, le garde-chasse pria tous les enfants de sortir de leur embarcation et de le suivre en direction de Poudlard. Ils avaient apparemment un peu de marche à faire avant d'atteindre les murs de leur nouvelle maison, et chacun le comprit lorsqu'il leur indiqua l'interminable escalier de pierre aux marches tordues qui serpentait le long qu'une colline d'herbe abrupte. Il semblait sans fin, et même les plus grands des élèves nouvellement arrivés n'arrivaient pas à en voir le bout, ni à apercevoir ne serait-ce que la porte de la forteresse. Cependant, ils n'avaient pas le choix, et se résignèrent donc à escalader la pente, prenant garde à ne pas trébucher sur les marches irrégulières.

Les plus courageux et les plus pressées de rejoindre Poudlard marchaient en tête, animés par une détermination incroyable, alors que d'autres traînaient les pieds, ainsi le groupe se retrouva vite éparpillé le long du chemin difficile. Kiku et Feliciano, eux, faussèrent rapidement compagnie aux deux moqueurs qui les avait accompagnés lors de leur voyage, les distançant en quittant le hangar dans les premiers, même si leur ascension se fit ensuite plus lente, compte tenu du peu d'endurance du japonais. Essayant de conserver son souffle, ce dernier ne quittait pas les marches sous ses pieds des yeux, pour être certain de ne pas buter sur l'une d'elle, et d'ainsi dévaler l'escalier en sens inverse, au risque de se rompre le cou sur la pierre. Après quelques minutes à marcher dans le silence, couvert par le brouhaha des autres étudiants, il leva légèrement ses prunelles vers l'italien, essayant d'évaluer son état d'esprit. Peut-être était-il en colère pour ce que les autres lui avaient fait subir, ou juste triste, ou peut-être avait-il déjà oublié, ne s'en préoccupant plus en se disant que la suite se passerait mieux. D'une voix timide, se triturant les mains par habitude lorsqu'il était mal à l'aise et cherchait ses mots, il marmonna des excuses:

▬ Hum... Vargas-san... Je suis désolé pour tout à l'heure. C'est ma faute s'ils se sont moqués ainsi de toi. Je ne savais pas pour le poste de ton père, et... - il déglutit - Je... j'aurais dû garder ma langue...

Voilà qu'il se mettait encore en tête d'avoir causé des soucis à un de ses camarades. Peu importe où il passait, il fallait que tout soit toujours de sa faute, pour éviter à autrui de se sentir coupable. C'était une mauvaise habitude dont il ne pouvait se débarrasser. Il se sentit cependant la force de continuer, tentant d'être cette fois plus conciliant.

▬ M-mais... Tu ne dois pas les écouter, tu sais ! Ils sont juste jaloux- enfin- pas que ce soit quelque chose d'extraordinaire d'être le fils du directeur ! Je veux dire... ton père est un homme comme les autres, et te traiter différemment car tu portes son nom est stupide...

À ce moment-là, il pensa clairement avoir gaffé. Il était en train de s'embrouiller tout seul. Peut-être l'italien trouverait-il sa remarque sur son père insultante, ou qu'il prendrait la phrase d'avant comme une manière de le rabaisser alors qu'il aurait clairement un statut privilégié à l'école. Il essaya de se rattraper comme il le pouvait, ayant malgré tout l'impression de s'enfoncer encore plus dans sa bêtise.

▬ E-enfin- pas que ton père ne soit pas quelqu'un d'exceptionnel ! Il l'est sûrement ! Il le faut, pour être directeur d'une école comme Poudlard, aussi prestigieuse, aussi-

Et voilà qu'il commençait à lui lécher les bottes. Il allait vraiment trop loin, cette fois. Sa voix s'éteignant doucement dans sa gorge, il couina encore quelques mots inaudibles, avant d'achever, histoire de ne pas terminer sur une stupidité.

▬ En... en tout cas, tu n'as pas à t'inquiéter... Je suis sûr que tu trouveras pleins de gens qui ne se moqueront pas de toi à cause de ça... Ils ne sont pas tous bêtes comme ces deux-là...

Lui le premier, mais il ne pouvait dire cela à voix haute de peur d'avoir l'impression de se vanter ou de se montrer prétentieux.


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[1er septembre 1985] À photo envolée, ami trouvé • Feat Feliciano Vargas

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