Février 1992 - Poudlard.






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Natalya Braginskaya (Biélorussie)

♀ ; 7ème année ; Serpentard

Natalya est la cadette de la fratrie des Braginsky et sans doute la plus…intimidante des trois. Il se dégage d’elle une aura assez froide qui ne donne réellement pas envie de chercher la dispute.
Elle est très proche de son frère et de sa soeur, notamment d’Ivan pour qui elle a une possessivité et une affection particulières.
C’est une personne qui considérée comme forte mentalement, dotée d’un calme olympien.
Il lui arrive cependant d’être assez vulgaire sur les bords.
Son coeur de glace pourrait cependant cacher une personne loyale et protectrice envers les gens qu’elle aime.

Tino Väinämöinen (Finlande)

♂ ; 7ème année ; Poufsouffle

Tino est décrit comme étant simpliste, doux et honnête, ainsi que mature. Il se soucie beaucoup des autres.
Calme et sérieux, il travaille dur en classe.
Très bavard, il fera tout pour détendre l'atmosphère.
Il supporte très bien le froid, habitué à la température de son pays.
Il a un certain goût pour les saunas, l'alcool et les sucreries.
Mei Xiao (Taïwan)

♀ ; 6ème année ; Gryffondor

Cette jeune fille est considérée comme ayant un fort tempérament et une volonté de fer.
Toujours à la mode, elle est du genre à regarder toutes les nouveautés vestimentaires.
Bien qu'elle soit sociale et joviale, elle est souvent préoccupée ou stressée par ce qui l'entoure.
L'asiatique cuisine également très bien et a de la conversation.
C'est également la cousine de Yao Wang.

Sadık Adnan (Turquie)

♂ ; 9ème année ; Gryffondor

Le Turc est avenant au premier abord, très amical et accueillant.
Bon vivant, il aime la bonne nourriture et cuisiner.
Il a la facheuse habitude de se mettre en compétition avec son entourage et ceux dans n’importe quelle situation.
Il est d’une nature bornée et a tendance à parler fort. Il a ce don de savoir se mettre en spectacle et fait toujours attention à bien prendre soin de son apparence.
Il sait faire preuve de sérieux et peut être une personne très réfléchie quand il s'y met.
Il entretient une relation bien particulière avec Heracles Karpusi. Quel genre ? Personne n’a jamais su le définir. Même eux.
Nichkhun Chomesri (Thaïlande)

♂ ; 8ème année ; Poufsouffle [nom et prénom modifiables]

Il a le tic verbal de dire “Ana~” et s’adresse aux gens en les vouvoyant.
Il est d’apparence calme et d’un tempérament pacifique.
Les choses qu’ils détestent le plus sont les monstres et les fantômes mais contradictoirement, il adore les films d’horreur moldus.
Quand il travaille, il y dévoue toute son âme et sa patience.
Il traite toujours les conflits avec une incroyable diplomatie.
La plupart du temps, il parait complètement absent, l’esprit ailleurs mais bienveillant.
Il est aussi le cousin de Shandara Norasingh.

Sen Mông Suong (Viêt Nam)

♀ ; 7ème année ; Serdaigle [nom et prénom modifiables]

Cette jeune fille est, parmi les asiatiques, sans aucun doute l'une des plus sages. Peut-être un peu froide et discrète, mais courtoise et bien élevée.
Ce qui ne l'empêche pas pour autant d'être franche et d'avoir une certaine force mentale, de par laquelle elle ne laisse pas ses émotions lui faire perdre facilement ses moyens.
Celle-ci est cependant gênée quant au regard des autres et surtout sur l'image qu'elle renvoie.
Sourire est une option, et les photos sont toujours embarrassantes.
Comme passe-temps, la vietnamienne s'occupe de ses dix doigts. Habile de ses mains, il n'est pas rare de la voir faire quelques travaux pratiques, comme de la broderie...
Heracles Karpusi (Grèce)

♂ ; 8ème année ; Serdaigle

Malgré son air assez calme et insouciant, le Grec est quelqu’un de sérieux.
Sa passion pour les chats et les vieux monuments n’ont aucune limite.
Il est bien du style à s’endormir pendant les cours, les repas...Et un peu partout en fait.
Il s’entend assez bien avec Kiku Honda, et possède une relation étrange avec Sadiq Adnan que personne ne sait définir comme étant de la haine ou bien de l’amitié.
Berwald Oxenstierna (Suède)

♂ ; 7ème année ; Serdaigle

Berwald est, au premier regard, quelqu’un de froid, pas très social et très silencieux. Il est en effet quelqu’un de fort et de calme, mais au fond, il a juste du mal à exprimer ses sentiments.
Il peut même être d’ailleurs très joueur, mais son regard intimidant peut faire peur aux autres élèves. Il s’embarrasse facilement et devient timide si c’est le cas.
Malgré son silence, il n’hésite pas à prendre part aux débats et a donné son point de vue.
Par ailleurs, il n’a pas l’air de se rendre compte de son air effrayant.
Ana Bonnefoy (Gaule)

♀ ; Professeur de botanique [prénom modifiable]

Lire le scénario.

Hannon Barca (Carthage)

♂ ; Professer de vol [prénom et nom modifiables]

Lire le scénario.
Joshua N. Atkins (Washington DC)

♂ ; 1ère - 2ème année ; Gryffondor

Lire le scénario.

Cahaya Koeswoyo (Majapahit - Empire de Java)

♀ ; Conseillère d'orientation [prénom modifiable]

Lire le scénario.

Voir d'autres prédéfinis et scénarios.



ϟ Gryffondor : 16
ϟ Poufsouffle : 13
ϟ Serdaigle : 10
ϟ Serpentard : 15
ϟ Adultes : 5
ϟ Total : 59

ϟ Garçons : 43
ϟ Filles : 16

ϟ Sang-purs : 15
ϟ Sang-mêlés : 36
ϟ Nés-moldus : 8

ϟ 1ère année : 1
ϟ 2ème année : 5
ϟ 3ème année : 3
ϟ 4ème année : 2
ϟ 5ème année : 6
ϟ 6ème année : 10
ϟ 7ème année : 14
ϟ 8ème année : 12
ϟ 9ème année : 1























 
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[1 décembre 1991] What's the use of feeling blue? - Feat Océane Mancham

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MessageSujet: [1 décembre 1991] What's the use of feeling blue? - Feat Océane Mancham Mar 10 Jan - 1:36



Feeling blue
"We've all got both light and dark inside us"
Albus Dumbledore

Le ciel gris était de retour. L'hiver avait pourtant laissé aux élèves le loisir de quelques instants de soleil, de quelques moments de bonheur à la lumière du jour malgré le froid rude des matins. Mais le vent glacé était revenu. Il envahissait l'école, hurlait dans les couloirs et entre les colonnes de pierre vieillies par le temps. Il hurlait, comme les étudiants hurlaient chaque jour un peu plus en supportant les terribles événements qui sévissaient dans leur collège, et qui ne faisaient que s’aggraver de jour en jour. Les changements étaient invisibles, rarement présents à leurs yeux, et pourtant ils existaient, dans l'ombre, tels un serpent sinueux prêt à se dresser et à les mordre sans pitié. Il était tapi dans le noir, caché, mais bien là. Et chacun craignait le jour où il resurgirait de nouveau.

Lili avait pris soin, depuis les premières attaques qui avaient eu lieu dans la Grande Salle, de se tenir éloignée du lieu de rendez-vous. Son frère, malade d'inquiétude pour elle, l'avait convaincue de passer son temps libre dans son dortoir, les salles communes étant parmi les endroits les mieux protégés de Poudlard. Il ne savait que lui conseiller entre éviter les lieux bondés et ceux déserts, car il était clair que ni la foule, ni les professeurs n'arrêtaient un cinglé comme Abbanzio Vargas. Mais rester seule pouvait aussi présenter un risque, car elle pouvait être capturée ou pire, tuée, sans que personne ne le sache. Cette panique chez Basch n'était pas pour la rassurer, mais elle se consolait avec un optimisme qui ne la quittait jamais, affirmant qu'elle était capable de se défendre en cas d'attaque, ou que les autorités attraperaient sans doute bientôt l'homme qui ne cessait d'assiéger leur chez-eux. Elle se disait que le bien triomphait toujours, malgré la naïveté de cette pensée, et les morts causés ces derniers mois qui prouvaient le contraire.

Quoi qu'il en soit, elle avait suivi les conseils de son aîné et passait ses soirées dans sa chambre, avec son hibou et ses camarades de dortoir pour seule compagnie. De même, elle ne s'autorisait à sortir à Pré-Au-Lard que lorsque c'était hautement nécessaire. Elle restait là où elle était le plus en sécurité, rassurée par le doux crépitement du poêle au centre de la pièce et l'odeur alléchante qui envahissait cette dernière, provenant des cuisines avoisinantes. Bien des Poufsouffles avaient déjà été surpris dans la salle interdite d'accès où les elfes préparaient les mets du banquet, et trop bonnes ou trop effrayées à l'idée d'être punies, les créatures leur offraient toujours de quoi manger dès que des étudiants échouaient chez eux. Aucun des élèves habillés de jaune et noir n'était assez mesquin pour abuser de cette faveur, mais se savoir si proche de tant de victuailles avait de quoi leur remonter le moral et rendre leur situation un peu moins sombre. Ils n'osaient imaginer ce que ressentaient les Serpentards qui vivaient dans les cachots, devant leur feu de cheminée vert et sous leur plafond de pierres humides, froides et grises. À leurs yeux, vivre dans un dortoir si chaleureux, confortable était hautement plus enviable et leur donnait davantage l'impression d'être à la maison.

Pourtant, ce soir-là, Lili n'avait eu d'autre choix que de rompre sa promesse. Personne n'avait pu ignorer les notes affichées un peu partout dans l'école, écrites de la main-même du directeur. Il annonçait sans précision aucune que le soir du 1er décembre, un discours se tiendrait dans la Grande Salle et que tous les étudiants de Poudlard étaient tenus d'y assister. Pour la première fois depuis des mois, si l'on excluait les bals qui avaient pris place dans cette pièce, Liliane s'était dit que cette réunion valait sûrement le coup qu'elle sorte de son dortoir. Peut-être allaient-il enfin avoir des explications sur le lien exact entre Mr. Vargas et le mage noir qui se disait être son fils, et apprendre pourquoi il s'évertuait à faire de leurs vies un enfer? Certains spéculaient même, un peu trop optimistes, que les Sans-Visages avaient tous été attrapés par le Ministère et mis en prison à Azkaban, ainsi que leur chef. Mais cela paraissait bien trop beau. Si tel avait été le cas, l'affaire aurait sans doute été relatée dans les journaux, bien que toute information sur les récentes attaques ait été soigneusement passées sous silence au cours des derniers mois. La Poufsouffle, quant à elle, présageait plutôt l'occasion de quelques aveux, pour les sortir enfin du brouillard. Ils étaient tous directement concernés par cette guerre. Les garder ainsi dans le flou les laissait pieds et poings liés et les empêchait de se défendre avec leurs pleins moyens. Ne serait-ce qu'un détail de plus sur leurs ennemis était déjà un avantage sur eux, et pouvait leur sauver la vie. Mais si l'on cherchait à les protéger de la vérité, jamais ils ne pourraient se défendre. Et cette annonce était, si ce n'était une résolution à leurs soucis, au moins une lueur d'espoir dans l'obscurité.

Du moins c'est ce qu'elle croyait. Un brouhaha monstrueux régnait déjà dans la Grande Salle alors que le directeur n'était même pas encore arrivé. Tous discutaient de la raison de cette réunion, et encore une fois, on percevait les théories les plus farfelues sur leur délivrance, ou au contraire, sur la complicité de Romulus avec les assaillants. L'italien avait été parmi les seuls à parvenir à sauver l'école des attaques, et la liechtensteinoise ne pouvait croire qu'il n'avait fait ceci que pour gagner leur confiance et au final les trahir. Même si elle ne le connaissait pas personnellement, elle savait reconnaître une personne bienveillante et avait foi en lui. Et même s'il avait été menacé, elle était persuadée qu'il aurait préféré sacrifier quelques vies plutôt que de risquer celle de tous les sorciers de Poudlard. Cependant, elle fut stupéfaite de découvrir que leur protecteur, malgré toutes ses bonnes actions, était le premier responsable de leurs malheurs. Lorsqu'il pénétra dans la salle, un silence de mort se fit. Tous le regardèrent gravir l'estrade, le vice-directeur Beilschmidt à ses côtés, comme un garde du corps. Lorsqu'il leur fit enfin face, tous purent voir qu'il semblait profondément affligé, comme affecté par les secrets qu'il allait bientôt révéler.  

Et c'est ce qu'il fit. Il certifia la pensée de certains sur son lien de parenté à Abbanzio Vargas: il était bel et bien son père. Il avoua aussi avec honte être la cause de la haine que le mage vouait à Poudlard, puisqu'il l'avait abandonné alors que sa mère était enceinte. La plupart, Lili comprise, n'en croyaient pas leurs oreilles. Un sorcier aussi puissant, qui avait protégé ses élèves de toutes ses forces, et avait aujourd'hui deux jumeaux qu'il aimait plus que lui-même, avait laissé son premier fils sans jamais chercher à le rencontrer? Ils étaient tous muets d'horreur, ne sachant comment réagir. Crier aux scandales en clamant que tout était de sa faute? Qui aurait pu prévoir que les choses auraient tourné ainsi? Cependant, ce sentiment d'amertume persistait. La Poufsouffle s'était rappelé ses années à l'orphelinat, auquel tant d'enfants avaient été confiés par leur parents, d'après diverses problèmes. On avait dit à Liliane que ses parents n'avaient simplement pas l'argent pour l'élever, mais l'aimaient malgré tout profondément. Romulus, lui, n'avait même pas eu le temps d'aimer son fils. Il avait fui, comme un lâche, de peur de gâcher son avenir, sans penser à celui de son enfant et de sa mère. Et tout ce qu'il pouvait faire, à présent, c'était s'excuser. S'excuser d'avoir lâché dans la nature le pire criminel de son temps, sans le savoir. D'avoir gâché de précieuses années de leur vie, et d'avoir causé la mort de certains de leurs amis sous le regard d'un Basilic, sous la morsure d'une marque, ou sous les coups de sortilèges.

Mais les aveux ne devaient pas s'arrêter là. Lili le comprit lorsqu'il appela sur la scène un élève. Les étudiants observaient de tous côtés pour déceler qui de leurs camarades avait fauté, cette fois-ci. Chacun se mettait soudain à suspecter son voisin d'être à l'origine du décès d'une connaissance. Après que des chuchotements aient envahi la Grande Salle, quelqu'un se leva finalement, à la table des Serpentards. La Poufsouffle mit un moment à le reconnaître, alors qu'il longeait les rangs vert et argent. L'adolescent avait des cheveux blonds en bataille, des yeux émeraude et un visage terrifié. Il marchait comme un condamné à mort prêt à rejoindre le bûcher. Arthur Kirkland. Lili le connaissait depuis plusieurs années déjà, et avait du mal à comprendre ce que l'ancien préfet avait à voir avec toute cette histoire. Lorsqu'il prit la place de Mr. Vargas, l'écossais semblait sur le point de prendre ses jambes à son cou. Mais tous pouvaient voir qu'il rassemblait son courage pour témoigner à son tour. Ce qu'il décrivit ensuite, la mort dans l'âme et la voix éteinte, glaça tous les élèves présents sur place. Il était Fourchelang. Il avait ouvert la légendaire Chambre des Secrets. Il avait lâché le Basilic dans Poudlard. Et tout cela, sous les ordres et la menace d'Abbanzio Vargas. Il n'avait pas le choix. Immédiatement, certains adolescents protestèrent, réclamèrent vengeance, demandèrent à ce qu'il soit sanctionné, renvoyé, attaqué. Il était plus facile de blâmer un ancien préfet autoritaire et esseulé qu'un adulte en pleine possession de ses moyens, et qui avait chassé de nombreuses fois leurs opposants. Lili, elle, eut le raisonnement inverse, et sans aucun doute bien plus réfléchi. Arthur avait 18 ans. Il avait été menacé par un puissant mage noir et avait obéi car il était effrayé. Romulus avait agi en pleine possession de ses moyens et consciemment. Elle savait d'hors et déjà qui avait commis le mauvais choix, à ses yeux. Mais cela ne justifiait pas ce qui suivit: le directeur ayant pris l'entière responsabilité des actes du Serpentard, c'est lui qui fut emmené par les Aurors, sans doute pour être interrogé, ou peut-être même enfermé. Ulrich, lui, se chargea de protéger Arthur des forces du Ministère.

Tout était réuni pour que les élèves paniquent, ou provoquent une émeute, sous le coup de la panique. Leur plus grand bouclier contre les Sans-Visages venait de disparaître. Mais une voix s'éleva de la foule et parla en leur nom. Evalyn avait pris la parole et les avait encouragé à garder leur calme. Liliane avait été étonnée par la bravoure qu'elle avait manifestée, alors qu'elle levait le poing en affirmant que même l'italien parti, les enseignants pouvaient toujours les défendre, et qu'eux, élèves, n'étaient pas non plus dépourvus de forces. Beaucoup d'années supérieures savaient se battre, et les plus jeunes pouvaient apprendre. Il ne fallait pas baisser les bras. Et un groupe grandissant accompagna ce conseil en levant aussi un poing fermé, dans un signe de ralliement. Et Lili ne s'était pas fait prier pour les rejoindre, souriant malgré elle, le cœur gros face à la solidarité dont pouvaient faire preuve ses camarades, et que l'on avait tendance à oublier.

Elle regagna son dortoir après le repas, exténuée par ces seules révélations. Tout ce qu'elle avait entendu, ou tout ce qu'elle s'était elle-même dit pour se rassurer l'avait vidée de toute énergie. Elle s'affala sur son lit, soupirante, sans se changer. Elle savait qu'elle ne dormirait pas cette nuit, la tête trop pleine et l'esprit trop occupé à réfléchir. Elle passerait des heures à se tourner et se retourner, se demandant ce qui allait se passer, à présent. Elle craignait un nouvel assaut, maintenant que le directeur n'était plus entre leurs murs, et s'inquiétait également pour le sort de l'écossais, qui allait clairement être désigné comme bouc émissaire. L'époque des premiers marqués allait revenir en force. Comme à l'époque où les élèves atteints par l'épidémie avaient été la cible des autre étudiants, le Serpentard serait sans doute la nouvelle victime sur laquelle tout le monde s'acharnerait. Bien qu'elle ne le connaisse pas outre-mesure, elle ne pouvait se permettre de laisser ceci se dérouler sous ses yeux sans rien faire.

Puis d'autres pensées se mirent à la tourmenter, rendant son souffle plus difficile, bloqué dans sa gorge, bien qu'elle essaye de garder son calme. Et si elle avait été dans la même situation? Si une personne qui lui était chère avait été menacée, et si elle avait été forcée, elle aussi, de lancer une monstruosité dans les couloirs, sachant qu'elle risquait ainsi la vie de milliers d'adolescents: des personnes qu'elle considérait comme ses amis, ainsi que d'autres qui ne l'étaient pas encore? Elle imagina Basch, cerné, le couteau sous la gorge, son regard l'implorant de refuser et de choisir les autres à sa place, de ne pas s'en faire pour lui. À cette seule idée, son cœur se gonfla de frayeur et de tristesse, et des sanglots remontèrent dans sa poitrine, faisant trembler sa mâchoire. Elle dissimula ses yeux sous son bras, toujours allongée pour tenter de capter un peu d'air. Tous les petits soucis qu'elle affrontait au quotidien n'étaient rien. Cette joyeuse vie d'adolescente à laquelle elle tenait tant était trop douce, trop paisible, contrairement aux problèmes du vrai monde. Aux problèmes d'adultes que tous ne tarderaient pas à affronter, ou qu'ils commençaient déjà à affronter, sans le savoir.
Feat Océane Mancham



La petite Pouffy vous parle en #F8B852
Poufsouffle

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Citation: "You took me and showed me love when I had nowhere to run. You offered me your everything"


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MessageSujet: Re: [1 décembre 1991] What's the use of feeling blue? - Feat Océane Mancham Mer 11 Jan - 0:10

What's the use of feeling blue ?

Océane ne savait plus comment réagir.

Elle avait apprit qu'elle était une sorcière, avait dû quitter sa famille pour partir dans un pensionnat en Écosse, apprenait à utiliser sa magie, voyait son école se faire attaquer – mais tout ça l'avait bien moins assommée que juste ce discours.

Un discours de leur directeur, bien sûr – par rapport à tout ça, toutes ces attaques, tout ce qui arrivait depuis plusieurs mois, plus d'un an. Non pas qu'elle n'aurait pas voulut la connaître – quoique – mais tout était bien plus surprenant, inattendu, horrible que tout ce à quoi elle pouvait s'attendre.

Bien que s'isolant parfois à la bibliothèque ou dans son dortoir, Océane n'avait pas forcément pu échapper aux attaques qui étaient tombées sur les élèves. Il y avait eu le campement, bien sûr – et elle frissonnait en y repensant, en se souvenant de la brûlure à sa jambe dont il ne lui restait heureusement plus une cicatrice. Elle avait subie une attaque d'un élève marqué, aussi – mais elle s'était cachée, bien cachée, et avait juste attendue en paniquant, en priant pour que personne ne la trouve. Puis au début d'année, elle n'avait pas pu y échapper non plus – ça avait été violent, très violent, et elle en faisait encore des cauchemars.

Alors elle avait subit, s'était tue, avait tenté de sourire quand même et d'aider les plus jeunes en retenant ses larmes. Elle avait essayé, de ne pas trembler lorsqu'elle croisait certains élèves, ceux qu'elle savait marqués ; de ne pas garder un esprit définitivement vide lorsqu'elle regardait la cicatrice qui s'étendait désormais sur son ventre et qu'elle se demandait comment elle pourrait l'expliquer à ses parents, ses aînés, sans leur dire qu'elle avait faillit mourir ; de ne pas pleurer lorsque le soir venait et qu'elle était seule dans son lit, les images horrifiantes des événements dansant devant ses yeux. Elle luttait contre elle-même, contre son esprit qui voulait tant réfléchir, s'arrêter sur le sujet alors qu'elle-même ne voulait que tout oublier – la souffrance, la peine, la douleur, la mort qui suintait dans les couloirs de l'école et salles de classe qui se vidaient étrangement.

Mais maintenant qu'elle arrivait à cette fin de journée, elle se sentait perdue – presque vide.

Elle était passé aux cuisines grignoter un peu, par réflexe, alors que les larmes roulaient encore sur ses joues – puis, tout aussi lentement qu'elle s'était dirigée vers l'antre des Elfes de Maisons, elle était allée jusque dans la salle commune des Poufsouffle, s'était laissée tomber dans un fauteuil face à une cheminée et s'était roulée un boule en fixant l'âtre.

Elle ne savait pas combien de temps elle avait mit à sortir de cette sorte de transe qui l'avait prise – mais elle avait finit par se lever, bouger, reprendre pieds avec la réalité. Alors elle était montée dans son dortoir, toujours un peu perdue, errant presque comme une âme en peine, clignant des yeux comme pour chasser les restes de ses larmes.

Elle s'installa en silence sur son lit, essayant encore et encore de chasser les images qui hantaient son esprit – Arthur qui se levait, si pâle, Arthur qui avouait, Arthur qui avait trahit, Arthur, Arthur, Arthur.

Son souffle se bloqua et elle eut un nouveau sanglot, encore une fois – pourtant elle était sûre qu'elle n'avait plus aucune larme à verser, tant elle avait pleuré.
Son regard se leva, cherchant quelque chose, quelqu'un, et tombant finalement sur le lit à côté du sien – aussitôt elle se leva, sans plus réfléchir – mais avait-elle réellement put réfléchir aujourd'hui ?

Elle grimpa dans le lit à baldaquin de sa meilleure amie, venant aussitôt se blottir contre elle – à la fois pour chercher son soutien comme pour lui donner le sien. Elle savait que la jeune fille devait être aussi déboussolée qu'elle par ces révélations, et elle savait aussi qu'en tant qu'amie, elle se devait d'être présente pour elle – comme elle l'avait été bien des fois.

« Lili... »

Un nouveau sanglot lui échappa, et elle se pinça les lèvres en priant pour qu'il soit le dernier. Ses joues étaient déjà rouges, présentant les traces de ses pleurs, et elle se sentait presque honteuse de son état. Elle leva son regard noisette vers son amie, légèrement tremblante, soudainement paniquée – aucun mot ne voulait franchir la barrière de ses lèvres, ses yeux se remplissaient déjà de larmes qui avaient trop coulées.

Elle se sentait si mal.
Si perdue.

Elle se donnait l'impression d'être une fontaine qui ne pouvait plus que s'écouler sans s'arrêter, sans se stopper – que rien ne pouvait faire taire, pas même l'assèchement le plus total.

Océane se recroquevilla encore, un peu – et elle se souvenait, toujours, toujours si fort de juste ce discours. De la violence que de simples mots pouvaient infliger, bien plus fort que mille coups de poing. De la douleur de la réalisation, de la souffrance qui montait, lui lacéraient les entrailles. De la sensation de sentir tout s'écrouler autour de soi, aussi – comme un rêve qui se brise en mille morceaux.

« Lili... »

Elle se sentait tellement pathétique, à ne réussir à produire que ce simple son, ce faible appel à l'aide – de ne plus réussir à contenir ses larmes, ses sanglots, et hoqueter sans arrêt. D'être juste tellement perdue qu'elle ne savait plus quoi faire, comme agir, et que la simple idée de bouger, de prononcer un mot la paniquait totalement. De trembler encore, comme sous la caresse d'un vent froid invisible – alors que l'étau glacé s'était enroulé autour de son cœur.

Elle se sentait noyée dans sa propre souffrance.

Alors elle s'accrocha ce qu'il y avait de plus proche d'elle, à cette personne en qui elle gardait une confiance inaltérable, en tentant d'arrêter son esprit qui lui rejouait encore et encore la scène de juste ce discours. Elle agrippa Lili, agrippa sa meilleure amie, pourtant bien consciente que cette dernière souffrait certainement autant qu'elle, avait autant besoin de soutien qu'elle. Pourtant, elle se montrait égoïste, incapable de l'aider – et peut-être aussi se disait-elle simplement que son amie était bien plus forte qu'elle ne le serait jamais, bien plus prompte à se relever et à agir qu'elle qui restait terrée dans son coin.

Alors elle releva encore une fois ses yeux vers Liliane, se mordant la lèvre, encore tremblante et les yeux rouges ; et elle murmura un dernier appel, une dernière supplique – parce qu'elle voulait juste que tout s'efface de son esprit, à jamais.

« Lili... »

ft. Liliane Zwingli


Merci Monsieur Keith ! ♥:
 


La petite seychelloise vous parle en #0099ff
Poufsouffle

Mon personnage
Citation: Puisqu'il faut vivre, autant le faire avec le sourire !


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MessageSujet: Re: [1 décembre 1991] What's the use of feeling blue? - Feat Océane Mancham Ven 13 Jan - 16:25



Feeling blue
"We've all got both light and dark inside us"
Albus Dumbledore

Inspirer. Expirer. Elle ne pouvait rien faire d'autre pour calmer son souffle saccadé, repoussant par la même occasion ses idées funestes et pessimistes. Cela ne lui ressemblait pas. Elle avait toujours vu le bonheur ou la chance dans toutes les situations. Elle était celle qui voyait l'espoir et les rêves improbables se réaliser, en dépit de toutes les épreuves. Mais ce soir, toute cette fortune semblait s'enfuir, lui échapper. Les mots d'Arthur tourbillonnaient dans son crâne, telle une tornade avide de tout emporter sur son passage.

"Je suis ce Fourchelang"
"J'ai été forcé"
"Je suis... désolé"
"Abbanzion Vargas... est l'auteur de ce chantage"


Oh, comme elle le haïssait. Cet homme qui faisait du mal à ses amis, qui menaçait la sécurité de l'école tout entière. Même elle qui pensait que n'importe qui pouvait se racheter, que même la pire des personnes pouvait devenir bonne si elle essayait... Elle n'y croyait plus. À ses yeux, le mage avait perdu ce privilège. Rien ne rachèterait ses crimes. Ni les excuses, ni la douleur que l'on pourrait lui infliger. Elle se retrouvait avec des pensées impures et sombres, désirait la souffrance de cet individu. Qu'il goûte à tout ce qu'eux avaient subi par sa faute... Peu importait qui il était ou à qui il était rattaché. Il ne méritait que...

Elle fut tirée de son tourbillon de haine par le bruit de la porte du dortoir, qui coulissa. Elle n'osait pas se relever. Elle n'en avait pas la force. Elle ne pouvait même pas regarder cette personne dans les yeux, de peur qu'elle ne la reconnaisse pas. La simple tristesse dans ses yeux, le dégoût faisait qu'elle n'était plus Liliane Zwingli. Elle était devenue autre chose, une boule de nerf et de larmes qui ne demandaient qu'à se déverser, même si elle gardait le tout enfoui, même si elle retenait ses sentiments négatifs. Fixant toujours le plafond, elle entendit l'autre adolescente traverser la pièce à pas lents, pour aller s'allonger sur un lit voisin à celui de la liechtensteinoise. Elle ne chercha d'abord pas à savoir qui avait pénétré dans la pièce. Elle était elle-même trop enterrée dans son chagrin pour vouloir le partager avec qui que ce soit, et risquer de l'accroître. Pourtant, lorsqu'elle perçut le sanglot qui résonna dans la pièce, elle ne put s'empêcher de s'en vouloir, les yeux agrandis par la surprise et les sourcils froncés par le remord. Océane.

Elle était toujours incapable de bouger un muscle, mais son corps lui hurlait de se lever, d'aller lui parler. Elle ne l'avait pas vue de la soirée et n'avait pas conscience de l'état dans lequel se trouvait sa meilleure amie. Mais à tous les coups, il n'était pas fameux. Le seychelloise connaissait l'écossais bien mieux qu'elle, et elle était sans aucun doute bien plus affectée que Lili par sa déclaration. Et malgré l'amitié de longue date qu'elles partageaient, cette dernière se sentait impuissante. Elle ne savait pas comment sécher les larmes de sa camarade. Et ses membres qui refusaient de bouger, comme plongés dans une profonde léthargie, ne l'aidaient en rien.

Heureusement pour elle, elle n'eut pas à se déplacer, car c'est Océane qui vint à elle. Elle se leva et marcha vers le lit de Lili, toujours avec cette lenteur malade et abattue, qui lui ressemblait si peu. La demoiselle sentait son cœur battre de plus en plus vite alors qu'elle se demandait comment faire. Que pourrait-elle lui dire? Comment chasser cette tristesse qui l'étouffait elle aussi, et qu'elle était déjà incapable de chasser de son propre corps? Elle priait pour avoir davantage de temps pour réfléchir, mais elle vit bien vite la silhouette de sa meilleure amie face à elle, et ce qu'elle contempla lui déchira le cœur. Il n'y avait plus une lueur d'espoir dans les yeux d'Océane. La joie qui l'habitait semblait avoir disparu. Seuls le choc et l'horreur pouvaient être vus sur son visage, à présent. Alors que d'ordinaire elle réclamait des câlins avec le sourire, c'est par solitude et par besoin de réconfort qu'elle vint cette fois se blottir contre sa camarade, celle qui l'avait tant aidée, qui d'ordinaire était là. Et c'est dans un hoquet de peine que la liechtensteinoise entendit son nom prononcé:

▬ Lili...

Sa poitrine se serra d'autant plus. Sa voix... Sa voix avait tellement changé. Elle était éplorée, gémissante, comme un murmure angoissant qui prend compte de la réalité, suppliant qu'on le détrompe. Son amie n'arrivait pas à supporter ce qu'elle avait entendu. Même les personnes qui leur étaient proches étaient mêlées à cette affaire. Même Arthur, pourtant préfet exemplaire et bienveillant. Personne n'était à l'abri. Et c'était cette réalisation qui les mettait toutes les deux dans un état si lamentable. Elle enroula ses bras autour de la seychelloise, frottant gentiment son dos, désireuse d'apaiser sa peine, bien qu'elle soit déjà écrasée par sa propre souffrance. Mais elle percevait clairement sa plainte étouffée, ses épaules qui tremblaient, et lorsque sa camarade leva les yeux vers elle, elle put observer plus clairement les larmes qui dévoraient ses yeux et manquaient de déferler de nouveau - car il étaient clair qu'elles n'étaient pas les premières. Serrant les dents pour ne pas perdre pied devant cette vision affligeante, elle chercha quelque chose. Un mot, n'importe quoi. Une chose qui pourrait rassurer son amie, qui se prostrait de plus en plus contre son cœur alarmé. Océane avait besoin d'elle. Océane était en train de tomber. Il fallait la rattraper. Mais elle ne trouvait rien. Elle restait muette face à sa détresse.

▬ Lili...

À nouveau, elle faillit lâcher prise et fondre en larmes à son tour, accompagnant la jeune fille dans son agonie. Mais elle s'accrocha encore au plus minuscule espoir, à la plus petite lueur qui leur promettait un avenir meilleur. Où était-elle? En qui pouvaient-ils avoir confiance? Comment pouvaient-ils être sauvés alors qu'ils n'étaient que des adolescents, non même, des enfants encore débutants en magie, face à des monstres cruels et assoiffés de sang? Y avait-il ne serait-ce qu'une issue à leur malheur? Sur qui pouvaient-il compter? Qui? Qui... Qui...

Son corps parcouru de frémissements, elle retint la boule dans sa gorge, la ravala, essayant d'être forte. Elle avait besoin de penser à quelque chose de positif. Océane avait toujours été un rayon de soleil pour elle. Elle avait toujours un sourire radieux, s'inquiétait un peu trop pour les autres, et faisait de son mieux dans tout ce qu'elle entreprenait. Mais Océane avait aussi toujours été plus fragile, et avait besoin qu'on la protège. Comme un verre délicat, une poupée de porcelaine qui risquait de se briser, d'éclater si le bonheur lui échappait trop. Il fallait lui ramener cette bonne humeur, cette gaieté qui ne la quittait jamais, mais qui avait décidé de s'enfuir pour la laisser pleurer tout son soûl. Comment faire? Que dire? Lili cherchait, perdu dans sa réflexion, regardant le vide plus qu'elle ne regardait les yeux bouffis de chagrin de sa meilleure amie, qui de nouveau, la fixait, appelant à l'aide derrière ses prunelles rougies par un voile.

▬ Lili...
▬ Tout va bien, lâche-t-elle finalement avec douceur, la collant un peu plus contre elle. Tout ira bien, je te le promets...

Elle n'avait aucun moyen de promettre une telle chose. Elle n'avait aucun pouvoir miracle pour sauver l'école, ni Mr. Vargas, ni Arthur, ni Océane elle-même. Mais si cela pouvait la rassurer, elle était prête à mentir, ne serait-ce qu'un peu. Pour elle.

▬ Même le directeur parti... Mr. Beilschmidt nous protégera, continua-t-elle, trouvant des arguments à mesure que les paroles coulaient de ses lèvres. Il est aussi fort que lui, j'en suis sûre... Et Mr. Vargas reviendra. Jamais il ne nous abandonnerait ainsi.

Ceci, malgré tout, elle y croyait. L'italien aimait son école plus que tout. Bien que le geste aurait été beau, il n'avait sans doute pas abandonné l'école pour la sécurité d'un élève seul. Elle chercha encore. Les mots lui venaient bien plus facilement maintenant qu'elle avait décidé d'ouvrir la bouche.

▬ Et puis... nous avons beaucoup d'élèves talentueux à Poudlard. Souviens-toi, c'est la meilleure école de magie du monde. Ils pourront se battre contre nos ennemis. Et... Et... On va devenir plus fortes, nous aussi!

En évoquant cette idée, elle sentit sa tristesse remonter de nouveau. Un vieux souvenir l'accablait, la forçant à replonger dans sa peine. Elle se rappelait cette fois où elle avait tenté d'être forte pour rassurer quelqu'un. Qu'elle avait contenu son désarroi pour lui venir en aide, mais que cela ne lui avait rien apporté d'autre que de la haine. Elle ne pouvait pas comprendre. Elle ne pouvait pas toujours faire comme si tout allait bien pour tenter de redonner le sourire aux autres. Leroy lui avait fait comprendre cela. On ne pouvait pas éternellement repousser les soucis. Ils finissaient toujours par revenir, plus forts et plus douloureux. Et ainsi, plus douloureuse était la chute. Mais cela ne devait pas l'arrêter. Basch lui avait dit.

"Tu as le droit de pleurer, tu sais"
"Je ne peux pas! Si je le fais, tu seras triste aussi, grand frère! Et je ne veux pas... être faible devant toi..."
"Lili... Ce n'est pas en repoussant les ténèbres que tu les feras disparaître. Pleurer un bon coup, ça fait parfois du bien, comme une bonne nuit de sommeil. Ça apaise, et ça remet les idées en place. Mais ne crois pas que tu es faible à mes yeux car tu pleures"

Et il avait dit cette phrase tellement sage, tellement véridique, que Lili avait tendance à oublier, car sa vie ne devait être guidée que par le bonheur et les sourires:

"Pleurer ne veut pas dire que tu es faible. Cela veut juste dire que tu as été forte trop longtemps"

Et c'est en se souvenant de ses paroles... qu'elle fondit en larmes à son tour, son front contre celui de sa meilleure amie. Elle savait que cela allait sûrement la déboussoler, l'anéantir. Voilà qu'après avoir tenté de la rassurer, elle craquait elle aussi. Mais Lili ne pouvait plus arrêter le flot qui coulait sur ses joues, alors qu'elle se serrait aussi contre Océane, comme deux oisillons en manque de chaleur. Elle comprit qu'elle ne pouvait pas être forte plus longtemps.
Feat Océane Mancham



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MessageSujet: Re: [1 décembre 1991] What's the use of feeling blue? - Feat Océane Mancham Dim 22 Jan - 5:34

What's the use of feeling blue ?

Océane se sentait dans le brouillard le plus complet ; en fait, elle se sentait même complètement perdue dedans. Elle aurait bien tenté d'avancer, de tâter aux alentours pour se créer son propre chemin ; mais elle se sentait paralysée, incapable de bouger ; les pieds collés au sol.

C'était comme si son monde s'était brisé tout autour d'elle ; et avec lui, toutes ses certitudes avaient volées en éclat.

Elle ne savait même plus ce qu'elle devait ressentir.

De la haine ?
Non. Elle se sentait incapable de haïr quelqu'un, encore moins Arthur. Pas lui qui l'avait tant de fois aidée, protégée, aimée sans aucune arrière-pensée. Jamais.
De la colère ?
Non. A quoi bon ? Il y avait déjà tant de monde en colère. Tant de monde prêt à refaire un bûcher juste pour y jeter Abbanzio, et tout ceux qui l'avait aidé plus ou moins volontairement. Elle ne se sentait pas capable de ça, d'être au prise d'un sentiment qui lui semblait soudain trop violent, trop intense.
De la honte ?
Non. Pourquoi se sentir honteuse ? Honteuse d'être une proche d'Arthur, alors qu'il était celui qui les avait trahit ? Non. Elle ne pouvait pas se sentir honteuse de ça, absolument pas. Elle n'arrivait juste pas à penser ainsi, à voir Arthur autrement que comme... Comme presque un frère, plus un père. Et elle ne pouvait se sentir honteuse de ça. Elle ne pouvait se sentir honteuse de l'aimer.
Du dégoût ?
Non. Elle ne pouvait pas, non plus – pourquoi être dégoûtée d'actions qui dataient trop, qu'elle comprenait trop ?

Le pardon... ?
Non. Oui. Elle ne savait pas. Tout semblait si compliqué. Si soudain. Si vrai. Si faux. Si réel. Si gros. Si affreux. Si risible. Si trop. Trop, trop, trop, TROP.

C'était juste beaucoup trop.

Et c'était ce qui envahissait ses pensées alors qu'elle prononçait une dernière fois le prénom de sa meilleure amie – son soutien, son pilier, celle qui la comprenait parmi tant d'autres.

Lili, Lili-jolie, Lili qui souriait en l'accueillant, Lili qu'elle taquinait, Lili qui l'écoutait, Lili qu'elle écoutait, Lili avec qui elle pouvait tout partager.
Lili sa meilleure amie.

Lili contre qui elle se blottissait comme si sa vie en dépendait.
Était-ce le cas ?
Elle n'était pas sûre de pouvoir répondre elle-même à cette question.

« Tout va bien »

Océane eu envie de hurler à son amie que non, non, tout était bien loin du mot « bien », qu'elle ne pouvait pas mentir à ce point. Qu'elle connaissait trop la vérité.
Pourtant, elle se laissa bercer par ces mots.

« Tout ira bien, je te le promets... »

Elle se blottit un peu plus contre son amie, enfouissant sa tête dans son cou. Elle se sentait un peu égoïste, à la laisser mentir pour la rassurer – parce qu'elles savaient toutes les deux que c'était bien loin de la vérité. Que ces mots ne reflétaient en rien la situation actuelle – mais pourtant, ça faisait tellement de bien de les entendre, d'y croire quelques secondes, juste le temps de tout oublier, de se laisser bercer d'illusions.

« Même le directeur parti... Mr. Beilschmidt nous protégera. Il est aussi fort que lui, j'en suis sûre... Et Mr. Vargas reviendra. Jamais il ne nous abandonnerait ainsi. »

Que les mensonges sonnaient doux. Qu'ils étaient beaux – tout enrobés de sucre et de rose, bien présentés, si facile à avaler. Si facile à accepter.

Mais la réalité avait un goût amer que ces bonbons-mensonges ne parvenaient à camoufler.

Océane était une rêveuse qui se sentait soudainement beaucoup trop les pieds sur terre – une rêveuse qui ne voulait se laisser aller à rêver, une rêveuse qui ne pouvait plus rêver. Elle l'inconsciente, l'insouciante, elle se sentait tenir la réalité au creux de ses mains, cette réalité qui n'avait de cesse de s'échapper pour l'entourer et l'étouffer sous ses doigts d'acier.

Pourtant, pourtant, une petite voix ne pouvait s'empêcher de lui chuchoter que ce n'était pas que mensonges, pas que mots prononcés juste pour rassurer – quoiqu'elle pouvait se demander qui son amie cherchait-elle à rassurer ; Océane qui pleurait dans ses bras, ou elle-même qui devait se sentir aussi mal ?

Mais après tout, n'était-ce pas réel, que le directeur – pardon, Monsieur Vargas – ne pouvait tout simplement pas les abandonner comme ça, qu'il aimait trop ses élèves et son école pour ? Que Monsieur Beilschmidt ne chercherait pas à les protéger alors qu'il l'avait déjà fait, et le referait certainement sans hésiter ?

Océane voulait y croire. Elle voulait y croire de toute son âme de rêveuse qui ne pouvait plus rêver.

« Et puis... nous avons beaucoup d'élèves talentueux à Poudlard. Souviens-toi, c'est la meilleure école de magie du monde. Ils pourront se battre contre nos ennemis. Et... Et... On va devenir plus fortes, nous aussi ! »

Un sourire, léger, fragile, était venu étirer les lèvres de la seychelloise. Après tout, oui, Poudlard était l'une des meilleures écoles de magie au monde – même si ses cousines nouvellement trouvées de Beauxbâtons soutenaient que leur école était supérieure à la sienne. Et ils avaient de formidables combattants dans leurs rangs, elle ne pouvait le nier. Oui, c'était vrai, c'était la réalité, la réalité vraie.

La dernière phrase de son amie, pourtant, lui provoqua un léger rire qui chatouilla sa gorge puis ses lèvres, et qu'elle laissa éclater contre le cou de son amie.

« Je n'ai pas besoin d'être forte. » Les mots lui échappaient entre deux rires coupés de sanglots, sans qu'elle ne puisse, ne cherche à les retenir. « J'ai Gawain pour me protéger. C'est mon Chevalier. »

Elle ne réfléchissait pas vraiment à ce qu'elle disait sur l'instant – peut-être même l'oublierait-elle. Mais, recroquevillée contre son amie, le léger rougissement qui l'avait saisie passait inaperçu, tant sa peau était déjà rougie par les larmes.

« Et puis. » Elle murmura, comme n'osant pas prononcer ces paroles trop haut, trop fort – comme pour les garder emprisonnées dans un secret qui ne serait jamais dévoilé. « Je crois que je ne pourrais jamais devenir forte. »

Forte... Définitivement, ce n'était pas un mot qui lui convenait, à elle. Forte, ça lui faisait penser aux gens qui se battaient, ceux au premier plan, qui allait au-devant du danger et risquait leur vie pour les autres, ceux qui étaient à l'arrière.

Oui, l'arrière, c'était plus un endroit qui lui convenait, à Océane. A l'arrière – ceux qu'on protégeait. Mais aussi ceux qui soignaient, qui guérissaient, qui rassuraient, qui soutenaient. Ceux qui résistaient.

Oui, la résistance, discrète, mentale, ça lui convenait, à Océane. C'était bien plus elle que le forte auquel pensait Lili.

Et Lili, elle ?
Lili serait-elle forte, de ces gens en première ligne, ou avec elle, dans cette résistance passive où tout se jouait surtout dans son propre esprit ?
Peut-être un peu des deux.
Peut-être qu'elle résisterait, puis qu'elle irait se battre – ça lui ressemblait assez, d'agir ainsi, se disait la seychelloise.

Et elle reporta son attention sur son amie. Son amie qui semblait se craqueler, comme croulant elle-même sous ses propres mensonges rassurants qu'elle n'arrivait pas à croire. Ou sous la réalité de leur situation qui se faisait soudainement si palpable, si pesante.

La situation...
Le temps d'un instant, elle s'était échappée de son esprit – et puis soudainement, elle revint s'implanter, avec plus de force, détruisant tant d'autres pensées sous sa pression.

Arthur...

Les larmes lui montèrent aux yeux, lui serrèrent la gorge alors même qu'elle sentait Lili exploser en larmes dans ses bras – mais n'était-ce pas elle dans ses bras, auparavant ? Qui rassurait qui, finalement ?

Ça n'a aucune importance, estima la jeune fille en serrant la blonde dans ses bras.
Aucune importance.

Elle sentit les larmes rouler de nouveau sur ses joues, comme pour accompagner celles de son amie – mais surtout, comme une libération égoïste au fond de son cœur.

Je ne suis pas la seule à souffrir. Pas la seule à avoir mal. Voilà. On est au moins deux. Deux êtres perdus réunis dans la même souffrance.

Mais ce n'était plus à elle de pleurer, à présent – parce que pour parler, pour se vider le cœur, il n'y avait qu'une chose à faire, avant, quelque chose qu'elle avait déjà fait.

« Ne t'inquiètes pas, Lili... » Elle serra un peu plus son amie contre elle. « On s'en sortira. Toutes les deux. Je te le promets. » Elle lui caressa le dos, l'entoura un peu plus de ses bras. « Tu vas voir. On va s'en sortir, de tout ça. » Puis elle laissa retomber sa tête à côté de celle de Lili, ferma les yeux, baissant encore un peu le ton. « Mais d'abord, il faut pleurer. Il faut pleurer pour se libérer de toutes ces mauvaises choses. » Oui, pleurer, c'était ce qui permettait d'avancer, parfois. « Alors pleures, Lili-jolie. Je reste là. Pleures. Ça ira mieux, tu verras. » Un léger soupir lui échappa. « Libère-toi, Lili. »

ft. Liliane Zwingli


Merci Monsieur Keith ! ♥:
 


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MessageSujet: Re: [1 décembre 1991] What's the use of feeling blue? - Feat Océane Mancham Mer 25 Jan - 21:33



Feeling blue
"We've all got both light and dark inside us"
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Elle se sentait misérable. Pleurer ainsi, lâcher prise alors qu'elle était censée être celle qui réconfortait Océane, celle qui soignait, pansait les plaies... Elle était censée être forte, inébranlable. Mignonne mais hardie. Gentille mais résistante. Courageuse, invincible. Elle essayait vraiment de l'être. Avec toutes ses capacités, toutes les forces de son petit cœur. Mais son chagrin la noyait, la tourmentait, la privant de ce bouclier dont elle avait tant besoin. Ce bouclier qui la rendait chaque jour invulnérable à la tristesse, à la solitude, aux soucis du quotidien. Mais ces petits tracas n'étaient rien comparés à aujourd'hui. Elle s'enfonçait, perdait pied dans des eaux trop sales, trop profondes, trop noires. Elle se perdait et n'arrivait plus à remonter, ni à secourir Océane, qui elle aussi buvait la tasse sous ses yeux. Elle avait le sentiment de manquer à son rôle de meilleure amie. Elle n'était pas assez forte, elle n'avait pas les épaules pour porter son fardeau ainsi que celui de la seychelloise. Il lui fallait plus de force, mais où la trouver? Dans l'amour de ses camarades? Dans celui de son frère, qui était toujours près d'elle mais lui manquait toujours plus? Elle ne savait pas quoi faire. Pas quoi faire pour soulager ce poids sur sa conscience, et sur le cœur d'Océane. La voilà en larmes dans ses bras, faible, vulnérable, alors qu'elle était censé être toujours joyeuse, toujours optimiste, pour partager cet enthousiasme avec les autres. Maintenant, c'était elle qui était au fond du trou. Elle qui avait besoin de réconfort.

Dans sa tristesse, elle entendit à peine les parole de son amie à propos de Gawain, mais les devinait aisément. L'écossais occupait une place importante dans son cœur, une place que Lili elle-même peut-être ne pouvait atteindre, bien qu'aucun mot ne puisse encore être mis sur ce lien d'affection. Elle parlait de lui comme d'un prince charmant, un chevalier servant en armure qui viendrait la sauver. La liechtensteinoise se demandait: avait-il joué son rôle jusqu'au bout? Était-il allé voir Océane? Lui avait-il adressé des mots de réconfort? Ou la surprise, l'horreur était-elle trop forte quand il songeait à ce que son frère avait fait, pour penser à quoi que ce soit d'autre? Vu l'état de la demoiselle, il était facile de deviner la réponse. Même le fier seigneur était absent, et Lili avait la sensation d'être absente, elle aussi. Elle capta aussi ces paroles si basses, comme un murmure inavouable, trop blessant pour être prononcé à haute voix, et qui lui faisait si peur:

"Je crois que je ne pourrais jamais devenir forte"

Etait-ce Océane, ou elle-même qui avait prononcé ces mots? Était-ce sa conscience qui lui envoyait ce message et lui faisait comprendre que c'était trop tard, qu'elle avait été trop faible et ne pouvait plus revenir en arrière? Elle manquait d'air, elle étouffait en pensant à ce que cela signifiait. Elle ne pourrait protéger personne. Avec le peu de magie qu'elle avait, le peu de connaissance qu'elle possédait, elle qui croyait pouvoir tout faire se retrouvait collée au sol, sans espoir de réussir à voler. Sans espoir de se relever.

Son amie sembla découvrir cet état de détresse qui lui serrait le cœur, la paralysait. Peut-être comprenait-elle enfin que Lili n'était pas ce qu'elle prétendait être. Peut-être était-elle déçue de la voir ainsi, de découvrir que derrière ses sourires et sa bonne humeur se cachait une jeune fille comme les autres, vulnérable, avec des peurs et des appréhensions. Lili savait que juger ou critiquer les autres n'était pas le genre d'Océane, encore moins ceux qui lui étaient proches. Elle savait qu'elle ne lui reprocherait jamais de pleurer ou de se montrer ainsi, remplie de doutes, chancelante. Mais elle n'avait pas besoin d'elle pour entrevoir ce jugement, cette sentence qui la rongeait et la privait de ses derniers atouts. Elle était son propre juge, dans ce tribunal de cauchemar.

Puis elle sentit les bras de sa meilleure amie se resserrer autour d'elle. Non comme un étau, mais au contraire, comme une libération, une paire de ciseaux qui viendrait couper ces chaînes dont elle était prisonnière. Et elle l'entendit lui susurrer ces mots rassurants... ou l'étaient-il? Elle n'arrivait pas à le savoir.

▬ Ne t'inquiètes pas, Lili... On s'en sortira. Toutes les deux. Je te le promets.

La caresse sur son dos se faisait apaisante, douce, la voix de la seychelloise plus calme, bien qu'humide, obstruée par les hoquets et les sanglots. Elle essayait de passer outre son angoisse, sa douleur et son désespoir pour la secourir à son tour. Lui prouver qu'elle était toujours là.

▬ Tu vas voir. On va s'en sortir, de tout ça.

Le timbre se faisait de plus en plus bas, de plus en plus profond, comme un chant onirique qui chasserait ses affreuses visions, ses mauvais rêves. Qui essayerait de l'emmener vers d'autres mondes plus paisibles. Et un instant, elle espérait qu'elle disait vrai. Elle était prête à y croire, si cela pouvait chasser sa souffrance, sa frayeur, et faire du lendemain un jour nouveau, plus beau, où leur vie était parfaite et sans danger. Mais tout cela avait un goût de mensonge, dont la saveur âcre restait collée à la langue, sans pouvoir être chassée. Elle savait au fond que cela ne serait pas aussi simple. Elle savait qu'il faudrait des mois d'attente, des batailles, plus de souffrances et de cicatrices. Plus, plus, plus, toujours plus. Et ces blessures, ces plaies qui ne cicatriseraient jamais allaient continuer de les démanger, encore longtemps. Dans leur futur, lorsqu'elles seraient adultes, mères, femmes, elles resteraient à jamais ce qu'on avait fait d'elles. Ce qu'Abbanzio Vargas avait fait d'elles. Des combattantes, oui. Mais avant tout des victimes de la guerre. Et elles ne pourraient retenir leurs larmes, elles ne pourraient que pleurer encore en repensant à ce qui avait été sacrifié, à ce qui avait été perdu. Elle pleureraient comme elles pleuraient aujourd'hui, sans savoir quel lot d'horreurs la journée suivante leur réservait encore. Elle tentait d'arrêter ce flot intarissable, mais c'était inutile. Il fallait qu'elle continue, et son amie le lui fit comprendre.

▬ Mais d'abord, il faut pleurer, lui dit celle-ci. Il faut pleurer pour se libérer de toutes ces mauvaises choses. Alors pleures, Lili-jolie. Je reste là. Pleure. Ça ira mieux, tu verras. Libère-toi, Lili.

Elle laissa échapper un hoquet en entendant le surnom qu'elle lui donnait toujours. Peut-être avait-elle essayé de rire, bien que cela ressemblait plus à un glapissement, à une énième plainte. Mais elle suivit son conseil. Elle continua de laisser couler, de se libérer de ces mauvais sentiments qui lui obstruaient la poitrine. Elle les déversait comme l'on se débarrasse d'un poison. Ces gémissements, ces spasmes incontrôlés durèrent, durèrent, des minutes qui lui parurent des siècles, tant ils lui faisaient mal. Et lorsque ses joues s'asséchèrent enfin, ses yeux toujours humides, tout ce qu'elle ressentait, c'était une profonde fatigue. Elle était fatiguée de se battre. Fatiguée d'être triste et de devoir le montrer à la Terre entière. Fatiguée de cet ennemi qui revenait toujours à la charge et cherchait à les meurtrir, et à meurtrir leurs vies. Quand enfin sa peine se calma, elle crut sentir le poids qui l'empêchait de respirer s'alléger, la laisser enfin vivre un peu. Elle essaya de retrouver un souffle normal, calme, bien qu'il fut encore saccadé. Et elle regarda Océane, qui était dans un état aussi lamentable que le sien. Elle n'avait que quelques paroles pour la rassurer, au moins sur sa condition à elle.

▬ Merci... Merci, Océane, je... commença-t-elle avant de renifler un peu. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi... Merci d'être là... avec moi...

Elle posa son front contre l'épaule de la seychelloise, exténuée, faible, encore une fois, davantage si c'était possible. Sa meilleure amie avait raison. Tout ça lui avait permis d'aller mieux. Et elle souhaitait en faire autant pour sa camarade. Elle passa doucement sa main dans ses boucles brunes, ces dernières s'enroulant autour de ses doigts, comme avec affection.

▬ Parle-moi... Dis-moi ce qui te tracasse. Ne garde pas tout pour toi, s'il te plaît.

Les deux jeunes filles n'étaient pas du genre à garder quoi que ce soit pour elle. Mais ce soir était spécial. Ce soir était grave, et raconter que l'on avait perdu un de ses rubans, ou que l'on avait eu une mauvaises note au dernier test n'avait pas grand chose à voir avec les malheurs qui s'abattaient maintenant sur elles.
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MessageSujet: Re: [1 décembre 1991] What's the use of feeling blue? - Feat Océane Mancham Dim 12 Fév - 21:06

What's the use of feeling blue ?

C'est étrange, ne pouvait s'empêcher de penser la jeune seychelloise. Là, au creux de ses bras, sa meilleure amie pleurait sa peine et évacuait sa tristesse, alors qu'elle-même séchait déjà ses larmes.
C'est étrange, répétait en boucle son esprit. Habituellement, c'était elle qui pleurait, elle qu'on consolait – à plus forte raison, Lili la soutenait quoi qu'il se passait.
C'est étrange, murmurait encore et encore une petite voix dans sa tête. Parce que pour la première fois depuis longtemps – depuis le début de leur amitié peut-être – les rôles étaient inversés. Elle était le soutien, Lili était en larmes.
C'est étrange, mais ça avait un côté rassurant – comme une preuve éternelle que rien n'était figé, et que dans leur amitié, tout allait dans les deux sens.

Et égoïstement, une preuve que tous, les élèves comme les professeurs, avaient été touché ce soir. Que tous avait été choqués, tristes, en colère – mais emplis de sentiments qui ne cessaient d'agiter leur cœur et leur esprit.

Ce soir, c'était trop gros, trop imprégné dans toute l'école – comme un vieux traumatisme qui refaisait surface. Océane avait peur, incroyablement peur des événements qui allaient suivre, du comportement qu'elle devait adopter, de ce qu'elle devait dire – juste peur du futur qui s'entrevoyait à l'horizon.

Pourtant, alors que Lili pleurait dans ses bras, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que tout irait bien – et elle le croyait. Alors même qu'elle le chuchotait à sa meilleure amie, elle croyait dur comme faire à ses paroles.

Parce qu'elles étaient ensemble – parce qu'elles se soutiendraient.
Et Océane était prête à soulever des montagnes si Lili était à ses côtés pour l'aider.

Alors elle laissa la blonde pleurer jusqu'à n'en plus pouvoir, ne pouvant parfois pas retenir certaines larmes elle-même – mais se sentant soudainement bien, presque plus reposée, l'esprit plus clair. Comme si maintenant que ses larmes avaient finies de décorer ses joues, elle pouvait enfin réfléchir, prendre du recul, essayer de calfeutrer ses sentiments un instant pour se repasser les événements et décider quoi faire, comment agir.

Pourtant, elle le savait, elle ne pourrait pas être aussi calme, prendre autant de recul. Oh, elle savait réfléchir, mais Océane se laissait bien plus guider par ses émotions que par sa raison, laissait parler son cœur plutôt que son cerveau. Et elle était bien trop touchée par tout ça – Arthur était bien trop important à ses yeux pour qu'elle fasse comme si de rien n'était. Ce n'était pas comme toutes ces fois où elle avait conseillé telle ou telle personne sur une manière d'agir avec une personne qu'elle ne connaissait pas – là, c'était plus cruel, plus insidieux, semblait tellement plus réel et proche d'elle. Comme un serpent qui s'approche en glissant, prêt à mordre – mortel et dangereux ; à l'image du serpent géant qui avait déclenché tout ça.

Elle se savait incapable de garder la tête totalement froide – mais elle faisait confiance à Lili pour la ramener sur Terre, la guider si besoin – comme elle savait qu'elle le ferait, qu'elle le faisait pour la blonde.

Et soudain, toute la confiance qu'elle pouvait  accorder à Lili lui explosait dans le cœur – il lui était impossible de se méfier ou de juste pouvoir garder les choses pour elle. Elle ne se sentait pas capable de ne soudainement plus croire aux relations humaines.
Océane était ainsi ; elle croyait. Elle croyait à l'amitié, à l'amour, à la confiance – et elle gardait tous ces sentiments précieusement dans son cœur.

Et tout aussi soudainement, la seychelloise laissa un soupir s'échapper de ses lèvres, allégeant son cœur et le poids qu'elle portait sur ses épaules – parce qu'elle croyait, et qu'elle était sûre que tout irait bien.

«  Merci... Merci, Océane. » Son attention se concentra de nouveau sur sa meilleure amie, toujours dans ses bras – ou qui la tenait dans ses bras, qu'importe. « Je... Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi... Merci d'être là... avec moi... » continua doucement la liechtensteinoise, et Océane raffermit sa prise sur le corps de son amie, ses yeux plantés dans les siens.

« C'est normal Lili... C'est normal... Je serais toujours là pour toi. » Elle fit une pause, et sentit sa camarade poser sa tête sur son épaule à elle, comme pour s'accrocher encore plus – comme perdue et vaincue par tant de sentiments contradictoires et éprouvants. « Merci à toi d'être là pour moi... Merci de rester là malgré tout. »

Elle chuchotait, comme désireuse de ne pas déranger leurs autres camarades de dortoirs – comme si leurs larmes et sanglots n'avaient pu le faire, comme si elles ne dormaient pas, comme si elles avaient réussi elles à s'endormir.

Mais chuchoter donnait une autre dimension à leurs paroles – comme un secret qu'elles garderaient pour l'éternité, comme un aveu qui jamais ne doit être partagé, comme une complicité qui n'appartenait et n'appartiendrait toujours qu'à elle. Étrangement, elle sentait que les mots qui seraient prononcés ce soir resteraient entre elle – mais surtout appartiendraient à ce soir et à lui seul.

«  Parle-moi... Dis-moi ce qui te tracasse. Ne garde pas tout pour toi, s'il te plaît. »

Océane considéra ces paroles un instant.
Oui, elle avait besoin de parler, elle le savait.
Elle s'en sentait prête, aussi, maintenant qu'elle avait épuisé ses larmes, qu'elle avait doucement repris confiance.

Mais que dire exactement ? Par où commencer ? Elle n'était pas sûre de réussir à classer les choses, à les ranger proprement et à s'exprimer calmement.

« Je... » Elle s'humidifia les lèvres, laissant un temps d'absence avant de commencer à s'exprimer – juste un temps pour que Lili se tienne prête à l'écouter, se concentre sur ses paroles. « C'est dur Lili. C'est si dur... Je, jusqu'à maintenant, je regardais tout ça, mais je faisais tout pour en rester le plus loin possible, parce que ça me terrifie, tu sais ? Je, je ne suis pas capable de me battre... » Ça, elle le savait, elle l'avait toujours su – elle n'était pas une battante, une guerrière. « Mais maintenant... Comment est-ce que je peux rester en dehors de ça... ? »

Cette réalité lui sauta aux yeux, d'un coup – oui, elle ne pouvait plus faire l'autruche, se cacher et prétendre que rien n'est arrivé, que cela ne la concernait pas, que c'était une douleur infligée surtout aux autres plutôt qu'à elle. Non, elle ne pouvait plus – pas quand cela concernait ses proches. Elle était lâche, Océane – mais elle était aussi loyale, extrêmement loyale.

« Je... C'est Arthur Lili. C'est Arthur. Je... Je crois que je devrais lui en vouloir, ou être en colère... » Elle prit de nouveau un léger temps – juste de quoi chercher ce qu'elle ressentait réellement. « Mais je n'y arrive pas. Je me sens juste... Triste. »

Elle ferma les yeux un instant, s'imprégnant de cette réalité – alors même qu'un autre sentiment montait en elle.
Oui, elle était triste – triste de ce qu'avait dû subir Arthur, triste de ne pas pouvoir l'aider, triste de ne pas avoir pu l'aider. Triste à l'idée qu'il supportait ça seul et triste en pensant qu'il allait devoir supporter bien plus encore maintenant. Triste, incroyablement triste par cette vérité qui se dévoilait brusquement à elle.

« Je... Je crois que je me sens coupable, aussi... De ne pas avoir pu l'aider. Je ne peux pas m'empêcher de me dire que... J'aurais voir les choses, les comprendre, et être là, et... »

Un soupir franchit la barrière de ses lèvres, encore – elle sait que cette culpabilité ne la quittera pas de sitôt, qu'elle restera gravée en elle un long moment.

« … Qu'est-ce que je dois faire, Lili... ? »

Cette inquiétude lui vrillait le cœur, l'obsédait – comme devait-elle agir, maintenant que cette vérité était connue, maintenant qu'elle savait Arthur coupable d'actions ayant causé la mort de certains de leurs camarade, maintenant qu'elle était sûre qu'elle ne pourrait pourtant jamais cesser de l'aimer ?

Devait-elle dire certains mots plus que d'autres, montrer son soutien à Arthur, s'inquiéter de son état à lui – alors qu'il était clair qu'il n'allait sûrement pas bien –, lui faire un câlin, ou au contraire s'écraser, ne rien faire dans le peur que quelqu'un lui en veuille, qu'on lui crache dessus ou qu'on le lui reproche ?

Non. Non, elle se sentait incapable de juste tourner le dos à Arthur – elle n'était pas comme ça.
Lâche mais loyale.

Mais malgré tout, elle ne savait pas si elle en était capable – de le regarder en sache tout en sachant ce qu'il avait fait, tout en se sentant coupable de n'avoir rien vu.

« Qu'est-ce que je dois faire... » répéta-t-elle, toujours dans un murmure si bas, que seule une oreille attentive pouvait capter – comme une supplique, pour obtenir une marche à suivre, un mode d'emploi.

Juste une demande, un appel à l'aide – quelques mots chuchotés sur un oreiller.

ft. Liliane Zwingli


Merci Monsieur Keith ! ♥:
 


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[1 décembre 1991] What's the use of feeling blue? - Feat Océane Mancham

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