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[Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda

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MessageSujet: [Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda Lun 23 Jan - 0:45

ft. Kiku Honda
Janvier 1992.

Earth laughs in flowers
Les nuages monotones n'avaient pas tardé à couvrir le ciel gris qui surplombait l'école de magie. De ses prunelles ambrées, Evalyn observa le parc vide et les quelques arbres aux feuilles blanchies par le givre. Depuis son arrivée à Poudlard, la jeune fille avait pris l'habitude d'observer la nature sous le froid de l'hiver. L'herbe couverte de particules glacées, les toiles d'araignée humides et frigorifiées, les végétaux aux bouts  gelés et qui peinaient à grandir ... Elle appréciait ce qu'elle découvrait ici chaque hiver.

Elle soupira. Une fumée blanchâtre s'échappa de ses lèvres. Elle observa cette dernière avec un sourire alors que ses joues se mettaient à rosir sous le joli spectacle qui se dressait devant son nez, lui aussi teinté d'une légère coloration - sans aucun doute à cause de la basse température. Le souffle glacial d'Evalyn s'évapora finalement après une danse dans les airs qui avait malheureusement duré moins de cinq secondes. Une nouvelle fois, ses yeux s'étaient égarés dans le vide et Evalyn contempla de nouveau le parc désert. Manque de chance, elle fut tirée de sa rêverie par la sonnerie de l'école.

L'Australienne tourna finalement la tête en entendant du brouhaha. Elle savait que les couloirs étaient déjà remplis de monde; des élèves allaient et d'autres venaient dans un chahut insupportable - si bien qu'Evalyn se mit à grimacer avant de quitter l'endroit sans un mot. Elle savait pertinemment quelle heure il était - sa journée était terminée et elle était censée avoir rendez-vous à 17h. Enfin, "rendez-vous" ... Il s'agissait là plus d'une petite entrevue avec un ami à elle qui devait se dérouler dans une des serres de l'école. Kiku - ledit ami - et Evalyn avaient eu une petite discussion sur les fleurs - plus particulièrement sur leur langage et leurs significations. Il n'était pas facile de deviner la sensibilité d'Evalyn face aux charmes de celles-ci.

La Serpentard était un véritable garçon manqué, personne ne pouvait prouver le contraire; mis à part la jupe de son uniforme, seul l'hibiscus égayant sa chevelure brune était un signe de féminité. Il était aussi l'un de ses biens les plus précieux. Pourtant, malgré sa délicatesse très peu présente - voire inexistante, Evalyn tenait à apprendre au moins les bases du langage des fleurs. Sa difficulté à dévoiler ses sentiments aux autres pouvait peut-être être surmontée grâce aux plantes... Et elle savait que Kiku était un des meilleurs pour lui fournir ses connaissances sur le sujet - il avait d'ailleurs acquiescé sans hésitation pour le fameux rendez-vous.  La passion parfois excessive du Serdaigle pour la botanique l'étonnait un peu, parfois, mais elle savait à quel point il aimait cette matière - par ailleurs, son statut de bon élève lui avait valu le rang de chouchou de la professeur de botanique. Il avait d'ailleurs profité de cette occasion pour quémander la réservation de l'une des serres de Madame Bonnefoy, qui avait gentiment accepté, afin de rendre plus tranquille la petite séance entre les deux amis.

Justement, Evalyn se dirigeait vers la serre en question en tenant d'une main la robe de sorcier qui la couvrait alors que ses mains et ses épaules tremblaient durant sa marche; le froid était de plus en plus rude, et elle avait hâte de se réfugier dans la serre - elle ne savait pas si Kiku était déjà là ou si elle était en avance, mais peu importe, elle avait fini par atteindre la sculpture vitrée dans laquelle elle se glissa avant de fermer la porte derrière elle.

À sa grande surprise, les plans de travail n'étaient pas envahis par des mandragores, mais par des fleurs tellement différentes et colorées ! Les différents parfums la firent frémir dans un premier temps, puis elle s'avança timidement dans l'allée, entourée par les splendides plantes - elle reconnut du lys, des roses et même des orchidées. Mais la liste de fleurs présentes était bien trop longue pour toutes les énumérer ... Il y en avait même qu'elle ne connaissait pas. Il y avait de tout; des fleurs de montagne en passant par les fleurs des champs et même les tropicales. Elle sourit en remarquant la présence d'hibiscus rouges, roses et même jaunes.

Evalyn observa un instant l'intérieur général de la serre. Kiku n'était pas encore là... Elle se dirigea vers une table où trônaient plusieurs accessoires de jardinages; elle saisit aussitôt un sécateur - sans grande précaution, comme d'habitude, et balaya son regard sur les fleurs qui l'entouraient... Peut-être pouvait-elle composer un bouquet pour quelqu'un, toute seule ? Elle se mit à penser à une personne en particulier.

Dès lors, Evalyn s'empara de quelques orchidées rouges. Elle aimait bien le rouge. Quelques camélias blancs s'ajoutèrent aux orchidées, puis des asters, des arums roses, et des bégonias blancs. Elle coupait grossièrement les tiges au fur et à mesure de la conception  de l'assemblage floral. Quelques œillets jaunes et de magnifiques alstrœmères achevèrent le bouquet et la demoiselle contempla son travail avec un sourire fier. D'un point de vue esthétique, l'harmonie entre les couleurs était jolie et agréable à regarder. Mais Evalyn ne connaissait pas vraiment les significations des fleurs utilisées. Ainsi, elle ne se doutait pas qu'elle avait allié "Désir de faire l'amour", "Perfection", "Mon cœur et mon corps sont à toi pour toujours", "Désir d'une relation charnelle", "Pensées sincères", "Dédain" et "Richesse" ...


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MessageSujet: Re: [Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda Ven 27 Jan - 12:58

Earth laughs in flowers
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Janvier 1992
Son mollet tapotait rapidement contre le pied de la table depuis un moment déjà, et beaucoup lui en avaient fait la remarque. Il scrutait la grande horloge aux mécanismes complexes, accrochée au fond de la salle, au dessus du tableau, et qui lâchait ce tic-tac insupportable. La grand aiguille avançait à l'allure d'un escargot malade, et pourtant, Kiku ne perdait pas espoir qu'elle finirait bien par atteindre le nombre final, le douze, qui marquerait la fin du cours d'Histoire de la Magie, et le début d'un nouveau cours bien plus amusant. La barre de métal fine et brillante marquant les secondes poursuivait sa course en suivant son aînée, cherchant à la rattraper, mais une fois son but atteint, la voilà qui devait recommencer. Ce manège se poursuivit une heure durant, tel un supplice. Jamais le Serdaigle n'avait été aussi pressé de quitter la classe de Mr Beilschmidt, et pourtant, bien des gens savaient qu'il affectionnait cette matière. Ludwig lui-même était surpris de voir son impatience alors que le professeur abordait les déboires des sorciers à l'époque des bûchers de Salem. De plus, contrairement à d'habitude, le japonais était distrait. Près de lui se trouvait un livre qu'il feuilletait avec application et que l'allemand ne parvenait pas à lire, de là où il était, mais qui n'était certainement pas un manuel d'Histoire magique. En effet, le Serdaigle était occupé à réviser une connaissance tout autre: les fleurs et le secret de leur langage.

Récemment, il avait promis à Evalyn, une de ses amies, de lui enseigner l'art et la manière de parler à travers les plantes. La pratique était malheureusement mystérieuse pour bien des gens, et le japonais ne pouvait s'empêcher de grimacer lorsqu'il voyait un homme offrir à sa femme un bouquet de roses jaunes -marquant infidélité ou jalousie- ou d’œillets colorés -dédain et refus. Il tentait souvent de partager ce qu'il savait avec ses camarades pour éviter les erreurs grossières de ce genre, mais cet apprentissage n'intéressait pas grand monde. Les gens se fichaient bien du sens que pouvaient avoir les fleurs, tant qu'elles étaient jolies et sentaient bon. Rien n'était plus aberrant à ses yeux que de le monde ne voit en elles que leur apparence, et pas ce qu'elles signifiaient. C'était comme se choisir une fiancée car elle était belle, mais en se moquant de ce qu'elle avait dans la tête.

Plus l'heure avançait et plus son calvaire était intenable. Sous doute était-ce dû à ce manque de concentration, mais le cours lui semblait bien plus long qu'à l'ordinaire. C'était sûrement ce qui arrivait lorsque l'on était aussi pressé. Pourtant, le bout du tunnel était là. La fine aiguille d'argent entamait son dernier tour. Il la regarda tourner, tourner, lentement, et enfin son attente pris fin. Ulrich les autorisa à se lever et à sortir, terminant sa leçon pile à l'heure, comme toujours.

D'ordinaire, notre japonais ne sortait pas des salles de classe avec tant d'enthousiasme. Il prenait son temps, attendait ses camarades, ou allait vérifier quelques informations du cours auprès son enseignant -puisqu'il était trop gêné pour demander cette précision pendant que le maître débitait ses paroles, ne souhaitant pas l'interrompre. Il démontrait sa patience à chaque fin de journée, là où d'autres étudiants se ruaient littéralement hors de la pièce de torture pour aller se remplir la panse dans la Grande Salle ou prendre une sieste bien méritée. Mais aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres. Aujourd'hui, l'après-midi de Kiku était loin d'être terminé. Et au lieu de l'élève, cette fois, c'était à son tour d'être l'enseignant.

Il rangea ses affaires le plus rapidement possible, manquant même d'oublier son encrier et sa plume sur le pupitre, avant de courir au trot hors de la pièce étouffante, le cœur gonflé de joie. Il regretta cependant vite la chaleur de la classe lorsque le froid mordit chaque membre de son corps. Il frissonna et resserra son écharpe autour de son cou pour se protéger du vent glacé qui parcourait les couloirs, avançant rapidement entre les élèves pour atteindre les escaliers. Rien que de penser à la neige qui l'attendait dehors, il en tremblait d'autant plus, haïssant le froid écossais. C'était bien l'une des seules choses qu'il n'aimait pas dans ce pays. Il affectionnait la danse, la musique, l'architecture ainsi que la nourriture européenne, mais il déplorait que l'école se situe dans le grand Nord. Les hivers étaient insupportables pour lui et il était forcé de dormir avec veste et chaussettes, et une couverture de plus. Par chance, Ludwig lui avait offert à Noël une énorme peluche de chat noir, doux et rond, et qui chauffait telle une bouillotte les nuits de grand froid. Lorsqu'il atteint enfin le hall, il fut soulagé de constater qu'il ne neigeait pas -c'était déjà ça. Il s'engouffra à l'extérieur, son visage frappé par une bourrasque qui manqua de le faire changer d'avis et rentrer à nouveau. Il pris cependant son courage à deux mains et dévala la pente douce d'un pas rapide, les brins d'herbes gelés crissant sous ses pas et sa cape volant derrière lui.

Kiku finit par atteindre enfin les serres après avoir traversé la moitié du parc, les jambes engourdies et les doigts figés tels des stalactites. Son menton tremblant laissa passer des nuages de fumée blanche alors qu'il pénétra enfin dans l'abri de verre tiède. Il avait apparemment atterri dans le jardin clos numéro trois, et devait se rendre dans le deuxième, là où il faisait le plus chaud. Mme Bonnefoy ajustait la température des pièces en fonction des plantes qu'elle y entreposait et qui avaient des besoins différents. Il lui avait donc demandé de réserver la salle chauffée pour son cours avec Evalyn. Il profita un instant de ce bonheur retrouvé pour frotter ses mains l'une contre l'autre et retrouver la pleine mesure de ses moyens. Après avoir vérifié qu'il était bien habillé, comme à son habitude, il poussa enfin la porte de la serre numéro deux.

L'explosion de couleurs de la pièce l'émerveilla. Son professeur semblait avoir sorti toutes les fleurs qu'elle possédait, ainsi les tables étaient couvertes de vases remplis à ras-bord. En un seul coup d’œil, il aperçut des orchidées, des bégonias, des tulipes, des camélias, des jonquilles, ainsi que des plantes magiques comme des albanes de montagne, des misseas nocturnas, et même des fleurs aux pétales d'or. Il oublia un instant pourquoi il était venu là, touchant du bout des doigts les tiges et les corolles parfaitement entretenues, pimpantes et éclatantes. Le parfum était certes chaotique, mais divin, chacun de ses pas lui faisant découvrir une nouvelle senteur. Il finit par sortir de ses pensées en même temps que l'allée engloutie sous les feuilles et le pollen. Au bout de la table centrale, il découvrit la jeune Serpentard, apparemment déjà occupée avec ses amies fleuries. Il sourit doucement et s'approcha, attendri par le tableau de la demoiselle entourée de tant de nature et de couleurs, tel les peintures qu'elle créait parfois.

▬ Bonsoir, Eva-chan. Comment vas-tu? demanda-t-il en posant son sac.

Son regard dériva vers le vase qu'elle était en train d'organiser, très joli à regarder. Les teintes s'accordaient à la perfection, ce qui n'était pas étonnant pour une artiste comme elle, qui avait l’œil pour les nuances.

▬ Je vois que tu as déjà commencé à te familiariser avec les fleurs-

Il marqua une pause en lisant finalement ce qui échappait à tant de personnes: le sens. Beaucoup de couleurs douces, signes d'amour ou même d'érotisme, ce qui le surpris, vu l'âge de la compositrice. Il haussa cependant un sourcil en découvrant également des sentiments négatifs, aux antipodes des émotions affectueuses qu'il avait déjà comprises: le dédain, le refus, émanant des œillets auxquels il pensait justement plus tôt dans la journée. Et enfin, ce signe de richesse pécuniaire, qui lui échappa quelque peu, totalement isolé du reste. Il ne parvenait pas à comprendre le lien entre toutes les plantes choisies, et soupçonna Evalyn de s'être jetée à l'aveugle dans cette aventure. Cherchant à ne pas la vexer, il garda son sourire aimable et se tourna lentement vers elle, l'air curieux:

▬ Ton bouquet est très beau... À quoi as-tu pensé en le composant?

S'il y avait bien un sujet, il restait invisible aux yeux du japonais. Et s'il s'agissait d'une connaissance de la jeune fille, qui sait ce qu'aurait pensé cette personne en apprenant ce que signifiait cet assemblage.
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MessageSujet: Re: [Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda Sam 11 Fév - 4:06

ft. Kiku Honda
Janvier 1992.

Earth laughs in flowers
Une douce satisfaction s'immiscait alors dans son regard lorsqu'elle contemplait sa création florale. Pour un premier bouquet, il était réussi; effectivement elle avait beaucoup d'aisance avec les combinaisons de couleurs, normal, pour une artiste. Evalyn saisit ses fleurs entre ses mains et ramena lentement le bouquet contre elle. Elle oublit un instant la personne à qui elle pensait durant son petit travail et prit le temps d'observer ce qu'elle venait de créer, submergée par la beauté et les différents parfums qui s'entremêlaient. Pas à cause du froid de l'extérieur cette fois-ci, elle rosit, séduite par le charme de son bouquet. Puis, petit à petit, un sourire plutôt timide anima ses lèvres et ses traits, d'habitude si durs et si grognons, se détendèrent un peu, et l'Australienne arbora finalement une expression plus délicate, plus douce, plus ... féminine, peut-être ?

Evalyn eut l'occasion d'entrevoir son reflet dans la vitre qui lui faisait face. Elle cligna des yeux après avoir vu cette petite silhouette au visage si souriant et si satisfait, et eut du mal à se reconnaître au passage; mais elle devait bien se l'avouer, un sourire pouvait changer toute l'apparence d'une personne en une fraction de seconde, et effectivement, la jeune brune était bien plus agréable à regarder qu'à l'accoutumée.

"Souris un peu, Evalyn !"

Ce n'était pas la première  fois qu'elle entendait cela. Elle avait entendu cette phrase plus de dix fois déjà durant son enfance. Le moment de la sortie familiale qu'elle redoutait le plus était arrivé.  Evalyn faisait exactement le contraire de ce qu'on lui demandait : les bras croisés sur sa poitrine, elle fusillait ses deux frères qui s'amusaient à la taquiner dès que leurs parents avaient des soucis avec les réglages de l'appareil photo magique; vous savez, celui qui rend des photos animées, comme celles que l'on peut apercevoir dans La Gazette du Sorcier.  

Elle ne comprenait pas à quoi tout cela menait. Des photos de famille, il y en avait, à la maison, et pas qu'une seule. Et sur chaque photo de famille, la cadette de la fratrie était bien la seule qui ne souriait pas. C'était à se demander si elle était vraiment la fille d'un couple aussi souriant ...

Le père des Wilson revint près de ses enfants et passa ses bras derrière les nuques de ses fils avant de leur adresser un clin d’œil complice. Les trois garçons ricanèrent comme des idiots et Evalyn, mains sur les hanches, roula des yeux avant de soupirer, agacée par le comportement puéril de ses aînés.

Une fois les réglages de l'appareil achevés, sa mère se plaça à côté d'elle et lui caressa doucement la tête avec un sourire très doux. La plus jeune ronchonna un instant, convaincue que sa maman lui "fichait la honte" devant ses frères, bien trop occupés à sourire à l'objectif. Evalyn se tourna vers celui-ci et finit par sourire - plus pour faire plaisir à sa mère qu'autre chose. Une fois la photographie prise, Kayla Wilson la récupéra et l'observa avec un air béat, puis s'agenouilla à la hauteur de sa fille pour lui montrer le cliché mouvant. Evalyn reçut un petit baiser sur la tempe.

"Tu vois ? Tu es encore plus jolie quand tu souris."


...

"Bonsoir, Eva-chan. Comment vas-tu ? Je vois que tu as déjà commencé à te familiariser avec les fleurs-"

Alors qu'elle s'apprêtait à déposer ses fleurs dans le vase, elle n'avait pas vu ni entendu son ami débarquer à l'intérieur de la serre qui la tira de sa rêverie; ainsi, dès qu'elle entendit la petite voix du Bleu et Bronze, elle se retourna immédiatement vers lui. Elle ne lui répondit pas dans la seconde, mais elle put distinguer très clairement l'air dubitatif qu'avait adopté Kiku en regardant son bouquet. Quoi, les senteurs ne lui plaisaient pas ? ... Les couleurs non plus ?  Evalyn fronça les sourcils. "Quoi, c'est quoi cette tête ? Mon bouquet ne le satisfait pas ? Eh bien tant pis, j'le changerai pas pour lui." pensa la jeune fille. Malheureusement, elle avait retrouvé son regard dédaigneux et avait perdu son sourire. Elle ne regardait même plus son bouquet, trop occupée à fixer le pauvre Kiku qui, une fois sa "vérification" terminée, se tourna vers elle avant de lui demander, avec son éternel ton poli :

"-Ton bouquet est très beau... À quoi as-tu pensé en le composant?
-Euh... J'ai pensé à mon meilleur ami, Andrew Sparrow. Je t'en ai déjà parlé. J'me suis appliquée."


Elle releva la tête, et finit par sourire une nouvelle fois, sûre d'elle et pleine de fierté. Ses bras se croisèrent, et elle se poussait de temps à autres pour que Kiku puisse regarder son bouquet à sa guise. Pendant ce temps, elle s'imaginait déjà en train de le donner au bélizien qui la remercierait chaleureusement - après avoir complimenté son chef-d'oeuvre, évidémment. Quelle modestie. Elle s'appuya d'abord contre la table avant de s'y accouder, distraite.


"Bon, évidemment, comme je ne connais pas les significations de ces fleurs, ça doit donner quelque chose d'assez hasardeux, non ?"

Sur son visage se crayonna aussitôt un sourire en coin; elle était loin d'imaginer les messages érotiques et très sensuels que diffusaient quelques unes des fleurs qu'elle avait choisies; par "hasardeux", elle imaginait plutôt des sentiments contraires aux uns et aux autres, comme "Je t'apprécie" avec "Je te déteste". La possibilité de présence de significations luxurieuses voire débauchées ne lui avait pas traversé  l'esprit pour le coup; pour une fois, elle avait créé quelque chose sans grande "profondeur" - elle avait effectivement sélectionné les végétaux selon leurs teintes et n'avait pas vraiment cherché à savoir toute seule ce qu'elles signifiaient.

À cette pensée, Evalyn releva le nez vers Kiku et plongea son regard dans le sien, sa curiosité réveillée. Elle tira gentiment la manche du Japonais.

"Toi, tu t'y connais. Que veulent dire les fleurs de mon bouquet ? Je ne veux pas offrir n'importe quoi à Andrew."


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MessageSujet: Re: [Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda Jeu 23 Fév - 15:32

Earth laughs in flowers
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Dès son arrivée, il détecta tout de suite le sourire si rare d'Evalyn. Un sourire resplendissant, empli de fierté qui l'apaisa lui aussi. Ce n'était pas tous les jours que la demoiselle laissait ainsi filtrer sa joie, et il ne se gêna pas pour en profiter. Une photo de ce moment aurait été avisée, surtout qu'il avait son appareil sur lui. Mais il l'avait malheureusement rangé dans la poche de sa robe, soigneusement emballé dans sa housse pour le protéger du froid. Il ne le dégaina ainsi pas assez vite pour pouvoir immortaliser la risette de la Serpentard, qui disparu bien vite lors de sa remarque. Avait-il gaffé? En tout cas, la jeune fille était redevenue aussi froide et bourrue qu'à l'ordinaire. Il avait l'impression d'être passé de la contemplation d'une belle fleur épanouie à celle d'un mur de glace menaçant lui barrant le passage. Il eut l'idée de faire marche arrière et de s'excuser, mais ce revirement n'aurait sûrement fait qu'agacer Evalyn encore plus. Alors à la place, il fit comme si de rien n'était, gardant sa politesse habituelle pour ne pas la blesser. Il appréhendait déjà la réponse de la jeune fille et la question qui risquait de résulter de leur échange.

▬ Euh... J'ai pensé à mon meilleur ami, Andrew Sparrow. Je t'en ai déjà parlé. J'me suis appliquée.

Ah... Effectivement, ils avaient déjà discuté du garçon en question. Bien qu'il n'avait pas eu besoin d'elle pour entendre des rumeurs sur le dénommé Sparrow. Un enfant bien jeune, et qui pourtant avait déjà les plus mauvaises idées des adultes. Comme le racisme envers les nés-moldus, par exemple, ou le fait de trouver l'esclavagisme des elfes de maison tout à fait normal. Il pouvait comprendre qu'une mauvaise éducation puisse résulter en un tel individu -lui-même avait subi cela avec son père. Mais après deux, voire même trois ans passés à Poudlard -il ne savait pas exactement en quel année étudiait Andrew-, il ne pouvait croire que ses idées n'aient pas quelque peu changé au contact de ses camarades. Il en allait de même avec Aisa pour laquelle il avait eu une attirance, et qui malgré ses cinq ans passés en Ecosse, refusait toujours de s'ouvrir aux autres pour profiter de sa jeunesse. Mais ne parlons pas de choses qui fâchent... Pour l'heure, il devait s'occuper d'Evalyn et du message qu'elle avait adressé à son "ami". Il se demandait d'ailleurs comment les deux pouvaient bien s'entendre... Il savait qu'Eva était sang-mêlé et que le Serpentard n'aimait pas trop côtoyer ce genre de personnes. Tout ce qui était relié de près ou de loin aux moldus semblait le dégoûtait ou être sujet à moquerie. Mais visiblement, la vert et argent avait fait exception à la règle, puisqu'ils semblaient se supporter... Il n'empêchait que le message était quelque peu... exagéré, vu leur relation et leur âge. Bizarrement, l'artiste semblait en être particulièrement fière, puisqu'elle laissait à Kiku tout le loisir d'admirer sa création, s'écartant pour qu'il puisse "se rincer l’œil" tout son soûl. Son sourire était revenu, ce qui détendit quelque peu le japonais, qui espérait que la bourde qu'il avait commise était déjà oubliée. Elle avoua cependant vite la bévue qu'elle avait commise.

▬ Bon, évidemment, comme je ne connais pas les significations de ces fleurs, ça doit donner quelque chose d'assez hasardeux, non ?

Ah, c'était bien cela. Elle ne s'était absolument pas renseignée avant d'attaquer sa décoration. Cela le soulageait, dans un sens. Si elle avait vraiment eu conscience de ce que contenait ce vase, bien que ce fut très joli, il se serait quelque peu inquiété quant à la précocité de la demoiselle. Mais visiblement, il allait devoir reprendre les choses du début et lui expliquer où étaient ses erreurs. Il n'eut même pas à engager de lui-même la conversation, puisque, poussée par sa curiosité, Evalyn lui demandait déjà:

▬ Toi, tu t'y connais. Que veulent dire les fleurs de mon bouquet ? Je ne veux pas offrir n'importe quoi à Andrew.

Il hocha lentement la tête, comme s'il réfléchissait au sens de ce qu'il avait sous les yeux. En réalité, il cherchait un moyen de lui annoncer sans la blesser l'étrange combinaison qu'elle avait créée malgré elle. Mieux valait y aller en douceur. Il se rapprocha de la table, l'air ailleurs, ses doigts tapotant la surface de bois. Il se mordit légèrement la lèvre, puis, annonça avec désinvolture, passant délicatement ses doigts sous la corolle des orchidées.

▬ "Perfection"... annonça-t-il lentement.

Puis il désigna une à une les différentes variétés, donnant en même temps leur signification. Malgré lui, il parlait assez rapidement, pour que ce mauvais moment à passer se termine vite, se doutant de la gêne qui en résulterait. C'était comme arracher un pansement d'un coup. On avait mal sur l'instant, et la douleur persistait quelques minutes, marquant la peau d'une brûlure rougie, avant de disparaître avec le temps. Il souhaitait qu'il en soit de même avec la demoiselle.

▬ "Richesse"... "Pensées sincères"... "Dédain".

Il haussa les sourcils tout en jetant un regard à Evalyn, comme pour lui donner raison. Effectivement, elle avait bien mêlé des sentiments positifs et négatifs. Mais ils arrivaient à la partie compliquée. Ils allaient enfin parler de sentiments un peu plus profonds -sans mauvais jeu de mot. Hésitant, il essaya de garder son assurance tout en désignant les asters, qu'il connaissait bien, pour en avoir offerts de nombreuses fois à Ludwig, plus pour le côté fidélité éternelle lorsqu'ils étaient blanc que pour le côté charnel -l'un et l'autre étaient souvent bien trop gênés pour s'offrir de telles choses.

▬ "Mon cœur et mon corps sont à toi pour toujours".

Il évita cette fois d'observer la jeune fille, craignant de voir son teint changer de couleur à l'entente de sa révélation. Il préféra continuer, montrant les plantes restantes.

▬ "Désir de faire l'amour"... et "Désir d'une relation charnelle"...

Il chercha rapidement un moyen de la rassurer. De montrer qu'elle n'avait juste pas l'esprit mal tourné et que tout ne révélait que d'une confiance en l'esthétique du bouquet plus qu'en un sens caché.

▬ En réalité... Le problème est que tu as utilisé énormément de rouge, que l'on lie souvent à des sentiments positifs, certes, mais... généralement pour exprimer la passion, un amour fort ou même... la luxure.

Il espérait que ses mots ne la choquaient pas trop. Mais il oublia vite sa préoccupation pour Evalyn, ses yeux quittant les pétales flamboyants pour descendre vers... les tiges. Il découvrit qu'elles avaient été taillées maladroitement, les bouts couverts de coupures inachevées. Elles avaient même été écrasées par endroits. À tous les coups, la plus jeune avait utilisé des ciseaux ou un sécateur pour sa besogne, alors que l'on utilisait généralement un couteau tranchant et stérilisé pour éviter ce problème, afin de couper net la fin de la plante. Il n'irait pas jusqu'à dire qu'elle avaient été massacrées, mais... Elles n'étaient pas en très bonne état. Malgré elle, la Serpentard avait maltraité son sujet, au sens propre comme au figuré.

▬... Il faudra aussi que je te montre comment couper les tiges correctement...

Bien qu'il essayait de conserver un ton calme et détaché, voir les plantes dans cet état le rendait nerveux, triste, même. Il allait devoir enseigner à la jeune fille comment s'occuper convenablement des fleurs pour qu'elles s'épanouissent correctement et restent belles même une fois cueillies.
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MessageSujet: Re: [Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda Jeu 2 Mar - 16:27

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Earth laughs in flowers
Il y eut un moment de flottement; en s'approchant de la table où reposaient les fleurs, Kiku laissa planer un silence, avant d'effleurer de ses mains les pétales colorées du futur présent. À proximité du Serdaigle, Evalyn se tenait droite, attendant le verdict de son ami. Ses propres mains se joignirent devant la jupe de son uniforme; la posture qu'elle arborait pouvait aisément faire penser à celle d'une élève attendant le résultat et la correction de son évaluation. Kiku était, quant à lui, toujours plongé dans sa contemplation; même lorsqu'Evalyn semblait chercher son regard, l'asiatique ne voulait vraisemblablement pas rencontrer celui de sa cadette; il se mordit la lèvre inférieure, et la jeune fille ne manqua pas de le remarquer. Puis, tout à coup, il annonça le message diffusé par les camélias blancs choisis par la demoiselle. "Perfection".

Son visage s'anima d'une expression étonnée - Andrew avait beau être son meilleur ami, elle était loin de penser qu'il était un garçon parfait ... à ses yeux, il avait encore du chemin à faire avant d'attendre la perfection. Elle n'eut pas le temps de répondre; Kiku s'empressa de traduire le langage des alstroémères : richesse. Il fallait dire qu'elle était fière d'être tombée là-dessus par pur hasard; le bélizien venait en effet d'une famille riche, ce n'était un secret pour personne. Le japonais ne marquait pas de pause; il poursuivit avec les bégonias blancs, qui traduisaient apparemment des pensées sincères. Il était vrai qu'Evalyn était honnête avec l'aristocrate; de toute évidence, la Serpentard aimait être franche avec tout le monde, Andrew ne faisait pas exception à la règle. Les œillets jaunes signifiaient donc le dédain ... décidément, pour le moment, son assemblage était plus ou moins juste; tout cela pouvait laisser à penser qu'elle détenait là un don pour la conception des bouquets. Le traducteur échangea enfin un regard avec elle, et elle comprit par ce simple entretien visuel que Kiku était plutôt d'accord avec elle pour le choix de la plupart de ses fleurs. Il repartit aussitôt dans sa vérification alors qu'Evalyn patientait encore; lorsqu'il pointa du doigt les asters, elle s'approcha, attentive.

""Mon cœur et mon corps sont à toi pour toujours"."

On aurait pu la croire pétrifiée quand les mots de l'amateur de botanique atteignirent ses oreilles.

Elle restait silencieuse, presque privée de sa voix; ses joues ne tardèrent pas à chauffer par ailleurs. Elle qui cherchait sans arrêt le regard de Kiku depuis le début, elle était bien contente qu'il ne pose pas ses yeux sur elle à cet instant, car ses joues tournèrent désormais au rouge écrevisse, et son cœur débuta un petit orchestre à l'intérieur de sa poitrine; elle ne souhaitait qu'une chose à cet instant; sortir en vitesse et oublier cette histoire d'asters. Evalyn n'était plus du tout enjouée; bien au contraire, toute sa curiosité s'était envolée, et elle s'attendait désormais au pire.  Il s'intéressa aux orchidées rouges, qu'elle trouvait si belles.

""Désir de faire l'amour"..."

... C'était encore pire. Elle ne voulait plus rien entendre. Sa créativité avait été mise à l'oeuvre lors de la conception de son bouquet. Elle était déçue de ce qu'elle avait fait.

Evalyn était plutôt habituée aux compliments, que ce soit pour ses dessins ou ses peintures. C'était la première fois qu'elle organisait une telle alliance entre des fleurs; au final, tout se révéla chaotique.

"... et ... "Désir d'une relation charnelle"..."

Elle n'écoutait même plus le Bleu et Bronze, et ne s'intéressait même plus aux végétaux. À vrai dire, elle ne savait même pas de quelle fleur il parlait, et elle s'en fichait désormais. Pour quoi allait-elle passer, maintenant ? ... Elle sentit ses dents et ses poings se serrer. Elle avait raté son coup, et, en plus d'être dégoûtée par son travail, l'adolescente était tout simplement déçue d'elle et avait honte des significations de ces plantes, malgré la tendresse avec laquelle elle les avait choisies. Elle ne voulait plus qu'une chose; abandonner son bouquet - qu'elle n'offrirait sûrement pas à Andrew, quitter la serre, et se rendre dans son dortoir, où elle espérait se calmer un peu.

"En réalité... Le problème est que tu as utilisé énormément de rouge, que l'on lie souvent à des sentiments positifs, certes, mais... généralement pour exprimer la passion, un amour fort ou même... la luxure."

Là encore, elle ne lui répondait pas; elle ne voulait plus entendre parler de luxure. Ne pouvait-il pas lire la colère sur le visage de la plus jeune ? Cette dernière releva ses prunelles d'ambre vers lui; d'habitude animés de créativité et de malice, c'étaient désormais des éclairs de rage qui pouvaient se voir dans ses iris de résine. Mais le japonais s'était plutôt intéressé à l'aspect des tiges dont il critiqua silencieusement la découpe, avant de faire part de ses remarques à la demoiselle. Ce fut de trop.


"-... Il faudra aussi que je te montre comment couper les tiges corre-
-Bon sang, ça suffit !!"

Poussée par la colère, la gêne et la déception, l'océanienne s'empara du bouquet avant de séparer les fleurs grossièrement; ses gestes vifs et ses pommettes rosies renvoyaient son embarras, et ses traits, redevenus fermes, son envie d'en finir avec ce maudit langage des fleurs. Des oeillets jaunes, puis des arums roses ou encore quelques camélias blancs tombèrent à leurs pieds ou sur la table; elle foudroya du regard les pauvres orchidées rouges avant de les jeter sur la table en fulminant. Elle souffla, en réalisant qu'elle venait de perdre son sang-froid.

"J'vais sûrement pas offrir ça à Andrew, ok ?! C'est irrécupérable, alors oublie ce que je viens de faire, d'accord ?! Et ne t'avise pas d'en parler à quelqu'un !"

Voilà qu'elle déversait sa rage sur le pauvre Kiku..


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MessageSujet: Re: [Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda Mer 29 Mar - 15:19

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Janvier 1992
Kiku sursauta lorsqu'Eva lui coupa la parole. Il aurait mieux fait de prêter davantage attention au changement d'humeur de la demoiselle, et de décider de se taire. Car à présent, elle était furieuse, et la voilà qui explosait comme une bombe.

▬ Bon sang, ça suffit !!

Il tourna la tête vers elle, surpris mais aussi apeuré. Il n'aimait pas que les autres élèvent la voix en sa présence, surtout quand il était la cause de cette colère. Il avait envie de se ratatiner, de se cacher dans un trou et de ne plus jamais en sortir, malgré la différence d'âge entre lui et son amie. Elle avait beau être bien plus jeune que lui, son caractère impétueux et démarrant au quart de tour avait de quoi impressionner et même effrayer. Lorsque l'on observait Evalyn de l'extérieur, on s'attendait à rencontrer une fille charmante, calme, délicate, mais il suffisait de la connaître un peu pour découvrir sous cette apparence une figure hargneuse, susceptible et qui s'emportait très facilement. Il avait appris au fil du temps à gérer ce comportement... en quelque sorte... Pas vraiment, en fait. Il avait beau se voiler la face, les gaffes arrivaient toujours, surtout avec lui qui avait tendance à contrarier les gens sans le vouloir. Et agir ainsi avec Evalyn était sûrement l'une des pires expériences qu'il ait faites à Poudlard.

Encore une fois, il avait provoqué son courroux. Avant qu'il puisse dire quoi que ce soit pour tenter de la calmer, la voilà qui saisissait une partie du bouquet, avec des gestes dénués de soin. Les pauvres fleurs s'agitaient tristement entre ses doigts coléreux, leurs tiges essayant de résister à la poigne violente mais maladroite de la demoiselle. Certaines parvenaient à s'évader de leur étau, ou peut-être était-ce la fillette qui les jetait au sol de son plein gré, comme pour les punir de signifier autre chose que de l'amitié, alors que la flore n'était clairement pas fautive. Dès qu'elle retirait une plante du vase, un filet d'eau trouble giclait et s'écrasait sur la table ou à ses pieds, ou encore sur son uniforme, tel du sang sortant d'une plaie et éclaboussant son meurtrier dans une scène macabre. Et c'était l'effet que cela faisait au japonais. Chaque fois qu'Evalyn attrapait l'une des fleurs pour la traiter avec autant de soin d'un cafard écœurant ou qu'un chiffon poussiéreux, il sentait un haut-le-cœur le saisir, comme s'il ne pouvait supporter cette vue. Il avait l'impression d'assister à un crime. À un meurtre de sang-froid, brutal et non contrôlé. Beaucoup lui auraient dit que ce n'était rien, qu'il ne fallait pas s'inquiéter pour si peu. Que ce n'était que des fleurs.

Mais lui avait été élevé dans le respect de cette nature si charmante, si enjôleuse. Il avait appris avec sa mère à prendre soin de chaque bourgeon, à faire cas de chaque graine qui tentait de s'ouvrir et de pousser. Il avait passé son enfance à offrir de l'attention aux fleurs qui s'épanouissaient dans le jardin de sa maison, à s'en occuper, à se débarrasser des parasites et des mauvaises herbes, à tailler les tiges jusqu'à s'écorcher les doigts, à les protéger par temps de pluie ou de neige, à les arroser d'eau fraîche lorsqu'il y avait trop de soleil et qu'elles suffoquaient. Chaque fleur était précieuse pour lui et méritait de se développer pour éclore, déployant ses magnifiques corolles et faisant la joie de ceux qui désiraient l'offrir à une personne qui leur était chère, lui signifiant la joie d'une rencontre, une amitié forte, ou une passion dévorante. Mais là... La manière dont Evalyn traitait ce bouquet, alors qu'elle était une artiste, qui aurait dû posséder ce respect pour son sujet, attrayant mais terriblement fragile, ça, il ne pouvait l'accepter. À présent, c'était à lui de sentir un sentiment froid l'envahir. Il était... en colère contre elle, oui. Alors qu'en cet instant, c'était elle qui crachait sa fureur sur les végétaux, et sur le japonais.

▬ J'vais sûrement pas offrir ça à Andrew, ok ?! C'est irrécupérable, alors oublie ce que je viens de faire, d'accord ?! Et ne t'avise pas d'en parler à quelqu'un !

La voilà affichait de nouveau cette fierté mal placée. Comme si celui qui se disait son ami allait crier sur tout les toits qu'elle était une perverse, une dépravée alors qu'elle avait simplement commis une erreur. C'était stupide, et il était encore plus blessé qu'elle pense cela de lui. Sans la laisser causer plus de dégâts à sa composition, il vint lui saisir fermement le poignet, sans pour autant lui faire mal. Mais assez fort pour lui faire comprendre qu'elle en avait fait assez. Que lui en avait vu assez.

▬... Ça suffit, maintenant.

La jeune fille pouvait sentir la tension dans sa voix, cette amertume qu'il était si rare d'entendre chez lui. Il en fallait beaucoup pour rendre le japonais réellement furieux, mais là, le geste d'Eva lui avait permis d'atteindre un stade de rage qu'il n'avait plus expérimenté depuis un moment. Il était contrarié, et cela se voyait. Le peu de gentillesse que l'on pouvait parfois lire dans son regard avait disparu, ses sourcils étaient froncés, et ses yeux noirs lançaient des éclairs, qu'il préféra diriger vers la table pour ne pas effrayer la Serpentard en lui lançant sa haine à la figure. Son visage était fermé, crispé -on voyait qu'il serrait les dents pour retenir toute remarque désobligeante à l'égard de son amie, ce qui n'aurait fait qu'aggraver les choses. Vu son caractère, elle était capable de se rebeller encore, et de remballer ses affaires pour partir, alors que c'était la dernière chose que le Serdaigle aurait souhaité. Il voulait que cette leçon soit un succès. Et pour cela, il fallait qu'Evalyn reparte en ayant appris le respect, qui malgré son attitude sérieuse la plupart du temps, était une qualité qui lui manquait cruellement.

Une fois qu'il fut sûr que la demoiselle ait arrêté tout geste qui puisse heurter davantage la santé de ces pauvres fleurs, et qu'elle l'écoutait attentivement, il la lâcha, la faisant reculer un peu pour se diriger vers l'évier de la serre. Il y prit un couteau aiguisé, qu'il nettoya avec soin, en prenant garde à ne pas se couper. Bien sûr, ce saisir d'une arme dans une telle situation serait peut-être plus angoissant encore pour sa camarade. Peut-être s'attendrait-elle à ce qu'il l'attaque, histoire de se venger de ce qu'elle avait fait subir à ces plantes qui ne lui avaient rien demandé. Il parlait de la botanique avec tant de passion d'ordinaire que certains le prenaient sans doute pour un fanatique. Il n'aurait donc pas été étonné que la vert et argent interprète mal sa besogne, bien qu'il espérait qu'elle était assez intelligente pour savoir que jamais il ne lui ferait de mal, et que même s'il le souhaitait, il ne le ferait pas de cette manière -trop voyante, trop salissante. Blague à part. Une fois l'ustensile nettoyé, il revint près d'elle et donna un coup de baguette vers les fleurs qui étaient tombées au sol, les faisant léviter avec douceur pour ne pas les blesser plus qu'elles ne l'étaient déjà. Avec un geste supplémentaire, il retira la poussière et la terre qui s'étaient collées sur les pétales et la tige, les déposant ensuite sur la table avec les autres composantes du bouquet d'origine. Il se débarrassa ensuite de l'eau trouble, la remplaçant par un liquide propre et clair grâce à un Aguamenti silencieux. On voyait qu'il avait l'habitude, agissant comme si la jeune fille n'était pas là. Ses gestes et ses sorts étaient précis, rapides, comme un médecin réagissant à une situation d'urgence, pour panser au plus vite la blessure d'un patient. À l'aide de son couteau, il commença à couper le surplus des tiges abîmées, délivrant en même temps les instructions à Evalyn. Après tout, c'était un cours. Autant ne pas s'étendre sur ce qu'il venait de se passer. Il la réprimanderait après avoir terminé de réparer sa bêtise.

▬ Lorsque l'on coupe les tiges, on utilise un couteau stérilisé, expliqua-t-il d'un ton professoral, patient malgré la colère qu'il contenait. Utiliser des ciseaux ou un sécateur écrase les tiges. Et on prend soin de faire une coupure nette, quitte à s'y reprendre à plusieurs fois en refaisant la coupe au dessus. Mieux vaut une tige trop courte qu'une mal incisée.

Dans le cas contraire, la fleur fanait beaucoup plus vite. Et le but d'un bouquet était justement de survivre le plus longtemps possible. Kiku allait donc devoir utiliser quelques astuces pour remettre ces fleurs-là en état. Hors de question de les jeter sous prétexte qu'elle étaient abîmées. Il y avait toujours moyen de réparer ce qu'un mauvais botaniste avait fait -surtout avec la magie, car la méthode moldue avait ses limites. Laissant les bouts de verdure tailladés sur la table, il rassembla donc les plantes en la composition qu'elles n'auraient jamais dû cesser d'être, les plongeant avec douceur dans l'eau cristalline pour les désaltérer. Il prit ensuite sur la table une boîte ouvragée, renfermant une poudre argentée qui brilla à la lumière extérieure, comme si le simple oxygène la faisait luire. Il en prit une poignée et en parsema les pétales. Ces dernières semblèrent absorber la poussière féerique qu'on leur offrait, et dans un éclat coloré, elles reprirent leur teinte chatoyantes, qui avaient été chassée par la négligence d'Evalyn. Les quelques griffures disparurent, les coins flétris retrouvèrent leur rondeur et leur douceur, et les fleurs parurent aussi belles que si elles venaient juste d'éclore. Kiku sentit un grand soulagement l'envahir. Il avait réussi à sauver les meubles. La gaffe de la Serpentard était ainsi réparée.

Pour être sûr qu'elle ne cause pas davantage de mal à ce bouquet qu'elle semblait à présent détester, Kiku alla déposer le vase près d'une fenêtre, pour laisser sa composition s'épanouir librement et profiter de la fraîcheur retrouvée de l'eau. Puis il sortit un autre récipient, le posant un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait souhaité sur le plan de travail. Finalement, il toisa la demoiselle, lui faisant comprendre qu'il n'était pas satisfait par son comportement, bien qu'il tenta de contrôler sa voix.

▬ Eva-chan. Ce que tu viens de faire est inacceptable. Les fleurs que tu abîmes ont mis du temps à pousser et sont extrêmement fragiles. Tu n'as pas à passer tes nerfs dessus car tu as commis une erreur. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même.

Il lui laissa le temps d'assimiler ses paroles. Il ne voulait pas non plus qu'elle s'en veuille pendant des jours, mais simplement qu'elle sache qu'à l'avenir, il ne tolérerait plus de tels agissements.

▬... Cependant, je suis là pour t'apprendre à prendre soin des plantes. Nous allons donc recommencer. Tu vas me dire ce que tu souhaites faire passer comme message dans ton bouquet, et je te donnerai des pistes pour y parvenir. C'est en écoutant que tu parviendra à progresser.

Il espérait que pour une fois, la fillette parviendrait à mettre sa fierté de côté et à prêter attention aux conseils d'autrui.
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MessageSujet: Re: [Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda Dim 9 Avr - 19:17

ft. Kiku Honda
Janvier 1992.

Earth laughs in flowers
Evalyn n'avait toujours pas cessé ce carnage suite à ses protestations. Elle continuait de détruire le bouquet qu'elle venait de réaliser, bien consciente qu'elle était loin d'être parfaite. Lorsqu'un de ses dessins ou de ses tableaux ne lui plaisaient pas, elle les détruisait toujours sans aucun remord et sans en parler à personne, en silence; mais le fait d'avoir présenté ce petit poème fleuri à Kiku - qui était en plus de cela l'expert du langage des fleurs - avait suffit à la mettre mal à l'aise. Evalyn, en grandissant, avait acquit une certaine intransigeance quant à ses œuvres; elle voulait que toutes ses réalisations plaisent et soient parfaites. Pas seulement pour recevoir des compliments - quoique son ego était toujours flatté quand qui que ce soit faisait des éloges à ses esquisses ou ses peintures. Elle dessinait et peignait depuis toute petite. Mais, à la base, les travaux artistiques de l'australienne n'appelaient pas la gloire; Evalyn aimait donner vie à ses imaginations et ses rêves rien qu'avec une feuille et un crayon qui, pourtant banals, savaient concrétiser de magnifiques créations. Tout cela lui permettait de se calmer quand ça n'allait pas. Les moments durant lesquels Evalyn souriait le plus souvent étaient ceux où elle dessinait librement - elle aimait créer de jolies choses aussi, et avait pris beaucoup de plaisir à réunir toutes les fleurs choisies par ses soins, aujourd'hui. Mais, pour la première fois, la jeune fille s'était laissée bernée par l'aspect extérieur des fleurs et n'avait pas une seule fois cherché à en connaître les significations - pour la première fois, dans un domaine artistique, Evalyn n'avait pas agi comme une artiste.

La respiration saccadée de l'adolescente traversait sauvagement ses lèvres rosées, alors que ses mèches de cheveux en bataille - sûrement à cause de ses mouvements brusques et agrestes lui couvraient les yeux, et la scène de crime continuait. Elle continuait de séparer les fleurs les unes des autres, en faisaient tomber certaines, et n'hésitaient pas à les empoigner par la tige alors que quelques unes étaient encore couvertes d'épines à cause de la mauvaise découpe faite quand Kiku n'était pas encore dans le coin. Elle s'écorchait les index comme les annulaires, mais n'y prêtait aucue attention, bien trop occupée à détruire l'erreur qu'elle venait de montrer au japonais. Le sang se mélangeait progressivement avec l'eau trouble du vase, et il était désormais possible de voir le liquide se teinter faiblement de rouge au bout d'un moment; habituée aux écorchures et aux pansements, Evalyn ressentait plus de la honte que de la douleur à ce moment précis; ainsi, elle se soignerait elle-même après cette affaire. Mais il fallait qu'elle en finisse, avant d'aller couvrir ses mains destructrices de bandages et autres tissus confiés à la Serpentard par Madame Karpusi.

"... Ça suffit, maintenant."

Il lui fallut un temps avant de ressentir la pression subie par son poignet - le même poignet qui allait une fois de plus priver le vase d'une de ses fleurs. Elle ne ressentit aucune douleur, même s'il n'était pas difficile pour elle de ressentir l'agacement du japonais à travers son geste. Elle se tourna d'ailleurs vers lui, rageuse; ses prunelles renvoyaient son envie d'en découdre si l'asiatique avait quoi que ce soit à dire. Peu amatrice d'une quelconque domination sur elle, elle ne prit pas la peine de dégager rapidement la main de Kiku puisque celui-ci la libéra de lui-même - son poing ne tarda pas à se serrer juste après sa délivrance. Elle finit par enfin lever le regard, mais, alors qu'elle espérait rencontrer celui de Kiku, elle le découvrit un peu plus loin alors que celui-ci longeait les tables avant d'arriver près de l'évier de la serre dans laquelle les deux amis se trouvaient. C'est en le voyant s'emparer d'un couteau que son souffle se coupa. En temps normal, elle aurait simplement sourcillé, poings sur les hanches, en demandant à Kiku d'arrêter de faire l'idiot et de reposer ce couteau. Mais là, elle ne pouvait pas se permettre de ne pas s'en soucier.

"Souviens-toi, Evalyn. L'effet de la marque se déclenche lorsque le marqué ressent des émotions trop fortes, ou  bien une colère très profonde."

"Ne faites confiance à personne, dans cette école."

Ces mots résonnèrent dans son esprit alors qu'elle restait à sa place en fusillant le Serdaigle du regard, portant sa main sur sa poitrine, puis discrètement sous sa robe de sorcier. Elle effleura sa baguette précieusement rangée du bout des doigts, aux aguets, prête à se défendre du moindre comportement suspect. En quelques secondes, elle venait de perdre la confiance qu'elle éprouvait pour le jeune homme. Depuis l'attaque du 5 septembre 1991, Evalyn avait préféré s'éloigner de son frère aîné qu'elle savait marqué; ainsi, elle ne risquait pas de provoquer sa colère et évitait ainsi tout mauvais contact avec lui. C'était beaucoup mieux ainsi.

Mais aujourd'hui, Evalyn avait été emportée par ses émotions. Et elle n'avait pas pris garde de l'état de Kiku, ou des sentiments qu'il pouvait ressentir en la regardant saccager le bouquet désormais effondré. Il était vrai que le Bleu et Bronze ressentait à l'égard des merveilles de la nature un amour et une admiration considérables - à vrai dire, elle avait complètement oublié l'ardeur de sa passion pour les fleurs et avait fichu en l'air plusieurs plantes aujourd'hui. Peut-être était-ce trop tard ? ... Etait-il en colère, ou haineux ?

Quoiqu'il en soit, Evalyn attendait toujours la moindre action de son camarade. C'est en le voyant nettoyer la lame en sa possession qu'elle souffla, rassurée de ne pas le voir s'élancer vers elle pour lui régler son compte. Dès que le nettoyage fut terminé, Kiku se tourna vers elle et s'approcha de la table où étaient anciennement posé le bouquet, et elle abandonna pour de bon l'idée d'attraper sa baguette pour se défendre en le voyant redonner vie aux fleurs qui gisaient sur le parquet. Sans un mot, elle le suivit du regard alors qu'il se mettait à changer l'eau du vase, lui aussi plongé dans un silence profond. Un flottement prit place dans la serre; aucun des deux ne prenait la parole, et l'on pouvait seulement entendre les bruits de la porcelaine du vase ou encore ceux de l'eau en train de se déverser. Quand bien même le plus âgé brisa le silence en énumérant les étapes de la réparation des végétaux, Evalyn n'écoutait qu'à moitié, plongée dans ses pensées.

"Lorsque l'on coupe les tiges, on utilise un couteau stérilisé, expliqua-t-il d'un ton professoral, patient malgré la colère qu'il contenait. Utiliser des ciseaux ou un sécateur écrase les tiges. Et on prend soin de faire une coupure nette, quitte à s'y reprendre à plusieurs fois en refaisant la coupe au dessus. Mieux vaut une tige trop courte qu'une mal incisée."

Elle posa son regard sur ses propres doigts écorchés tout en enregistrant les paroles de Kiku - quoique ses instructions ne lui serviraient sûrement pas, puisque pour l'instant, elle n'avait pas envie de recommencer. Il avait l'air bien déterminé à redonner vie à ces petites plantes colorées. Elle le vit saupoudrer les pétales d'une poudre d'argent qui eurent pour effet de leur redonner leurs nuances initiales; dès lors, Evalyn avait croisé les bras sur sa poitrine en le voyant pousser un soupir de soulagement. Kiku disposa le bouquet ressuscité près d'une des fenêtre, comme s'il souhaitait l'éloigner le plus possible de la jeune fille. Elle ne fit même pas attention au geste brusque qu'il venait de faire en posant un nouvel objet sur la table; elle comprit tout de suite que l'asiatique ne lâcherait pas l'affaire de si tôt.

"Eva-chan. Ce que tu viens de faire est inacceptable. Les fleurs que tu abîmes ont mis du temps à pousser et sont extrêmement fragiles. Tu n'as pas à passer tes nerfs dessus car tu as commis une erreur. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même."

Elle haussa un sourcil. Un nouveau silence, plus court cette fois-ci, s'imposa entre les deux adolescents. Mais Kiku ne tarda pas à reprendre la parole.

"... Cependant, je suis là pour t'apprendre à prendre soin des plantes. Nous allons donc recommencer. Tu vas me dire ce que tu souhaites faire passer comme message dans ton bouquet, et je te donnerai des pistes pour y parvenir. C'est en écoutant que tu parviendra à progresser."

... Pour qui se prenait-il, exactement ? Pour "Monsieur Honda" ? Elle avait l'impression d'entendre un professeur lui faisant la morale. Et Evalyn n'écoutait que les morales prononcées par Monsieur et Madame Wilson.

"Qu'on soit bien d'accord, j'ai jamais voulu suivre un cours particulier. J'suis venue ici pour apprendre un peu les bases du langage des fleurs, c'est tout, t'es pas un professeur, non plus. Et puis de toute manière t'as réussi à redonner vie au bouquet."

Car après tout, ce n'était que des fleurs. Kiku pouvait ressentir l'arrogance éternelle d'Evalyn à travers ses mots; dans un moment comme celui-ci, n'importe qui se serait excusé pour son comportement. Hélas, l'océanienne était loin d'être décidée à mettre son orgueil de côté et à se laisser enguirlander par le jeune homme. Toutefois, elle devait reconnaître que celui-ci faisait preuve de beaucoup de bonne volonté; même après le massacre, il semblait vouloir repartir sur de bonnes bases, et demanda ensuite à la demoiselle les messages qu'elle voulait dissimuler dans son nouveau bouquet. Elle posa son regard sur la vitre en face d'elle, et se mit à penser au Bélizien - car après tout, c'était à lui qu'était destiné le petit présent fleuri, à la base.

Hésitante, elle semblait chercher ses mots de temps à autres, et finit par décrire son meilleur ami avec les premiers mots qui lui venaient à l'esprit.

"... Je dirais qu'Andrew est un garçon formidable, derrière son apparence plutôt inaccessible. Il a beaucoup de fierté, aussi. un peu comme toi, n'est-ce pas Evalyn ? mh ... il est assez dédaigneux aussi, au premier abord."

Son regard rencontra une nouvelle fois celui de l'amateur de botanique. Ses mots ne révélaient rien en particulier, mais elle se mit à rosir, avant de poser ses yeux ambrés sur ses mains qu'elle avait posées sur le plan de travail.

"Tu crois que tu pourrais faire quelque chose avec toutes ces indications ? ... J'veux dire ... J'veux lui faire comprendre que malgré tous ses mauvais côtés, c'est un garçon avec qui j'aime beaucoup passer du temps. Et si il y a une plante  qui s'offre aux meilleurs amis, j'aimerais bien la voir dans mon bouquet, aussi. Ah, et si, avec une fleur, je peux lui conseiller de se libérer un peu plus, ce serait bien !"


Evalyn râle en #cc9999.
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MessageSujet: Re: [Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda Jeu 27 Avr - 11:08

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Pendant une seconde, il pensa y être allé un peu fort en réprimandant Evalyn. Après tout, c'était dans les manière de la demoiselle de se montrer impulsive, la poitrine toujours gonflé par ce souffle fier et hautain. Peut-être avait-elle agi sans réfléchir, haïssant être humiliée par dessus tout, et déversant ainsi sa colère sur ce qu'elle avait sous la main. En l’occurrence, les pauvres fleurs qui étaient devenus ses victimes dans cette scène macabre. Qui sait, peut-être regrettait-elle même déjà son geste après avoir vu à quel point elle avait blessé le japonais en agissant comme une gamine capricieuse et en détruisant ce à quoi il tenait, et en découvrant sa mine furieuse. Car, il fallait le dire, elle avait réussi l'exploit de le mettre pratiquement hors de lui, ce que peu de gens avaient un jour expérimenté dans l'entourage du 7e année. Et s'il en était véritablement arrivé à ce stade, si une colère froide et sourde, aveuglante, s'était emparée de lui, qui sait ce qui aurait pu se passer... Kiku préférait ne pas y songer, chassant de ses pensées des visions d'atrocités qu'il préférait oublier, et espérait loin de lui.

Il tenta de respirer calmement, de retrouver un souffle serein, bien que c'était mal parti pour se produire. Il lui faudrait un certain temps pour retrouver sa patience et sa quiétude légendaires. Il pouvait cependant être rassuré. La Serpentard avait sans doute compris la leçon, à présent. Peut-être même allait-elle s'excuser de son comportement, lui demander de lui apprendre ce qu'il savait en promettant de ne plus le contrarier. Oui, cette idée pouvait sembler parfaite. Pourtant, elle fut loin de s'imposer dans la situation actuelle. Alors qu'il attendait une demande de pardon de la part de sa camarade, ou qu'elle affiche une mine contrite et fautive, c'est l'effet inverse qui se produisit. Il vit les traits de la demoiselle se durcirent davantage, son regard se faire plus sombre, plus accusateur, comme si c'était lui qui avait commis la faute, et non l'adolescente qui lui faisait face. Il en fut surpris mais resta muet, espérant que sous ce masque d'hostilité se cachait au moins des mots implorant la pitié. Encore une fois, il fut vite détrompé. C'est d'une voix acide et aussi vénéneuse que la plus toxique des fleurs qu'elle lui lança:

▬ Qu'on soit bien d'accord, j'ai jamais voulu suivre un cours particulier. J'suis venue ici pour apprendre un peu les bases du langage des fleurs, c'est tout, t'es pas un professeur, non plus.
▬ ...

Il lui répondit par un silence éberlué alors que ses sourcils s'envolaient au plafond, aux antipodes de ceux de la jeune fille, qui ne pouvaient être plus froncés qu'en cet instant. Une fois qu'il eut bien assimilé les mots qu'Evalyn venait de lui adresser, ses yeux ronds finirent par papillonner, confus. Elle n'était même pas désolée. Elle venait d'agir en gamine impétueuse qui cassait les jouets que l'on lui donnait sans vergogne, sous les yeux de ceux qui venaient de les lui offrir, et pourtant, pas un mot de regret. Elle avait encore la prétention de le prendre de haut, alors même qu'elle était en tort. Kiku trouva cela à la fois outrageux et fichtrement impressionnant. Il n'aurait pas dû admirer ainsi les nerfs et le culot d'Evalyn, et pourtant... Et puis elle venait de poser un énorme doute sur ces épaules. Un cours particulier n'était-il pas ce qu'elle souhaitait ? Ou désirait-elle juste qu'il lui donne quelques pistes à explorer dans le domaine du langage fleuri ? S'était-il trop emballé...? Le voilà déçu. Lui qui pensait qu'il allait pouvoir enseigner son art, sa passion, ce pour quoi la botanique faisait sa fierté et sa joie, en réalité, la Serpentard n'avait nullement l'intention d'apprendre de telles techniques. Elle ne voulait pas découvrir comment s'occuper des fleurs, en prendre soin, ou les faire grandir. Non, elle souhaitait juste les utiliser une fois à maturité. C'était comme profiter de mets raffinés sans jamais chercher à en connaître les secrets ou à toucher à la cuisine. C'était de la pure et simple consommation. Après tout, vu l'âge d'Evalyn et la passion qu'elle entretenait déjà, peu de chance qu'elle se prenne soudainement d'affection pour la matière de prédilection du japonais et qu'elle cherche à en percer les  mystères. Bien qu'un miracle puisse toujours arriver, il fallait souvent commencer jeune et avoir vécu son enfance devant les jardinières pour être aussi investi que Kiku. Et de toute manière, elle avait raison. Il n'était pas un professeur, bien qu'il avait eu l'illusion de pouvoir endosser ce rôle. Peut-être la hiérarchie japonaise était-elle trop ancrée en lui ? Peut-être s'était-il vu comme un senpai à qui Eva devait le respect plutôt qu'un simple ami qui devait lui donner des conseils ? Mais la manière dont elle avait traité ces pauvres fleurs... Cela ne se faisait pas... Ses mains moites tremblaient un peu, et il les frictionna l'une contre l'autre pour les détendre - simple réflexe d'anxiété. Mais pour toute personne extérieur à la scène et qui n'aurait pas connu Kiku, on aurait pu croire qu'il s'apprêtait à gifler la demoiselle - loin de lui cette idée.

Il décida de passer l'éponge. Il avait lui-même mal agi en se montrant aussi brusque et en croyant pouvoir contrôler la boule de nerfs qu'était l'adolescente. Il fallait repartir sur des bases saines et simplement lui enseigner ce pour quoi elle était venue aujourd'hui, à savoir le langage des fleurs. Mais il n'eut pas le temps de calmer le jeu qu'elle s'attaquait de nouveau à lui, comme pour se venger de son comportement envers elle, qui était apparemment injustifié.

▬ Et puis de toute manière, t'as réussi à redonner vie au bouquet.

Oh, que n'avait-elle pas dit ! Kiku se mordit l'intérieur de la joue, retenant des paroles salées qui auraient volontiers fusé de sa bouche. Elle en parlait comme si c'était facile. La poudre dont il s'était servi n'était à utiliser qu'en cas d'urgence, et elle avait ses limites. Elle redonnait juste de l'éclat aux pétales et ralentissait la mort du spécimen, mais n'agissait en aucune cas sur la tige, les sépales, les hématites et toute autre chose qui ne servait pas de décoration. De plus, elle ne pouvait guérir les blessures internes de la fleur. Le japonais devrait s'occuper de remettre le bouquet massacré en état après leur petite séance. Il n'avait utilisé le remède que pour sauver les apparences, et aussi car la vue de ces pauvres plantes mutilées lui faisait mal au cœur. Et puis, ayant vécu chez les moldus toute son enfance, il savait que se reposer uniquement sur la magie n'était pas la solution, surtout lorsque l'on était aussi passionné. Il fallait être prêt à se salir les mains, à faire le travail soi-même - protéger les fleurs lors d'un vent ou d'une neige intense, se débarrasser des nuisibles ou des mauvaises herbes, couper les feuilles, et tout ce qui allait avec. C'était comme toutes ces personnes qui se raccrochaient aux progrès de la technologie, et finissaient par ne jurer que par ça. Il aurait volontiers demandé à Evalyn si elle aurait la même satisfaction à peindre si c'était ses outils qui faisaient tout le boulot à sa place, animés par la magie.

Mais il décida de garder toutes ses réflexions pour lui et de ne pas envenimer la situation, essayant d'oublier les dernières paroles de la demoiselle, qui sonnaient comme une insulte envers n'importe quel botaniste. De toute manière, les yeux ambres de la plus jeune avaient déjà dérivé vers la fenêtre au contact glacé, comme à la recherche du message qu'elle souhaitait passer à travers la deuxième version de son bouquet. Il pouvait presque voir les idées d'Evalyn vagabonder librement dans son esprit, alors qu'elle visualisait son ami face à elle. Les mots semblèrent lui venir petit à petit, comme si elle avait oublié l'existence du japonais et se parlait à elle-même.

▬... Je dirais qu'Andrew est un garçon formidable, derrière son apparence plutôt inaccessible. Il a beaucoup de fierté, aussi. Mh ... il est assez dédaigneux aussi, au premier abord.

En ce dernier terme, Kiku ne pouvait la détromper, et bien malgré lui, il n'avait jamais pu apercevoir ce côté "formidable" dont la jeune fille affublait le bélizien. Il n'aurait pas demandé mieux, d'ailleurs, car les rares fois où les deux garçons s'étaient côtoyés, cela ne s'était pas très bien terminé... Sans doute fallait-il le connaître personnellement pour découvrir les qualités cachées de cet adolescent teigneux. D'ailleurs, en cela, lui et Evalyn était assez semblables. Ils se cachaient derrière un masque noble et hautain, derrière une carapace faite du plus dur des metals, mais il suffisait de creuser un peu pour découvrir un fond plus doux et amical.

Mais déjà, son animosité pour le camarade Serpentard était loin derrière lui. À mesure qu'Eva énumérait les adjectifs qui entreraient dans sa composition, le japonais, lui, enregistrait chacun d'eux, les classant par avance dans son esprit pour séparer les bons sentiments des plus répréhensibles. Des noms de fleurs commençaient déjà à lui venir à ces simples citations, et il visualisait déjà les couleurs, les tailles, les accords à ne pas faire... Il avait même une petit idée de la disposition qu'il donnerait à chacune des plantes, mais préférait la garder pour lui au cas où son amie avait déjà sa propre vision de la chose. Après tout, en tant qu'artiste et peintre, elle devait savoir comment accorder les couleurs tout en laissant une trace symbolique dans l'ordre; elle l'avait déjà démontré plus tôt. Il écouta la suite, les premières ébauches faisant déjà le chemin dans sa tête, croisant par mégarde le regard embarrassé de la demoiselle, sans qu'il puisse comprendre le pourquoi de sa gêne. De toute manière, il était bien trop occupé à réfléchir et à ne pas perdre une miette des paroles de la Serpentard pour y prêter attention.

▬ Tu crois que tu pourrais faire quelque chose avec toutes ces indications ?

Oh, il le pouvait certainement. Non, même, il avait bien l'intention de le faire. C'était pour cela qu'il était là. L'air absent, il lui répondit cependant par un lent hochement de tête, sa main collée à son menton dans une attitude égarée.

▬... J'veux dire ... J'veux lui faire comprendre que malgré tous ses mauvais côtés, c'est un garçon avec qui j'aime beaucoup passer du temps. Et si il y a une plante  qui s'offre aux meilleurs amis, j'aimerais bien la voir dans mon bouquet, aussi. Ah, et si, avec une fleur, je peux lui conseiller de se libérer un peu plus, ce serait bien !

Ah, meilleurs amis, donc ? Il ne savait pas que leur relation allait jusque là, mais ce n'était pas illogique en soit. Les deux jeunes gens semblaient vraiment proches, et Evalyn n'aurait sans doute pas pris la peine d'offrir un bouquet à la signification cachée à une simple connaissance. Il fallait que cela soit spécial. Prenant compte de ces dernières informations, il opina de nouveau du chef, l'air toujours aussi lointain.

▬ Je vois...

Cependant, il butait sur certain termes, essayant vainement de se souvenir les plantes qui s'y rapportaient. Les fleurs étaient souvent rattachées à un adjectif seul ou à une phrase bien spécifique comme "Je vous aime", "Vous êtes trop courtisé" ou "Vous aimer fait mon bonheur". Il fallait qu'il pousse sa recherche plus loin, car ses seules connaissances ne lui permettraient pas de répondre totalement aux attentes d'Evalyn. Même lui avait ses limites dans son domaine, il n'était pas non plus infaillible. Mais il avait justement sous la main l'outil dont rêvaient tous les botanistes, et qui lui permettrait sans aucun doute de surmonter ses lacunes. Histoire de ne pas laisser la demoiselle parler dans le vide, cependant, il lui expliqua sa démarche avant de saisir son sac, resté au sol.

▬ J'ai un doute sur certaines des fleurs à utiliser. Cela ne t'embête pas si je vérifie ça dans mon livre ?

Quelle question. Bien sûr que non, cela ne la dérangeait sans doute pas. Si elle était venue lui demander de l'aide, c'était sûrement pour que le Serdaigle utilise tous les moyens à sa disposition pour satisfaire sa commande. Il posa donc ses affaires sur un coin vide de la table et sortit de la poche principale un énorme grimoire à l'air vieillot, mais qui répandait un parfum fleuri, harmonieux et connaisseur. Le livre, en se posant, provoqua un grand bruit qui se répercuta dans la serre, et c'était à se demander comment le jeune homme frêle parvenait à le transporter sans se casser le dos. Aussitôt, ses doigts amenèrent l'ouvrage vers ses dernières pages, où se trouvait manifestement l'index. Et quel index ! Couvrant d'encre noire une bonne dizaine de pages, il était en trois parties: d'abord, un classement dans l'ordre des noms de spécimens, très classique, puis une liste des adjectifs ou des idées désirées dans le message, ainsi que les phrases relatifs à chaque émotion, renvoyant directement à la page de la fleur correspondante, et finalement, des catégories qui une fois agrandies par la magie, permettaient de rechercher une plante dont on ignorait le nom, en s'appuyant sur sa couleur, la forme et le nombre de ses pétales, ou encore l'endroit où elle poussait. Kiku utilisait désormais ce grimoire dès qu'il en avait l'occasion. Il était devenu sa bible. Une bible qu'il pouvait améliorer au quotidien avec ce qu'il découvrait, et qui ne cessait de grandir pour lui porter secours lorsque sa mémoire lui faisait défaut.

▬ Donc... Fierté, côté inaccessible, dédain... - ces termes-là étaient déjà plutôt clairs dans sa tête, mais il vérifia au cas où aux pages correspondantes - Puis... Forte amitié, invitation à se libérer, compliments... - ces idées-là étaient déjà plus floues, il dû donc les vérifier avec soin pour être sûr de ne pas se tromper.

Se rendant aux pages conseillées, il manipulait le livre avec un soin palpable, comme si c'était lui qui l'avait fabriqué, alors qu'il n'en était rien. S'en servir était devenu un tel réflexe qu'il faisait tout à l'instinct. Chaque papier était décoré d'un dessin à l'aquarelle de la fleur dont il était question, mais le reste était noyé sous de minuscules paragraphes entassés les uns au dessus des autres. Il aurait sans doute fallu une puissante loupe pour les lire tels quels. Pourtant, Kiku ne sortit aucun outil supplémentaire et appuya plutôt ses doigts sur la surface, les écartant ensuite, ce qui eu pour effet d'agrandir les textes désirés, repoussant les autres lignes qui se réfugièrent timidement dans un autre coin de la feuille. La partie correspondant aux significations était ainsi beaucoup plus lisible et épargnait les yeux des lecteurs. Le japonais ne savait pas si Ludwig, qui lui avait offert ce carnet, l'avait ensorcelé lui-même, mais en tout cas, c'était une merveille.

Après avoir parcouru longuement l'imposant carnet et noté chaque plante intéressante pouvant servir au message sur un bout de papier, il se concentra sur les plantes choisies, en rayant quelques unes qui lui semblaient superflues, qui risquaient d'être floues au niveau du sens, ou de jurer en matière de couleurs. Finalement, il se retrouva avec cinq espèces différentes.

▬ Bien... je pense avoir trouvé tout ce qui convient.

Il se reporta aux pages correspondantes pour pouvoir montrer les illustrations peintes à Evalyn, lui laissant le temps de les admirer.

▬ D'abord, des œillets jaunes, pour le dédain - après un instant de pause, il tourna les pages à nouveau - Pour la fierté, des lobélies cardinales. J'avais d'abord pensé à des amaryllis, expliqua-t-il. Mais c'est beaucoup trop imposant pour être présenté dans un bouquet. Cependant, les lobélies signifient aussi la distinction, et je pense que cela conviendra pour Andrew-san... Ensuite, pour le côté inaccessible, on privilégie généralement les fleurs bleus, mais il ne faut pas choisir n'importe laquelle, sinon le sens risque d'en être faussé... Alors j'ai choisi les roses bleues, qui symbolisent aussi une forme de mystère.

Le revoilà parti dans son délire. C'est comme si tout à coup, il ne faisait plus attention à sa camarade, trop perdu dans ses explications passionnées. Ses pensées fourmillaient, imaginant déjà la manière dont il allait organiser le vase, bien qu'il souhaitait tout de même avoir l'avis de la Serpentard sur ce sujet. C'était sa composition, après tout. Il continua sur sa lancée, passant enfin au côté positif du message.

▬ Ensuite, pour les meilleurs amis... Il n'y a pas de fleur qui définisse ceci avec exactitude, mais une s'en rapproche fortement: la campanule bleue, qui signifie "Merci d'être", "Ton amitié m'est précieuse", "Je suis toujours là si tu as besoin de moi". C'est un fort symbole d'attachement et d'amitié.

Mieux valait le préciser, histoire que la demoiselle ne s'imagine pas qu'il cherchait à glisser des sous-entendus ou des formes d'amour dans son bouquet, et qu'elle ne pique encore une colère.

▬ Et enfin, pour l'invitation à se détendre... Les seules qui me semblent convenir serait des violettes blanches signifiant "Tentons notre chance pour atteindre le bonheur"...

Cela pouvait sembler nébuleux, mais il n'avait trouvé que cela. Un conseil pour ne plus se tourmenter, pour apprécier la vie à sa juste valeur et tisser des liens avec les autres pour être heureux. Car selon ce qu'il savait, Andrew n'était pas une personne très entourée, et peut-être était-ce le meilleur moyen de lui faire comprendre qu'il devait se laisser aller, se rendre plus accessible à autrui. Kiku poussa un petit soupir satisfait, comme si parler du langage fleuri lui avait fait l'effet d'un délicieux repas, avant de refermer le livre pour de bon et de se tourner vers la jeune fille.

▬ Est-ce que cela te convient ? Et... As-tu déjà une idée de comment les fleurs seront organisées dans ton récipient?
Feat Evalyn Wilson


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[Janvier 1992] Earth laughs in flowers | Feat. Kiku Honda

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